Accueil > Base de données des députés français depuis 1789

Pierre FAYET

(1887 - 1977)

Informations générales
  • Né le 12/02/1887 à BEAUCAIRE (BOUCHES-DU-RHÔNE - FRANCE)
  • Décédé le 31/10/1977 à LE-KREMLIN-BICÊTRE (VAL-DE-MARNE - FRANCE)

Cliquez sur la photo pour l'agrandir

Navigation

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

  • 21/10/1945 - 10/06/1946 : Anciens départements d'Algérie - Communiste

    02/06/1946 - 27/11/1946 : Anciens départements d'Algérie - Communiste

    10/11/1946 - 04/07/1951 : Anciens départements d'Algérie - Communiste

    17/06/1951 - 01/12/1955 : Anciens départements d'Algérie - Communiste

Biographie

  • Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)


    Né le 12 février 1887 à Beaucaire (Gard)

    Décédé le 31 octobre 1977 au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne)

    Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Alger) Député d'Alger de 1946 à 1955

    Pierre Fayet, né à Beaucaire le 12 février 1887, commence sa carrière syndicale comme actif militant de la CGTU en tant que secrétaire de la fédération de l'industrie du bois. En 1934, secrétaire de la Commission confédérale coloniale du syndicat, il est envoyé en Algérie. Il appartient à partir de 1936 au Bureau politique du parti communiste algérien. Il est arrêté le 5 mars 1940 et interné en France puis au camp de Bossuet en Algérie d'où il sort en 1943. En novembre de cette même année, il est nommé à l'Assemblée consultative en tant que délégué de la CGT et appartient à un grand nombre de commissions : France d'outre-mer, affaires économiques et sociales, intérieur et santé publique, coordination des affaires musulmanes.

    Pierre Fayet demande au gouvernement d'étendre à l'Algérie la retraite des vieux travailleurs, l'institution des comités d'entreprises. Pour l'avenir, il faudra revenir à une application stricte de la semaine de 40 heures, éliminer les trusts et confisquer les biens des industriels ayant traité avec l'ennemi. En une longue intervention, le 11 juillet 1945, il dénonce « le complot fasciste » des colons algérois et il explique les graves émeutes de Sétif par la manipulation d'une foule de musulmans affamés par les partisans de Messali Hadj. Il dénonce les excès de la répression, avançant le nombre de 15 000 à 20 000 morts chez les musulmans, ce que conteste immédiatement le ministre de l'intérieur. Il demande l'indulgence pour la masse musulmane, une enquête sur les responsabilités de l'administration et sur le rôle des « Amis du manifeste ».

    En octobre 1945, Pierre Fayet conduit la liste communiste, qui porte le nom de « liste d'union démocratique pour le progrès et la liberté », devant le général Tubert. Elle recueille le plus grand nombre de suffrages, 41 622, et deux sièges qu'elle conservera en juin 1946 en dépit d'une certaine érosion de son électorat ramené à 36 087 voix.

    Dans la première Assemblée nationale constituante, le député d'Alger appartient à la Commission de l'intérieur, de l'Algérie et de l'administration générale, départementale et communale. Dans la seconde, il est membre de la Commission de la presse, de la radio et du cinéma et de la Commission du travail et de la sécurité sociale. S'il dénonce à nouveau les responsabilités de certains fonctionnaires et de la presse dans la situation politique algérienne, il propose une amnistie et émet le vœu que Ferhat Abbas soit libéré. Il est d'ailleurs nommé membre de la Commission de grâce amnistiante en 1946. Il propose que la langue arabe devienne à côté du français langue officielle en Algérie et il demande un éloignement des maisons de prostitution des mosquées, églises et habitats populaires. Il est l'auteur d'un gros rapport sur la politique de l'eau, préconisant une protection contre les ruissellements et les inondations grâce à des barrages dont les réservoirs assureraient aussi l'irrigation des campagnes et l'alimentation de villes comme Oran. L'irrigation est, selon lui, la solution à la prévisible pénurie alimentaire due à l'explosion démographique : les colons, bénéficiaires des plus-values dues à l'irrigation, cèderont la moitié de leurs domaines pour y installer de petits colons ou des fellahs.

    Les élections de novembre 1946 sont favorables au député sortant d'Alger, qui avait voté les deux projets constitutionnels et qui obtient 37 293 suffrages, soit 23,5 % des voix. Dans la première Assemblée législative, il est membre de la Commission de la presse, de la Commission du travail et de la sécurité sociale, de la Commission de la marine marchande et des pêches (1948) et de la Commission chargée de proposer des mesures de grâce amnistiantes qu'il ne voudrait pas voir accordées à d'anciens pétainistes.

    Lorsque se produisent des inondations en Algérie en 1948 et 1950, Pierre Fayet demande au gouvernement une aide urgente pour les victimes et il réitère ses anciennes exigences quant à l'extension des lois sociales à l'Algérie. Il pense tout particulièrement aux conventions collectives, à la limitation du temps de travail et surtout aux allocations familiales moins généreuses qu'en France, même pour les musulmans qui y travaillent. La question des loyers le préoccupe et il souhaite des conditions plus strictes à la reprise du logement par le propriétaire. Dans la Commission de la marine marchande, il intervient pour que soit augmenté le nombre des paquebots entre la France et l'Algérie afin d'assurer un repos aux fonctionnaires français qui souhaitent rentrer chez eux l'été ; il demande aussi qu'une place plus large soit donnée aux représentants du personnel dans le Conseil supérieur de la marine. C'est la situation politique de l'Algérie qui suscite ses plus vives critiques : la répression des grèves et des manifestations politiques y est trop sévère. Il voudrait que la loi municipale française et la représentation proportionnelle y soient instaurées. Dans ses différentes interventions le sentiment national algérien est considéré comme légitime.

    Après 1947, Pierre Fayet vote comme son parti contre la plupart des décisions des gouvernements. Il vote contre l'OTAN et la loi sur les apparentements ne recueille pas son approbation.

    Aux élections du 17 juin 1951, il présente un programme de réforme constitutionnelle, de paix, de partage des grands domaines coloniaux et de limitation de la fiscalité. Bien qu'il n'existe aucun apparentement, il perd des voix par rapport à 1946, passant de 23,5 % à 20,7 % des voix avec 31 714 suffrages. Membre des mêmes commissions, il intervient, comme par le passé, en faveur des victimes des catastrophes (inondations, tremblement de terre d'Orléans ville) et pour l'application à l'Algérie de toutes les dispositions de protection sociale de la métropole et se préoccupe, en particulier, de la situation des aveugles civils qui ne touchent aucune allocation et ne bénéficient pas de formation professionnelle. Le retard apporté aux plans de développement de scolarisation de la population algérienne suscite ses regrets. Mais c'est la situation politique qui nourrit nombre de ses interventions : son rapport sur les élections au deuxième collège en 1951 montre plusieurs irrégularités. En tant que directeur du journal Liberté, il est touché par la saisie opérée par le préfet contre certains journaux en 1953. Lorsqu'il y a de graves incidents il en rend responsable la police. Au cours d'une intervention le 10 décembre 1954, il affirme que l'Algérie pâtit d'une situation coloniale où l'industrialisation est freinée, où les cultures vivrières, indispensables à une population en croissance, sont sacrifiées aux cultures d'exportation et où la situation sociale est médiocre. Pour lui, l'Algérie doit vivre sa « vie nationale propre édifiée sur l'utilisation de ses richesses dans le seul intérêt du peuple ». Il propose l'élection par les Algériens d'une assemblée qui discuterait avec les représentants de la France de l'avenir de l'Algérie. Ce partisan d'une décolonisation rapide proteste contre la déposition du sultan du Maroc Mohamed Ben Youssef. Il suit fidèlement son parti dans son hostilité à la CED et aux Accords de Paris. Son mandat n'est pas renouvelé puisqu'il n'y a pas eu d'élections en 1956 en Algérie. Son dernier acte politique est un télégramme au chef du gouvernement en 1957 demandant une négociation.



Retour haut de pageImprimer