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Henri CALLOC'H DE KÉRILLIS

(1889 - 1958)

Informations générales
  • Né le 27/10/1889 à VERTHEUIL-EN-MÉDOC (GIRONDE - FRANCE)
  • Décédé le 11/04/1958 à NEW YORK (USA)

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Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

  • 26/04/1936 - 27/12/1940* : Seine - Indépendants républicains

* : Un décret de juillet 1939 a prorogé jusqu'au 31 mai 1942 le mandat des députés élus en mai 1936

Biographie

  • Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

    Né le 27 octobre 1889 à Vertheuil (Gironde).

    Député de la Seine de 1936 à 1942.

    Fils d'un amiral breton, Henri de Kerillis se destina d'abord à la carrière militaire. Sorti en 1912 de l'Ecole de cavalerie, il sert comme lieutenant au début de la Grande Guerre. Dès le 2 septembre 1914 il entre en Belgique et participe, le 10 septembre 1914, au fameux raid de l' « Escadron Gironde » dans les arrière-lignes ennemies : blessé, il est fait chevalier de la Légion d'honneur et passe dans l'aviation où il se fait aussitôt remarquer par son audace. Il mène sur Karlsruhe, en juin 1916, un raid de représailles demeuré célèbre dans l'histoire des ailes : sur les neuf avions de l'escadrille des « Eperviers » qu'il commande, trois sont abattus mais ce raid fait cesser pour un temps les bombardements des villes françaises. Deux cent cinquante missions aériennes, six citations et le grade d'officier de la Légion d'honneur, une grave blessure (trépanation) : voilà ce qu'à 29 ans, le capitaine Henri de Kérillis rapportait de quarante mois de campagnes ininterrompues. Malade et souffrant de ses blessures, il entre au sous-secrétariat d'Etat à l'Aéronautique où il est chargé de la surveillance de l'aviation de bombardement.

    Dès la fin des hostilités, Kérillis démissionne de l'armée active et devient l'un des directeurs des usines Farman où il devait rester jusqu'en 1926. Chargé de mission pour cette firme, il visite l'Angleterre, l'Amérique et passe six mois à Cuba où il installe le premier aérodrome. Il participe (novembre 1923-janvier 1924) à la mission Gradis (exploration du Tanezrouf) et franchit en automobile le Soudan et le Niger en une périlleuse randonnée qui lui fournit la matière de son premier livre De l'Algérie au Dahomey en automobile. Il n'abandonnera jamais complètement l'aviation qu'il pratiquera assidûment et un voyage aérien en 1934 lui donnera l'occasion de publier un ouvrage de critique politique Paris-Moscou en avion.

    Dans le même temps, le goût de la politique l'oriente vers le journalisme. Entré à l'Echo de Paris, d'abord chargé des grands reportages, il devient rapidement chef des services de la politique intérieure. Se consacrant exclusivement à cette nouvelle activité, il poursuit néanmoins ses grands voyages d'enquête, parcourt les continents et rencontre les plus grands hommes d'Etat. Ses récits de voyages et ses impressions politiques sont contenus dans plusieurs ouvrages: Du Pacifique à la mer Morte, Faisons le point, L'Italie nouvelle.

    Il exprime quotidiennement ses idées politiques dans l'Echo de Paris, puis dans l'Epoque ; républicain national et libéral, il souhaite une réforme constitutionnelle pour résoudre la crise du parlementarisme ; profondément patriote et convaincu que la faiblesse n'écarte pas la guerre, il mène d'ardentes campagnes pour la défense nationale : adversaire des « sanctions » contre l'Italie en 1935, il ne croit pas à une détente entre la France et l'Allemagne. Tantôt il combat l'entente avec la Russie dans la mesure où, selon lui, celle-ci cherche à intervenir dans la politique française par l'intermédiaire du parti communiste, tantôt il reste convaincu de la nécessité des « alliances orientales » sur le plan de la politique extérieure.

    En 1926, il est désigné comme second de liste de Paul Reynaud à une élection partielle dans le 2e secteur de Paris, le 14 mars 1926 : en tête au premier tour avec respectivement 47.223 et 47.075 voix sur 191.730 inscrits et 118.555 votants, contre 37.658 voix à Jacques Duclos, 15.628 voix au candidat socialiste et 11.758 au candidat radical, Paul Raynaud et Henri de Kérillis sont battus au second tour, avec 61.758 et 61.582 voix sur 134.631 votants, par Jacques Duclos (63.254 voix) et Fournier (63.140 voix) du parti communiste, qui l'emportent grâce au désistement socialiste et radical. Frappé par la division, la faiblesse et la pauvreté des « partis nationaux », il a alors l'idée de fonder le « Centre de propagande des républicains nationaux » alimentant la rédaction de 350 petits journaux d'opinion et fournissant aux candidats de toutes nuances (fédération, alliance, démocrates, radicaux nationaux, indépendants) des tracts, des affiches, des films, etc. Grâce à plus de 40.000 donateurs militants il fonde plus de 400 comités, 75 cours d'orateurs dans les grandes villes de France qui rencontrent un grand succès : celui de Paris, de 30 élèves en 1927, passe à 1.050 en 1935. Henri de Kérillis se représente les 1er et 8 mai 1932 dans la 2e circonscription du VIIe arrondissement de Paris : il arrive en tête au premier tour avec 3.018 voix sur 10.878 inscrits et 9.355 votants, mais il est battu au second tour par Dommange qui recueille 3.781 voix. Elu conseiller général de la Seine pour le canton de Neuilly, il s'y présente aux élections du 26 avril 1936, le député sortant renonçant à son mandat. Henri de Kérillis est élu dès le premier tour, par 5.161 voix sur 12.000 inscrits et 10.264 votants.

    A la Chambre, il s'inscrit au groupe des indépendants républicains, fort de 13 membres et présidé par Georges Mandel et fait partie de la commission des affaires étrangères.

    S'il vote successivement contre les deux cabinets Blum, le premier cabinet Chautemps, pour le cabinet Daladier, contre le cabinet Paul Reynaud ; s'il vote contre la loi de 40 heures, la loi sur les conflits du travail, pour les congés payés, contre les budgets de 1937 et 1938, mais pour les budgets de 1939 et 1940, son activité parlementaire s'exercera exclusivement en matière de politique extérieure. Dès son interpellation de juin 1936, il attire l'attention du parlement sur les risques de guerre, les menaces pesant notamment sur l'Autriche, la Tchécoslovaquie et la France. Il s'oppose à la politique de désarmement du front populaire et demande la constitution du corps blindé suggéré par le commandant de Gaulle. Quelques mois plus tard, il publie un nouveau livre : Français, voici la guerre.

    En décembre 1936, il critique la politique de non-intervention en Espagne, estimant que la France aurait dû aider le général Franco, évitant ainsi de le laisser en tête à tête avec l'Allemagne et l'Italie. En janvier 1937, il stigmatise la faiblesse de notre défense nationale, en particulier en ce qui concerne l'aviation, la défense anti-aérienne et la défense passive.

    Après les accords de Munich, il est le seul député non communiste à s'indigner contre la politique de résignation et d'abandon, contre le « lâchage » de la Tchécoslovaquie et, dans le scrutin sur le renvoi à la suite des interpellations déposées, il refuse sa confiance au gouvernement, mais la lui rend toutefois au cours du débat suivant concernant les pleins pouvoirs pour le redressement économique et financier.

    En janvier 1939, il interpelle une dernière fois sur la politique étrangère : montrant que les abandons successifs, loin d'éloigner le conflit, laissent la France chaque fois un peu plus isolée, un peu plus faible et un peu plus menacée, il estime que le seul moyen de sauvegarder la paix serait une vaste coalition de tous les Etats intéressés de l'Europe de l'Ouest, mais aussi du Centre et de l'Est, incluant même l'U.R.S.S. Enfin, en janvier 1940, au cours du débat sur l'exclusion des parlementaires communistes, il dénonce les menées défaitistes et proallemandes de la « Cagoule » et de certains milieux bourgeois.

    A la chute du cabinet Reynaud, le 16 juin 1940, menacé d'arrestation (comme Mandel qui sera incarcéré quelque temps), « constatant qu'il ne pouvait plus rien faire pour son pays qui mettait bas les armes », mais n'acceptant pas la défaite et désirant poursuivre la lutte, il s'échappe de Bordeaux sur un petit avion de tourisme piloté par son frère, se réfugie en Angleterre et vers la mi-juillet aux Etats-Unis.


    Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)


    Né le 27 octobre 1889 à Vertheuil (Gironde)

    Décédé le 11 avril 1958 à New-York (Etats-Unis)

    Député de la Seine de 1936 à 1940

    (voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome VI, p. 2051, 2052)

    Réfugié aux Etats-Unis après l'armistice, Henri de Kérillis n'est pas présent à Vichy le 10 juillet 1940 lors du vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain.

    Il crée l'hebdomadaire Pour la victoire avec Geneviève Tabouis et assume la direction politique de cette publication. Résolument gaulliste, il publie, en septembre 1942, Français, voici la vérité, où il stigmatise le gouvernement du maréchal Pétain et fait l'éloge du général de Gaulle.

    Son comportement lui vaut la radiation de la Légion d'honneur, la confiscation de ses biens, la déchéance de son mandat de député et de conseiller municipal de Neuilly en 1941. Déchu de la nationalité française dès l'été 1940, il est condamné à mort par contumace. La vengeance de Vichy et de l'occupant ne se limitera pas à sa personne : son fils Alain sera arrêté et Henri de Kérillis n'aura jamais la joie de le revoir.

    Critique à l'égard de l'entourage du chef de la France libre et en désaccord avec lui sur sa manière de traiter avec les alliés occidentaux, Henri de Kérillis abandonne la revue Pour la victoire en décembre 1944. Dès lors, son opposition au général de Gaulle ne se démentira plus et, en octobre 1945, il la développe dans un ouvrage intitulé De Gaulle dictateur.

    Ayant abandonné toute activité politique, il réside aux Etats-Unis. Il y meurt le 11 avril 1958, dans sa ferme de Long Island, près de New-York.



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