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Paul PANTALONI

(1884 - 1973)

Informations générales
  • Né le 19/08/1884 à UCCIANI (CORSE-DU-SUD - FRANCE)
  • Décédé le 27/01/1973 à VERO (CORSE-DU-SUD - FRANCE)

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Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

  • 02/06/1946 - 27/11/1946 : Anciens départements d'Algérie - Républicains indépendants

    10/11/1946 - 04/07/1951 : Anciens départements d'Algérie - Républicains indépendants

    17/06/1951 - 01/12/1955 : Anciens départements d'Algérie - Républicains indépendants

Biographie

  • Biographie de la IVe République

    PANTALONI (Paul, Toussaint, Simon)
    Né le 19 août 1884 à Ucciani (Corse)
    Décédé le 27 janvier 1973 à Véro (Corse)

    Membre de la seconde Assemblée nationale constituante (Constantine)
    Député de Constantine de 1946 à 1955

    Issu d’une vieille famille de terriens de la plaine ajacienne, Paul Pantaloni est né le 19 août 1884 à Ucciani. Alors qu’il est encore très jeune, sa famille s’installe en Algérie dans la région de Bône. Il étudie la médecine et obtient son doctorat après avoir été interne des hôpitaux d’Alger. Mobilisé dans le corps médical du 3ème régiment de tirailleurs algériens en 1915, il revient du front puis envisage d’entamer une carrière publique. Installé à Souk-Ahras, devenu rédacteur du quotidien indépendant L’Essor algérien, il cumule assez rapidement les charges électives locales durant tout l’entre-deux-guerres. Il est ainsi élu conseiller général de Constantine dès 1919, délégué financier en 1920, puis membre du conseil colonial. «Ce républicain sincère, épris de libertés nouvelles, cet esprit ouvert à toutes les idées généreuses et sociales », comme l’indique sa profession de foi en vue de son élection au Conseil général du département de Constantine (Bône) (Dépêche de Constantine – le 10 octobre 1920), s’attache une fois élu à la tête du département, à l’épineuse question des transports, avec pour double objectif, la mise en valeur industrielle du littoral constantinois et le maintien d’une desserte maritime régulière avec la métropole en matière de flux humains et marchands.
    Il tente une première fois sa chance aux élections législatives de 1932. Il se présente dans la 2ème circonscription de Constantine contre Gaston Thomson, candidat radical élu pour la première fois en 1877 et réélu à 14 reprises depuis, totalisant ainsi près de 55 ans de mandat. Il n’est battu qu’au scrutin de ballottage du 8 mai 1932 obtenant 4 702 voix contre 5 398 à Gaston Thomson. Le décès de ce dernier une semaine plus tard entraîne l'élection partielle du 26 juin 1932 où Paul Pantaloni se présente contre Joseph Serda, propriétaire agriculteur et délégué financier. Celui-ci est élu avec 6 154 voix, Paul Pantaloni n’en obtenant que 4 806. Il est élu maire de Bône le 28 décembre 1933.
    Ne disposant que de trop peu de sources, il est difficile d’appréhender sa place et son rôle durant la seconde guerre mondiale. En conflit avec l’administration vichyste, il démissionne de son poste de maire en juillet 1941, deux ans après avoir regagné la Corse et laissé la gestion de sa mairie à son premier adjoint, André Fadda. En Corse, il adhère, en 1942, au Front national, seul organisme de résistance dans l’île. Bien qu’officiellement réintégré à son poste de maire à la Libération de l’Afrique du Nord, le Gouverneur général de l’Algérie s’oppose à son retour à Bône pendant près d’un an. Ce dernier n’est effectif qu’en novembre 1944. Le 18 décembre suivant, le docteur Pantaloni est suspendu de ses fonctions de conseiller général et de maire. Un décret du 9 avril 1946 le prive de ses droits civiques.
    Cette méfiance et cette suspicion s’expliquent par les rumeurs et les accusations portées par ses concurrents locaux. Les communistes et les socialistes - notamment Raoul Borra qui vient d’être élu maire de Bône aux municipales d’août 1945 -, accusent en effet Paul Pantaloni d’avoir été un sympathisant du Parti populaire français de Jacques Doriot avant-guerre et d’avoir conservé des liens d’amitié avec Simon Sabiani, ancien maire prévaricateur de Marseille et collaborateur notoire, jusqu’en 1943. En le déclarant non coupable le 24 octobre 1945, la Chambre civique de Bastia lui rend son honneur et son éligibilité.
    Le 2 juin 1946, Paul Pantaloni est élu député du premier collège du département de Constantine à la seconde Assemblée nationale constituante. La liste du Mouvement de concentration républicaine qu’il conduit obtient 20 526 voix sur 72 023 des suffrages exprimés. Il précède la liste SFIO conduite par Raoul Borra, et la liste du Rassemblement des Gauches Républicaines (RGR), conduite par René Mayer. Son élection est cependant soumise à enquête, le 8 août 1946. Il est nommé membre de la commission de l’intérieur, de l’Algérie et de l’administration générale, départementale et communale, le 26 juin 1946. Il n’intervient que ponctuellement durant l’été 1946, sur la partie du rapport du 2ème bureau de l’Assemblée nationale constituante relatif aux opérations électorales du département de Constantine (8 août 1946). Il est aussi entendu dans la discussion sur les options algériennes du Gouvernement (22 août 1946).
    Il est réélu dans la même circonscription aux élections législatives du 10 novembre 1946. Avec 46955 voix sur 72423 suffrages exprimés, la liste d’Union républicaine, où il figure en deuxième position derrière René Mayer, obtient trois élus. Le troisième siège revient à Jacques Augarde, député sortant des Français du Maroc. Sa liste précède assez largement celle de la SFIO conduite par le président du Conseil général et maire de Constantine, Henri Doumenc, élu sénateur deux mois plus tard. Contestée à nouveau par les mêmes concurrents locaux, son élection n’est validée par l’Assemblée, par 233 voix contre 193, que le 31 janvier 1947. Inscrit au groupe des Républicains indépendants, Paul Pantaloni a retrouvé entre-temps la commission de l’intérieur (1946) et y est nommé en 1948 et 1949. Il siège ensuite à celle de la marine marchande et des pêches (1950-1951). Par ailleurs, il figure sur la liste des jurés à la Haute Cour de justice (1948), en application de l’ordonnance modifiée du 18 novembre 1944.
    Au cours de la législature, Paul Pantaloni se montre assez discret, son travail parlementaire se cantonnant à quelques interventions relatives aux affaires locales algériennes. Il participe à la discussion du projet de loi portant statut organique de l’Algérie (20 août 1947). Il reprend la parole à l’occasion du débat sur te texte gouvernemental visant à la fixation et à la composition des circonscriptions électorales du Constantinois (12 février 1948). Il s’abstient lors des votes de confiance aux cabinets Blum (17 décembre 1946) et Ramadier (4 mai 1947). Il vote contre la nationalisation des écoles des houillères (14 mai 1948) et se prononce en faveur de la ratification du Plan Marshall (7 juillet 1948). En matière de politique extérieure, il approuve le statut du Conseil de l’Europe (9 juillet 1949) et la ratification du Pacte atlantique (26 juillet). Il vote enfin pour le projet de réforme électorale introduisant le scrutin de liste départemental avec apparentements (7 mai 1951).
    Aux élections du 17 juin 1951, Paul Pantaloni se présente toujours en seconde position derrière René Mayer, ministre de la justice, sur une liste centriste dite d’Union républicaine et du Rassemblement des gauches républicaines (RGR). Ils sont réélus avec 31 942 voix sur 81 959 suffrages exprimés. Les deux sièges restants reviennent à Jules Valle, sénateur indépendant, et à Léon Haumesser du Rassemblement du peuple français (RPF). Dans la nouvelle Assemblée, le docteur Pantaloni est reconduit dans les commissions de l’intérieur (1951-1955) et de la marine marchande et des pêches (1951-1954). Il n’appartient à aucune commission parlementaire en 1952.
    Le 5 juillet 1951, il soumet un rapport sur les élections du département du Cher et prend part de façon active à la discussion du projet de loi relatif aux dépenses de fonctionnement des services civils. Il suggère notamment la création d’une taxe sur les produits alimentaires importés (2 décembre 1951). Le 5 février 1953, il dépose un avis au nom de la commission de la marine marchande et des pêches, sur le refus d’homologation d’une décision de l’Assemblée algérienne relative à l’institution d’un système d’allocations familiales au profit des marins pêcheurs artisans.
    Notabilité du Constantinois, figure de la vie bônoise largement plébiscitée pour ses mandats locaux de maire et de conseiller général, Paul Pantaloni se montre actif à la Chambre lors des débats sur la question algérienne. Lors de la discussion du projet de loi prorogeant l’état d’urgence en Algérie et à l’instar des parlementaires algériens modérés, il s’élève en termes plus ou moins nuancés, «contre la politique d’abandon du gouvernement », pensant dès octobre 1955 que «l’intégration politique est des plus prématurées et qu’il s’agit de maintenir les positions de la France en dépit du défaitisme parisien ». Le 13 octobre 1955, il soutient activement les mesures envisagées pour combattre le terrorisme indépendantiste et pour assainir la situation dans le Constantinois.
    Au cours de la deuxième législature, Paul Pantaloni vote pour les lois Marie et Barangé favorables à l’enseignement privé (21 septembre 1951), pour la ratification du traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l’acier (13 décembre). Il vote les investitures d’Antoine Pinay (6 mars 1952) et de Pierre Mendès France (17 juin 1954), mais désapprouve les accords de Genève mettant fin aux hostilités en Indochine (23 juillet 1954). Il soutient la Communauté européenne de défense (CED) le 30 août 1954. Il soutient également les accords de Londres qui mettent un terme à l’occupation de l’Allemagne (12 octobre), ainsi que ceux de Paris qui autorisent le réarmement de la RFA et préfigurent son entrée dans l’OTAN (29 décembre). Le 4 février 1955, il refuse la confiance au cabinet Mendès France et vote en faveur de l’état d’urgence en Algérie (31 mars), dénonçant par ce biais « une politique gouvernementale qui fait qu’en l’espace de six mois, l’Asie est abandonnée et l’Afrique compromise ». Il s’oppose enfin à la réforme électorale (16 novembre) et refuse la confiance au cabinet Edgar Faure (29 novembre).
    Les opérations de maintien de l’ordre ne permettent pas l’organisation des élections législatives en Algérie en janvier 1956. L’aggravation de la situation algérienne a finalement raison de la carrière publique de Paul Pantaloni qui démissionne de la mairie de Bône, le 28 avril 1957, afin de protester contre la politique algérienne du gouvernement de Guy Mollet. Cette décision entraîne sa retraite politique.
    Cheville ouvrière de La Revue africaine commerciale industrielle et minière, éminent dignitaire de l’Académie d’Hippone, il est officier de la Légion d’honneur.
    Paul Pantaloni meurt au début de l’année 1973 à l’âge de 89 ans.

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