Jules Delon-Soubeiran

1837 - 1900

Informations générales
  • Né le 21 novembre 1837 à Nîmes (Gard - France)
  • Décédé le 17 décembre 1900 à Nîmes (Gard - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 22 mai 1898 au 17 décembre 1900
Département
Gard
Groupe
Radical-socialiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 21 novembre 1837 à Nîmes (Gard), mort le 17 décembre 1900 à Nîmes.

Député du Gard de 1898 à 1900.

Issu d'une famille très modeste, Delon-Soubeiran doit se mettre au travail de bonne heure et s'instruire lui-même à ses moments de loisirs.

Mousse à quatorze ans et débarqué aux Indes il vit plusieurs mois au milieu de tribus sauvages. Sa conduite particulièrement courageuse pendant la guerre de 1870 lui vaut les galons de capitaine. Engagé volontaire, il fait campagne dans le corps franc de l'armée des Vosges, commandé par son compatriote, le colonel Bourras. Delon-Soubeiran s'y distingue par sa bravoure, singulièrement le 22 janvier 1871 à Dijon où, à la tête de cent cinquante hommes, il fait prisonniers soixante-quatre Prussiens. Ce fait d'armes a inspiré à Anatole de La Forge quelques pages éloquentes.

Après son retour des armées, Delon-Soubeiran fonde une importante maison de vins à Beaucaire et devient propriétaire d'un vignoble fort renommé du Gard.

Il se lance alors résolument dans l'action militante et prend une part active aux batailles électorales qui animent la vie politique de son département.

D'abord élu conseiller municipal de Nîmes il est, par deux fois, chargé de présider la délégation municipale de cette ville.

En 1883, il entre au conseil général du Gard où il siégera jusqu'en 1898. Entre-temps il a été porté à la présidence de la délégation départementale.

Aux élections générales législatives de 1893 les radicaux et radicaux-socialistes le désignent comme leur candidat dans la première circonscription de Nîmes. Partisan de l'abrogation du concordat, de la suppression du budget des cultes, de la séparation des églises et de l'Etat, de la révision constitutionnelle, de l'instruction gratuite à tous les degrés et de l'institution de l'impôt sur le revenu, il affronte de Bernis, monarchiste, député sortant. Il ne lui manque que quelques dizaines de voix pour triompher de son concurrent.

Mais Delon-Soubeiran prendra sa revanche aux élections générales des 8 et 22 mai 1898. En effet, il est alors élu député, au deuxième tour de scrutin, par 8.827 voix contre 7.426 à de Bernis, sur 16.488 votants.

A la Chambre des députés il est inscrit au groupe radical-socialiste. Il participe aux travaux de diverses commissions et préside notamment celle qui est chargée d'examiner une proposition de loi tendant à établir le monopole de la ratification de l'alcool et à en employer le produit à la création d'une caisse nationale de retraite en faveur des vieux travailleurs de l'industrie, du commerce et de l'agriculture.

Il dépose enfin une proposition de loi tendant à ériger un monument au général Garibaldi à Dijon.

Delon-Soubeiran meurt en cours de mandat, le 17 décembre 1900 à l'âge de 63 ans.

En prononçant son éloge funèbre, Paul Deschanel dira de lui à la séance du lendemain : « Il semblait que l'ardent soleil du Midi et la sève généreuse de la vigne colorassent son esprit et sa parole. « Ceux-là mêmes qui voyaient dans son idéal démocratique une part d'exagération rendaient hommage à ses sentiments et à la bonhomie sincère avec laquelle il les exprimait car ils savent, eux aussi, qu'à la politique d'une grande démocratie et surtout de la démocratie française, la froide raison ne saurait suffire. Il y faut autre chose encore : la flamme. »

Delon-Soubeiran était Chevalier de la Légion d'honneur.