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Abbas GUEYE

(1913 - 1999)

Informations générales
  • Né le 27/12/1913 à DAKAR (SÉNÉGAL)
  • Décédé le 02/08/1999 à DAKAR (SÉNÉGAL)

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Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

  • 17/06/1951 - 01/12/1955 : Sénégal - Indépendants d'outre-mer

Biographie

  • Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)


    Né le 27 décembre 1913 à Dakar (Sénégal)

    Décédé le 2 août 1999 à Dakar

    Député du Sénégal de 1951 à 1955

    Abbas Gueye est né à Dakar le 27 décembre 1913. Ouvrier mécanicien des PTT, il participe très tôt à l'activité politique et syndicale de sa ville natale. Conseiller municipal de Dakar, secrétaire général de l'Union des syndicats confédérés de cette ville, il devient membre du Conseil national économique au titre de la GGT.

    En novembre 1947, le ministère de la France d'outre-mer échappe aux socialistes et est confié à Paul Coste-Floret, républicain populaire. Celui-ci cherche à prendre en main les élus africains, ceux du moins qui n'ont pas adhéré au Rassemblement démocratique africain, mouvement inféodé au Parti communiste. Il les incite à un regroupement sur le plan parlementaire. Ainsi, en septembre 1948, se constitue le groupe des Indépendants d'outre-mer (IOM). Un mois plus tard, un groupe de militants socialistes sénégalais dont Léopold Sédar Senghor - le futur Président de la République -, Mamadou Dia et Abbas Gueye quittent le parti socialiste sénégalais, dirigé par Lamine-Gueye et fondent le Bloc démocratique sénégalais (BDS). En décembre 1948, le Bloc démocratique adhère à l'IOM.

    Ces responsabilités - tant politiques que syndicales - conduisent naturellement Abbas Gueye à briguer un mandat national. Candidat à Dakar aux élections à la deuxième Assemblée législative, il figure en seconde position sur la liste du Bloc démocratique sénégalais conduite par Léopold Sédar Senghor, député sortant.

    La profession de foi de cette liste met l'accent sur les problèmes politiques, économiques et sociaux des territoires d'outre-mer. Elle souligne la nécessité d'obtenir le vote définitif du code du travail outre-mer ainsi que l'instauration d'un statut de la fonction publique outre-mer en application de la loi du 13 octobre 1946. Elle réclame l'organisation définitive du suffrage universel par la mise en place d'un état civil complet, et la révision du titre VII de la Constitution du 27 octobre 1946, relatif à l'Union française, dans le sens d'un fédéralisme constitutionnel où l'Assemblée de l'Union, dotée de pouvoirs accrus, deviendrait un Parlement de l'Union française. Elle insiste également sur l'urgence qui s'attache à la réalisation de l'aménagement de la vallée du fleuve Sénégal.

    La liste du Bloc démocratique sénégalais obtient, le 17 juin 1951, 213 407 voix sur 314 681 suffrages exprimés, le nombre des électeurs inscrits étant de 665 280. Elle emporte les deux sièges de la circonscription. Les deux autres listes en présence, celle de la SFIO conduite par Lamine Gueye, ancien ministre, député sortant et celle du RPF recueillent respectivement 96 465 et 5 033 voix.

    Après la validation de son élection, Abbas Gueye, inscrit au groupe des Indépendants d'outre-mer, est membre de la Commission du travail et de la sécurité sociale. Il conserve cette fonction pendant toute la durée de la législature.

    Eu égard à cette spécialisation et à sa circonscription d'origine, Abbas Gueye est conduit à porter une attention particulière aux problèmes du droit du travail dans les territoires d'outre-mer. C'est dans ce domaine que s'exerce principalement son activité parlementaire.

    Il prend part, au cours du mois de novembre 1952, à la discussion du projet de loi instituant un code du travail dans les territoires d'outre-mer, intervenant notamment à propos de la définition du travail forcé, de la durée légale du travail, des pouvoirs des inspecteurs du travail.

    Il dépose, le 6 novembre 1953, une proposition de résolution tendant à la désignation par l'Assemblée nationale d'une commission spéciale d'enquête chargée de vérifier sur place les modalités d'application du code du travail et de la loi du 30 juin 1950 dans les territoires associés relevant du ministère de la France d'outre-mer.

    Mais d'autres problèmes concernant les territoires d'outre-mer suscitent également son intérêt. Il se préoccupe de la régression des investissements, de l'insuffisance de la scolarité en Afrique, du sort des étudiants noirs à Paris, lors de la discussion du projet de loi relatif aux dépenses des ministères, pour l'exercice 1954. Il prend part à la discussion d'une proposition de loi relative à l'organisation municipale dans les territoires d'outre-mer, au cours du mois d'août 1954.

    Il est appelé à prendre position lors des grands débats soutenus à l'Assemblée nationale au cours de cette législature. Le 13 décembre 1951, il se prononce en faveur de la question de confiance posée pour l'adoption de l'ensemble du projet relatif au pool charbon-acier. Il émet également, le 9 avril 1954, un vote favorable à l'ensemble du projet portant réforme fiscale et relatif, notamment, à la TVA. Le 31 mars 1955, il vote sur l'ensemble du projet de loi relatif à l'état d'urgence.

    Abbas Gueye ne se représente pas aux élections législatives de janvier 1956. Il laisse sa place de deuxième de liste derrière Léopold Sédar Senghor à Mamadou Dia, sénateur démissionnaire. Ils sont tout deux élus avec près de 76% des suffrages exprimés.

    De retour à Dakar, Abbas Gueye ses consacre désormais à ses activités syndicales et deviendra, en 1960, secrétaire général de l'Union générale autonome, seul syndicat autorisé après l'indépendance du Sénégal.



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