Isidore Renouard

1910 - 1975

Informations générales
  • Né le 2 février 1910 à Langon (Ille-et-Vilaine - France)
  • Décédé le 18 avril 1975 à Langon (Ille-et-Vilaine - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 23 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Ille-et-Vilaine
Groupe
Entente démocratique
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 18 novembre 1962 au 2 avril 1967
Département
Ille-et-Vilaine
Groupe
Républicains indépendants
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 5 mars 1967 au 30 mai 1968
Département
Ille-et-Vilaine
Groupe
Républicains indépendants
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IVe législature
Mandat
Du 23 juin 1968 au 1er avril 1973
Département
Ille-et-Vilaine
Groupe
Républicains indépendants
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ve législature
Mandat
Du 2 avril 1973 au 2 avril 1978
Département
Ille-et-Vilaine
Groupe
Républicains indépendants

Biographies

Biographie de la Ve République

RENOUARD (Isidore)
Né le 2 février 1910 à Langon (Ille-et-Vilaine)
Décédé le 18 avril 1975 à Langon

Député de l’Ille-et-Vilaine de 1958 à 1975

Isidore Renouard reste fidèle à sa commune natale de Langon tout au long de son existence. Issu d’une famille de commerçants, il devient très tôt orphelin et poursuit des études secondaires au petit séminaire de Châteaugiron, près de Rennes. Après avoir obtenu son baccalauréat, il décide de reprendre l’affaire familiale et s’installe comme négociant en engrais et produits du sol à Langon à la fin des années 1920. Alors célibataire, Isidore Renouard se porte volontaire pour une unité coloniale en septembre 1939. Il est démobilisé après la drôle de guerre, et entre très vite dans la Résistance. Dix-huit ans plus tard, Isidore Renouard, alors candidat aux élections législatives, rappellera cette engagement dans sa profession de foi, en se qualifiant de « Français de juin 1940 ».
A la Libération, le commerçant de Langon ne cherche pas à obtenir honneurs et décorations, même si son rôle dans l’action clandestine en Bretagne est officiellement reconnu. Par fidélité au principe de l’élection, il refuse d’entrer au Conseil municipal de Langon en 1944, comme l’auraient souhaité les mouvements de résistance. Il est en revanche élu Adjoint au maire de Langon au printemps 1945, puis Premier magistrat de cette commune –qui compte un peu plus de 1600 habitants- en octobre 1947.
Le maire de Langon n’appartient alors à aucun parti politique, mais est considéré comme un élu de centre-droit très modéré par les autorités préfectorales. Réélu en 1953, Isidore Renouard restera maire de Langon jusqu’à sa mort. Il figure en 5e position sur la liste du MRP en Ille-et-Vilaine le 2 janvier 1956. Celle-ci n’obtient que 21,8% des suffrages exprimés, contre 26,1% aux élections du 17 juin 1951 mais envoie 3 élus à l’Assemblée nationale : Pierre-Henri Teitgen, Alexis Méhaignerie et Georges Coudray. Isidore Renouard poursuit son implantation locale en devenant Conseiller général de Redon en avril 1958, mandat qu’il conserve jusqu’en 1970. Au Conseil général, le commerçant de Langon consacre son énergie au dossier de l’aménagement de la Vilaine grâce à la construction du barrage d’Arzal et à l’implantation d’entreprises dans le sud du département.
C’est tout naturellement qu’Isidore Renouard se porte candidat aux élections législatives de novembre 1958 dans la quatrième circonscription d’Ille-et-Vilaine, qui a approuvé la Constitution de la Ve République à 90,3% le 28 septembre 1958. Le conseiller général de Redon se présente sans étiquette, mais la tonalité de son programme le classe parmi les modérés. Il écrit dans sa profession de foi : « Je ne suis l’homme d’aucun parti politique, n’étant inscrit à aucun ; je m’appelle Renouard, mon nom n’est pas une enseigne publicitaire ». Isidore Renouard est élu député d’Ille-et-Vilaine avec 19925 voix (52,6% des suffrages exprimés) dès le premier tour le 23 novembre 1958. Le soutien massif de son canton de Redon (68,5% des voix), le plus peuplé de la circonscription, permet au maire de Langon de s’imposer facilement face au député sortant Henri Dorgères (22,6% des voix).
Isidore Renouard siège d’abord parmi les non-inscrits à l’Assemblée nationale, puis il rejoint le 27 juillet 1959 le groupe de l’Entente démocratique, qui regroupe des élus modérés, centristes et radicaux. Député d’Ille-et-Vilaine pendant dix-sept ans, il appartient continûment à la Commission de la production et des échanges. Son important travail législatif porte sur deux sujets principaux : les problèmes du commerce et des petites et moyennes entreprises d’une part ; les questions d’Outre-mer et la coopération avec les pays d’Afrique noire d’autre part. La Commission de la production et des échanges désigne ainsi Isidore Renouard comme Rapporteur pour avis du budget des Départements et territoires d’Outre-mer pour 1960, 1961 et 1962. Le député d’Ille-et-Vilaine apparaît très vite comme un spécialiste des DOM-TOM, ce qui ne l’éloigne pas des intérêts de ses commettants. Il intervient par exemple dans l’hémicycle le 24 novembre 1960 pour attirer l’attention du Gouvernement sur le mauvais entretien des cours d’eau dans la région de Redon, source d’inondations récurrentes.
Les positions d’Isidore Renouard au cours de la première législature le situent dans la majorité, sans exclure réserves ou critiques sur les méthodes du pouvoir gaulliste. Le maire de Langon approuve le programme du gouvernement de Michel Debré (16 janvier 1959) comme celui de Georges Pompidou (27 avril 1962), vote le projet de loi sur l’enseignement privé (23 décembre 1959) et accorde les pouvoirs spéciaux à l’exécutif après la semaine des barricades (2 février 1960). Comme beaucoup de députés, le député d’Ille-et-Vilaine refuse de prendre part au vote sur la levée de l’immunité parlementaire du Président Georges Bidault, pour éviter d’accabler un collègue (5 juillet 1962). Isidore Renouard réaffirme son appartenance à la majorité en ne votant pas la motion de censure du 4 octobre 1962.
Réélu au premier tour le 18 novembre 1962 avec 20210 voix, soit 65,1% des suffrages, Isidore Renouard se rapproche des positions du ministre des Finances Valéry Giscard d’Estaing. En décembre 1962, il s’apparente au groupe des Républicains indépendants à l’Assemblée nationale, avant de s’y inscrire le 2 avril 1964. La compétence du député d’Ille-et-Vilaine est à nouveau reconnue par la Commission de la Production et des Echanges sous la 2e législature : il est désigné comme Rapporteur pour avis du budget des Départements et territoires d’outre-mer pour 1963, 1964, 1965, 1966 et 1967. Outre les problèmes ultramarins, ses interventions dans l’hémicycle évoquent à plusieurs reprises la question de l’activité touristique en milieu rural (26 novembre 1963, 21 octobre 1966) ou la nécessité de doter les chefs-lieux de canton d’équipements sportifs et socio-éducatifs (2 juin 1965).
Au Palais-Bourbon, la parole du député d’Ille-et-Vilaine ne se perd pas en considérations superflues, ni ne recherche l’éloquence pour elle-même. Ses propos prennent un caractère volontairement technique, voire concret au besoin. Les votes d’Isidore Renouard sont conformes à ceux de ses collègues Républicains indépendants, qui se situent dans la majorité entre 1962 et 1967. Il n’hésite pas cependant à exprimer certaines réserves sur le pouvoir gaulliste et s’abstient volontairement sur le projet de loi relatif à l’élection des conseillers municipaux le 17 juin 1964.
Ni la poussée de la gauche ni la présence d’un candidat du Centre démocrate ne perturbent la réélection d’Isidore Renouard aux élections législatives de mars 1967. La candidature du maire de Langon, appuyée par l’UD-Ve République et les Républicains indépendants, reçoit l’assentiment de 58,6% des électeurs dès le premier tour. Isidore Renouard se dit alors favorable à «un jeu plus libéral des Institutions et [à] une revalorisation du rôle du Parlement dans le respect de la Constitution de 1958» : ces positions font écho à celles de Valéry Giscard d’Estaing. Isidore Renouard accède sous la troisième législature (1967-1968) à la fonction de Secrétaire de l’Assemblée nationale, qu’il retrouvera en 1969 et 1970.
Après la dissolution de l’Assemblée nationale, de nouvelles élections législatives ont lieu en juin 1968. La poussée de la droite et des gaullistes permet au député sortant d’Ille-et-Vilaine d’atteindre 77,2% des suffrages exprimés dès le premier tour, face à trois candidats de gauche. Dans sa profession de foi, Isidore Renouard, candidat de la majorité, réaffirme son souci d’«œuvrer pour obtenir l’ouverture et l’élargissement du dialogue à tous les niveaux», en se référant explicitement à Valéry Giscard d’Estaing.
S’il ne dépose aucune proposition de loi, le maire de Langon se montre très actif dans l’hémicycle sous la quatrième législature. Rapporteur pour avis du budget des Départements et Territoires d’Outre-mer pour 1969, 1970, 1971, 1972 et 1973, il n’hésite pas à dénoncer les attitudes néo-coloniales qui compromettent selon lui la croissance ultramarine. Le 26 octobre 1970, le député d’Ille-et-Vilaine affirme ainsi que « les firmes métropolitaines considèrent les îles comme un marché réservé et tuent dans l’œuf des concurrents éventuels ».
Le maire de Langon insiste également sur l’intérêt du tourisme en zone rurale (5 novembre 1969 et 17 juin 1971) et défend dans l’hémicycle les travailleurs non salariés des professions artisanales, industrielles et commerciales à l’occasion de la réforme de leur assurance vieillesse (17 mai 1972). Ses votes sont conformes à ceux des Républicains indépendants entre 1968 et 1973 : il se prononce en faveur du projet de loi d’orientation de l’enseignement supérieur (10 octobre 1968), soutient la loi dite « anti-casseurs » (4 juin 1970) et approuve la déclaration de politique générale de Jacques Chaban-Delmas, Premier ministre « en sursis » (24 mai 1972).
Battu par un centriste aux élections cantonales de 1970, Isidore Renouard n’aborde pas les législatives de mars 1973 dans les meilleures conditions. Il affronte au premier tour trois candidats de gauche, deux modérés et un représentant du Parti breton « Strollad Ar Vro ». S’il est mis en ballottage pour la première fois, le sortant arrive nettement en tête avec 46,2% des voix à l’issue du premier tour de scrutin. Investi par les gaullistes comme par les Républicains indépendants, Isidore Renouard est aisément réélu (63,4%) face à un dissident modéré le 11 mars 1973.
Ses interventions sous la cinquième législature concernent comme précédemment les questions ultramarines, les problèmes du monde rural et ceux des petites et moyennes entreprises. Le député d’Ille-et-Vilaine se réjouit de l’élection de Valéry Giscard d’Estaing à la présidence de la République au printemps 1974. Soutien fidèle du nouveau chef de l’Etat, il n’en rejette pas moins le projet de loi sur l’interruption volontaire de grossesse le 28 novembre 1974. Il saisit en vain le Conseil constitutionnel quant à la loi Veil le 20 décembre 1974, avec quatre-vingts autres parlementaires. Membre du Conseil régional de Bretagne, le maire de Langon s’intéresse beaucoup aux questions de décentralisation dans les dernières années de son existence et assume la vice-présidence de l’Association nationale des régions insuffisamment développées.
Isidore Renouard disparaît dans un accident de la route à l’âge de soixante-cinq ans. C’est avec émotion que le président de l’Assemblée nationale Edgar Faure prononce dans l’hémicycle l’éloge funèbre de ce « parlementaire assidu », « orateur documenté, précis, évitant les éclats et les effets, toujours extrêmement consciencieux », le 23 avril 1975. Le député breton, excellent connaisseur des problèmes ultramarins, avait eu l’occasion d’effectuer de très nombreux déplacements dans les Antilles françaises, à la Réunion ou dans le Pacifique pour dialoguer avec les élus locaux et s’informer des besoins des populations.
Edouard Simon, maire de Lieuron et suppléant d’Isidore Renouard, lui succède au Palais-Bourbon jusqu’en 1978. A cette date, la quatrième circonscription d’Ille-et-Vilaine choisit le jeune Alain Madelin pour la représenter à l’Assemblée nationale.