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Allaoua BEN ALY CHÉRIF

(1895 - 1976)

Informations générales
  • Né le 24/12/1895 à AKBOU (ALGÉRIE)
  • Décédé le 19/01/1976 à PARIS (PARIS - FRANCE)

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Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

  • 21/10/1945 - 10/06/1946 : Anciens départements d'Algérie - Musulman algérien

    10/11/1946 - 04/07/1951 : Anciens départements d'Algérie - Musulman indépendant pour la défense du fédéralisme algérien

    17/06/1951 - 01/12/1955 : Anciens départements d'Algérie - Mouvement républicain populaire

Biographie

  • Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



    Né le 24 décembre 1895 à Akbou (Constantine)

    Décédé le 19 janvier 1976 à Paris (10e)

    Membre de la première Assemblée nationale Constituante (Constantine) Député de Constantine de 1946 à 1955

    Allaoua Ben Aly Cherif est né en 1895 dans une famille influente de la Kabylie. Propriétaire foncier et industriel, dès avant 1940 il est conseiller municipal d'Akbou, dans le Constantinois. Marié en 1926, il a deux enfants. En 1945, il est conseiller général. Il appartient au Parti Musulman Conservateur.

    Le 21 octobre, il se présente, en troisième position, sur une liste d'Union démocratique Franco-Musulmane pour les élections à l'Assemblée nationale Constituante dans le collège des français musulmans non citoyens du département de Constantine. Pour six sièges à pourvoir, il y a trois listes en présence : sur 586 322 inscrits, et 293 083 suffrages exprimés, la liste d'Union démocratique arrive en tête avec 192 545 voix, et emporte quatre sièges, une liste d'union socialiste et démocratique musulmane est en seconde position, avec 58 637 voix et a un siège, enfin à une liste communiste, avec 41 901 voix, échoit le sixième siège.

    Une fois son élection validée, le nouveau député de Constantine est nommé membre de la Commission des territoires d'outre-mer, de celle de l'éducation nationale et des beaux-arts, de la jeunesse, des sports et des loisirs. Il ne se représente pas aux élections à la seconde Assemblée nationale Constituante en juin. Mais en novembre, pour les élections législatives, dans la troisième circonscription de Constantine, il mène une liste de la Charte algérienne, qui se rattache à l'Union du manifeste algérien de Ferhat Abbas. Dans le deuxième collège, il y a deux listes en présence pour deux sièges à pourvoir, qui emportent chacune un siège. Sur 77 522 électeurs inscrits et 60 266 suffrages exprimés, la liste de la Charte algérienne obtient 37 126 voix et la liste communiste 23 130 voix.

    L'élection de Ben Aly Chérif est validée le 20 décembre 1946. Il est nommé membre de plusieurs commissions, celles de la marine marchande et des pêches, de la production industrielle, des pensions, enfin de la famille, de la population et de la santé publique. A l'Assemblée nationale, il défend l'application loyale du statut de l'Algérie voté en 1947, et, en Algérie, il plaide, auprès du gouverneur général Roger Léonard, pour des réformes profondes de structure. Le 27 août 1947, il s'abstient sur le vote du statut. Le 2 novembre 1950, il dépose une proposition de loi portant amnistie de condamnations prononcées en Algérie. Dans son exposé des motifs, il met en évidence les changements survenus dans le monde depuis 1945, « la fin du concept de monde colonial », condamne les mauvaises conditions qui ont présidé aux élections d'avril 1948 : « (...) il faut prouver, lit-on dans la conclusion, que la France n'a pas d'autre but que de s'engager plus en avant dans l'édification d'une union où tous ceux, de quelque origine qu'ils soient, à quelque confession qu'ils appartiennent, qui gravitent autour de son nom resté prestigieux, trouveront avec la justice la justification réelle des mots Liberté, Egalité, Fraternité ». Mais, avant la fin de la législature, il prend ses distances avec l'Union démocratique du manifeste algérien et s'apparente au Mouvement Républicain Populaire.

    Aux élections législatives du 17 juin 1951, dans la même circonscription du Constantinois, Ben Aly Chérif mène une liste d'Union démocratique, qui reçoit l'investiture du M.R.P. et s'apparente avec une liste d'Union républicaine, investie par le rassemblement des Gauches républicaines. Sur 183 507 inscrits dans le deuxième collège, et 103 411 suffrages exprimés, les deux listes apparentées obtiennent 69 007 voix, soit 66,7 % des suffrages, et emportent les deux sièges. La liste menée par Ferhat Abbas n'a que 27 552 voix. Les résultats de cette élection sont contestés par le Parti communiste algérien et le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques qui dénoncent les fraudes électorales.

    Dans sa profession de foi, Ben Aly Chérif marquait : « Nous voulons œuvrer pour satisfaire dans la paix sociale et la paix des cœurs, la soif de dignité et le bien-être de tous les Algériens. Nous entendons faire de l'Algérie une communauté d'hommes égaux en droits, d'énergies fraternelles sans cesse tendues vers le mieux-être. » Son élection une fois validée, il est nommé membre des commissions de l'intérieur et de la marine marchande et des pêches. Il soutient de ses votes le gouvernement Mendès-France, notamment le 4 février 1955 quand la question de confiance sur la politique algérienne est posée. Le 30 mars 1955, il vote pour le report de la discussion sur l'état d'urgence.

    Le 31 mars, Alloua Ben Aly Chérif demande un congé et regagne la Kabylie. Sans être officiellement démissionnaire, il demeure absent jusqu'à la fin de la législature. Il s'est rapproché des positions de Ferhat Abbas, qui, en avril 1956, se rallie au F.L.N.


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