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Marcel PATERNOT

(1912 - 1993)

Informations générales
  • Né le 28/01/1912 à MIRABEAU (ALGÉRIE)
  • Décédé le 28/08/1993 à AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE - FRANCE)

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Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

  • 17/06/1951 - 01/12/1955 : Anciens départements d'Algérie - Républicains indépendants

Biographie

  • Biographie de la IVe République

    PATERNOT (Maurice)
    Né le 28 janvier 1912 à Mirabeau (Algérie)
    Décédé le 28 août 1993 à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône)

    Député d'Alger de 1951 à 1956

    Originaires d'Ile-de-France, les parents de Maurice Paternot se sont installés en Algérie un an avant sa naissance. Ils ont acheté un domaine viticole à l'Est de la plaine de la Mitidja. Maurice Paternot commence ses études à Alger, chez les Jésuites. Il les achève à Grenoble où il obtient une licence de droit. C'est dans la préfecture de l’Isère qu'il fait la connaissance de sa future femme, une Turinoise, avec laquelle il se marie en 1935. Cinq enfants naissent de cette union.
    Maurice Paternot ne participe pas au conflit mondial. A force de travail, ses parents ont pu acquérir une autre exploitation, plus à l'Est que la précédente. Situé en Kabylie, en bord de mer, ce domaine de Bouberak lui est légué, son frère cadet Marcel recevant l'autre exploitation. Au début de la IVe République, Maurice Paternot jouit d'une certaine notoriété dans le milieu agrarien du département d'Alger. Aux législatives de juin 1951, il se présente, dans le premier collège, quatrième de la liste d'union des indépendants et du RPF. La liste est dirigée par Georges Blachette, conseiller de l'Union française, connu pour être à la tête d'une des plus grandes fortunes d'Algérie. Cet homme d'influence est réputé libéral. C'est, semble-t-il, son ancien condisciple Jacques Chevallier, futur maire d'Alger, qui a convaincu Maurice Paternot d'entrer en lice. La longue profession de foi de la liste Blachette attaque la Troisième force, vilipende le mode de scrutin (la loi des apparentements), demande la libération du maréchal Pétain et, bien sûr, s'intéresse particulièrement à la situation algérienne : «Nous voulons, pour l'Algérie, rejeter : tout nationalisme qui tendrait à méconnaître les droits des Algériens européens ; tout colonialisme qui tendrait à mépriser les droits des Algériens musulmans ; toute immixtion «politique» d'une puissance autre que la France pour aider la communauté algérienne à se trouver, ce qui implique le maintien jaloux de la souveraineté française.» La liste Blachette affronte cinq listes : les listes du PC, de la SFIO et trois autres listes de droite (une liste dite d'union algérienne dirigée par le général Aumeran, une liste dite d'unité nationale et des indépendants républicains, une liste dite de rassemblement pour l'indépendance française). La liste Blachette arrive nettement en tête. Elle recueille 47,2% des suffrages exprimés, ce qui lui vaut quatre élus. Les deux autres députés sont des sortants : le communiste Pierre Fayet et le nationaliste Adolphe Aumeran.
    Comme Georges Blachette, Maurice Paternot s'apparente au groupe des républicains indépendants. Il est nommé, le 17 juillet 1951, membre de deux commissions : celle de l'agriculture, celle des boissons. Il est promu vice-président de cette dernière le 22 janvier 1953. Le même mois, il devient membre de la commission des pensions et est réélu dans celle des boissons. A partir du 18 janvier 1955, il siège aussi à la commission des affaires étrangères. Le 1er août 1951, il a été désigné par la commission de l'agriculture pour représenter l'Assemblée nationale au sein de la commission consultative de la viticulture. Depuis novembre 1954, il est membre suppléant de la commission de coordination chargée de l'examen des Etats associés d’Indochine. Il rédige six rapports au nom de la commission des boissons. Tous ont trait à son activité professionnelle, la production viticole. Quatre d’entre eux concernent la protection du titre d’œnologue. Il dépose trois propositions de loi : l'une porte sur la nécessaire représentation de l'Algérie au Conseil national de l'ordre des chirurgiens-dentistes (6 décembre 1951); la seconde est relative à la sélection et au contrôle des plantations de vigne (23 juillet 1953); la dernière porte sur la dévolution des biens de presse (28 juin 1955).
    En séance, Maurice Paternot intervient essentiellement sur les questions viticoles et sur le problème algérien. Concernant les premières, il attire l’attention du gouvernement et de ses collègues sur l’assainissement du marché des vins (5 juin 1952), en montrant les difficultés d’écoulement de la production viticole algérienne (4 juillet 1952) et en s’interrogeant sur le coefficient d’augmentation des impôts et des taxes sur le vin (1er avril 1954). Enfin, il est rapporteur du projet de loi relatif aux prestations viniques. A plusieurs reprises, il interpelle le gouvernement sur son action en Afrique du Nord. En novembre 1954, il dépose deux demandes d'interpellation. Développant ses arguments, il critique la politique tunisienne du gouvernement. Le mois d’après, il exige une répression «impitoyable», ainsi que la dissolution du parti communiste algérien (10 décembre 1954). Le 28 juillet 1955, prenant part au débat sur l'état d'urgence en Algérie, il réclame des élections anticipées en raison du malaise créé par l’élargissement des états-majors nationalistes, du rôle du parti communiste algérien et des prétendues « responsabilités » des Français et de l’Assemblée algérienne. Le 17 novembre 1955, il défend devant l'Assemblée l'idée que les législatives de 1956 doivent se tenir en même temps en Algérie et en métropole : «La prétention de proroger purement et simplement un mandat n'est pas sérieuse. Certains d'entre nous s'y refuseraient, je le dis tout net ; ils se démettraient plutôt. (...) Pour ma part, je le dis tout net : mieux vaut quelques nationalistes élus à cette Assemblée que la recherche d'interlocuteurs à travers les embuscades d'un maquis. (...) Les deux tiers des circonscriptions algériennes peuvent être appelées aux urnes dans des conditions normales.» Enfin, son intérêt est porté sur la politique européenne de la France et ses relations avec l’Algérie et notamment sur l’intégration difficile des territoires d’outre-mer dans l’Europe (19 novembre 1953).
    Maurice Paternot approuve les lois Marie et Barangé (28 septembre 1951) et la création de la CECA (1951). Il vote en faveur de l'investiture d'Edgar Faure (janvier 1952) et fait partie de la minorité qui, le 29 février 1952, lui accorde la confiance. Il vote l'investiture d'Antoine Pinay (6 mars 1952) et la loi sur l'échelle mobile (8 juillet 1952). Il accorde l'investiture à Joseph Laniel en juin 1953 et soutient son gouvernement notamment sur la délicate question indochinoise. C'est ainsi qu'il fait partie de la minorité qui vote la confiance au chef du gouvernement précité, le 12 juin 1954. En avril 1954, il s'est prononcé en faveur de la création de la TVA. Le 18 juin 1954, il vote en faveur de l'investiture de Pierre Mendès France. Le 29 juillet, il approuve les accords de Genève. Le 30 août 1954, il vote avec la minorité qui ne se résigne pas à l'enterrement de la Communauté européenne de défense (CED). Le 5 février 1955, il est de ceux qui renversent le gouvernement Mendès France. Il vote l'investiture du second cabinet Edgar Faure, qui suit immédiatement celui de PMF, mais il fait partie de la majorité qui lui refuse la confiance le 29 novembre 1955.
    La dégradation de la situation empêche les élections législatives de janvier 1956 de se tenir en Algérie. Ainsi Maurice Paternot ne conserve-t-il plus qu'un mandat : celui de conseiller général du canton de Dellys (département d'Alger, arrondissement de Tizi-Ouzou). Il siège durant deux ans au Conseil général. En 1957, les conseils généraux d'Algérie sont dissous. Il refuse de faire partie de la commission administrative départementale. A l’automne 1958, il est sollicité pour se présenter aux législatives qui, à nouveau, peuvent se tenir aussi en Algérie. Le journal Le Monde daté du 1er novembre 1958 publie une lettre dans laquelle l’ancien député explique les raisons de son refus : «Dans Le Monde du 29 octobre, votre correspondant à Alger, M. Thiébaut, faisait état d'une candidature Paternot. Je vous préviens au contraire que je ne serai pas candidat aux prochaines élections qui vont se dérouler en Algérie. Nous devons souhaiter, pour que cette consultation ait vraiment une valeur et ne soit pas suspectée, que l'élite des musulmans puisse s'exprimer librement et disposer de tous les moyens d'expression communément admis en régime démocratique. Ces conditions ne paraissent pas aujourd'hui réalisables.» Depuis 1951, la famille Paternot vit essentiellement à Paris. L’ancien député d’Alger vend ses vignes et quitte l'Algérie définitivement. En 1959, il crée la SEREP (Société d'études de recherches économiques et de publicité). Après avoir dirigé cette entreprise jusqu'en 1969, il préside, de 1970 à 1980, une société de travaux publics. Il meurt à Aix-en-Provence dans une résidence pour personnes âgées, le 28 août 1993.

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