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Jean-Jacques BAUDE

(1792 - 1862)

Informations générales
  • Né le 19/02/1792 à VALENCE (DRÔME - FRANCE)
  • Décédé le 06/02/1862 à PARIS (PARIS - FRANCE)

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Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

  • 28/10/1830 - 31/05/1831 : Loire - Majorité ministérielle

    01/03/1832 - 25/05/1834 : Loire - Majorité ministérielle

    21/06/1834 - 03/10/1837 : Loire - Opposition

    04/11/1837 - 02/02/1839 : Loire - Opposition

    09/07/1842 - 06/07/1846 : Loire - Opposition

Biographie

  • Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

    Député de 1830 à 1839, puis de 1842 à 1846, né à Valence (Drôme), où son père était procureur général, le 19 février 1792, mort à Paris, le 6 février 1862, il entra dans l'administration à la fin du règne de Napoléon Ier, et occupa successivement les fonctions de sous-préfet de Confolens (8 avril 1813), sous-préfet de Roanne (2 novembre 1814) et sous-préfet de Saint-Étienne (4 juin 1815).

    Démissionnaire en juillet de la même année, il combattit le gouvernement de la Restauration dans une brochure politique intitulée le Lundi gras et le Mercredi des cendres qui le fit condamner par la Cour de Grenoble; il continua ses attaques dans la presse libérale et signa, comme rédacteur du journal le Temps, la protestation des journalistes contre les Ordonnances de Charles X.

    La Révolution de juillet, qui portait au pouvoir ses amis politiques, lui donna tout d'abord une place importante dans le parti orléaniste. Secrétaire de la Commission municipale de Paris le 29 juillet 1830, il fut, le 1er août, nommé secrétaire général du ministère de l'Intérieur, fut même, pendant quelques jours, ministre intérimaire, en attendant que Guizot prît le portefeuille (11 août). Le 10 novembre, lorsque le comte de Montalivet succéda à Guizot, Baude fut nommé sous-secrétaire d'Etat à l'Intérieur. Dans l'intervalle, il avait été directeur général des ponts et chaussées et des mines, et conseiller d'Etat en service ordinaire. Enfin il fut, le 26 décembre 1830, appelé, en remplacement de Treilhard, à la Préfecture de police, dont il ne conserva la direction que jusqu'au 25 février 1831. Le collège de département de la Loire l'avait, le 28 octobre 1830, élu député avec 356 voix sur 436 votants et 955 inscrits, contre M. Verne de Bachelard, ancien député, 75 voix. Il succédait à la Chambre au vicomte de Champagny, démissionnaire.

    Sa première proclamation, comme préfet de police, eut un certain succès: « Habitants de Paris, disait-il, le roi m'impose la tâche honorable et laborieuse de veiller au repos de cette capitale du monde civilisé... Le Gouvernement fera son devoir. Les agitateurs n'arracheront point impunément le peuple à son repos et à ses occupations; la jeunesse de nos écoles se souviendra qu'elle doit à la patrie de se préparer, par des études sérieuses, à nous remplacer un jour dans les affaires publiques. Le temps ni le calme ne manqueront à la discussion ferme et paisible, éclairée et complète, de droits et d'intérêts qui sont aussi ceux de nos frères des départements... » Son passage à la Préfecture de police fut signalé par un événement grave. Le 14 février 1831, jour anniversaire de la mort du duc de Berry, quelques légitimistes ayant, à la suite du service funèbre, placé sur le catafalque l'image du duc de Bordeaux avec une couronne d'immortelles, le peuple se souleva et se porta à l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, où avait eu lieu la cérémonie, ainsi qu'à l'archevêché, où tout fut brisé. Les croix qui ornaient, soit les clochers, soit les façades des autres églises, furent également renversées ou enlevées. Pendant trois jours, il y eut des rassemblements, et l'on se rendit à Conflans, où l'archevêque avait une maison de campagne, ainsi qu'à Montrouge, où avaient habité les jésuites. Enfin la garde nationale apaisa cette émeute, mais des explications furent demandées aux ministres à la tribune de la Chambre. M. Baude, ayant parlé dans ce débat, non seulement pour expliquer sa conduite, mais encore pour signaler comme une des causes de l'inquiétude publique la mollesse du gouvernement, M. d'Argout rappela le préfet de police à la circonspection du subordonné, et, le jour même, on lui notifia son remplacement.

    Peu de temps après l'affaire de l'archevêché, dans la séance du 15 mars 1831, Baude présenta à la Chambre, d'accord avec le Gouvernement, la proposition suivante, qui fut appuyée par le président du Conseil, Casimir Périer, combattue par Berryer, et finalement adoptée dans son principe, mais avec des amendements qui la dénaturaient en partie:

    « Article 1er. - L'ex-roi, Charles X, ses descendants et les alliés de ses descendants sont bannis à perpétuité du territoire français, et ne pourront y acquérir, à titre onéreux ou gratuit, aucun bien, y jouir d'aucune rente ou pension.

    « Article 2. - Les personnes désignées dans l'article précédent sont tenues de vendre, dans les six mois, à partir de la promulgation de la présente loi, tous les biens, sans exception, qu'elles posséderaient en France.

    « Article 3. - Si la vente desdits biens n'est pas effectuée dans le délai prescrit, il y sera procédé dans les formes déterminées pour l'aliénation des biens de l'Etat par l'administration des domaines. Le produit des ventes, déposé à la caisse des consignations, sera tenu à la disposition des fondés de pouvoir des anciens propriétaires, déduction faite du montant des droits des créanciers et des dommages qui seraient exigibles en raison des événements du mois de juillet 1830. »

    Au cours de la discussion, Baude, trouvant que les changements qu'on avait fait subir à sa proposition l'avaient trop détournée de son but, déclara qu'il la retirait; elle ne fut votée qu'après avoir été reprise par M. Benjamin de Lessert. Baude qui, lors de ses nominations comme sous-secrétaire d'Etat, puis comme préfet de police, avait obtenu deux fois le renouvellement de son mandat, échoua aux élections générales du 5 juillet 1831, dans le 1er collège électoral de la Loire (Saint-Étienne): il n'obtint que 68 voix contre 139 à M. Robert (Fleury), élu. Il fut plus heureux le 1er mars 1832 : le collège de Roanne le renvoya à la Chambre avec 105 voix (187 votants, et 338 inscrits), en remplacement de M. Alcock, démissionnaire. Il votait alors, le plus souvent, avec la majorité, et notamment, le 16 avril 1833, pour le jugement et la condamnation du gérant de la Tribune. Toutefois, il demanda à retrancher de la citation devant la Chambre l'un des articles incriminés.

    Pourtant, dans les sessions de 1834, de 1835 et de 1836, on le retrouve plutôt dans les rangs de l'opposition; il avait été destitué comme conseiller d'Etat, et réélu député le 21 juin 1834, par 150 voix (223 votants, 337 inscrits), contre 69 voix à M. Méaudre, ancien député. Il demanda que sur le crédit de 750.000 francs ouvert au ministère des Finances pour distribution de secours aux pensionnaires indigents de l'ancienne liste civile, il fût distrait 220.000 fr. pour être appliqués aux condamnés politiques sous la Restauration. Plus tard, il soutint aussi le projet de loi tendant à accorder des pensions aux veuves de plusieurs généraux; puis il appuya la proposition Dubois-Aymé en faveur des membres de la famille Napoléon, et présenta, dans la discussion des légionnaires de l'île d'Elbe, un amendement qui fut rejeté.

    Lorsque le Réformateur publia sous le titre « Assommeurs législatifs» le récit des mauvais traitements que certains députés de la majorité avaient fait endurer à un jeune journaliste, expulsé de la tribune de la presse, ainsi que ses confrères, sur la dénonciation de M. Jaubert, l'auteur de l'article écrivit : « M. Baude, qui voulait arracher le journaliste à la fureur de ces énergumènes, a reçu, dit-on, un violent coup de canne. La garde municipale est accourue et elle est venue à bout de préserver la victime et de débarrasser en même temps M. Baude. » Le jeune journaliste s'appelait Eugène Raspail. On sait que le Réformateur fut poursuivi devant la Chambre pour la publication de cet article, et condamné par elle.

    Renommé au Conseil d'Etat, Baude obtint le renouvellement de son mandat de député, le 4 novembre 1837, mais ne fit point partie de la législature de 1839 : M. Alcock prit alors sa place. Il revint au Parlement le 9 juillet 1842, par 163 voix sur 195 votants et 432 inscrits, et, abandonnant toute velléité d'opposition, se rallia pleinement à la politique de résistance. Son rôle, en même temps, devint plus effacé. « L'éloquence de M. Baude, dit un biographe de 1846, s'est réfugiée dans les bureaux. Il se venge du silence qu'il garde à la Chambre sur les commissions de travaux publics, dont quelques-unes l'ont choisi pour leur rapporteur, sans doute pour faire goûter à tous le plaisir qu'il leur avait procuré. M. Baude vote invariablement pour le ministère du 29 octobre. Il a indemnisé Pritchard et repoussé la proposition sur les députés fonctionnaires. » Sa carrière parlementaire prit fin le 1er août 1846: son concurrent, M. de Raineville, l'emporta sur lui, par 277 voix contre 186. Il rentra alors dans la vie privée.

    On a de lui un assez grand nombre de mémoires techniques : sur la navigation de la Loire, sur l'isthme de Suez, etc., un ouvrage sur l'Algérie, enfin un volume intitulé: les Côtes de la Manche (1859).



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