Raoul Laurent

1912 - 1994

Informations générales
  • Né le 23 novembre 1912 à Pont-varin (Haute-Marne - France)
  • Décédé le 1er novembre 1994 à Saint-Dizier (Haute-Marne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Haute-Marne
Groupe
Socialiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 23 novembre 1912 à Pont-Varin (Haute-Marne)

Membre de la première Assemblée nationale constituante (Haute-Marne)

Né à Pont-Varin, près de Wassy en Haute-Marne, en 1912, Raoul Laurent devient employé aux chemins de fer ; en 1945, au moment où il est élu à la première Assemblée nationale constituante, il exerce les fonctions de distributeur à la SNCF. Il est alors marié, père de cinq garçons et d'une fille. Pendant l'Occupation, il participe à la résistance et devient, à la fin de la guerre, secrétaire du comité départemental de libération, dominé par les socialistes.

C'est d'ailleurs comme tête de la liste SFIO qu'il se présente avec succès aux suffrages de ses concitoyens à la mairie de Saint-Dizier en avril-mai 1945, puis aux élections à la Constituante le 21 octobre suivant. Il doit affronter le Parti communiste, qui remporte 18 920 des 87 989 suffrages exprimés, mais surtout la liste MRP qui s'adjuge 32 298 suffrages. Lui-même arrive en troisième position avec 17 327 voix.

A la Constituante, Raoul Laurent est nommé membre de la Commission de l'intérieur, de l'Algérie et de l'administration générale, départementale et communale. Le 14 mars 1946, il dépose un rapport au nom de cette Commission sur une proposition de Christian Pineau tendant à renforcer le pouvoir des maires en matière de destruction des animaux nuisibles. La Commission, écrit-il, soutient cette proposition, car les dégâts causés par les sangliers devenus trop nombreux privent la nation d'une partie de ses ressources alimentaires ; il faut passer outre « l'amour de la chasse, la passion de certains disciples de Saint-Hubert », de certains propriétaires qui veulent préserver le gibier en profitant de la faiblesse du pouvoir réglementaire des maires en ce domaine.

Il intervient à la tribune à deux reprises, comme rapporteur sur les opérations électorales dans le département de la Seine, puis pour donner lecture du rapport du socialiste Denis Cordonnier sur la proposition de Jacques Baumel tendant à maintenir pour 1946 les inéligibilités prévues pour 1945 et à suspendre les élections municipales complémentaires jusqu'aux élections municipales générales.

Avec son groupe, Raoul Laurent vote en faveur des nationalisations et du premier projet de Constitution qui est cependant rejeté. Ce rejet amène l'élection d'une seconde Assemblée nationale constituante, le 2 juin 1946. En Haute-Marne, seul le candidat communiste est réélu : le MRP, dont la tête de liste a changé, connaît un reflux sensible, mais parvient à conserver un siège (21 809 suffrages sur 89 909 exprimes), tandis que Raoul Laurent souffre lui aussi d'un recul très net : avec 11 707 voix seulement, il n'est pas réélu. C'est la liste du Rassemblement des gauches républicaines conduite par Jean Masson qui progresse nettement (ce dernier s'était présenté sans succès en 1945 sous l'étiquette radicale-socialiste), obtenant 23 780 voix et donc un mandat.

Le 10 novembre 1946, Raoul Laurent, qui n'est que second sur la liste SFIO, connaît un nouvel échec, cette liste n'obtenant qu'à peine 10 % des voix. Non candidat en 1951 et 1956, il se représente, cette fois sous l'étiquette UNR, en 1958, alors qu'il est toujours maire de Saint-Dizier, mais sans succès.