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Guillaume, Isidore BARON DE MONTBEL

(1787 - 1861)

Informations générales
  • Né le 04/07/1787 à TOULOUSE (HAUTE-GARONNE - FRANCE)
  • Décédé le 03/02/1861 à FROHSDORFF (AUTRICHE)

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Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

  • 17/11/1827 - 16/05/1830 : Haute-Garonne - Majorité ministérielle

Biographie

  • Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

    Député de 1827 à 1830 et ministre, né à Toulouse (Haute-Garonne) le 4 juillet 1787, mort à Frohsdorff (Autriche) le 3 février 1861, il n'est pas de la même famille que le député Louis Joseph de Montbel.

    Son père périt sur l'échafaud révolutionnaire. Royaliste ardent, il s'enrôla dans les volontaires royaux en 1815, et fut placé, pendant les Cent-Jours, sous la surveillance de la police impériale. Propriétaire à Toulouse, conseiller municipal de cette ville, il en fut nommé maire par la Restauration, en remplacement de M. de Villèle, son ami particulier, et fut élu, le 17 novembre 1827, député du 2e arrondissement de la Haute-Garonne, par 281 voix (330 votants, 399 inscrits), contre 108 à M. Cassaing. Il se trouva en quelque sorte, sous le ministère Martignac, le représentant du cabinet précédent. Actif, zélé, tout dévoué à la cause monarchique, doué d'une certaine facilité de parole, il se fit le défenseur résolu des idées de M. de Villèle en matière de politique et de finances, multiplia les propositions et les amendements sans se laisser décourager par l'insuccès, et combattit sans relâche le parti libéral. Membre de la commission chargée d'examiner le projet de loi sur la presse périodique, il se montra l'adversaire de la liberté de la presse, invoqua, à l'appui de sa thèse, l'attentat de Louvel contre le duc de Berry, attentat dont il imputait la responsabilité aux journalistes de l'opposition, et réclama la censure facultative. Candidat de l'extrême droite à la vice-présidence de la Chambre en 1829, il n'obtint que 62 voix.

    Le 19 février, comme la majorité paraissait disposer à ajourner la motion de Labbey de Pompières (V. ce nom) relative à la mise en accusation des derniers ministres, il combattit cette tendance, et exposa, qu'il était impossible de laisser plus longtemps indécise la position de « pairs de France, d'anciens ministres du roi ». La majorité se rangea à son avis et accepta la discussion. Le 7 avril, M. de Montbel critiqua comme ruineuse et romanesque l'intervention en faveur des Grecs.

    Lors de la formation du cabinet Polignac (8 août 1829), il y entra d'abord avec le portefeuille des Affaires ecclésiastiques et de l'Instruction publique qu'il garda pendant trois mois, sans se signaler par aucune mesure importante: il se refusa à signer la suspension des cours de MM. Cousin, Guizot et Villemain, et le 18 novembre suivant, il succéda à M. de la Bourdonnaye démissionnaire, comme ministre de l'Intérieur.

    Le désir personnel de Charles X l'avait appelé à ce poste. Il commença par investir M. Sirieys de Mayrinhac de la direction de la police générale, et, à la Chambre, essaya plusieurs fois, mais vainement, de pallier, par ses déclarations, l'impopularité du cabinet dont il faisait partie. Il eut une part directe à la discussion de l'Adresse, le 5 mars 1830, lutta contre les attaques du parti constitutionnel, dénonça « cette haine qui alarme, qui place les honnêtes citoyens sous les coups de la diffamation et de la calomnie, et qui empêche les magistrats de faire tout le bien qu'ils désirent ». Puis il s'efforça de faire tourner au profit du gouvernement la campagne électorale. Partisan de l'ingérence du pouvoir, il recommanda aux préfets de lui adresser des « renseignements confidentiels ».

    Le 19 mai 1830, il succéda à M. de Chabrol comme ministre des Finances. A ce titre il signa les Ordonnances de juillet. Il soutint jusqu'au bout le trône de Charles X, repoussa toute idée de transaction avec l'opposition ou les insurgés, concourut avec M. de Polignac aux mesures de résistance, désavoua les essais de conciliation tentés par MM. de Sémonville et d'Argout, accompagna le roi à Rambouillet et, après que le duc d'Orléans eut été nommé lieutenant-général du royaume, rentra à Paris d'où il se rendit à Vienne, en Autriche.

    Décrété d'accusation le 28 septembre 1830, par 197 voix contre 69, il fut compris, comme contumace, dans l'arrêt de la cour des pairs qui condamna tous les anciens ministres du roi déchu à la mort civile et à la prison perpétuelle: acte fut donné en outre, aux commissaires de la Chambre, des réserves faites particulièrement contre lui pour le recouvrement sur ses biens d'une somme de 421,000 francs qu'il avait ordonnancée, le 28 juillet, en pleine lutte, pour le ravitaillement des troupes royales. Le ministère Molé l'ayant amnistié, ainsi que ses collègues, il revint en France, et se tint jusqu'à sa mort à l'écart des affaires publiques. Il mourut à Frohsdorff, en visite auprès du comte de Chambord.

    On a de lui une Protestation, publiée en 1831, contre la procédure instruite contre lui devant les pairs : une Lettre sur le choléra de Vienne (1852) : une notice sur le duc de Reichstadt : (1833) ; une relation des derniers moments de Charles X, etc.


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