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Elie CASTOR

(1943 - 1996)

Informations générales
  • Né le 28/04/1943 à CAYENNE (GUYANE - FRANCE)
  • Décédé le 16/06/1996 à CLERMONT-FERRAND (PUY-DE-DÔME - FRANCE)

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Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

  • 21/06/1981 - 01/04/1986 : Guyane - Socialiste

    16/03/1986 - 14/05/1988 : Guyane - Socialiste

    05/06/1988 - 01/04/1993 : Guyane - Socialiste

Biographie

  • Biographie de la Ve République

    CASTOR (Elie)
    Né le 28 avril 1943 à Cayenne (Guyane)
    Décédé le 16 juin 1996 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme)

    Député de Guyane de 1981 à 1993

    Elie Castor est né le 28 avril 1943 à Cayenne. Après deux années en faculté de droit et quelques années en tant qu’officier de police, Elie Castor choisit d’enseigner dans son département d’origine. Il a fondé le centre de formation des personnels communaux de sa ville natale et y a été animateur. Longtemps considéré comme un modéré favorable à la droite, Elie Castor devient ensuite l’un des leaders de la gauche autonomiste guyanaise. En 1967, il est élu au conseil général de Guyane (canton de Sinnamary) qu’il préside de 1979 à 1982 et de 1985 à 1994. A partir de 1977, Elie Castor est maire de Sinnamary, le village de sa famille. Il le reste jusqu’à son décès en 1996. Par ailleurs, il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la Guyane.
    En 1981, le maire de Sinnamary se présente contre le député gaulliste en poste depuis 1967, Hector Riviérez. Dès le premier tour, il recueille 51,2% des voix contre 48,8% pour son adversaire, mais le scrutin est invalidé par une trop faible participation (le député n’a recueilli sur son nom que 24,5% des suffrages des inscrits). Un second tour est donc organisé. Il est encore plus favorable à Elie Castor qui obtient 53,2% des voix contre 46,5% pour le député sortant.
    Arrivé au Palais-Bourbon, le nouveau député de Guyane s’apparente au groupe socialiste. Il devient membre de la commission des Affaires étrangères à laquelle il siège pendant toute la durée de la législature. A partir du 3 octobre 1984, Elie Castor est nommé membre du comité directeur du fonds d’investissement des départements d’outre-mer. Les interventions qu’il prononce à la tribune sont le plus souvent consacrées à la situation de son département. A l’occasion de la discussion du projet de loi portant adaptation de la loi de décentralisation du 2 mars 1982 à la Guadeloupe, à la Guyane, à la Martinique et à la Réunion, Elie Castor dénonce, le 30 septembre 1982, les faiblesses structurelles des DOM : hypertrophie du secteur tertiaire, sous-développement, dépendance économique, accroissement du chômage, stagnation de l'agriculture, insuffisance des équipements collectifs. Il s’intéresse plus spécifiquement aux problèmes créés en Guyane par la régionalisation de 1972 en particulier la superposition des pouvoirs sur un même territoire, le 15 décembre 1982, lors de la discussion du projet de loi portant organisation des régions de Guadeloupe, de Guyane et de la Réunion. Il réclame à plusieurs reprises davantage de crédits pour assurer le développement économique et social des départements d’outre-mer (à l’occasion de l’examen du budget, les 26 octobre 1984 et 5 novembre 1985) tout en demandant le transfert à la région des ressources du FIDOM (Fonds d’investissement pour les départements d’outre-mer) dont il est pourtant membre, du fonds routier et de l’octroi de mer (19 décembre 1983 lors du projet de loi relatif aux compétences des régions de Guadeloupe, de Guyane, de Martinique et de la Réunion).
    Au cours de la législature, Elie Castor accorde son soutien aux gouvernements Mauroy, les 9 juillet 1981 et 6 avril 1983, et Fabius, le 24 juillet 1984. Il vote également les projets de loi de société : l’abolition de la peine de mort le 18 septembre 1981, l’égalité professionnelle des femmes et des hommes le 6 décembre 1982, le remboursement de l’I.V.G. le 20 décembre 1982, ou encore l’égalité des époux dans les régimes matrimoniaux (6 mai 1985). Il approuve également la démocratisation des enquêtes publiques le 20 avril 1983, le renforcement de la protection des victimes d’infractions le 5 mai 1983, et l’amélioration du statut des étrangers séjournant en France, le 25 mai 1984.
    Aux élections de 1986, trois listes se disputent les deux sièges guyanais. Les socialistes emmenés par Elie Castor obtiennent un siège avec 48,4% des voix. Le second est remporté par la liste RPR conduite par Paulin Brune (34,5%) tandis que la liste d’union pour le progrès économique et social ne recueillent que 17,4% des suffrages.
    De retour au Palais-Bourbon, Elie Castor, toujours apparenté socialiste et membre de la commission de la Défense nationale, dénonce avec la même insistance les effets de la régionalisation qui a créé, en Guyane, une concurrence entre l’échelon départemental et l’échelon régional. Par ailleurs, le 8 novembre 1986il s’élève contre une ventilation des crédits qui favoriserait les départements proches de la sensibilité politique du gouvernement au détriment du département de la Guyane dans le cadre de l'examen du projet de loi de finances pour 1987,). En revanche, le 26 novembre 1986, le député se félicite de bilan qu’il juge positif de l’action de la gauche sur l’économie de la Guyane, lors de la discussion projet de loi de programme sur les départements d’outre-mer. Il regrette que la défiscalisation en Guyane livre le territoire « à la concurrence sauvage des multinationales » qui pillent ses richesses.
    A l’occasion des grands scrutins publics de la période de cohabitation, Elie Castor marque son opposition à l’exécutif, en votant contre les deux déclarations de politique générale du gouvernement Chirac, le 9 avril 1986 et le 7 avril 1987. En revanche, tout comme les autres membres du groupe socialiste, il approuve le projet de loi autorisant la ratification de l’Acte unique européen, le 20 novembre 1986, ainsi que celui sur l’exercice de l’autorité parentale, le 7 mai 1987.
    La réélection de François Mitterrand et les élections qui la suivent sont un succès pour Elie Castor : malgré une très faible participation (40%), il est réélu dès le premier tour avec près de 72% des voix contre Flore Peyrand, candidate du RPR.
    Toujours apparenté socialiste, le député de Guyane est appelé à siéger à la Commission des affaires étrangères de 1988 à 1990 puis à la Commission de la production et des échanges jusqu’à la fin de la législature. Elie Castor dépose cinq propositions de loi le 6 juillet 1988 afin de créer un office régional de l'immigration, une banque régionale de développement et un fonds régional pour les transports intérieurs en Guyane ainsi que d’accroître la lutte contre les maladies transmises par les insectes et mieux répartir de la foncier de l’Etat dans le département. Le 12 juin 1990, à l’occasion de la déclaration du gouvernement sur l’égalité sociale et le développement économique dans les département d’outre-mer, Elie Castor prend la parole pour regretter que le débat sur l’organisation institutionnelle de l’outre-mer soit clos : « Il faudrait admettre une fois pour toute qu'il ne peut y avoir et qu’il n’y aura pas de développement économique sans création d’une collectivité territoriale nouvelle disposant d'un statut particulier au niveau de chacune des collectivités des anciennes colonies : Martinique, Guadeloupe, Guyane et Réunion ». Dans ces conditions, il réclame à nouveau la fin de la dualité institutionnelle dans son département : « Des mesures nécessaires doivent être prises pour que nos régions et notre collectivité nouvelle - parce qu'il faudra absolument que l'on en vienne à la mise en place de cette collectivité territoriale nouvelle - puissent disposer de l'ensemble des missions et des attributions qui sont actuellement dévolues à deux assemblées concurrentes, afin que l'on puisse avoir une vision globale et régler les problèmes qui se posent aujourd'hui. […] Au moment où le Gouvernement prône le dialogue et la concertation, l'heure est venue, avant la fin du deuxième septennat de François Mitterrand, de proposer au Parlement un projet de loi octroyant à chaque département d'outre-mer un statut particulier avec une assemblée unique dont les dispositions devront être définies en concertation avec les assemblées locales existantes ».
    Lors des grands scrutins publics de la législature, Elie Castor approuve les réformes portées par les gouvernements Rocard et Cresson : le projet de loi sur les conditions de séjour et d’entrée des étrangers en France, revenant sur les restrictions adoptées en 1986, le 4 juillet 1989, la réforme du code pénal, le 12 octobre 1989, le projet de loi instituant un contrôle de constitutionnalité des lois par voie d’exception, le 25 avril 1990, qui finalement a été XXX par le gouvernement, et le projet de loi Gayssot tendant à réprimer tout acte raciste, antisémite ou xénophobe, le 2 mai 1990. Il approuve également l’entrée en guerre contre l’Irak, le 16 janvier 1991, et la ratification des accords de Schengen, le 3 juin 1991, ainsi que la réforme du statut de la Corse, accordant au territoire une plus grande autonomie, le 12 avril 1991. Enfin, le 8 octobre 1991, il approuve le projet de réforme du code pénal.
    En 1993, Elie Castor ne se présente pas aux élections législatives. Il décède le 16 juin 1996 après une longue maladie. Il était encore maire de Sinnamary.

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