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Aristide BRIAND

(1862 - 1932)

Informations générales
  • Né le 28/03/1862 à NANTES (LOIRE-ATLANTIQUE - FRANCE)
  • Décédé le 07/03/1932 à PARIS (PARIS - FRANCE)

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Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

  • 27/04/1902 - 31/05/1906 : Loire - Socialistes parlementaires

    06/05/1906 - 31/05/1910 : Loire - Socialistes parlementaires

    24/04/1910 - 31/05/1914 : Loire - Républicain socialiste

    26/04/1914 - 07/12/1919 : Loire - Non inscrit

    16/11/1919 - 31/05/1924 : Loire-Inférieure - Républicain socialiste

    11/05/1924 - 31/05/1928 : Loire-Inférieure - Républicain socialiste et socialiste français

    22/04/1928 - 07/03/1932 : Loire-Inférieure - Républicain socialiste

Gouvernement

    Chef de gouvernement : du 24/07/1909 au 27/02/1911; du 21/01/1913 au 18/03/1913; du 29/10/1915 au 18/03/1917; du 16/01/1921 au 12/01/1922; du 28/11/1925 au 17/07/1926; du 29/07/1929 au 22/10/1929

Biographie

  • Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

    Né à Nantes (Loire-Inférieure) le 28 mars 1862, mort à Paris le 7 mars 1932

    Député de la Loire de 1902 à 1919.
    Député de la Loire-Inférieure de 1919 à 1932.

    Ancien ministre, ancien Président du Conseil. - Aristide-Briand est né à Nantes où son père, d'origine bretonne, et sa mère, vendéenne, étaient établis aubergistes. Après avoir fait ses études comme boursier au collège de Saint-Nazaire, puis au lycée de Nantes et les avoir terminées à la Faculté de droit de Paris, il revint à Saint-Nazaire, où il s'installa comme avocat.

    Attiré par la politique, il écrivit dans la Démocratie de l'Ouest des articles violents et anticléricaux, entra ensuite comme directeur politique à L'Ouest républicain et se fit élire conseiller municipal. Il se présenta, mais sans succès, aux élections législatives de 1889. Il s'était fait « syndicaliste » et préconisait alors la grève générale comme « le seul moyen de conduire le parti ouvrier au triomphe de ses revendications ». Démissionnaire du barreau de Saint-Nazaire au début de 1893, il vint se fixer à Paris où, pendant quelque temps, il mena la vie un peu débraillée des cafés et des brasseries, puis entra à La Lanterne où il donna des comptes rendus de réunions et finit par devenir secrétaire général. Il poursuivait toujours sa campagne pour la grève générale qui devait être « la révolution, mais une révolution qui permettra au prolétaire de passer du domaine des mots à celui de la réalité ». La grève générale devait encore, selon lui, « répondre à la déclaration de guerre ». Il conseillait aux soldats « de tirer sur leurs officiers si ceux-ci, dans une grève, ordonnaient de faire feu ».

    Il essaya de nouveau d'entrer à la Chambre aux élections d'août 1893, dans le quartier de La Villette, mais il échoua encore. Il se remit à militer au sein des congrès ouvriers et, se liant avec Viviani, Jaurès et Fournière, fonda avec eux le « parti socialiste français » qui allait s'opposer aux thèses doctrinaires de Jules Guesde et de Lafargue et du parti ouvrier. En 1898, nouvelle tentative infructueuse pour entrer à la Chambre dans la Seine, à Clichy, et ce nouvel échec lui fit perdre en même temps sa situation à La Lanterne. Par contre, il prenait de plus en plus une place de premier plan dans les congrès socialistes où sa parole faisait une grande impression et au barreau où il plaidait surtout dans les affaires ayant un sens ou une portée politique.

    En 1902, il venait de défendre avec éclat Gustave Hervé et le journal Le Pioupiou de l'Yonne lorsqu'il réussit, enfin, à se faire élire député de Saint-Etienne et, dès lors, son mandat allait lui être renouvelé à chaque consultation, dans la Loire jusqu'en 1919, ensuite à Saint-Nazaire.

    Dès son arrivée à la Chambre, Briand y prit une des premières places, grâce au charme de sa voix et à l'originalité de son expression qui atteignait souvent au lyrisme, mais tombait quelquefois dans la gouaille populaire, II fit ses débuts avec un succès retentissant dans une interpellation à propos de la mort d'un gréviste au cours d'une manifestation, puis fut désigné comme rapporteur de la loi de séparation des Églises et de l'État et, là, il se révéla comme un debater de grande envergure. S'appuyant sur la doctrine de l'Assemblée Constituante de 1789, qui avait proclamé que l'Eglise avait seulement la gestion, mais non la propriété des biens du clergé, il revendiqua pour la République le droit de supprimer le budgets des Cultes. Mais il pensait que le projet de loi qu'il rapportait pouvait et devait assurer la séparation et la paix dans le respect loyal et complet des droits de chacun. Il avait eu d'ailleurs l'habileté de s'entourer des avis de hautes personnalités catholiques et même d'évêques libéraux.

    Lorsqu'au début de 1906, à la suite des inventaires des biens des églises et des incidents qui en résultèrent, le cabinet Rouvier eut été renversé, Briand reçut le portefeuille de l'Instruction publique et des Cultes dans le cabinet Sarrien (14 mars 1906) et le conserva dans le ministère Clemenceau (25 octobre 1906), puis, à la mort de Guyot-Dessaigne le 21 décembre 1907, il prit, à partir du 4 janvier 1908 le Ministère de la Justice auquel les Cultes furent rattachés. C'est à lui, dans ces divers Ministères, qu'incomba la mise en application de la loi de séparation et il s'en acquitta avec une modération qui réussit à la faire accepter par l'Eglise et les fidèles.

    Président du Conseil, avec les portefeuilles de l'Intérieur et des Cultes après la démission de Clemenceau (24 juillet 1909), il se prononça, à la veille des élections de 1910, contre la représentation proportionnelle, mais, après le renouvellement de la Chambre, il déposa un projet qui combinait ce mode de scrutin avec le système majoritaire. Le projet ne fut d'ailleurs pas retenu. Ce nouveau passage aux affaires fut marqué par de graves incidents, notamment par la grève des inscrits maritimes et par celle des agents des chemins de fer. A la stupéfaction de ses anciens amis politiques, il fit occuper militairement certaines grandes gares et plusieurs lignes, prononça la réquisition du personnel et, interpellé à la Chambre, il déclara « que si le Gouvernement n'avait pas trouvé dans la loi les moyens de rester maître de ses chemins de fer, il serait allé jusqu'à l'illégalité ». Dans la séance du 31 octobre 1910, Jules Guesde et les 74 députés socialistes, rappelant ses anciennes déclarations sur la grève générale, demandèrent sa mise en accusation, mais la Chambre l'approuva. Toutefois, Plusieurs de ses collègues du cabinet n'étant pas d'accord avec lui sur l'interprétation du droit de grève, il remit sa démission au Président de la République (3 novembre 1910). Comme il n'avait pas été mis en minorité par la Chambre, il fut chargé de reformer le ministère, mais ce fut pour peu de temps ; le désaccord persistant, il démissionna le 27 février 1911.

    Le 14 janvier 1912 après la chute du cabinet Caillaux, Poincaré confia à Briand le portefeuille de la Justice dans son Ministère, puis, après son élection à la présidence de la République le 17 janvier 1913, s'étant démis de ses fonctions de Président du Conseil, Aristide-Briand fut appelé à lui succéder et forma son 3' cabinet le 21 janvier. Le 18 février suivant, au moment où débuta le septennat du Président Poincaré, Aristide-Briand lui remit selon la tradition, la démission de son Ministère; mais Poincaré lui demanda de rester en fonctions avec toute son équipe.

    Devant les dangers grandissants de la situation internationale, il déposa sur le Bureau de la Chambre un projet de loi tendant au retour au service militaire de trois ans. Mais il se heurta à de nouvelles difficultés avec les projets de réforme électorale. Partisan de la représentation des minorités, il dénonça dans un discours à Périgueux le scrutin d'arrondissement comme conduisant à la « pulvérisation des partis », à la « dissociation nationale », et parla de lui comme des « mares stagnantes », mot qui fit fortune. La Chambre le suivit mais le Sénat n'accepta qu'une partie de son projet. Sur un amendement de M. Peytral qui fut adopté et aux termes duquel nul ne serait proclamé élu s'il avait moins de voix que son concurrent, amendement, qui en fait, ruinait son projet, il démissionna le 18 mars 1913.

    Lorsque, le 26 août 1914, la guerre déclarée, Viviani reconstitua son ministère pour en faire un cabinet d'union nationale, Briand prit le portefeuille de la Justice et devint Vice-Président du Conseil. Il le resta jusqu'au 29 octobre 1915 où Viviani se retira pour permettre la constitution d'un ministère représentatif des plus hautes personnalités politiques et militaires. Aristide Briand prit la tête de cette formation ; ce fut son 5e cabinet. Il fut l'un des artisans de l'expédition de Salonique et de la création d'un nouveau front dans les Balkans, idée qu'il sut faire triompher à la conférence de Calais (décembre 1915). Il s'employa également à réaliser une coordination plus étroite des efforts des alliés et, là encore, ses conceptions l'emportèrent (Conférence de Paris, mars 1916). C'est à la suite de ces conférences que le commandement en chef fut réorganisé et que Joffre, promu Maréchal de France, fut remplacé par Nivelle le 12 décembre 1916. Ce même jour, et comme suite aux promesses faites au cours du Comité secret qui siégea du 10 au 20 novembre 1916, Aristide Briand remania son ministère pour y introduire un Comité de guerre siégeant en permanence. Briand fut moins heureux à la Conférence de Rome (janvier 1917), où il ne réussit pas à faire prononcer par les alliés la déposition du roi Constantin de Grèce. C'est dans ce même moment que, repoussant une offre de paix allemande qui se produisait au lendemain de la prise de Bucarest, il la dénonça comme une manœuvre destinée « à empoisonner le pays, à troubler les consciences et à faire chanceler le moral des peuples ».

    La démission de Lyautey, ministre de la Guerre, le 14 mars 1917, entraîna la chute du cabinet et, pendant quatre ans, Briand demeura en dehors du Gouvernement.

    Il ne revint aux affaires que la guerre terminée, le 16 janvier 1921. Il constitua un nouveau cabinet d'union nationale dont, seuls, les socialistes révolutionnaires étaient exclus. Ce fut la période difficile des règlements internationaux consécutifs à la guerre (conférences de Paris, janvier 1921 ; de Londres, mars 1921). Devant la mauvaise volonté allemande, il prononça son fameux discours où il disait « qu'il fallait mettre la main au collet de l'Allemagne » et l'obliger à payer.

    Il fit occuper Duisbourg, Ruhrort et Dusseldorf et fit sommation à l'Allemagne de s'acquitter sous peine de sanctions économiques. Ce furent alors les accords financiers d'août 1921, l'accord de Wiesbaden du 6 octobre sur les réparations en nature, mais qui ne furent que partiellement tenus. Puis ce fut la conférence. de Washington qui devait régler une foule de difficultés relatives aux armements navals et à leur limitation, aux droits des puissances dans le Pacifique, à la souveraineté de l'Etat chinois, à la position du Japon vis-à-vis du continent asiatique. En janvier 1922, une nouvelle conférence se tenait à Cannes. Aristide Briand négociait lorsqu'un télégramme de Poincaré lui rappela « que rien ne pouvait devenir définitif sans l'accord des Chambres ».

    Une opposition grandissait en effet au Parlement contre la politique du Ministre qu'on accusait de faire trop de concessions aux intérêts de nos alliés. Aristide-Briand revint à Paris s'expliquer devant la Chambre, puis remit sa démission le 12 janvier 1922, et, une nouvelle fois, il allait se trouver à l'écart du gouvernement pendant trois ans. Au cours de ce dernier ministère. il avait obtenu le rétablissement de l'ambassade française auprès du Vatican et, dans cette affaire, il eut à soutenir une lutte très vive contre ses anciens amis politiques, mais il triompha. En 1924, le Ministère Herriot supprima de nouveau l'ambassade, mais Aristide Briand, à son retour au pouvoir dans le cabinet Painlevé (avril 1925), rétablit la représentation auprès du Saint-Siège qui, par la suite, ne devait plus être remise en cause.

    Après la démission de Painlevé, le 26 octobre 1925, Aristide Briand conserva le portefeuille des Affaires étrangères dans le nouveau cabinet où Painlevé se succédait à lui-même. Il reprenait la Présidence du Conseil le 28 novembre 1925, se succédait à lui-même le 9 mars 1926, puis le 23 juin 1926. Il fut absent du cabinet Herriot du 19 juillet 1926, mais retrouva les Affaires étrangères dans les cabinets Poincaré des 23 juillet 1926 et 11 novembre 1928. Il succéda à Poincaré le 29 juillet 1929 et ce fut son 11e et dernier cabinet. Mais dans les ministères suivants : Tardieu du 3 novembre 1929, Chautemps du 21 février 1930, Tardieu du 2 mars 1930, Steeg du 13 décembre 1930, Laval du 27 janvier 1931 et Laval du 13 juin 1931, la direction des Affaires étrangères lui fut confiée.

    Cette longue présence à la tête de la politique extérieure française lui permit d'orienter celle-ci vers ce qui était sa préoccupation dominante depuis la fin de la guerre 1914-1918 : la question de la sécurité internationale et de l'instauration d'une paix durable avec l'Allemagne. Il crut sincèrement les trouver dans un rapprochement franco-allemand, dût la France faire certaines concessions, et il s'y employa de toutes ses forces. Dans des discours retentissants, il déclarait vouloir « mettre la guerre hors la loi ». Il proposa la réunion d'une conférence générale des alliés à Locarno (octobre 1925), où il pensa pouvoir régler enfin toutes les questions de l'après-guerre par des conventions d'arbitrage. Il provoqua à Thoiry (septembre 1926) une entrevue avec le Ministre allemand Stresemann où tous deux examinèrent les problèmes qui divisaient les deux pays. Déjà l'Allemagne avait été admise à la Société des Nations avec un siège dans son Conseil permanent.

    Peu après, on décidait la suppression de la Commission militaire du contrôle interallié (janvier 1927), contre un engagement pris par l'Allemagne relativement au matériel de guerre et au régime des fortifications, puis ce fut, en septembre 1928, la renonciation à l'occupation de la Rhénanie cinq années avant le terme fixé par le traité de Versailles et un règlement nouveau des réparations, pour lequel la France consentait de nouveaux et importants abandons. Parallèlement, un pacte Briand-Kellog était signé entre la France et l'Amérique, par lequel celle-ci donnait sa caution morale pour le maintien de la paix, toutefois, sans aucune précision d'ordre militaire. Enfin, un acte général d'arbitrage était signé et approuvé par l'Assemblée générale de la Société des Nations et Briand, l'année suivante (septembre 1929), lançait l'idée des « Etats-Unis d'Europe » et de l'organisation d'un régime d'« Union fédérale européenne ».

    Dans le développement de cette politique, Briand qui, sans cesser d'être « Français », avait voulu être aussi un « Européen », avait mis toute sa foi et toute sa bonne foi. Il n'est pas douteux - les événements l'ont montré - qu'il a échoué complètement et, surtout, qu'il a été berné par son partenaire allemand, qui s'en vanta. Briand continua pourtant sa politique sans se laisser ébranler par aucune critique ni aucun fait.

    LLorsque le 13 mai 1931 l’Assemblée nationale eut à donner un successeur à Gaston Doumergue, Président de la République, Briand posa sa candidature, mais, au premier tour de scrutin, il ne réunit que 401 voix contre 442 à Paul Doumer, et se retira. Il était d'ailleurs malade et, un jour, il eut une défaillance au cours d'une séance de la Chambre. Il alla se reposer dans sa propriété de Cocherel (Eure), puis fut remplacé à la Présidence du Conseil par Pierre Laval et, le 14 janvier 1932, après la mort de Maginot, il quitta le Quai d'Orsay où il était resté sept années consécutives. Il retourna à Cocherel, puis revint à Paris. Ce fut pour y mourir, le 7 mars 1932.

    Les Chambres lui votèrent des funérailles nationales et décidèrent (loi du 30 avril 1932) qu'il avait bien mérité de la Patrie.

    Beaucoup d'ouvrages ont été consacrés à Briand ; le plus considérable est celui de Georges Suarez, Briand, sa vie, son œuvre, (6 vol.).


Fonds d'archives

  • Les archives d’Aristide Briand sont conservées par les Archives nationales sous la cote 598 AP. Elles couvrent la période 1897-1905 et sont décrites dans un état sommaire. Les documents ont été versés en 1969 par Charles Billiau, neveu d’Aristide Briand, et sont conservés dans deux cartons. Le fonds est librement communicable.
    Le fonds est constitué par des documents relatifs à la loi de séparation des Églises et de l’État et par de la correspondance reçue relative à la guerre. De plus amples renseignements sont disponibles sur le site Internet des archives de l'Assemblée nationale .

    Vingt-neuf volumes Aristide Briand, cotés PA 335, sont également conservés aux Archives du ministère des Affaires étrangères et européennes . Ils couvrent la période 1882 à 1931 et sont librement communicables. De plus amples renseignements sont disponibles sur site Internet des Archives diplomatiques .

    Par ailleurs, de nombreux documents et objets sont conservés par l’ Association Aristide Briand de Saint-Nazaire . Ils ont été achetés à Michel Lambert, petit-fils de Charles Billiau, et dépositaire d’une grande partie des archives d’Aristide Briand. S’y trouvent environ deux mètres linéaires d’archives (copies), retraçant la vie d’Aristide Briand de son enfance jusqu’à sa mort en 1932. On y trouve des papiers personnels (extraits d’acte de naissance, diplômes, carte d’identité, livret militaire, cartes d’électeur, cartes de visites, actes notariés, lettres, ou dessins), mais aussi de la correspondance et des dossiers relatifs à son métier d’avocat, à ses liens avec le socialisme, à la loi de séparation des Églises et de l’État, à la Première Guerre mondiale, à l’affaire de la banque industrielle de Chine, aux conférences de la paix et de Cannes, à la Société des Nations et à la politique étrangère de la France. De nombreux documents iconographiques (photographies, gravures, dessins) ainsi que de la documentation relative à Aristide Briand y sont également conservés. De plus amples informations figurent sur le site Internet de l'association Aristide Briand .

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