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Francis, Charles DE HAULT DE PRESSENSÉ

(1853 - 1914)

Informations générales
  • Né le 30/09/1853 à PARIS (PARIS - FRANCE)
  • Décédé le 19/01/1914 à PARIS (PARIS - FRANCE)

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Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

  • 11/05/1902 - 31/05/1906 : Rhône - Socialistes parlementaires

    06/05/1906 - 31/05/1910 : Rhône - Socialistes unifiés

Biographie

  • Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

    Né le 30 septembre 1853 à Paris, mort le 19 janvier 1914 à Paris (13e).

    Député du Rhône de 1902 à 1910.

    Francis de Pressensé est né à Paris. Ses études littéraires et juridiques (il fut licencié ès lettres en 1872 et obtint en 1876 une licence en droit à Paris) et son milieu familial le préparaient à la brillante carrière politique qu'il mena de front avec ses activités journalistiques et littéraires qui s'y rattachent d'ailleurs étroitement.

    En effet son père, Edmond de Hault de Pressensé (1823-1891), pasteur protestant, était lui-même écrivain et homme politique. Membre de l'Institut, il fut représentant républicain à l'Assemblée nationale en 1871 mais ayant échoué aux élections de 1876, il devint sénateur inamovible en 1883.

    Avant même la fin de ses études, Francis de Pressensé servit comme engagé volontaire d'octobre 1870 à février 1871, avec le grade de sous-lieutenant à la 1re division du 2e corps d'infanterie dans l'armée de la Loire. Les sentiments républicains pour lesquels il ne cessa de lutter au cours de sa vie n'avaient donc pas attendu pour s'épanouir le nombre des années.

    Sa carrière politique débuta en 1878 par . son entrée au ministère de l'Instruction publique où il resta un an comme sous-chef de cabinet.

    Puis en 1879 il commença à s'initier aux problèmes des relations extérieures de la France, auxquelles il ne cessa de s'intéresser par la suite, en accédant à un poste de rédacteur au ministère des Affaires étrangères. Envoyé comme secrétaire d'ambassade à Constantinople en 1880, puis à Washington (U.S.A.) en 1881, il démissionna l'année suivante pour entrer dans la presse parisienne où il acquit la réputation d'un écrivain et d'un polémiste acharné.

    Il fut ainsi chargé de la politique étrangère dans le journal Le Parlement en 1882, puis la République française en 1885, le Temps en 1888 qu'il quitta au moment de l'affaire Dreyfus pour lutter contre les nationalistes, les antisémites et les réactionnaires. Outre sa collaboration à l'Humanité, il soutint ainsi dans le journal l'Aurore une longue campagne pour la révision du procès Dreyfus, qu'il alimenta par une série de conférences à Paris et en province. Après la nouvelle condamnation et la grâce de Dreyfus, il ne cessa de lutter pour une révision du procès.

    Républicain convaincu, mais modéré à l'origine, Francis de Pressensé s'est peu à peu orienté vers le socialisme. Et l'année de son inscription au parti socialiste coïncide avec son premier succès électoral, en 1902, comme député de la 10e circonscription de Lyon nouvellement créée. Sur les 10.547 votants (14.389 inscrits) il obtint 6.701 voix au second tour ' - 11 mai 1902 - alors que son principal adversaire, Donterville, professeur de lycée, nationaliste, en avait 3.688. Membre du groupe socialiste de la Chambre, il appartint à la commission d'assistance et de prévoyance sociales, et fut vice-président à la commission des affaires étrangères où il retrouvait son domaine favori, avec celui des questions religieuses.

    Au cours de la huitième législature, il déposa une proposition visant à la séparation de l'Eglise et de l'Etat et à la dénonciation du concordat (avril 1903) et divers rapports au nom de sa commission (notamment pour le budget des Affaires étrangères de 1904).

    Mais c'est sans doute à travers ses nombreuses interventions à la tribune qu'il faut rechercher ses idées politiques, qu'il sut défendre avec compétence et vigueur. Il prit la parole à plusieurs reprises pour critiquer la politique étrangère française, notamment à l'égard des républicains espagnols, et réclama la protection des Arméniens et des Macédoniens opprimés par la Turquie.

    Les rapports entre l'Eglise et l'Etat le préoccupaient également et il appuya le rejet des demandes d'autorisation des congrégations religieuses, enseignantes et prédicantes. On sait qu'il était très favorable à la séparation des Eglises et de l'Etat. Francis de Pressensé défendit également en 1903 des théories internationalistes, et un projet d'organisation des Etats-Unis d'Europe (1903).

    Enfin il fut rapporteur à plusieurs reprises du budget des Affaires étrangères, ainsi que des Cultes (1903), de l'Instruction publique (1903) et des Postes et Télégraphes (1905).

    Il fut réélu le 6 mai 1906, par 6.128 voix, contre 5.000 à son principal adversaire Chambaud de La Bruyère (sur 11.785 votants et 16.538 inscrits). Il se présentait « contre la réaction cléricale » qui se cache « sous le masque nationaliste ».

    Mais il échoua aux élections du 24 avril 1910. Sur les 12.671 votants (et 18.821 inscrits) il n'obtient en effet que 5.742 voix, alors que Berlie, industriel présenté par les radicaux et radicaux-socialistes, en avait 6.556.

    Il n'eut pas plus de succès dans la 2e circonscription du XVe arrondissement de Paris où il se présentait le 17 juillet 1910, pour le remplacement du député Chauvière décédé. C'est M. d'Aramon qui fut élu avec 6.562 voix, alors que lui- même n'en obtenait que 5.030 pour 11.975 votants et 17.552 inscrits.

    Son activité politique ne suffisait pas cependant à remplir sa vie. Avant son entrée à la Chambre il travailla à la rédaction d'ouvrages historiques, et collabora toujours à diverses revues et quotidiens (Revue des Deux-Mondes, Revue politique et parlementaire...).

    Il publia notamment : Histoire des relations de l'Irlande et de l'Angleterre (1889) ; Vie du Cardinal Manning (1897); Un héros, le Colonel Picquart (1898) ; Les lois scélérates de 93-94 (1899).

    Il avait été décoré de la Légion d'honneur mais démissionna lorsque fut prononcée la radiation d'Emile Zola comme dignitaire de cet Ordre en 1899. Adhérent au parti socialiste depuis 1902, il fut un des promoteurs du congrès d'unification socialiste de mars 1905.

    Il convient de rappeler en outre que la Ligue des droits de l'homme le porta à sa présidence en 1904.

    C'est à Paris qu'il décéda le 19 janvier 1914. Il avait 61 ans.


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