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Chérif SID CARA

(1902 - 1999)

Informations générales
  • Né le 26/11/1902 à MILA (ALGÉRIE)
  • Décédé le 06/03/1999 à GRENOBLE (ISÈRE - FRANCE)

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Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

  • 20/09/1953 - 01/12/1955 : Anciens départements d'Algérie - Républicain radical et radical-socialiste

    30/11/1958 - 03/07/1962 : Anciens départements d'Algérie - Unité de la République

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

  • Sénateur : du 01/01/1946 au 01/01/1953

Biographie

  • Biographie de la IVe République

    SID CARA (Chérif)
    Né le 26 novembre 1902 à Mila (Constantine)
    Décédé le 6 mars 1999 à Grenoble (Isère)

    Sénateur d’Oran de1946 à1953
    Député d’Oran de 1953 à 1955
    Secrétaire d'Etat à l'Algérie du 19 juin au 6 novembre 1957
    Secrétaire d'Etat à l'Algérie du 18 novembre 1957 au 14 mai 1958

    Le docteur Chérif Sid Cara est le frère aîné de Nafissa Sid Cara (1910 - 2002) qui sera, en 1959, secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, Michel Debré.
    Fils d’instituteur, il effectue ses études primaires et secondaires à Constantine. Il obtient son baccalauréat et s’inscrit d’abord à la Faculté de médecine d’Alger, puis à celles de Bordeaux et de Paris. Il en sort en 1931 docteur en médecine, après avoir présenté une thèse sur la Contribution à l’étude de l’invagination chronique de l’intestin grêle par tumeur bénigne chez l’adulte.
    Dès l’obtention de son diplôme médical, il élit domicile à Oran, où il est alors le seul médecin d’origine musulmane. Il est affecté, tout d’abord, à la polyclinique du quartier musulman de la Ville-Nouvelle.
    Il y a lieu de signaler qu’en plus de son diplôme de médecine générale, le docteur Chérif Sid Cara est diplômé dans d’autres spécialités : diplôme de médecine coloniale, diplôme de l’Institut d’hygiène et d’épidémiologie de Paris, diplôme de malarialogie, diplôme d’hygiène scolaire et d’éducation physique. Il est également médecin breveté de la marine marchande. C’est à ce titre qu’il est, pendant la seconde guerre mondiale, médecin des ports d’Oran et de Mers-el-Kébir. Il exerce également comme médecin, inspecteur des écoles d’Oran. C’est en 1934 qu’il s’installe comme médecin généraliste, au 18 boulevard Magenta, dans l’hinterland entre la ville européenne et le quartier israélite.
    Bien que non pratiquant, francisé et laïc, sa désignation par l’administration comme médecin du pèlerinage, en janvier 1938, lui fait gagner de nombreuses sympathies dans la population musulmane avec les représentants de laquelle il tisse de nombreux liens.
    Il est de tous les combats politiques que mènent les représentants de la classe politique musulmane dans les années 1930. Il n’hésite pas, en 1934, à rejoindre la majorité des conseillers municipaux musulmans qui ont quitté le maire l’abbé Lambert, pour rallier les partis de gauche. Il est, dès la création du congrès musulman algérien en 1936, un membre actif du comité local d’Oran. Une année plus tard, en juin 1937, où, au stade Gallia, plusieurs milliers d’Oranais sont venus célébrer le premier anniversaire du congrès musulman algérien, le docteur Chérif Sid Cara est au devant de la scène parmi les membres dirigeants du comité local. En mai 1937, le considérant comme une figure représentative de la classe politique musulmane, Mohamed-Aziz Kessous lui demande d’exprimer son opinion dans la grande enquête qu’il mène sur le projet Blum-Viollette dans Oran Républicain. On le trouve également en avril 1939, à la tête des manifestants musulmans qui se sont rassemblés devant l’hôtel de ville pour protester contre l’invasion de l’Albanie par les troupes italiennes.
    En mai 1943, le docteur Jules Gasser le sollicite pour figurer parmi les personnalités musulmanes appelées à faire partie de la délégation spéciale qui remplace le maire vichyste Gaston Levesque.
    Parallèlement, le docteur Chérif Sid Cara adopte une stratégie de préparation du terrain politique en étendant sans relâche son réseau relationnel. Il adhère ainsi aux principales associations sportives de la ville. Il est le président du très populaire club de football musulman, l’Union Sportive Musulmane Oranaise (USMO), membre actif et président d’honneur de l’Oranaise (société d’éducation physique et de préparation militaire à majorité européenne) et président d’honneur de la « Concorde oranaise » (société d’éducation physique à majorité israélite).
    Après la guerre, le retour à la vie publique normale décide le docteur Chérif Sid Cara à viser plus haut. Il se présente comme candidat du deuxième collège aux élections sénatoriales du 8 décembre 1946 sur une liste d’Union franco-musulmane parrainée par l’administration. Il est élu au Conseil de la République. Il sera réélu le 7 novembre 1948. Il siège au Conseil de la République comme apparenté au groupe du Rassemblement des gauches démocratiques (RGR) et de la Gauche démocratique.
    Aux élections sénatoriales du 18 mai 1952, le docteur Chérif Sid Cara entame son troisième mandat de sénateur. Il est élu au côté de Kouider Benchiha, tous deux candidats de l’administration, sénateurs membres du Conseil de la République, au détriment des candidats de l’Union démocratique du manifeste algérien (UDMA). Les partis politiques nationalistes, des modérés aux plus radicaux, imputent encore une fois les résultats de ces élections aux pratiques de trucage des urnes inaugurées en 1948 par le Gouverneur général Edmond Naegelen.
    Aux élections législatives partielles du 20 septembre 1953, à la suite du décès de René Mekki, député apparenté radical d’Oran, le docteur Chérif Sid Cara se présente comme candidat radical-socialiste. Il est élu pour la première fois à l’Assemblée nationale, mais son élection n’est validée que le 3 novembre 1953. Il siège au Palais-Bourbon comme membre du groupe radical. Il est également membre de plusieurs commissions : défense nationale (1953-1955) ; pensions (1953-1955) ; travail et sécurité sociale (1955). Il est également désigné comme représentant de l’Assemblée nationale auprès du conseil supérieur de la promotion sociale en Algérie.
    Le 1er novembre 1954, l’Algérie est touchée par le mouvement insurrectionnel. Contrairement à de nombreux élus algériens qui ont démissionné de leur mandat électif, le docteur Chérif Sid Cara, non seulement ne suit pas le mouvement, mais déclare ouvertement son indéfectible attachement à la position du Gouvernement français sur la question algérienne. Les événements d’Algérie, qui sont en cette session parlementaire d’automne 1954 au centre des débats, font réagir le député d’Oran qui prend part, à plusieurs occasions, aux discussions et aux interpellations. Se sentant directement concerné par les événements d’Algérie, le Docteur Chérif Sid Cara déploie en la circonstance une activité parlementaire relativement soutenue. Au cours de son premier mandat, Chérif Sid Cara dépose une proposition de loi, tendant à ériger les territoires du sud de l’Algérie en un département algérien dit « département saharien » (4 février 1955) et une proposition de résolution visant à la conclusion d’accords internationaux, en vue de la création d’une communauté Europe-Afrique (18 janvier 1955). Il intervient à sept reprises en séance publique, essentiellement sur les questions liées aux événements d’Algérie.
    Au lendemain même des premières violences armées, le Docteur Chérif Sid Cara dépose, le 12 novembre 1954, une demande d’interpellation sur les événements survenus en Algérie, en l’axant principalement sur : la réprobation du terrorisme de quelques exaltés, le loyalisme général des populations, la répression nécessaire, mais avec discernement, et le désaveu de Messali. Il ne cesse pas, cependant, de plaider pour une prise en charge effective, par le Gouvernement, des problèmes socio-économique, démographique et scolaire, la facilité d’accès des musulmans à la fonction publique, les réformes administratives ou l’industrialisation.
    La dissolution de l’Assemblée nationale, en décembre 1955, prive le docteur Chérif Sid Cara de son mandat parlementaire. Il est appelé, par deux fois, à faire partie du gouvernement : tout d’abord en tant que secrétaire d’Etat à l’Algérie dans le cabinet Bourgès-Maunoury (19 juin – 6 novembre 1957). En cette qualité, il prend part à la discussion du projet de loi sur les institutions de l’Algérie, en défendant notamment les Français d’Algérie - « véritables Algériens » - ou la prise en considération de l’opinion des musulmans demeurés fidèles. Le docteur Chérif Sid Cara, considère que le rejet de la loi-cadre (26 septembre 1957) est la cause de la désaffection et de la perte de confiance des populations algériennes. Il retrouve son poste au sein du cabinet Félix Gaillard (18 novembre 1957- 15 avril 1958). Il n’est pas appelé à faire partie du gouvernement Pflimlin (14 – 28 mai 1958). Le 14 avril, un appel du comité de salut public est lancé à de Gaulle. Le Docteur Chérif Sid Cara se lance corps et âme dans le mouvement. A Alger, il est aux côtés des généraux Massu et Salan ; il est même appelé à prendre la parole au Forum. Il co-préside le comité de salut public Algérie-Sahara. C’est en cette qualité qu’il accompagne à Oran le général Massu avec lequel il défile sur la mythique avenue Lobet, lieu de rassemblement, devant le monument aux morts. Le Docteur Chérif Sid Cara est parmi les membres du comité de salut public qui accueillent à sa descente d’avion le général de Gaulle à son arrivée à Alger, le 4 juin 1958.
    Le retour aux affaires du général de Gaulle et la reprise de la vie politique dans le cadre des nouvelles institutions issues de la Constitution du 28 septembre 1958 donnent encore une fois l’occasion au Docteur Chérif Sid Cara de se présenter aux élections législatives du 23 au 30 septembre 1958. Il est proclamé élu le 3 décembre : il retrouve ainsi son mandat de député d’Oran-Campagne. Parallèlement à ses mandats parlementaires, puis à ses fonctions ministérielles, le Docteur Chérif Sid Cara ne néglige pas pour autant ses mandats aux assemblées représentatives locales : adjoint au maire d’Oran, membre, puis président du conseil général d’Oran, membre du conseil régional d’Oran, président de la commission administrative provisoire du département d’Oran, dernier maire du village de Misserguin où il possède une importante exploitation agricole.
    En 1962, le Docteur Chérif Sid Cara s’installe en France où il reprend son activité professionnelle. Malgré son âge, il obtient, à la fin des années soixante, un diplôme de médecine du travail, un diplôme de médecine légale et un diplôme relatif à la réparation du préjudice corporel. Il fonde une clinique à Grenoble. Il a obtenu de nombreuses distinctions : Chevalier et Officier de la Légion d’honneur, Médaille d’argent de la Reconnaissance française, Médaille d’argent des Epidémies, Médaille de l’Assistance publique, Médaille d’or des Arts, Sciences et Lettres, témoignages de reconnaissance de la Croix rouge française (guerre 1939 – 1945).
    Le Docteur Chérif Sid Cara était marié à une française, Marie Requena, décédée en janvier 2003. Il eut six enfants. Il s’est éteint à Grenoble le 6 mars 1999. Lors de la séance du Sénat du 9 mars 1999, le vice-président, Jean-Claude Gaudin annonçait le décès du Docteur Chérif Sid Cara « qui fut sénateur d’Oran de 1946 à 1955 ».

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