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Mohamed DAHALANI

(1917 - 1981)

Informations générales
  • Né le 01/01/1917 à MORONI (COMORES)
  • Décédé le 24/07/1981 à BAGNEUX (HAUTS-DE-SEINE - FRANCE)

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Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

  • 12/07/1970 - 01/04/1973 : Comores - Union des démocrates pour la République

    04/03/1973 - 02/04/1978 : Comores - Union des démocrates pour la République

Biographie

  • Biographie de la Ve République

    DAHALANI Mohamed
    Né en 1917 à Moroni (Comores)
    Décédé le 24 juillet 1981 à Bagneux (Hauts-de-Seine)

    Député des Comores de 1970 à 1977

    Mohamed Dahalani naît en 1917 à Moroni, sur l’île de la Grande Comore, d’un père commerçant et d’une mère d’ascendance princière. Son grand-oncle ne fut autre, en effet, que le dernier sultan de la Grande Comore, évincé par les Français à la fin du dix-neuvième siècle. Comme la plupart des jeunes destinés à former les cadres administratifs de l’archipel, il est envoyé à Madagascar, à l’école La-Myre-de-Villiers de Tananarive (Antananarivo), où il obtient son certificat de fin d’études. Il entame sa carrière dans l’administration dite autochtone du territoire des Comores en devenant chef de canton dès 1937, puis gouverneur à partir de 1947. En 1958, il est nommé adjoint au chef de subdivision de la Grande Comore. Par ailleurs engagé en politique, il dirige le parti conservateur de l’Union démocratique comorienne. Il est nommé ministre dans le Conseil de gouvernement des Comores – organe exécutif créé en 1956 par la loi-cadre Defferre, composé de membres élus par l’Assemblée territoriale – à plusieurs reprises : il occupe successivement les fonctions de ministre de l’Agriculture (1959-1961), ministre des Finances (1962-1968), ministre de l’Intérieur (1968-1970). À la mort de Saïd Mohamed Cheikh, qui présidait le Conseil de gouvernement et dont Dahalani était un proche, le député comorien élu le 23 juin 1968, Adeham Saïd-Ibrahim, démissionne de son siège de député le 15 avril 1970, pour prendre la tête de l’exécutif local. Le 12 juillet de cette même année, l’élection législative partielle oppose deux listes : celle de l’Union démocratique comorienne, conduite par Dahalani, et celle du Rassemblement démocratique du peuple comorien, dont le candidat est Ali Mroudjae. Mohamed Dahalani est élu avec 53,2% des voix exprimées. Il est proclamé député ce même jour.

    Dès son entrée au Palais-Bourbon, Dahalani s’inscrit au groupe de l’Union des démocrates pour la République (UDR). Il est nommé membre de la Commission de la défense nationale et des forces armées où siégeait son prédécesseur (1970-1972). Le 8 octobre 1970, il est également appelé à faire partie du Conseil de surveillance de la caisse centrale de coopération économique à la suite de Saïd-Ibrahim. Alors que le régime d’autonomie interne du territoire des Comores, mis en place en 1961 et élargi en 1968, est censé permettre une transition harmonieuse vers l’indépendance, le rôle des deux députés de ce territoire – avec Ahmed Mohamed – apparaît comme essentiel à l’Assemblée dans ces années. Le 18 novembre 1972, l’examen des crédits concernant les territoires d’outre-mer est abordé dans le cadre de la discussion du projet de loi de finances pour 1973. Mohamed Dahalani, « retenu dans son territoire par une affaire importante », charge le député de Saint-Pierre-et-Miquelon Jacques-Philippe Vendroux de lire à la tribune l’intervention qu’il a préparée pour souligner, dans la discussion, « les principaux aspects d’une situation devenue critique ». La dépendance de l’économie des îles à l’égard des cours agricoles mondiaux a fortement pâti de l’effondrement du prix du coprah, de l’ylang-ylang et de la vanille, causant un déficit important de la balance commerciale du territoire, qui par ailleurs a dû continuer à importer des produits alimentaires de base tels que le riz. Le budget territorial en ayant été amoindri, le député comorien exprime ses craintes que l’aide financière et technique consentie par la métropole se révèle insuffisante. Il souligne par ailleurs les carences de l’action sociale, en particulier en ce qui concerne la scolarisation et la santé. « Aujourd’hui, tout incline au pessimisme » selon lui, et l’augmentation des investissements de la part de la métropole lui semble indispensable pour éviter une récession grave du territoire. À l’occasion des votes marquants de ce premier mandat, Mohamed Dahalani se montre attaché à la politique du gouvernement, approuvant la déclaration de politique générale de ce dernier le 15 octobre 1970, votant pour le projet de loi sur les incompatibilités parlementaires (25 novembre 1971) et pour celui portant création et organisation des régions (27 avril 1972). Il renouvelle sa confiance au gouvernement lors de la déclaration de politique générale du 24 mai 1972.

    En 1973, les deux députés sortants Dahalani et Mohamed, apparentés UDR, présentent de nouveau leur candidature à l’Assemblée nationale. Leur liste « pour le progrès social et économique de l’archipel des Comores » ne connaît pas de rivale. Ils sont élus, le 4 mars 1973, à 100% des suffrages exprimés, avec une participation de 79% des inscrits. Mohamed Dahalani, second sur la liste, retrouve donc son siège de député, et s’apparente de nouveau au groupe UDR de l’Assemblée. Il est nommé membre de la commission de la défense nationale et des forces armées et renouvelé chaque année à cette fonction (1973-1978), et membre titulaire du conseil de surveillance de la Caisse centrale de coopération économique. Alors que l’indépendance des Comores approche, il intervient par deux fois dans les discussions concernant ses modalités. Le 17 octobre 1974, il prend ainsi part au débat sur le projet de loi relatif à la consultation électorale des habitants du territoire comorien : il présente l’indépendance comme « un courant irréversible de l’actualité » mondiale et indique que « les Comores veulent aussi épouser leurs temps et assumer toutes les charges, toutes les responsabilités de leur souveraineté ». Il se prononce contre l’amendement au projet de loi organisant la consultation et prescrivant le décompte du scrutin île par île, pour éviter la partition du territoire. Le 22 décembre 1974, le référendum d’autodétermination donne une immense majorité de réponses positives sur l’ensemble des Comores (95%), l’île de Mayotte se distinguant cependant par un vote négatif à 60%. Le Parlement refuse d’entériner ce résultat et conditionne l’indépendance des Comores à l’adoption préalable d’un statut constitutionnel. Le 26 juin 1975, Mohamed Dahalani intervient dans la discussion, après déclaration d’urgence, du projet de loi relatif à l’indépendance comorienne : il revient sur le scrutin d’autodétermination et rappelle « que l’archipel des Comores forme un tout et que le peuple comorien s’est prononcé à une écrasante majorité pour l’indépendance », et repousse les accusations de recours à la force et à la fraude lors du scrutin. Il se prononce une nouvelle fois pour l’indépendance des Comores dans leur ensemble, « dans l’amitié et la coopération avec la France ». Il vote pour l’amendement au projet de loi relatif à l’indépendance, par lequel le Parlement « constate que la population des Comores a donné son consentement à l’indépendance et proclame que le territoire deviendra indépendant en application de la présente loi », rejeté par la majorité des députés. Il s’abstient volontairement lors du vote de l’amendement proposant l’élection d’une assemblée constituante, également rejeté. Il s’exprime contre l’amendement prévoyant « la création d’un comité constitutionnel chargé de préparer un projet de Constitution devant être soumis à référendum », adopté par l’Assemblée. Il se prononce, enfin, contre l’ensemble du projet de loi relatif à l’indépendance des Comores.

    Le 3 juillet 1975, le Parlement soumet la reconnaissance de l’indépendance des Comores à l’adoption préalable d’une constitution île par île. Le 6 juillet, le président du gouvernement Ahmed Abdallah proclame unilatéralement l’indépendance des îles d’Anjouan, Mohéli et de la Grande Comore, reconnaissant de fait la partition de l’archipel, Mayotte conservant ainsi son statut de territoire d’outre-mer français. Dès lors, les deux députés des Comores ne viennent plus siéger à l’Assemblée. Mohamed Dahalani, jusqu’en 1975, s’est montré un fidèle partisan de la politique du gouvernement, approuvant la déclaration de politique générale du gouvernement (12 avril 1973 et 6 juin 1974), les modifications de la Constitution (16 octobre 1973 et 10 octobre 1974). Lors du vote du projet de loi sur l’interruption volontaire de grossesse le 28 novembre 1974, il ne prend cependant pas part au vote. Le 4 juin 1975, il approuve l’ensemble du projet de loi portant réforme du divorce. À partir de juillet 1975, il ne prend plus part à aucun vote.

    Mohamed Dahalani continue à résider à Moroni, capitale de l’Union des Comores. Il meurt le 24 juillet 1981 à Bagneux, dans les Hauts-de-Seine. Il a donné naissance à douze enfants. Il était Chevalier de la Légion d’honneur, Chevalier de l’Ordre national du Mérite, Chevalier de l’Etoile Noire du Bénin, de l’Etoile d’Anjouan, du Nichan el Anouar, Commandeur du Croissant vert des Comores, Grand officier de l’Etoile royale de la Grande Comore et Commandeur de l’Ordre national malgache.

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