Accueil > Base de données des députés français depuis 1789

Yacine DIALLO

(1897 - 1954)

Informations générales
  • Né le 18/10/1897 à LABÉ (GUINÉE)
  • Décédé le 14/04/1954 à CONAKRY (GUINÉE)

Cliquez sur la photo pour l'agrandir

Navigation

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

  • 21/10/1945 - 10/06/1946 : Guinée - Socialiste

    02/06/1946 - 27/11/1946 : Guinée - Socialiste

    10/11/1946 - 04/07/1951 : Guinée - Socialiste

    17/06/1951 - 14/04/1954 : Guinée - Socialiste

Biographie

  • Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



    Né le 18 octobre 1897 à Labé (Guinée)
    Décédé le 14 avril 1954 à Conakry (Guinée)

    Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale Constituante (Guinée)
    Député de la Guinée de 1946 à 1954

    Yacine Diallo naît le 18 octobre 1897 à Labé en Guinée. Après des études supérieures à l'Ecole normale William Ponty de Dakar, il devient professeur d'histoire et de géographie au collège de Conakry et directeur d'école. Intéressé par les affaires publiques, il dirige un journal « Le Progrès africain », milite à l'Union franco-guinéenne qu'il a fondée et travaille au progrès social des Guinéens dans le Conseil général de Guinée. Sa conduite pendant la guerre lui vaut la médaille de la Résistance.

    En 1945 il est élu, à la première Assemblée nationale Constituante, sous l'étiquette socialiste dans le collège des non citoyens de Guinée par 5 774 voix sur 16 233 inscrits. Un résistant métropolitain, Maurice Chevance est l'élu du collège des citoyens. En juin 1946 Yacine Diallo est réélu avec 10 100 voix sur 22 522 inscrits. Il appartient à la Commission des territoires d'outre-mer. Il dépose une proposition de loi tendant à l'amnistie des infractions commises lors des incidents d'octobre 1945. Il intervient pour exposer le malaise des fonctionnaires tant européens qu'autochtones en Afrique. Les premiers se plaignent d'inégalités de traitements et des difficultés du regroupement familial. Pour les seconds, épris de justice et d'égalité, existent d'incompréhensibles distorsions de traitements, une quasi impossiblité d'accéder aux cadres supérieurs et la relégation dans la dernière classe des transports et des hôpitaux. Il exprime son espoir d'une intégration de la Guinée sous la forme d'une province française et d'une meilleure représentation de l'Afrique dans le projet constitutionnel auquel il donne sa voix.

    En novembre 1946, pour la première législature de la IVe République, le collège électoral de la Guinée est élargi à 131 309 inscrits. Yacine Diallo remporte un beau succès à la tête de la liste socialiste et progressiste avec 60 555 voix. Il est nommé membre de la Commission des territoires d'outre-mer, de la Commission de l'éducation nationale (1948), de la Commission des immunités parlementaires (1949), de la Commission chargée d'enquêter sur les faits relatés par le président du Conseil dans sa déclaration du 17 janvier 1950 ainsi que juré à la Haute Cour de justice. Ses interventions concernent des sujets économiques - mévente du miel, utilisation des avances de la Caisse centrale de la France d'outre-mer, marché du quinquin ou des arachides - et des questions politiques, qu'il s'agisse de l'extension des mesures d'amnistie ou du collège unique.

    Le 17 juin 1951, après une campagne électorale où il dénonce les « factieux Staline et de Gaulle » Yacine Diallo est réélu à la tête de la liste socialiste qui compte deux députés (67 480 voix pour 393 628 inscrits). Il retrouve la Commission des territoires d'outre-mer, la Commission des pensions et la Commission des immunités parlementaires.

    Le député de la Guinée cherche, par des avis réfléchis et des propositions mesurées, à préparer les conditions d'émancipation des Africains. Consulté sur les modalités d'élection des membres de l'Assemblée de l'Union française il conclue à une élection, pour six ans, de membres désignés par l'Assemblée nationale et le Conseil de la République. Il suggère une amélioration de l'enseignement, le développement des lycées, la création d'académies qui donneraient une plus grande autonomie aux enseignants par rapport aux gouverneurs. Il intervient ponctuellement en faveur de la production aurifère, de la réglementation du travail et d'un véritable système mutualiste qui offre de meilleures possibilités de formation que les anciennes sociétés de prévoyance. Une participation croissante des Africains aux affaires publiques est son souci constant et, c'est pour favoriser l'autonomie morale des électeurs qu'il souhaite que l'inéligibilité des gouverneurs à des fonctions représentatives soit portée à dix ans. Dans le même esprit il demande d'étendre en A.O.F. et en A.E.F. les communes de plein exercice et de créer un grand nombre de communes mixtes. Il propose d'améliorer les Assemblées territoriales par le scrutin majoritaire et le collège unique.

    Yacine Diallo disparaît brutalement le 14 avril 1954.



Retour haut de pageImprimer