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Mohamed, Salah BENDJELLOUL

(1893 - 1985)

Informations générales
  • Né le 08/12/1893 à CONSTANTINE (ALGÉRIE)
  • Décédé le 01/05/1985 à INCONNU

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Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

  • 21/10/1945 - 10/06/1946 : Anciens départements d'Algérie - Musulman algérien

    17/06/1951 - 01/12/1955 : Anciens départements d'Algérie - Rassemblement du peuple français - ARS

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

  • Sénateur : du 01/01/1946 au 01/01/1951

Biographie

  • Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



    Né le 8 décembre 1893 à Constantine (Algérie)

    Décédé le 1er mai 1985

    Membre de la première Assemblée nationale Constituante (Constantine)

    Conseiller de la République de Constantine de 1946 à 1948

    Député de Constantine de 1951 à 1955

    Mohamed Salah Bendjelloul est né le 8 décembre 1893 à Constantine (département de Constantine, Algérie) dans une ancienne famille de magistrats et d'administrateurs.

    Il effectue des études de médecine, passe le doctorat et entre comme interne aux hôpitaux d'Alger. Dans le même temps, Mohamed Salah Bendjelloul est préparateur à la Faculté de médecine d'Alger. Il est tout particulièrement actif dans le domaine de la pédiatrie et de la médecine tropicale et crée, en 1926, la consultation aux mères et aux nourrissons à Arris (Aurès), en 1927 celle d'Herbillon (près de Bône) et, en 1935, celle de Constantine. Il est également fondateur de la société indigène de prévoyance de Constantine pour l'agriculture (1935) et pour l'artisanat (1938). Mohamed Salah Bendjelloul recevra notamment la médaille d'or des épidémies, et sera médecin de la santé publique.

    Ses préoccupations médicales et sanitaires attirent tout naturellement Mohamed Salah Bendjelloul vers les affaires publiques. Il est conseiller municipal d'Herbillon, localité côtière située entre Bone et Philippeville (Algérie), de 1928 à 1935, puis, à cette date, conseiller municipal de Constantine et adjoint au maire de la ville (jusqu'en 1945). A ce titre, il est notamment président de la « Maison familiale de Constantine », société de gestion d'H.B.M (Habitations à bon marché).

    Mohamed Salah Bendjelloul est élu conseiller général de Constantine en 1931. Il sera, en 1949, premier vice-président du conseil général (jusqu'en 1951).

    Ces responsabilités locales amènent rapidement Mohamed Salah Bendjelloul à briguer des charges sur le plan national. Il préside, en 1928, la « Fédération des élus », travaillant à l'assimilation de l'Algérie à la France, et y est notamment secondé par Ferhat Abbas. En 1931, Bendjelloul définit son programme d'action : droit de citoyenneté pour les Musulmans algériens, représentation parlementaire des Musulmans, reconnaissance de l'arabe comme deuxième langue officielle. Il est, à partir de 1935, délégué pour les affaires financières à l'Assemblée algérienne et préside, en juin 1936, le Congrès musulman algérien soutenant le projet Blum-Violette.

    L'échec de celui-ci ferme pour partie la voie des réformes en Algérie et fait que le mouvement revendicatif tend davantage à échapper aux modérés. Bendjelloul sera engagé volontaire en septembre 1939.

    Ses activités dans le domaine public et l'importance de son rôle avant la guerre, expliquent que Mohamed Salah Bendjelloul fasse partie de l'Assemblée Consultative d'Alger, puis de Paris, de 1943 à 1945. Il y est nommé membre des commissions des finances (1943-1944), de la France d'outre-mer (1945), de l'intérieur et de la santé publique (1945), et de celle de coordination des affaires musulmanes (1945). Outre le rapport sur le budget du Commissariat au ravitaillement et à la production, il dépose quatre textes parlementaires, dont une proposition de résolution, le 7 mai 1945, demandant à ce que l'on enquête en profondeur sur les « événements tragiques dont l'Algérie a été récemment le théâtre ». Il intervient en outre à plusieurs reprises dans les discussions parlementaires, en particulier sur les problèmes relatifs à la marine marchande.

    Mohamed Salah Bendjelloul avait été co-signataire du manifeste du Peuple algérien de Ferhat Abbas (12 février 1943).

    Il se présente aux élections à la première Assemblée nationale Constituante (21 octobre 1945), comme tête de liste de l'Union démocratique franco-musulmane, devant le collège des Français musulmans du département de Constantine et du territoire de Touggourt. Avec 192 545 voix sur 293 083 suffrages exprimés (mais 586 322 inscrits), la liste obtient quatre des six sièges à pourvoir.

    Au sein de la nouvelle Assemblée, il est nommé membre de la Commission de l'intérieur, de l'Algérie et de l'administration générale, départementale et communale (1945), ainsi que de la Commission du ravitaillement (1946). Parlementaire actif, il dépose notamment quatre propositions de loi ou de résolution importantes :

    - le 30 novembre 1945, pour amnistier les personnes condamnées en Algérie pour certains faits politiques ;

    - le 7 février 1946, pour établir la Constitution de l'Algérie, et l'inclure dans celle de la République française ;

    - le 30 mars 1946, pour nationaliser la

    Banque d'Algérie, la Compagnie algérienne et le Crédit foncier d'Algérie et de Tunisie ;

    - le 30 mars 1946, pour exproprier d'urgence les propriétés rurales sises en Algérie et comptant plus de 500 hectares.

    Mohamed Salah Bendjelloul ne se représente pas aux élections du 2 juin 1946 pour la seconde Assemblée Nationale Constituante, ni à celles du 10 novembre 1946. En revanche, il est élu conseiller de la République de Constantine, le 8 décembre 1946, son mandat expirant le 30 novembre 1948.

    Le 17 juin 1951, Mohamed Salah Bendjelloul conduit la liste des Républicains indépendants aux élections pour la seconde législature, devant le deuxième collège du département de Constantine (2e circonscription). Avec 109 731 voix sur 147 232 suffrages exprimés (219 809 électeurs inscrits), il est élu député de Constantine, sa liste emportant d'autre part les trois sièges à pourvoir.

    Inscrit comme apparenté A.R.S, il est à nouveau nommé membre de plusieurs commissions : justice et législation (1951 à 1953), intérieur (1952 à 1955), pensions (1954-1955). Intéressé par les problèmes d'éducation, il dépose, le 24 août 1951, une proposition de loi tendant à étendre à l'Algérie les dispositions prises en métropole en faveur de l'enseignement privé. Mais, surtout, il intervient très largement dans les discussions relatives aux questions algériennes. Mohamed Salah Bendjelloul vote pour la ratification du traité de Paris sur la C.E.C.A. (13 décembre 1951), et pour l'ordre du jour gouvernemental lors du débat sur l'Indochine (27 octobre 1953).

    Mais les problèmes algériens tendent à prendre une importance croissante dans les débats et le travail parlementaires. Lors de la deuxième séance du 10 août 1954, Mohamed Salah Bendjelloul intervient pour soutenir la politique de Pierre Mendès-France, et lance à la Chambre une « mise en garde solennelle » au nom de l'Islam, invoquant le prestige de la France, « tombé à zéro parmi les populations musulmanes nord-africaines ». Ayant déposé une demande d'interpellation, le 5 novembre 1954, sur la politique algérienne du gouvernement, il revient, dans la séance du 12 novembre, sur la situation dans les départements algériens, et notamment les « événements sanglants » de l'Aurès : « Nous nous inclinons avec une profonde douleur devant les victimes de ces odieux attentats, devant ce jeune couple d'instituteurs venu de France en plein cœur de l'Aurès dégrossir l'esprit de nos petits campagnards, devant ce caïd que nous avons connu et aimé, qui est mort victime de son courage et de son civisme ». Il revient sur l'échec du projet Blum-Violette, qui aurait permis d'éviter les troubles. Il faut accorder à tous « la citoyenneté française, avec évidemment les droits et les devoirs qu'elle confère (...), maintenir au citoyen français et musulman le droit de garder son statut personnel coranique, et de conserver la langue arabe devenue deuxième langue officielle.. ». Il commente la déclaration du ministre de l'intérieur (« l'Algérie, c'est la France »), en déclarant que de très gros efforts doivent être encore faits pour que cette formule corresponde à une réalité, notamment dans le domaine social (« les sans-travail sont légion en Algérie ») et conclut en ces termes : « L'Algérie est française (...). Faites donc en sorte qu'elle le demeure (...). Les renforts, ce sont les réformes... ».

    Bendjelloul vote la confiance au gouvernement Mendès-France, lors du débat sur sa politique en Algérie (10 décembre 1954).

    Revenant sur la question algérienne, il déclare, dans la deuxième séance du 4 février 1955 : « il n'y a pas d'autre terme à l'évolution de l'Algérie que l'autonomie (...) ou l'assimilation totale (...). Nous sommes, nous, partisans des réformes qui conduiront à l'assimilation de l'Algérie et de la métropole... ». Il intervient encore dans la discussion du projet de loi relatif à l'instauration de l'état d'urgence (30 mars 1955), proposant plusieurs amendements. Il vote contre la loi sur l'état d'urgence (31 mars 1955). Enfin, il intervient lors de la discussion du projet de loi relatif à l'élection des députés, déposant notamment un amendement pour supprimer l'article 6, qui prévoyait le déroulement des élections en Algérie cinq semaines après la levée de l'état d'urgence.

    Mohamed Salah Bendjelloul est président de la Fédération des élus musulmans, et, à ce titre, promoteur actif d'une politique d'entente franco-musulmane. En 1955, il est d'autre part président du « Groupe des 61 », qui vise à soutenir l'idée nationale algérienne. A la suite des massacres de Philippeville, le Gouverneur Jacques Soustelle reporte les élections de 1956 dans les départements algériens, et Mohamed Salah Bendjelloul ne se représente donc pas.



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