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La démocratie

3. - La démocratie aujourd'hui

Animation audiovisuelle :
La démocratie aujourd'hui

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téléchargeable gratuitement sur le site :
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Malgré ses reculs, ses crises, ses insuffisances, la démocratie moderne se développe depuis deux siècles. Elle constitue aujourd’hui l'héritage commun de l’humanité qui, comme l’écrivait Tocqueville il y a cent cinquante ans, croit en " l’avènement prochain, irréversible, universel, de la démocratie dans le monde ".

Fiche n° 1

Alexis de Tocqueville et la démocratie

Parti aux États-Unis en 1832 pour y étudier le système pénitentiaire, Alexis de Tocqueville (1805-1859) découvre un pays neuf et une forme de société inconnue en Europe. La démocratie y est une réalité quotidienne qu’il va décrire et analyser. Il publie en 1835 et 1840 les deux tomes d’une magistrale réflexion, De la démocratie en Amérique. A partir de la description du système américain, il analyse les conditions, mais aussi les risques de l’irréversible avènement de la démocratie. Auteur également d’un ouvrage inachevé, L’Ancien régime et la Révolution, Tocqueville est considéré comme l'un des principaux penseurs du libéralisme politique.

Il retient trois éléments principaux de la démocratie :

L’égalité ou " l’égalisation des conditions "
Tocqueville souligne, en premier lieu, la disparition et l'éviction du pouvoir de l'aristocratie, au sein de la société démocratique américaine. La société pré-démocratique, organisée par une grande et subtile hiérarchie, n’existe plus. Il y a une aspiration absolument générale à l’égalité. Tocqueville estime que, paradoxalement, l’égalité, trop générale, trop brutale, trop poussée, peut mettre en péril la liberté individuelle, acquis le plus précieux de la démocratie.

La souveraineté du peuple
La notion avait déjà été conceptualisée par Rousseau, qui en faisait le fondement de l’organisation démocratique. Mais Tocqueville, devant la réalité du régime américain, se distingue assez nettement de Rousseau. En effet, il estime que la souveraineté du peuple, mise en œuvre par le principe de la majorité politique, n’est pas infaillible : même lorsqu’elle est adoptée grâce à la majorité, la loi peut être injuste. C’est pourquoi, la constitution fédérale américaine encadre la souveraineté du peuple.

L’omniprésence de l’opinion publique
Tocqueville montre que " l’opinion commune " s’impose aux individus avec force, même quand les individus ont raison. Cette caractéristique de la démocratie présente des avantages ; elle assure notamment la stabilité car Tocqueville pense que l’opinion publique est plutôt portée à la conservation ; mais elle ne va pas sans risque. Il en déduit la nécessaire protection des droits de la minorité : " la foi dans l’opinion publique deviendra une sorte de religion dont la majorité est le prophète ".

Tocqueville souligne les fragilités du régime démocratique, tout en démontrant avec force combien le mouvement est irréversible. Il estime tout à fait nécessaire de développer des contrepoids au pouvoir de l’État. Très impressionné par le fonctionnement de la jeune démocratie américaine, il annonce explicitement le développement, qu’il juge souhaitable, de la presse et des collectivités locales.

I.- Les valeurs de la démocratie

 Avant d'être un système de gouvernement, la démocratie est un ensemble de valeurs, de droits et de libertés. La Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, adoptée par l'Assemblée nationale le 26 août 1789, est le texte fondateur des libertés publiques.

a- La garantie des droits et des libertés

b- La progression de l’égalité

c- La fraternité et le respect des différences

a- La garantie des droits et des libertés

Il n'y a pas de démocratie sans libertés et sans droits. Le régime démocratique se reconnaît précisément par le respect et la protection que les autorités publiques accordent aux droits et libertés des citoyens. Ainsi, la préservation de l’ordre public, l’intervention de la puissance publique dans l’économie, ou encore les progrès de la science, doivent en tout état de cause, respecter les droits et libertés. Ces derniers sont très divers et protégés par des textes juridiques nombreux et variés. On admet communément qu’il se sont développés en quatre phases historiques pour constituer aujourd’hui quatre " générations ".

Fiche n° 2

Les quatre " générations " de droits et libertés publiques

Les droits civils et politiques

Cette première catégorie de droits s’est développée entre la Révolution française et la fin du XIXe siècle. La Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen (26 août 1789) est le texte fondateur des libertés publiques. Cela reste un texte contemporain : le Préambule de la Constitution de 1958 lui donne valeur constitutionnelle et il n’est pas rare que le Conseil constitutionnel y fasse directement référence. La Déclaration affirme notamment l’égalité des citoyens, la liberté individuelle, la liberté d’opinion, la propriété. Elle protège également le citoyen en définissant plusieurs principes essentiels au fonctionnement de la justice : présomption d’innocence, non-rétroactivité de la loi pénale… Enfin, elle garantit l’égal accès aux charges et emplois publics, le droit pour les citoyens de demander des comptes aux agents publics.

Plusieurs grandes lois de la IIIe République ont également participé à la définition de la première génération de droits fondamentaux. Le Conseil constitutionnel, qui veille à la garantie de ces droits en les intégrant au bloc de constitutionalité, les désigne par l’expression " les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République ". Parmi eux, on peut citer :

  • liberté de réunion (loi du 30 juin 1881)

  • liberté de la presse (loi du 29 juillet 1881)

  • liberté syndicale (loi du 21 mars 1884)

  • libre administration des communes (loi du 5 avril 1884)

  • liberté d’association (loi du 1er juillet 1901)

Les droits économiques et sociaux

La deuxième génération de droits date de la Seconde Guerre mondiale. Ces droits sont inspirés du programme du Conseil national de la Résistance. Ils ont été intégrés dans le Préambule de la Constitution de la IVe République, lui-même rappelé par le Préambule de la Constitution de 1958. A ce titre, le Conseil constitutionnel assure leur protection. Parmi ces droits, on peut évoquer  :

  • l’égalité des hommes et des femmes

  • le droit d’asile

  • le droit au travail

  • le droit de grève

  • la liberté syndicale

  • le droit à la santé, à l’éducation, à la protection de la famille, aux loisirs

Les droits liés au développement des moyens d’information et de communication

Les progrès technologiques, mais aussi les bouleversements économiques du secteur de la communication audiovisuelle ont appelé le développement de règles juridiques particulières, venant s’ajouter à la loi du 29 juillet 1881 sur la presse. Ces règles ont pour objet de réguler le développement du secteur audiovisuel, dans le respect de la liberté de la communication. La loi du 29 juillet 1982 met fin au monopole public de l’information. Les radios périphériques et "libres" sont légalisées et les chaînes de télévision sont en partie privatisées. Enfin, la création de nouvelles chaînes hertziennes, puis l’arrivée de nouveaux programmes, souvent internationaux, par le câble, achèvent de libéraliser le secteur. C’est une autorité administrative indépendante (aujourd’hui le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel depuis la loi du 17 janvier 1989) qui encadre l’activité devenue libre de la communication audiovisuelle. Le CSA a le pouvoir d’autoriser les nouveaux services, de sanctionner ceux qui ne respectent pas les règles posées par la loi, en termes de programmes ou de structure financière des entreprises de communication.

Les droits liés au progrès de la médecine et de la biologie

Bienfaits pour l’humanité, les progrès scientifiques sont aussi un défi pour l’être humain. Sur ces questions d’une grande complexité, à la fois technique et éthique, le législateur, ainsi que le juge, sont intervenus à plusieurs reprises pour sauvegarder et protéger les droits des individus, en ce qui concerne le droit à la vie, la procréation médicalement assistée, l’euthanasie ou l’indisponibilité du corps humain. Tous ensemble, ces droits constituent la quatrième génération.

La progression de l’égalité

L’article premier de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen affirme solennellement que " les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ". Le principe d’égalité est donc placé au même rang que celui de liberté. La rupture est grande par rapport aux sociétés aristocratiques ; le rôle d’un individu dans la société n’est plus défini en fonction de sa naissance, mais sur la base de considérations plus justes comme par exemple, son mérite.

La notion d’égalité recouvre plusieurs réalités : l’égalité civile et politique fait référence au statut de citoyen dans une société organisée et à la possession de droits politiques ; l’égalité de condition économique et sociale est relative aux différents niveaux de richesse et à la question d’une allocation plus juste des revenus.

L’idéologie libérale retient, avant tout, l’égalité statutaire et politique des citoyens dont la manifestation suprême est le droit de suffrage, apanage universel des citoyens. Les courants de pensée socialistes ont souligné le caractère très formel de l’égalité, ainsi limitée au champ politique, en montrant que les conditions économiques, sociales et matérielles des personnes devaient être prises en compte.

Fiche n° 3

Quelques discussions philosophiques sur le principe d’égalité

L’égalité formelle : Jean-Jacques Rousseau

Pour Rousseau, lorsque l’individu s’associe au contrat social, il prend part, au même titre que l’ensemble des autres individus, à l’élaboration de la volonté générale et de la loi, qui en est l’expression. L’égalité formelle des citoyens est ainsi garantie par le contrat social qui assure à l’ensemble des associés une existence civile et politique, se manifestant par des droits dont celui de suffrage. On parle d'égalité formelle, car l’égalité dont peut se prévaloir le citoyen se rattache à la conception contractualiste de la société politique et ne se manifeste qu’au travers d'un statut juridique. Cette conception formelle constitue le fondement de l’approche française classique. Rousseau, répondant par avance aux objections et aux craintes de Tocqueville [lien : Tocqueville et la démocratie] observe que la liberté et l’égalité sont parfaitement compatibles : le contrat social est une forme d’association " par laquelle chacun s’unissant à tous n’obéit pourtant qu’à lui-même et reste aussi libre qu’auparavant ".

Les critiques socialistes de l’égalité formelle.

Dans une même inspiration, Marx et Lénine critiquent radicalement la conception de l’égalité telle qu’elle découle des théories contractualistes et s’exprime dans les textes de la Révolution française. Ils rejettent la philosophie des droits de l’homme et la conception formelle de l’égalité –y compris le suffrage universel - pour inciter à une prise de conscience des conditions matérielles concrètes des individus. L’attention est portée désormais sur la répartition des richesses au sein de la société et la nécessité de supprimer les différences et les inégalités dans la distribution des ressources.

Les représentants du socialisme démocratique manifestent une approche de l’égalité très différente de celle de Marx. En se concentrant également sur la situation matérielle des travailleurs, Jean Jaurès ou Léon Blum veulent réconcilier socialisme et droits de l’homme, c’est-à-dire égalité économique et égalité formelle. Selon la phrase célèbre de Jaurès , " c’est le socialisme seul qui donnera à la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen tout son sens et qui réalisera le droit humain ". C’est pourquoi, Jaurès est un partisan du suffrage universel car, pense-t-il, sa généralisation permettra au prolétariat d’imposer une répartition plus juste des revenus. Contrairement à Jules Guesde, autre représentant du socialisme français, Jaurès encourage le prolétariat à soutenir massivement le capitaine Dreyfus car " Dreyfus n’est plus ni un officier, ni un bourgeois, mais l’humanité elle-même ". Pour Jaurès, la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen n’est pas un texte de principe. C’est, au contraire, l’affirmation de droits très concrets qui doivent être complétés, au profit du prolétariat, par des droits sociaux.

c- La fraternité et le respect des différences

Une société démocratique se distingue d’une société totalitaire par la diversité, reconnue et admise, des courants et des groupes politiques, des organes de presse, des syndicats, des associations et rassemblements de toute nature… Le pluralisme est une conséquence logique de la vie démocratique, car le citoyen est par définition, libre. La démocratie moderne exige des citoyens et des autorités un grand esprit de tolérance et de respect, corollaire nécessaire du pluralisme.

Conçu en France dans un relation politique de nature individuelle, le pluralisme tend à prendre une signification plus large. Aujourd’hui, la société tend à accorder une identité, voire un statut à des groupes sociaux particuliers. Cette évolution conduit par exemple à ce que des communautés qui se définissent elles-mêmes par une origine ethnique ou une orientation sexuelle donnée, soient reconnues en tant que telles. Ce nouveau pluralisme constitue un enrichissement pour la démocratie qui apprend ainsi à respecter de nouvelles différences, mais il change quelque peu la perspective de la démocratie en reconnaissant, à côté des individus, des communautés. La Constitution française prévoit que la souveraineté nationale appartient au peuple et "qu'aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice". Il s'agit, finalement, de concilier les principes républicains d'égalité et de fraternité avec le nécessaire respect des différences.

II.- Les instruments de la démocratie

 A côté des institutions exécutives, législatives ou juridictionnelles, les partis politiques, les moyens d'information, les syndicats et les associations contribuent à la vie démocratique de notre pays. Sous la XIIe législature, l'Assemblée nationale élue en 2002 comptait quatre groupes parlementaires :

Composition des groupes politiques de la XIIe législature :

GROUPE DE L'UNION POUR UN MOUVEMENT POPULAIRE

GROUPE SOCIALISTE

GROUPE UNION POUR LA DÉMOCRATIE FRANÇAISE

GROUPE DES DÉPUTÉ-E-S COMMUNISTES ET RÉPUBLICAINS

L'Assemblée élue en 2007 (XIIIe législature) comprend aussi 4 groupes politiques :

Composition des groupes politiques sous la XIIIe législature :

GROUPE DE L'UNION POUR UN MOUVEMENT POPULAIRE (313 membres, 8 apparentés).

GROUPE SOCIALISTE, RADICAL, CITOYEN ET DIVERS GAUCHE (186 membres, 18 apparentés).

GROUPE DE LA GAUCHE DÉMOCRATE ET RÉPUBLICAINE (24 membres, 0 apparenté).

GROUPE NOUVEAU CENTRE (20 membres, 1 apparenté).

7 députés n'appartiennent à aucun groupe

 

a- Les partis politiques

b- Les médias

c- Les associations, syndicats, et organisations non gouvernementales.

a- Les partis politiques

L’existence et le rôle des partis politiques est garanti par l'article 4 de la Constitution de 1958 :" les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie ". Le rôle des partis politiques dans le fonctionnement de la démocratie est essentiel. Chargés de l’animation de la vie politique, ils permettent le déroulement des processus électoraux en sélectionnant les candidats qui se présentent aux suffrages des citoyens. Ils définissent des programmes politiques sur lesquels ils doivent mobiliser les électeurs. Ils rassemblent des militants qui animent la vie politique au plan local et au plan national. Ils contribuent à la formation du personnel politique et, enfin, ils ont vocation à exercer le pouvoir. Les partis politiques bénéficient d'un financement public, par l’intermédiaire d’une subvention calculée en fonction de leurs résultats électoraux et de leur représentativité parlementaire.

Tous les partis politiques ne sont pas représentés à l’Assemblée nationale. Ceux qui le sont, dès lors qu'ils réunissent plus de vingt députés, constituent des groupes parlementaires, centres importants de la vie de l’Assemblée. Certains groupes rassemblent des députés issus de formations politiques différentes et certains députés déclarent n'appartenir à aucun groupe.

b- Les médias

Aujourd’hui, la communication ne se conçoit plus à l’échelle d’un seul pays et le développement de la technologie permet aux citoyens de disposer d’informations venues d’autres pays que le leur. Aussi la tentation anti-démocratique de restreindre la liberté de la presse n’aurait-elle pas grand sens. La presse écrite, radiophonique et télévisuelle est un outil essentiel de la vie démocratique moderne. Les médias, lorsqu’ils informent la population, remplissent une mission fondamentale : ils font connaître les faits qui sont l’enjeu du débat politique et les différentes politiques proposées par les partis. Ils ont aussi la responsabilité de porter et d’animer le débat d’idées, notamment pendant les périodes électorales. Cela suppose qu’ils respectent un certain équilibre dans le temps de parole ou l'espace laissés à chaque courant politique. Les médias constituent également une forme de contre-pouvoir face au pouvoir d’État. Par leurs capacités d’investigation, les journalistes sont susceptibles de rechercher et de mettre au jour des faits inconnus du public. En favorisant ainsi l’émergence de la vérité, les médias sont d’authentiques acteurs de la démocratie. Ils doivent toutefois respecter certaines règles, telles que la présomption d’innocence, et la vie privée des individus.

Fiche n° 4

La liberté de l’information et de la communication – quelques dates

- La loi du 29 juillet 1881 a posé le principe de la liberté de la presse. La publication de journaux est entièrement libre. Il n’est pas nécessaire d’obtenir d’autorisation et la création d’un journal est soumise à des procédures minimales : déclaration au Parquet, accomplissement du dépôt légal. Par exception à cette liberté de principe, les publications étrangères et celles destinées à la jeunesse font l’objet d’une réglementation particulière et plus stricte. La loi de 1881 a favorisé la liberté d’information en supprimant les délits d’opinion et délits de presse. Hormis le cas de la diffamation, qui s’analyse juridiquement comme un délit commis par voie de presse, la parole est donc libre.

La loi du 29 juillet 1982 a mis fin au monopole public de l’information audiovisuelle. Les radios périphériques et " libres " ont été légalisées et les chaînes de télévision ont été en partie privatisées.

Enfin, la création de nouvelles chaînes hertziennes, puis l’arrivée de nouveaux programmes, souvent internationaux, par le câble, achèvent de libéraliser le secteur.

c- Les syndicats et les associations

En plus du droit de vote dont il dispose, le citoyen d’un pays démocratique a le droit de s’associer avec d’autres pour mener des actions collectives, dès lors que ces actions ne contreviennent pas à la loi. En dehors de l’engagement strictement politique dans le cadre d’un parti [lien], l’activité citoyenne peut se développer au sein de différentes structures. Les associations peuvent être constituées librement depuis la loi du 1er juillet 1901. [fiche : la liberté d’association]. Chacun peut adhérer à une association de son choix et nul ne peut y être contraint. Les syndicats sont des acteurs essentiels de la démocratie sociale. Ils assurent la défense des intérêts des salariés dans l’entreprise et participent à l’animation du dialogue social, au niveau local, au niveau des branches d’activité ou au plan national. Ils assurent la gestion en commun, avec les organisations patronales, des régimes de protection sociale - assurance maladie, assurance vieillesse, allocations familiales – et du régime d’indemnisation chômage. [fiche : La naissance du mouvement syndical]

Fiche n° 5

La liberté d’association

Si le droit de créer librement des associations a été conquis difficilement, son exercice est devenu d’une grande banalité : il y a aujourd’hui plus de 50.000 nouvelles associations chaque année et on estime qu’environ 20 millions de Français sont adhérents d’une association. La loi du 1er juillet 1901 est intervenue après plusieurs décennies de méfiance à l’égard des associations. Les révolutionnaires, qui craignaient les congrégations religieuses et les associations ouvrières, ont notamment interdit ces dernières par la célèbre loi Le Chapelier des 14 et 17 juin 1791. Au cours du XIXe siècle, les différents régimes politiques imposent une demande d’autorisation avant toute création d’association, considérée comme potentiellement subversive. Si la Constitution de 1848 reconnaît le droit d’association, de nouvelles limitations sont apportées à ce " droit " dès 1849. Il faut en réalité attendre 1901 pour que les républicains libéralisent le régime juridique des associations.

La liberté d’association repose sur les principaux éléments juridiques énoncés par la loi. Les associations peuvent " se former librement sans autorisation, ni déclaration préalable ". Concrètement, une association ne doit être déclarée à la préfecture que si elle veut posséder la personnalité juridique. Sans l’accomplissement de cette formalité, l’association n’en existe pas moins légalement. Et la déclaration ne fait l’objet d’aucun contrôle de la part de l’administration qui se borne à délivrer un récépissé de dépôt des statuts dans les cinq jours suivant la déclaration.

Seul le juge peut dissoudre une association, si celle-ci a " un objet illicite, contraire aux lois et aux bonnes mœurs " ou si elle a " pour but de porter atteinte à l’intégrité du territoire national et à la forme républicaine du gouvernement ". Enfin, depuis la loi du 10 janvier 1936, les associations s’apparentant aux ligues d’extrême droite des années 30, par leur caractère violent, organisé et anti-républicain, peuvent être dissoutes par décret du Président de la République pris en conseil des ministres.

Fiche n° 6

La naissance et le développement du mouvement syndical

La loi du 21 mars 1884, dite loi Waldeck-Rousseau donne un statut légal aux organisations syndicales, jusque-là interdites.

Les Bourses du travail se créent très vite après la loi de 1884 ; elles permettent aux premières organisations syndicales, au départ purement locales, de trouver des lieux de réunion ; les premiers journaux syndicaux y sont publiés. En 1892 est créée la Fédération des Bourses du travail.

Création des fédérations professionnelles. Le modèle dominant du syndicalisme français est le syndicalisme d’industrie qui a vocation à regrouper tous les travailleurs d’une branche donnée, plutôt que le syndicalisme de métier qui ne regroupe que les personnes exerçant la même activité professionnelle. C’est ce dernier modèle qui prédomine au Royaume-Uni par exemple (" Trade-unions ") et qui connaît une certaine résurgence aujourd’hui en France avec le développement de syndicats purement catégoriels (syndicats de médecins généralistes, de pilotes de ligne…)

Création de la CGT au congrès de Limoges (1895). La CGT regroupe les unions locales, les bourses du travail et les fédération professionnelles au sein d’une nouvelle instance confédérale unique, dirigée par un secrétaire général. Pour la première fois, la classe ouvrière dispose d’une représentation globale. Idéologiquement, la CGT d’avant la Première Guerre mondiale est marquée par la volonté de mettre une certaine distance entre l’action syndicale et l’action partisane. Ainsi le texte fondateur de la Charte d’Amiens, adoptée en 1906, affirme les ambitions générales du syndicalisme et manifeste la volonté d’indépendance à l’égard des partis politiques. Dans un premier temps, l’orientation idéologique du syndicalisme est fortement inspirée par les courants libertaires de " l’anarcho-syndicalisme ".

La CFTC (Confédération française des travailleurs chrétiens) est créée en 1919 sur la base du catholicisme social.

La CGTU (CGT Unitaire) se détache de la CGT en 1921 à l’occasion de la division du mouvement ouvrier après le congrès de Tours. La réunification se produit en 1936, à la faveur du Font populaire.

La CGT-FO (CGT – Force Ouvrière) se détache de la CGT en 1948, après les mouvements de grève particulièrement durs de l’hiver 1947, dans le contexte de la guerre froide.

La CFDT (Confédération Française Démocratique du Travail) est créée en 1964, après une scission de la CFTC, provoquée par la question de l’abandon des références confessionnelles.

III.- Les défis de la démocratie

La démocratie française est aujourd'hui confrontée au développement des nouvelles technologies de l'information, aux implications politiques du processus d'unification européenne, au rôle croissant des collectivités locales, enfin au risque d'érosion du civisme. Les nouvelles technologies de l'information favorisent aussi un accès plus rapide et plus facile des citoyens au fonctionnement des institutions démocratiques et les rapprochent des élus.

a- Le défi des technologies

b- Le défi des territoires

c- Le défi des hommes

a- Le défi des technologies

De même que la Révolution industrielle a contribué à modifier les rapports de pouvoir au sein des sociétés occidentales et, partant, le fonctionnement des systèmes politiques de la fin du XIXe et du début du XXe siècles, les bouleversements technologiques actuels ne sont pas sans effets sur le fonctionnement de la démocratie. Le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication apporte des changements importants : les informations s’échangent désormais au plan mondial et de façon instantanée ; les transmissions d’images ou de textes ne font plus l’objet d'aucun filtre quant au contenu, ce qui peut conduire à mettre en scène le privé, l’intime, le confidentiel, à côté de l’anecdotique ou du dangereux. De tout cela, la démocratie doit se préoccuper, car la détention de l’information est au cœur de la relation de pouvoir. Les nouvelles technologies de l'information favorisent aussi un accès plus rapide et plus facile des citoyens au fonctionnement des institutions démocratiques et les rapprochent des élus.

b- Le défi des territoires

Le développement des infrastructures et des moyens de transport, la constitution d’entreprises internationales dont les capitaux sont levés dans de nombreux pays, la création d’ensembles politiques régionaux comme l’Union européenne, la renaissance des identités locales ou régionales, et l’intervention croissante des collectivités territoriales dans l’aménagement du territoire et dans l’économie, remettent en cause le fonctionnement traditionnel de la démocratie politique, le cadre essentiellement national de son épanouissement et le rôle de l'Etat. S’il est très excessif de prétendre que le niveau national est aujourd’hui dépassé, la démocratie ne saurait méconnaître ces changements d’échelle territoriale, sous peine de voir échapper au contrôle du peuple ou d’autorités légitimes qui le représentent, des pans entiers de l’activité humaine.

c- Le défi des hommes

Montesquieu, dans De l’esprit des lois, assure que la survie de la démocratie dépend de ce qu’il nomme " la vertu " et que nous appelons aujourd’hui la vertu civique ou le civisme. Le civisme désigne cette qualité du citoyen qui mêle l’esprit de responsabilité et le sens de l’intérêt général. La démocratie est menacée quand de trop nombreux citoyens, gouvernés ou gouvernants, se laissent aller à la corruption, à la démagogie ou à la logique de clan. La démocratie est également menacée lorsqu’une fraction de plus en plus grande des citoyens se désintéresse de son fonctionnement ou la considère comme un acquis. Par leur abstention et leur absence de participation, ils mettent en péril l’expression de l’intérêt général.

La protection et le développement futur de la démocratie supposent que trois conditions au moins soient remplies au quotidien :

  • Le respect de la loi, expression de la volonté générale, et des principes de l’État de droit.
  • La participation politique des citoyens aux affaires de la cité, et notamment aux scrutins.
  • La formation des citoyens aux mécanismes de représentation politique.

DÉCLARATION DES DROITS DE L'HOMME ET DU CITOYEN DE 1789