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Guy LA CHAMBRE

(1898 - 1975)

Informations générales
  • Né le 05/06/1898 à PARIS (PARIS - FRANCE)
  • Décédé le 24/05/1975 à NEUILLY-SUR-SEINE (HAUTS-DE-SEINE - FRANCE)

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Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

  • 22/04/1928 - 31/05/1932 : Ille-et-Vilaine - Indépendants de gauche

    01/05/1932 - 31/05/1936 : Ille-et-Vilaine - Gauche indépendante

    03/05/1936 - 31/05/1942* : Ille-et-Vilaine - Républicain radical et radical-socialiste

    17/06/1951 - 01/12/1955 : Ille-et-Vilaine - Républicains indépendants

    02/01/1956 - 08/12/1958 : Ille-et-Vilaine - Indépendants et paysans d'action sociale

* : Un décret de juillet 1939 a prorogé jusqu'au 31 mai 1942 le mandat des députés élus en mai 1936

Biographie

  • Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

    Né le 5 juin 1898 à Paris.

    Député de l'Ille-et-Vilaine de 1928 à 1942. Sous-secrétaire d'Etat à la Présidence du Conseil du 31 janvier au 24 octobre 1933. Sous-secrétaire d'Etat à la Présidence du Conseil du 31 janvier au 24 octobre 1933. Sous-secrétaire d'Etat à la Guerre du 26 avril 1933 au 27 janvier 1934. Ministre de la Marine marchande du 30 janvier au 7 février 1934. Ministre de l'Air du 18 janvier 1938 au 20 mars 1940.

    Petit-fils de Charles-Emile La Chambre, député d'Ille-et-Vilaine, fils de Charles La Chambre, député de Saint-Malo, Guy naît à Paris le 5 juin 1898. Son enfance est heureuse dans une famille de grande bourgeoisie et le jeune homme, au tempérament impétueux mais généreux, ne saurait décevoir. Ses études à Condorcet, Louis-le-Grand et à la Faculté de droit sont faciles et ses déterminations déjà promptes. Il s'engage volontairement en 1916 ne concevant pas, comme beaucoup de jeunes parmi les meilleurs de cette époque, que la guerre puisse se terminer sans leur renfort.

    Il en revient avec la Croix de guerre et devient, après l'armistice, secrétaire interallié de la commission des pays rhénans.

    Licencié en droit, inscrit au barreau de Paris, bien apparenté et bien soutenu, il est, de 1920 à 1921, sous-chef du cabinet de Briand à la présidence du Conseil. C'est encore une école, celle de la politique la plus subtile, non la moins généreuse car parfois idéaliste. Guy La Chambre s'enrichit à cette école et donne des preuves déjà de sa valeur ; il est nommé au concours secrétaire de la Conférence des avocats du barreau de Paris en 1923.

    Elu conseiller général de l'arrondissement de Dinard et maire de Saint-Servan, le voici qui entre dans la vie politique. Il est de bonne race et jamais, en toute sa carrière, nul ne pourra prétendre le contraire sans mauvaise foi.

    Candidat aux élections législatives de 1928 dans la 2e circonscription de Saint-Malo, il est élu au premier tour par 7.756 voix contre 3.512 à Surcouf et 2.110 à Fritz. En 1932, il est réélu sous l'étiquette centre gauche par 8.387 voix contre 2.961 à Le Plémer et 1.874 à Surcouf. En 1936, il sera réélu par 8.142 voix contre 4.237 à Garault et 1.071 à Lebideau.

    Entré au parlement, Guy La Chambre fait à nouveau « ses classes » et apprend le jeu parlementaire, ses obligations et ses charges, aux commissions de la marine marchande, des affaires étrangères, entre autres, et puis des finances.

    En 1932, le 18 décembre, il est pour la première fois appelé au gouvernement comme sous-secrétaire d'Etat à la Guerre, dont Edouard Daladier est ministre. Prolongement d'un attachement personnel et presque familial, une collaboration sur le plan gouvernemental commence entre ces deux hommes qui durera jusqu'à la guerre. Elle fut diversement interprétée, d'aucuns prétendant que le jeune ministre ne pouvait être que l'homme lige de celui qui s'élevait au rang d'homme d'Etat et livrait bataille pour prendre la suprématie au parti radical. Indéniablement, le ministre influença le secrétaire d'Etat, on devait le constater en 1936. D'ailleurs, c'est une caractéristique de Guy La Chambre d'avoir toujours été critiqué ou contesté pour des raisons souvent futiles : les étapes sinueuses de sa carrière politique que semble démontrer la diversité de ses étiquettes successives : indépendant de gauche, radical et radical-socialiste, indépendant ; le fait d'être maire de Saint-Servan, d'attacher tant d'intérêt à Saint-Malo, tout en étant conseiller général de Dinard !

    Critiqué, il le sera plus encore et plus durement, dans une certaine presse, après les événements violents du 6 février 1934. Le président du Conseil, Daladier, n'est pas trop malmené mais son ministre de l'Intérieur, Eugène Frot, endosse une énorme responsabilité à laquelle il fait face avec courage et talent. Les jeunes ministres : Pierre Cot, Guy La Chambre, Mistler sont vilipendés. Pourtant les ministres de l'Air, de la Marine marchande et du Commerce devaient avoir bien peu de responsabilités dans les mesures de répression... que le gouvernement n'avait d'ailleurs pas prises.

    Cependant Guy La Chambre est sérieux, il est travailleur, il tient à sa propre personnalité et se voue à des questions essentielles. Il s'attachera jusqu'au 10 juillet 1940 à deux grands problèmes : l'organisation de la nation pour le temps de guerre et la reconstitution de notre aviation à partir de 1938.

    L'organisation de la nation pour le temps de guerre est un grand projet qui fut mis en chantier en 1923 au secrétariat général de la défense nationale. Il fut déposé sur le bureau de la Chambre en janvier 1926 ; remarquablement rapporté par Paul-Boncour, il fit l'objet de débats dont Paul Painlevé, alors ministre de la Guerre, déclara « ce sont là des discussions qui honorent une assemblée et ses commissions ». Voté massivement par 500 voix sur 531 votants, il est ensuite adopté au Sénat sur le rapport de Klotz, mais avec des modifications et la Chambre ne peut le voter définitivement avant la fin de la 13e législature.

    Les gouvernements successifs de la 14e législature n'en poursuivront pas le vote et c'est le 21 juin 1935 que le gouvernement dépose un nouveau projet- très semblable au texte auparavant adopté - mais mis au point en raison des événements qui se sont succédé depuis et par le résultat de l'expérience. Le problème posé consiste à prévoir l'utilisation en temps de guerre de toutes les ressources matérielles et morales de la nation, de fixer la nature des contrats qui lieraient à l'Etat les citoyens quant à leur personne et quant à leurs biens et, enfin, de poser les règles principales de l'organisation des pouvoirs et de l'action administrative.

    Chargé du rapport, Guy La Chambre en fit une somme et, si le texte ne devait être adopté en définitive qu'en 1938, cette loi du 11 juillet 1938 aurait dû être désignée par son nom.

    Elu président de la commission de l'armée le 16 juin 1936, Guy La Chambre va se consacrer tout entier à la sauvegarde de notre pays. Il tient la main à la dernière mise au point du projet d'organisation et inlassablement le mènera à son terme.

    C'est l'époque du Front populaire, Daladier rentré dans ce gouvernement va rester ministre de la Défense nationale jusqu'au déclenchement des hostilités avec l'Allemagne. Daladier se fait le défenseur intransigeant des théories malheureusement dépassées de l'Etat-major, il prône la défense statique, nationale. La défensive est une attitude où sont contraints les pacifistes. On n'ira pas plus loin, il suffit que tous ceux qui sont en état de combattre soient aux frontières, protégés par le béton.

    Un colonel de l'armée française, dont la notoriété vient de naître, prône la tactique inverse de mécanisation, de mouvement, de technique. Et c'est alors dans la grande presse un échange d'arguments qui s'opposent en faisant valoir l'une et 1 autre tactique. Paul Reynaud est l'homme politique qui joute sous le fanion de l'armée blindée. Le président de la commission de l'armée est bien obligé d'arborer les couleurs de son ministre et de défendre la théorie du bouclier. Sa situation l'exigeait ; il n'est pas certain que son tempérament et sa conviction profonde l'aient poussé à prendre ce parti.

    Pierre Cot est très critiqué pour son action et les mesures prises au ministère de l'Air qu'il détint du 31 janvier 1933 au 9 février 1934 et retrouva du 4 juin 1936 au 18 janvier 1938.

    L'état de notre aviation est inquiétant, en comparaison surtout des préparatifs fiévreux de l'Allemagne. Guy La Chambre prend courageusement et sportivement une succession très lourde dans le 4e cabinet Chautemps, il assumera une tâche écrasante jusqu'au 20 mars 1940.

    Sans être devin, il était évident qu'il ne pouvait redresser une situation pareillement compromise ; il devait donc s'attendre à porter la responsabilité des erreurs et négligences passées. Aucune détermination ne le dépeint mieux que celle-ci, son hésitation fut de très courte durée. Certes, ce fut encore pour lui une occasion d'être critiqué, la plus grave et la plus injuste.

    En janvier 1938, il n'était possible d'armer que 1.000 appareils, dont 500 chasseurs. La France possédait un avion de chasse unique en Europe, le chasseur-canon Dewoitine, mais en nombre presque ridicule. Cette situation était due non seulement à l'insuffisance des programmes antérieurs - il n'avait été commandé, de 1936 à 1938, que 761 avions au total - mais encore à la carence des contrôles : 83 appareils seulement avaient été livrés.

    Guy La Chambre, qui ne pouvait que faire exécuter les décisions de l'Etat-major, tenta de parer à la situation et obtint cinq milliards pour accélérer l'exécution d'un plan prévu (n° 5), sur laquelle six mois purent être effectivement gagnés. Le nombre des ouvriers des usines Morane et Lioré fut porté de 15.000 à 85.000. Le premier effort devait être un effort d'outillage : des commandes dépassant un milliard furent passées aux Etats-Unis, aux Pays-Bas, à la Suisse. Les retards dus à la mise au point des prototypes et aussi aux industriels motivèrent les commandes passées aux Etats-Unis de 100 chasseurs Curtiss et 315 bombardiers légers Glenn-Martin et Douglas. A la date de l'entrée en guerre, ces motifs persistant, 2.095 avions avaient été commandés aux U.S.A.

    Le ministre de l'Air avait toutefois porté la production mensuelle de 35 à 800 avions et dépassait ainsi la production de la Grande-Bretagne au même moment.

    Malheureusement les retards ne se rattrapent jamais assez vite et les événements avaient pris une terrible accélération..

    Le 10 juillet 1940, Guy La Chambre ne pouvait que voter pour le projet constitutionnel.

    Guy La Chambre est chevalier de la Légion d'honneur, Croix de guerre 1914-1918.


    Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



    Né le 5 juin 1898 à Paris
    Décédé le 24 mai 1975 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine)

    Député de l'Ille-et-Vilaine de 1928 à 1942 et de 1951 à 1958.
    Sous-secrétaire d'Etat à la Présidence du Conseil du 31 janvier au 24 octobre 1933.
    Sous-secrétaire d'Etat à la guerre du 26 avril 1933 au 27 janvier 1934.
    Ministre de la marine marchande du 30 janvier au 7 février 1934.
    Ministre de l'air du 18 janvier 1938 au 20 mars 1940.
    Ministre des relations avec les Etats associés du 19 juin 1954 au 2 septembre 1954
    Ministre d'Etat, chargé des Etats associés, du 2 septembre 1954 au 5 février 1955

    (Voir première partie de la biographie dans Dictionnaire des parlementaires français, 1889-1940, tome VI, p. 2077)

    La carrière politique de Guy La Chambre illustre les difficultés pour bon nombre de caciques de la Troisième République de renouer avec les succès électoraux au lendemain de la Seconde guerre mondiale.

    Le 10 juillet 1940, Guy La Chambre vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain mais Vichy tient l'ancien ministre de l'air pour responsable de la défaite au même titre que Blum, Daladier, Reynaud qui sont arrêtés. La Chambre quitte alors les Etats-Unis et se constitue prisonnier pour répondre aux accusations qui sont proférées contre lui. Il est démis de ses fonctions de maire de Saint-Servan et interné au château de Chazeron avant d'être transféré à Bourrassol puis à Evaux-les-Bains. Le procès de Riom, censé juger les coupables de la défaite étant ajourné sur injonction des Allemands, Vichy décida début 1943 de placer Guy La Chambre en liberté provisoire mais les Allemands s'y opposèrent.

    A la Libération, Guy La Chambre ne retrouve pas le chemin du Palais Bourbon. Il est élu en 1947 maire de Saint-Malo et assure sa reconstruction. Il le reste jusqu'en 1965. En 1951, il est élu conseiller général de Dinard sous l'étiquette d'Indépendant et paysan. Ses adversaires se sont plu à souligner la diversité tant de ses attaches géographiques que des étiquettes sous lesquelles il a présenté ses différentes candidatures.

    Le 17 juin 1951, aux élections législatives, Guy La Chambre, ancien ministre radical du gouvernement Daladier, se présente dans le département d'Ille-et-Vilaine à la tête d'une liste indépendante des Républicains d'Action, investi par le Centre national des indépendants et paysans. Sa liste a conclu un apparentement avec la liste gaulliste de Pierre de Bénouville. Les principaux thèmes de sa campagne électorale sont l'aide à l'enseignement privé, la défense des intérêts des paysans, artisans et marins. L'ancien chef de cabinet de Briand propose d'assurer la paix dans le monde par un accord général sur le désarmement mais jusqu'à ce qu'il soit conclu de mettre la France à l'abri d'une invasion en l'intégrant dans le système de sécurité institué par le Pacte atlantique. Avec 59 090 voix sur 280 274 suffrages exprimés, Guy La Chambre retrouve le Palais Bourbon. Il vote l'investiture des gouvernements qui se sont succédé au cours de la législature et soutient les initiatives en faveur de la construction européenne. Les 17-19 mars 1953, devant les journées nationales d'études du CNIP, il estime que la CED « est une nécessité qui s'impose à nous, de toute manière et quelle que soit la position qu'on adopte à l'égard du réarmement allemand. »

    Fort d'une expérience déjà ancienne du Parlement, Guy La Chambre s'y voit confier des responsabilités importantes. Il est nommé membre des commissions des affaires étrangères et des finances et présente à ce titre de nombreux rapports sur des propositions et projets de loi. Au cours de la législature, il plaide en faveur d'une réforme fiscale et intervient à plusieurs reprises sur les questions touchant à la reconstruction et aux dommages de guerre. En 1952, 1953 et 1954, il est chargé du rapport du budget de l'Air. Le rapporteur reprend des arguments qui avaient été utilisés par le dernier ministre de l'Air de la Troisième République : il faut construire en grande série pour abaisser les coûts de production. Guy La Chambre attire, notamment le 25 janvier 1953, l'attention du gouvernement sur les prix de revient des avions français, très supérieurs aux prix étrangers parce que la capacité de production est supérieure à ce qui est réellement produit. Il propose d'augmenter la production car la politique européenne de défense offre des perspectives de débouchés, notamment pour le Mystère IV. Le 14 novembre 1953, Guy La Chambre consacre son intervention à la nécessaire coopération qui doit s'établir entre aviation civile et aviation militaire. Quant à la compagnie Air-France, Guy La Chambre s'inquiète de sa gestion et de la crise d'autorité qui règne en son sein. S'il est d'accord pour considérer que la Compagnie doit acheter avec l'aide de l'Etat des avions français, il s'interroge sur la contrepartie financière que devraient consentir les constructeurs à l'Etat. Le 16 mars 1954, à nouveau, Guy La Chambre regrette que les plans d'armement aérien soient constamment revus à la baisse au moment même où un effort accru devrait être consenti pour renouveler les matériels par des avions de classe internationale du type Mystère IV A et B.

    En juin 1954, Pierre Mendès France, qui avait été le collègue de Guy La Chambre dans le deuxième cabinet Blum, lui offre le ministère des relations avec les Etats associés. Lors du remaniement du 2 septembre, il conserve le même portefeuille mais est élevé à la dignité de ministre d'Etat. Sa principale mission consiste à veiller à l'application des accords de Genève qui ont mis fin au conflit indochinois. Le 26 août, à l'ouverture de la Conférence quadripartite qui réunit la France, le Laos, le Cambodge et le Vietnam, Guy La Chambre précise que « le gouvernement français a décidé de fonder sa politique sur la réalisation de la totale indépendance du Cambodge, du Laos et du Vietnam. » En d'autres termes, la France propose d'abroger les conventions signées à Pau en 1950 et de négocier des accords spéciaux avec chacun des Etats intéressés. Le 10 décembre 1954, à l'Assemblée, il répond à une question d'Albert Gau relative aux difficultés rencontrées par les chrétiens du Nord Vietnam. Le ministre partage l'inquiétude des parlementaires. De nombreux missionnaires catholiques se replient vers Haïphong car ils sont « las » des séances d'endoctrinement. Guy La Chambre rappelle que la France a envoyé des bâtiments pour recueillir les réfugiés et a saisi la commission internationale chargée de surveiller l'application des accords de Genève. Il s'en remet à ses conclusions. Le 17 décembre, à l'occasion du débat sur le budget de son ministère, Guy La Chambre est amené à préciser à nouveau la politique du gouvernement en Indochine après la conclusion des accords de Genève : maintien du corps expéditionnaire au sud du 17° parallèle, garantie américaine renforcée (il a effectué à ce sujet un voyage aux Etats-Unis en septembre) et aide au développement économique. Compte tenu de la détérioration de la situation politique au Vietnam, le gouvernement fait l'objet de nombreuses critiques. Le rapporteur de la commission des finances fait savoir que la Commission a décidé de rejeter le budget. Le ministre répondant aux interpellations de Jean Letourneau et d'Edouard Frédéric-Dupont précise que son budget vise à maintenir une présence française en Extrême-orient tant dans le domaine culturel que commercial. Il rappelle à nouveau que le gouvernement ne se désintéresse nullement des réfugiés et des disparus et qu'il a saisi la Commission internationale d'armistice du problème des prisonniers. Puis, le débat dévie sur la façon dont Pierre Mendès France a négocié à Genève. Il est sévèrement pris à parti par l'opposition. En l'absence du président du Conseil, le président de l'Assemblée met aux voix le rapport de la Commission des finances qui a repoussé le budget. Le gouvernement est battu de 10 voix à 19 h. 35. Dès l'annonce du résultat, Guy La Chambre fait savoir que le gouvernement va présenter un nouveau budget des Etats associés et le président du Conseil autorise le dépôt d'une question de confiance. A minuit 50, le gouvernement est sauvé à deux voix de majorité. Mais, le 5 février 1955, il est renversé. Le 29 novembre 1955, Guy La Chambre refuse la confiance au gouvernement Edgar Faure.

    Le 2 janvier 1956, Guy La Chambre conclut à nouveau un apparentement avec la liste conduite par Pierre de Bénouville. Le principe de l'apparentement ne joue pas plus cette fois-ci que lors des dernières élections législatives. Avec 35 223 voix sur 300 280 suffrages exprimés, Guy La Chambre sauve son siège. Il vote le 12 mars 1956 les pouvoirs spéciaux au gouvernement en Algérie et le 19 juin la loi-cadre Defferre mais se montre très réservé en ce qui concerne l'opération de Suez. Le 1er juin 1958, il vote l'investiture du gouvernement de Gaulle et les 2 et 3 juin les pleins pouvoirs et la réforme de l'article 90 de la Constitution.

    Il se représente en novembre 1958 aux premières élections législatives de la Cinquième République dans la 6e circonscription de l'Ille-et-Villaine. Avec 24 125 voix sur 59 849 suffrages exprimés, il devance au soir du second tour Emmanuel d'Astier de la Vigerie (8 419 voix) mais est battu par le candidat du MRP, Georges Coudray, qui obtient 27 305 voix. Il abandonne alors la vie politique nationale.

    Il décède à Neuilly-sur-Seine le 24 mai 1975.



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