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Gabriel, Marie D'ARBOUSSIER

(1908 - 1976)

Informations générales
  • Né le 14/01/1908 à DJENNE (SOUDAN FRANÇAIS)
  • Décédé le 21/12/1976 à GENÈVE (SUISSE)

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Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

  • 21/10/1945 - 10/06/1946 : Gabon - Républicains et Résistants

Biographie

  • Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



    Né le 14 janvier 1908 à Djenné (Soudan français)

    Décédé le 21 décembre 1976 à Genève (Suisse)

    Membre de la première Assemblée nationale Constituante (Gabon)

    Par ses origines familiales, Gabriel d'Arboussier appartient à l'aristocratie. Son père était le baron Henri d'Arboussier, gouverneur des colonies, et plusieurs de ses parents ont fait carrière dans l'armée et la marine. Il est lié également à l'Afrique noire par sa mère, Mme Aminata Ali Koita, apparentée à la famille du conquérant Toucouleur El Hadj Omar, dont les descendants ont eu une importante influence parmi les musulmans d'Afrique occidentale.

    Gabriel d'Arboussier est né à Djenné, haut lieu de l'Islam soudanais. Il fait ses études au collège des dominicains de Sorreze, puis au lycée de Toulon et aux facultés de droit de Toulouse et de Paris, et obtient une licence en droit. Il séjourne un temps aux Nouvelles-Hé-brides, puis s'oriente vers l'administration coloniale. Reçu, en 1938, major du concours de l'Ecole coloniale, il est nommé administrateur adjoint au Sénégal, pays où il noue des liens durables.

    Il commence sa carrière politique le 2 octobre 1945 en étant élu à la première Assemblée nationale Constituante au titre du Moyen-Congo (Gabon), dans le collège des citoyens, sous l'étiquette « Républicain Résistant ». Sur 1 983 suffrages exprimés, il obtient 817 voix contre 604 voix à Henri Seignon, son principal rival, « Industrie Socialiste ». Il revendique des options progressistes. En 1946, il devient, dès sa création, secrétaire général du Rassemblement démocratique africain (RDA). La même année, il se marie avec Mlle Antoinette Neves, de laquelle il aura quatre enfants.

    A l'Assemblée, sa connaissance des problèmes de l'Afrique le met en vedette. Nommé membre de la commission des territoires d'outre-mer, il montre rapidement d'éminentes qualités d'orateur. Il est, par deux fois, rapporteur de la Commission sur l'organisation du conseil général de la Nouvelle-Calédonie et sur le régime électoral, la composition, le fonctionnement et la compétence des assemblées locales des territoires d'outre-mer. Gabriel d'Arboussier participe à la préparation d'importantes lois qui ont modifié la situation des indigènes dans les colonies françaises. Ainsi, le 22 décembre 1945, le travail obligatoire et l'indigénat sont supprimés, le 16 mars 1946, la liberté d'association est reconnue, le 30 avril 1946, un « Fonds de développement économique et social » pour les TOM est créé.

    Toutefois, Gabriel d'Arboussier ne retrouve pas son siège lors des élections à la seconde Assemblée nationale Constituante, le 2 juin 1946. Son adversaire SFIO Henri Seignon, sur 1 703 votants réunit 750 voix contre 497 voix pour lui-même.

    Dès 1947, il représente la Côte-d'Ivoire à l'Assemblée de l'Union française. Son élection est validée le 12 décembre ; le 19, il est élu vice-président de cette assemblée et il le demeure jusqu'en 1951.

    Dans le cadre du Rassemblement démocratique africain, il appuie la demande d'adhésion des élus africains à l'Union républicaine et résistante liée au Parti communiste français. Il défend particulièrement l'existence d'une structure inter territoriale réunissant les démocrates africains tendant à la libération des peuples d'outre-mer, dans une union volontaire avec l'ancienne métropole. Son œuvre journalistique est aussi notable : directeur de l'hebdomadaire Le Réveil, il publie de nombreux articles dans la presse française et internationale.

    Il œuvre au sein de l'Assemblée de l'Union française, essentiellement pour accroître les pouvoirs des assemblées territoriales, pour l'attribution des richesses minières aux indigènes, pour la réalisation effective de plans de modernisation en ce qui concerne l'élevage, le commerce, l'industrie, l'enseignement et la santé. Indépendamment de ses nombreuses interventions sur les propositions de loi et le projet de résolution dont l'Union française a été saisie pour avis, Gabriel d'Arboussier dépose quinze textes importants sur les sujets les plus divers.

    Cependant, il marque sa désapprobation à l'égard de la politique suivie par le président du Rassemblement démocratique africain, Félix Houphouet Boigny, lors de l'investiture accordée à René Pleven, le 8 août 1951 et s'oppose à l'apparentement des élus du RDA à l'Union démocratique et socialiste de la Résistance. Il est alors exclu du RDA. Il n'y reprendra des activités qu'en 1955. Le 1" novembre 1957, il redevient secrétaire à l'orientation et à la presse dans le comité de coordination, avant de le quitter à nouveau en 1958. Il est devenu, entre-temps, chevalier de la Légion d'honneur.

    Son influence dans les milieux politiques africains lui vaut d'être porté, en mars 1958, à la vice-présidence puis à la présidence du grand conseil de l'Afrique occidentale française, assemblée fédérale dans laquelle sont représentés les huit territoires du groupe. Il devient, le même mois, vice-président du Conseil mondial de la Paix.


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