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Diori HAMANI DIORI

(1916 - 1989)

Informations générales
  • Né le 16/06/1916 à SOUDOURÉ-KARMA (NIGER)
  • Décédé le 23/04/1989 à RABAT (MAROC)

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Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

  • 10/11/1946 - 04/07/1951 : Niger

    02/01/1956 - 08/12/1958 : Niger - Union démocratique et socialiste de la Résistance et du RDA

    09/12/1958 - 15/07/1959 : Niger

Biographie

  • Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)


    Né le 16juin 1916 à Soudouré-Karma (Niger)

    Décédé le 23 avril 1989 à Rabat (Maroc)

    Député du Niger de 1946 à 1951 et de 1956 à 1958

    Né le 16 juin 1916 à Soudouré-Karma, dans les environs de Niamey, au Niger, Hamani Diori est un brillant représentant de l'élite coloniale nigérienne. Sa trajectoire est exemplaire : formé à l'école normale William-Ponty de Dakar, comme tant d'autres cadres de l'Afrique Occidentale Française (AOF), il rejoint ensuite la métropole et l'Ecole nationale de la France d'outre-mer, en qualité de répétiteur de langue haoussa. Après cette courte expérience métropolitaine, Hamani Diori regagne le Niger, où il devient instituteur, puis directeur d'école.

    Hamani Diori se présente pour la première fois aux suffrages de ses concitoyens lors des élections législatives du 10 novembre 1946 ; ces élections sont les premières du genre organisées au Niger (lors des élections du 2 juin 1946, la circonscription n'existait pas car le Niger était regroupé dans une circonscription commune avec le Soudan). Hamani Diori conduit la liste du Parti Progressiste Nigérien (PPN), qui est une section nationale du Rassemblement Démocratique Africain (RDA) fondé quelques mois plus tôt, et politiquement proche du PCF. Avec 8 250 voix sur 25 809 suffrages exprimés, la liste du PPN emporte l'un des deux sièges à pourvoir, et Hamani Diori fait son entrée à l'Assemblée nationale.

    Hamani Diori est un parlementaire actif. Sur le plan proprement politique, il fonde avec Félix Houphouët-Boigny, représentant de la Côte d'Ivoire, le groupe parlementaire du RDA, dont le programme est de parvenir à « l'émancipation des peuples d'outre-mer par leur accession aux droits universels de la personne humaine » ; il est aussi l'un de ceux qui, en 1950, vont expliquer aux sections territoriales du RDA pourquoi le groupe parlementaire a décidé de rompre avec le parti communiste. Sur le plan de l'activité parlementaire, Hamani Diori, nommé membre de la Commission de l'éducation nationale (1947, 1948), de la Commission des pensions (1947, 1948, 1949 ; il en est aussi nommé secrétaire) et de la Commission des territoires d'outre-mer (1949, 1950), concentre son attention sur le développement économique des colonies françaises. Au nom de la Commission des pensions, il dépose en particulier deux rapports ; le premier, le 20 mai 1947, sur la proposition de loi de M. Fily-Dabo Sissoko tendant à mettre sur un pied d'égalité les pensions et retraites des anciens combattants et victimes de la guerre des territoires d'outre-mer avec celles de la métropole ; le second, le 20 août 1947, sur la proposition de loi de M. Augarde tendant à augmenter les retraites des anciens militaires autochtones des territoires d'outre-mer. L'ensemble de son action parlementaire, tant en matière de dépôt de rapports et de propositions de loi ou de résolution qu'en ce qui concerne ses interventions en séance, tend à favoriser et à accélérer l'alignement du traitement des populations des territoires d'outre-mer sur celui de la métropole.

    Durant cette législature, Hamani Diori ne prend pas part au vote pour l'investiture de Léon Blum (17 décembre 1946), et n'accorde pas sa confiance au cabinet Ramadier (4 mai 1947). Il refuse de ratifier la « convention de coopération économique », c'est-à-dire le plan Marshall (7 juillet 1948), vote contre le projet relatif à la constitution du Conseil de l'Europe (9 juillet 1949) et contre la ratification du pacte Atlantique (26 juillet). Enfin il ne prend pas part au vote sur la réforme électorale instituant le système des apparentements (7 mai 1951).

    Candidat au renouvellement de son mandat lors des élections législatives du 17 juin 1951 sous l'étiquette du RDA, Hamani Diori ne recueille que 7 955 voix sur 55 839 suffrages exprimés, et échoue dans son entreprise ; les deux sièges échoient à Georges Condat et à Zodi Ikhia, candidats de l'Union nigérienne. Hamani Diori reprend alors sa profession initiale d'instituteur.

    Il tente de nouveau sa chance lors des élections législatives du 2 janvier 1956 ; à la tête de la liste du RDA, soutenue par l'Union Démocratique et Socialiste de la Résistance, il obtient 82 108 voix sur 305 987 suffrages exprimés, il retrouve un siège à l'Assemblée nationale, l'autre siège échéant à Georges Condat. Ses engagements électoraux indiquent que le RDA se prononce pour « une orientation fédérale de l'Afrique noire dans l'Union française, étant entendu que cette orientation doit entraîner dans l'immédiat : la déconcentration et la décentralisation des pouvoirs d'autorité ; l'extension des pouvoirs des Assemblées locales (...) ; l'africanisation des cadres et des services (...) ; le suffrage universel ; l'abolition du double collège partout où il existe et quelle que soit la nature du scrutin ».

    Hamani Diori est nommé membre de la Commission des moyens de communication et du tourisme (1956), de la Commission des pensions (1956, 1957 ; il en est de nouveau nommé secrétaire), et de la Commission de la défense nationale (1957). Il devient une figure de l'Assemblée nationale ; il en est d'ailleurs élu vice-président le 21 juin 1957. Il est en outre désigné par ses pairs le 13 mars 1958 pour représenter la France à l'Assemblée unique des communautés européennes. Là-bas, il défend aussi les idées du RDA, et s'attache à ce que la participation de la France à la construction européenne ne s'exerce pas au détriment de son soutien au développement des colonies. Son activité en tant que parlementaire se ralentit nettement : il n'est l'auteur que d'une proposition de loi, déposée le 6 février 1958, tendant à modifier la loi du 23 septembre 1948 sur l'élection des conseillers de la République.

    Hamani Diori accorde sa confiance au cabinet Mollet (31 janvier 1956), et vote pour les pouvoirs spéciaux en Algérie (12 mars 1956). Il se prononce en faveur de la ratification des traités instituant les traités de la Communauté Economique Européenne et de l'Euratom (9 juillet 1957). Présidant ce jour-là la séance, il ne prend pas part au vote du projet de loi relatif aux pouvoirs spéciaux en Algérie (12 novembre 1957). Il vote l'investiture de Pierre Pflimlin (13 mai 1958), puis de Charles de Gaulle (1er juin 1958) ; il vote enfin les pleins pouvoirs à ce dernier (2 juin).

    Sous l'impulsion de Hamani Diori, le RDA est en position de force lorsque le Général de Gaulle propose aux colonies françaises d'AOF et d'Afrique Equatorienne Française (AEF) de se prononcer par référendum sur leur indépendance. Lorsque la République du Niger est proclamée, le 3 août 1960, Diori Hamani en devient le premier président. Il s'efforce alors, tout en œuvrant pour le développement de son pays, à créer de nouveaux liens entre Paris et les pays africains de la Communauté Française ; c'est ainsi qu'il se rend en novembre 1960 à Tunis, en compagnie du camerounais Ahidjo, pour rechercher avec le président Bourguiba les moyens de favoriser le dialogue entre Paris et l'auto-proclamé Gouvernement provisoire de la République algérienne.

    Hamani Diori s'attache à rassembler les pays d'Afrique francophone au sein de structures comme le Conseil de l'Entente, qui, outre le Niger, réunit la Côte-d'Ivoire, le Dahomey, la Haute-Volta, et à partir de 1965 le Togo, ou l'Organisation Commune Africaine, Malgache et Tunisienne, créée en 1965. Il devient l'un des plus influents relais de la diplomatie africaine du Général de Gaulle et de Georges Pompidou ; homme d'Etat écouté, il presse ce dernier, en 1972, de procéder à une « réadaptation » de la coopération.

    Le 15 avril 1974, Hamani Diori est victime d'un putsch, fomenté par le général Seyni Kountché. L'attentisme que la France manifeste à cette occasion lui laisse un profond sentiment d'amertume ; dans un entretien accordé en 1984 à Jeune Afrique, il accuse le conseiller du Président pour les affaires africaines et malgaches, Jacques Foccart, d'avoir profité de la mort toute récente de Georges Pompidou pour laisser « marcher la machine du complot ». Pour Hamani Diori, Jacques Foccart aurait agi par crainte que le Niger, « en raison de sa position stratégique et de sa richesse en uranium, (...) [n'] échappe à l'influence de l'ancienne métropole » ; Seyni Kountché lui serait apparu comme un garant plus sûr de la préservation de l'influence française.

    D'abord emprisonné, puis placé en résidence surveillée, Hamani Diori n'est libéré qu'en novembre 1987 par le successeur de Seyni Kountché, le général Ali Sabou. Ayant abandonné toute ambition politique, il décède le 23 avril 1989 à Rabat, au Maroc.



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