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Abderrahmane BENTOUNÈS

(1913 - 2010)

Informations générales
  • Né le 18/06/1913 à AÏN-BESSEM (ALGÉRIE)
  • Décédé le 03/07/2010 à PARIS (PARIS - FRANCE)

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Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

  • 02/06/1946 - 27/11/1946 : Anciens départements d'Algérie - Socialiste

    10/11/1946 - 04/07/1951 : Anciens départements d'Algérie - Socialiste

    17/06/1951 - 01/12/1955 : Anciens départements d'Algérie - Centre républicain d'action paysanne et sociale et des démocrates indépendants

Biographie

  • Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



    Né le 18 juin 1913 à Aïn-Bessem (Algérie)

    Membre de la seconde Assemblée nationale Constituante (Alger)

    Député d'Alger de 1946 à 1955

    Abderrahmane Bentounes est né le 18 juin 1913 en Algérie. Il est d'ascendance musulmane et chérifienne. C'est à Alger qu'il fait ses études secondaires et supérieures. Il est breveté d'arabe.

    De 1943 à 1945, il sert dans l'état-major de l'armée à Alger.

    Propriétaire terrien et agriculteur, il s'intéresse très tôt à la politique. Aussi, aux élections à la seconde Assemblée nationale Constituante, se présente-t-il aux suffrages du collège des musulmans non-citoyens du département d'Alger.

    La liste d'Union musulmane et de progrès social sur laquelle il est inscrit en deuxième position obtient 68 439 suffrages (34,8 %) sur 196 527 suffrages exprimés contre 102 007 (51,9 %) qui se sont portés sur la liste de l'Union démocratique pour le manifeste algérien.

    Abderrahmane Bentounes est cependant élu à la plus forte moyenne. Il est le dernier des quatre élus.

    Il est nommé membre de la Commission des moyens de communication, désigné comme juré à la Haute Cour de justice et s'apparente au groupe S.F.I.O.

    Aux élections à la première Assemblée législative de la IVe République, le 10 novembre 1946, Abderrahmane Bentounes conduit la liste musulmane d'action démocratique et sociale. Elle devance la liste pour le triomphe des libertés démocratiques (M.T.L.D.) avec 108 812 suffrages (48,8 %) contre 99 792 sur 222 765 suffrages exprimés, et laisse loin derrière elle la liste communiste (14 161 suffrages). Abderrahmane Bentounes est donc élu avec deux de ses colistiers.

    Il est nommé membre de la Commission de l'intérieur (1946 et 1951), de la Commission du suffrage universel, du règlement et des pétitions (1948), de la Commission de la famille, de la population et de la santé publique (en 1949 et 1950), de la Commission du ravitaillement (1949) et de la Commission de la presse (1950).

    Au cours de la première législature, il intervient à plusieurs reprises sur les questions concernant l'Afrique du Nord et la situation des travailleurs nord-africains en métropole.

    En 1947, lors de la discussion sur le statut de l'Algérie, il a l'occasion de présenter les raisons qui l'ont conduit, le 20 mai, à déposer une proposition de loi portant formation et mise en expérience du statut particulier de l'Algérie dans le cadre à venir de la Fédération nord-africaine.

    Le 20 août 1947, il définit ce qui devrait être la « politique musulmane » du gouvernement : une politique de rupture avec les injustices et le conservatisme du passé et qui fasse « triompher les principes de la liberté et d'égalité entre les hommes, les lois de vie de la démocratie (...) ».

    Ainsi, présente-il à l'Assemblée, le 22 août, l'amendement de M. Benchenouf tendant à accorder l'autonomie à l'Algérie et à créer une République algérienne associée à l'Union française. Pourtant, il rejette l'article 1er du projet de statut qui ferait de l'Algérie un groupe de départements : »ni par sa géographie, ni par son histoire, ni par sa composition ethnique, l'Algérie ne fait partie intégrante de la métropole (...) l'Algérie est, en effet, un pays (...) que ses aspirations présentes, comme son lointain passé, portent à former dans l'avenir une nation originale et distincte ». Cet amendement est repoussé par 404 voix contre 9 bien qu'il ait averti que méconnaître l'aspiration des Algériens à former une nation exposerait l'Assemblée nationale « à reconsidérer le problème algérien dans un temps très court ».

    Finalement, le 27 août 1947, il ne prend pas part au vote sur l'ensemble du projet de loi sur le statut de l'Algérie qui est adopté par 320 voix contre 88.

    Le 27 février 1948, il interpelle le gouvernement, et plus particulièrement le ministre des Affaires étrangères, M. Georges Bidault, sur la politique de la France au Magbreb qu'il juge dangereusement conservatrice. En outre, il invite le ministère à la prudence dans la question du partage de la Palestine, afin de ne pas s'aliéner les musulmans qui vivent à l'ombre du drapeau tricolore.

    Le 17 juin 1951, aux élections à la deuxième Assemblée nationale, Abderrahmane Bentounes laisse au sénateur Menouar Ben Ahmed Saïah le soin de conduire la Liste de concorde et d'entente républicaine. Celle-ci ayant remporté 231 928 voix (78,5 %) sur 295 640 suffrages exprimés- soit la majorité absolue - recueille la totalité des cinq sièges à pourvoir et laisse loin derrière elle les autres listes, notamment la liste du M.T.L.D. (10,6 %) et la liste d'Union démocratique du manifeste algérien (U.D.M.A.) (4,5 %).

    Abderrahmane Bentounes s'inscrit au groupe du centre républicain d'action paysanne et sociale et des démocrates indépendants. Il est nommé membre de la Commission de l'intérieur (1951, 1953, 1954, 1955) et de la Commission de la presse (1951, 1953, 1954, 1955). Il est élu juge titulaire de la Haute Cour de justice le 28 août 1951 et nommé secrétaire de l'Assemblée nationale le 14 janvier 1953.

    Le 12 novembre 1954, le député d'Alger intervient sur les événements survenus en Algérie dans la nuit du 30 octobre au 1er novembre. Après avoir souligné, une nouvelle fois, la négligence des gouvernements antérieurs envers « le monde de l'Islam » et son évolution, il assure le gouvernement du loyalisme général de la population. Il accorde un « satisfecit » au ministre de l'Intérieur, François Mitterrand, et souhaite que les événements ne remettent pas en cause « la politique de progrès social, de réformes » qui a été annoncée.

    Aussi vote-t-il la confiance au gouvernement Mendès France sur l'Algérie, le 12 novembre 1954 ; confiance qu'il devait renouveler le 5 février 1955.

    Le 31 mars 1955, il s'abstient volontairement lors du vote de la loi sur l'état d'urgence en Algérie.

    En 1956, en raison des circonstances, il n'y a pas d'élection en Algérie à la troisième et dernière Assemblée nationale de la IVe République.


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