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François, Just, Marie RAYNOUARD

(1761 - 1836)

Informations générales
  • Né le 18/09/1761 à BRIGNOLES (VAR - FRANCE)
  • Décédé le 27/10/1836 à PASSY (PARIS - FRANCE)

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Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

  • 24/09/1805 - 04/06/1814 : Var

    04/06/1814 - 20/03/1815 : Var

    26/05/1815 - 13/07/1815 : Var

Biographie

  • Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

    Député au Corps législatif de 1806 à 1815, représentant aux Cent-Jours, né à Brignoles (Var) le 18 septembre 1761, mort à Passy (Seine) le 27 octobre 1836, « fils du sieur Honoré Raynouard et de dame Elisabeth Goujon », il fit ses classes à Aix et étudia le droit dans la même ville.

    Venu à Paris à l'âge de vingt-trois ans, il s'y essaya à la littérature, puis il s'inscrivit au barreau de Draguignan, et acquit de la réputation comme avocat, tout en s'occupant de poésie.

    Elu, en 1791, député suppléant à l'Assemblée législative, il se rendit de nouveau à Paris, se lia avec les Girondins, et fut, après le 31 mai, poursuivi comme suspect de fédéralisme ; il tenta de se réfugier dans le Midi, mais il fut découvert, arrêté, ramené à Paris et emprisonné à l'Abbaye, d'où le tira le 9 thermidor.

    C'est sous les verrous qu'il composa sa première œuvre théâtrale, Caton d'Utique (1794). Il retourna bientôt dans son pays pour y reprendre sa profession d'avocat; au bout de quelques années, ayant acquis une modeste fortune, il se fixa pour la troisième fois à Paris. L'Académie, en 1802, couronna son poème de Socrate au temple d'Aglaure; cette distinction permit à Raynouard de faire recevoir au Théâtre-Français deux tragédies : Eléonore de Bavière et Les Templiers. La dernière resta longtemps dans les cartons. On dit que ce fut Napoléon qui en ordonna la représentation, qui eut lieu au commencement de 1805; le brillant succès qu'elle obtint rappela les beaux jours du Charles IX de Chénier, et de l'Agamemnon de Lemercier. Le style en était large, simple et grand, et corrigeait par ces qualités la lenteur un peu monotone du développement scénique. L'auteur fut bientôt appelé à siéger (1807) à l'Académie française à la place de Le brun, qu'il loua faiblement : il y fut reçu par Bernardin de Saint-Pierre.

    L'année d'avant (2 vendémiaire an XIV), Raynouard avait été élu par le Sénat député du Var au Corps législatif. Ce mandat lui fut renouvelé le 6 mai 1811. Il compta d'abord parmi les partisans les plus dociles du régime impérial; mais il fit partie (décembre 1813) de la commission chargée de présenter un rapport sur les documents diplomatiques que l'empereur avait communiqués à l'assemblée. Cette commission, où il eut pour collègues Lainé, Gallois, Flaugergues et Maine de Biran, confia à Lainé la rédaction du rapport, dont les épreuves furent saisies par le ministre de la police, et qui provoqua, de la part de l'empereur, l'ajournement de la convocation du Corps législatif. Napoléon avait eu un moment, a-t-on dit, le dessein de nommer Raynouard président du Corps législatif; il y renonça, sur l'avis de Fontanes. A la première Restauration, Raynouard fut (1814) le rapporteur du projet de loi sur la presse.

    Pendant ce temps, il n'avait pas négligé le théâtre. Avant et après les Templiers, il composa plusieurs tragédies, dont une seule, les Etats de Blois, fut représentée. On la joua à Saint-Cloud le 22 juin 1810, devant Napoléon, qui la goûta peu. D'autres pièces, telles que Scipion, Don Carlos, Charles Ier, Jeanne d'Arc à Orléans, ne furent jamais mises à la scène. Puis, le poète, qui s'était préparé dès longtemps aux questions philologiques, résolut de se livrer à une étude approfondie des langues du moyen âge : devenu linguiste distingué, il fut admis à l'Académie des Inscriptions (20 octobre 1815).

    Raynouard avait représenté (26 mai 1815) à la Chambre des Cent-Jours, l'arrondissement de Brignoles, qui lui avait donné 26 voix sur 36 votants, contre 10 à M. Xavier Ricard.

    Secrétaire perpétuel de l'Académie française à la mort de Suard en 1817, il résigna ces fonctions en 1826, pour se consacrer tout entier à ses investigations linguistiques : il rechercha surtout les sources et les déviations de la langue vulgaire gallo-romaine qu'il regardait comme l'origine des langues néo-latines. On a encore de lui des Eléments de grammaire romane (1816); un Choix de poésies originales des troubadours (1816-1821); Des troubadours et des cours d'amour 1817); De l'influence de la langue romane (1835); et un Lexique roman, ou Dictionnaire de la langue des troubadours (1838-1844), etc.


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