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ASSEMBLĂE NATIONALE
CONSTITUTIONÂ DUÂ 4Â OCTOBREÂ 1958
QUINZIĂMEÂ LĂGISLATURE
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Enregistré à  la PrĂ©sidence de lâAssemblĂ©e nationale le 15 octobre 2020.
AVIS
PRĂSENTĂ
AU NOM DE LA COMMISSION DES FINANCES, DE LâĂCONOMIE GĂNĂRALE
ET DU CONTRĂLE BUDGĂTAIRE SUR LE PROJET DE LOI
de financement de la sécurité sociale pour 2021 (n° 3397),
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par Mmes Christelle Dubos et Cendra motin,
députées.
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SOMMAIRE
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Pages
PremiĂre partie : lâĂquilibre gĂnĂral et les recettes
A. Lâapprobation des soldes de lâexercice 2019
1. Le solde du régime général en 2019
2. Le solde des régimes obligatoires de base en 2019
3. Une hausse des recettes moins importante que celle des dépenses
1. La dégradation brutale du contexte macroéconomique
2. Le solde rectifié pour le régime général en 2020
3. Le solde rectifié pour les régimes obligatoires de base en 2020
4. Un effet ciseau entre les recettes et les dépenses
C. Des orientations cohĂrentes pour 2021 et au-delĂ
1. Un rebond de lâactivitĂ© au-delĂ des attentes, mais affectĂ© dâincertitudes
2. Le solde prévisionnel pour le régime général en 2021
3. Le solde prévisionnel pour les régimes obligatoires de base en 2021
D. La nouvelle trajectoire pour la rĂsorption de la dette
1. La gestion différenciée du flux et du stock de dette
b. Les passifs transfĂ©rĂ©s Ă la Caisse dâamortissement de la dette sociale
2. Un horizon repoussé en raison de nouveaux transferts
a. La préservation des marges de la sécurité sociale face à la crise
c. La reprise de 136 milliards dâeuros en plusieurs Ă©tapes
d. La cible dâune extinction en 2033
A. Les allĂgements de cotisations et contributions
1. Les mesures fortes en réaction à la crise sanitaire en 2020
a. Les facilités de trésorerie
b. Les exonérations, réductions et aides au paiement
2. La reconduction dâun dispositif utile aux agriculteurs en 2021 et 2022
B. La juste rĂpartition de lâeffort
2. Lâajustement de la contribution de certaines entreprises
a. La participation des complémentaires santé
b. Lâassujettissement des producteurs de mĂ©dicaments
3. La poursuite des simplifications en matiĂšre de recouvrement
III. Les mouvements entre les sphĂšres Ătatique et sociale
A. Des relations financiĂres avec lâĂtat clarifiĂes
1. La compensation des allĂšgements sociaux
2. La progression de la place de lâimpĂŽt dans les finances sociales
B. Les transferts entre branches et organismes
Seconde partie : les dĂpenses
A. LâonDAM pour 2019 a Ă©tĂ© lĂ©gĂšrement sous-exĂ©cutĂ©
B. Des dĂpenses de santĂ exceptionnelles au titre de lâannĂe 2020
1. Les surcoûts liés à la crise épidémique
c. La prise en charge Ă 100 % dâactes mĂ©dicaux
d. Le financement dâindemnitĂ©s journaliĂšres spĂ©cifiques et lâextension du dispositif
e. Lâaccompagnement des professionnels de santĂ©
2. Le financement de revalorisations salariales
3. Baisse des remboursements de soins de ville
1. Des surcoûts conjoncturels liés à la crise sanitaire
a. Les mesures issues du Ségur de la Santé
3. Les hÎtels hospitaliers et les maisons de naissance : deux dispositifs innovants
II. des effets mineurs de la crise sur les dĂpenses de la branche retraite Ă court terme
B. Des prĂvisions de dĂpenses peu modifiĂes par la crise sanitaire pour 2020 et 2021
C. Des consĂquences incertaines Ă plus long terme
A. la stabilisation des dépenses de la brance famille en 2019
B. Une forte mobilisation de la branche famille au plus fort de la crise sanitaire
D. Lâallongement et le caractĂre obligatoire du congĂ paternitĂ et dâaccueil de lâenfant
IV. des dĂpenses en hausse pour la branche at-mp
B. Les dépenses de la branche at-mp resteraient orientées à la hausse en 2020 et 2021
B. Une architecture budgĂtaire renouvelĂe pour le financement de la cinquiĂme branche
2. Les dépenses de la branche autonomie en 2021
Liste des personnes auditionnées
â  1  â
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Ce rapport prĂ©sente, au nom de la commission des finances, lâavis de Mmes Christelle Dubos et Cendra Motin sur le projet de loi de financement de la sĂ©curitĂ© sociale (PLFSS) pour 2021.
Le texte dont le Gouvernement demande lâapprobation est marquĂ© par :
â le quasi retour Ă lâĂ©quilibre des comptes sociaux Ă la fin 2019 ;
â une crise sanitaire majeure qui a appelĂ© des mesures de protection exceptionnelles ;
â un investissement massif dans la santĂ© grĂące aux engagements du « SĂ©gur de la santé » ;
â lâallongement du congĂ© paternité ;
â la concrĂ©tisation de la crĂ©ation de la cinquiĂšme branche pour mieux accompagner la perte dâautonomie.
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ConformĂ©ment Ă lâarticle L.O. 111-8 du Code de la sĂ©curitĂ© sociale, « en vue de lâexamen et du vote du projet de loi de financement de la sĂ©curitĂ© sociale de lâannĂ©e, et sans prĂ©judice de toute autre disposition relative Ă lâinformation et au contrĂŽle du Parlement, les commissions de lâAssemblĂ©e nationale et du SĂ©nat saisies au fond de ce projet et les autres commissions concernĂ©es adressent au Gouvernement, avant le 10 juillet de chaque annĂ©e, des questionnaires relatifs Ă Â lâapplication des lois de financement de la sĂ©curitĂ© sociale. Celui-ci y rĂ©pond par Ă©crit au plus tard le 8 octobre ».
à cette date, seuls 44 % des 57 réponses attendues avaient été transmis aux rapporteures pour avis.
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â  1  â
PremiĂre partie :
lâĂquilibre gĂnĂral et les recettes
La prĂ©sente partie porte sur les articles 1er à  3, 5 à  8 et 10 Ă 24 du PLFSS et analyse les perspectives dâensemble pour le budget de la sĂ©curitĂ© sociale (I), ainsi que les principales mesures sâagissant des recettes (II) et les mouvements entre les branches et lâĂtat, ou entre ces branches elles-mĂȘmes (III).
I.  La situation des comptes sociaux : Des rĂsultats favorables pour 2019, des dĂsĂquilibres pour 2020 et 2021
Si le dĂ©ficit des administrations relevant de la LFSS sâamĂ©liore en 2019 par rapport Ă la prĂ©vision (A), lâaggravation soudaine de la conjoncture Ă©conomique en raison de lâĂ©pidĂ©mie de covid-19 rend caduque la trajectoire de retour Ă lâĂ©quilibre initialement programmĂ©e dâici 2023 (B), de mĂȘme quâelle reporte la perspective dâune extinction de la dette sociale (C).
Il paraßt utile de replacer de replacer les données se rapportant au présent PLFSS dans une perspective pluriannuelle.
Par convention, le solde de la sĂ©curitĂ© sociale sâentend comme lâagrĂ©gation de celui des branches du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral et du fonds de solidaritĂ© vieillesse. DĂ©ficitaire depuis 2002, le rĂ©sultat avait connu un premier point bas en 2010 avec un passif de 28 milliards dâeuros, avant de sâamĂ©liorer constamment jusquâen 2018. Alors que la sĂ©curitĂ© sociale se rapprocher de lâĂ©quilibre entre 2018 et 2023, la crise du coronavirus perturbe ces perspectives. LâannĂ©e 2020 devrait afficher un dĂ©ficit inĂ©dit de 44,4 milliards dâeuros.
Ăvolution du dĂficit agrĂgĂ du rĂgime gĂnĂral
et du fonds de solidaritĂ vieillesse de 2008 Ă 2020
(en milliards dâeuros)
Source : Cour des comptes.
Contrairement Ă ce que traduit lâanalyse de loi de rĂšglement du budget et dâapprobation des comptes qui arrĂȘte les recettes et les dĂ©penses de lâĂtat au titre de la loi de finances de lâannĂ©e prĂ©cĂ©dente, il convient de rappeler que la diffĂ©rence constatĂ©e dâune loi de financement Ă lâautre ne saurait sâassimiler Ă une sur-exĂ©cution ou une sous-exĂ©cution.
En effet, les 1° Ă 3° du D du I de lâarticle L.O. 111-3 du code de la sĂ©curitĂ© sociale disposent que la LFSS « fixe les charges prĂ©visionnelles des organismes concourant au financement des rĂ©gimes obligatoires de base ; fixe, par branche, les objectifs de dĂ©penses de lâensemble des rĂ©gimes obligatoires de base et, de maniĂšre spĂ©cifique, ceux du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral, ainsi que, le cas Ă©chĂ©ant, leurs sous-objectifs [âŠ] ; fixe lâobjectif national de dĂ©penses dâassurance maladie de lâensemble des rĂ©gimes obligatoires de base ainsi que ses sous-objectifs ».
DÚs lors, le montant des crédits inscrits en LFSS présente un caractÚre indicatif et non limitatif, une part essentielle des charges correspondant à des dépenses dites « de guichet » dont les assurés ont le droit de bénéficier.
A. Â Lâapprobation des soldes de lâexercice 2019
Aux termes de lâarticle 1er du PLFSS, tant le rĂ©gime gĂ©nĂ©ral (1) que lâensemble des rĂ©gimes obligatoires de base de la sĂ©curitĂ© sociale (2) affichent en 2019 un dĂ©ficit moins important quâenvisagĂ©, ce qui sâexplique principalement par les recettes (3).
1.  Le solde du régime général en 2019
Au 31 dĂ©cembre 2019, le rĂ©gime gĂ©nĂ©ral (RG) se rĂ©vĂ©lait proche de lâĂ©quilibre, avec un dĂ©ficit de 400 millions dâeuros. En intĂ©grant le fonds de solidaritĂ© vieillesse (FSV), le dĂ©ficit atteint 1,9 milliard dâeuros en 2019.
Comme le note la commission des comptes de la sĂ©curitĂ© sociale (CCSS), le dĂ©ficit de lâannĂ©e 2019 est « nettement moindre » ([1]) que le niveau encore anticipĂ© il y a un semestre :
â pour la premiĂšre fois depuis 2001, la LFSS pour 2019 envisageait un excĂ©dent de 0,1 milliard dâeuros pour le solde agrĂ©gĂ© du RG et du FSV ([2]) ;
â la réévaluation au titre de la LFSS pour 2020 avait ensuite fait Ă©tat dâun rĂ©sultat moins favorable, avec un dĂ©ficit de 5,4 milliards dâeuros ([3]), tant en raison de lâactualisation des perspectives Ă©conomiques que des mesures prises en rĂ©ponse au mouvement social dit des gilets jaunes ([4]).
SOlde des branches du RG et du FSV en 2019
(en milliards dâeuros)
|
 |
LFSS |
LFSS |
PLFSS |
|
Maladie |
â 0,7 |
â 3,0 |
â 1,5 |
|
Accidents du travail et maladies pro. |
1,1 |
1,1 |
1,0 |
|
Vieillesse |
0,6 |
â 2,1 |
â 1,4 |
|
Famille |
1,1 |
0,8 |
1,5 |
|
Régime général |
2,1 |
â 3,1 |
â 0,4 |
|
Fonds de solidarité vieillesse |
â 2 |
â 2,2 |
â 1,6 |
|
RG +Â FSV |
0,1 |
â 5,4 |
â 1,9 |
Source : commission des finances dâaprĂšs les annexes B des PLFSS pour 2019, 2020 et 2021.
Le solde nĂ©gatif est principalement portĂ© par les branches maladie et vieillesse, ainsi que par le fonds de solidaritĂ© vieillesse. Ă lâinverse, les branches accidents du travail et maladies professionnelles (AT-MP) et famille confirment leur situation excĂ©dentaire.
2.  Le solde des régimes obligatoires de base en 2019
Sur ce pĂ©rimĂštre plus large, le dĂ©ficit atteint 200 millions dâeuros en 2019, et mĂȘme 1,7 milliard dâeuros en tenant compte du FSV.
SOlde des branches des ROBSS et du FSV en 2019
(en milliards dâeuros)
|
 |
LFSS |
LFSS |
PLFSS |
|
Maladie |
â 0,7 |
â 3,0 |
â 1,5 |
|
Accidents du travail et maladies pro. |
1,2 |
1,2 |
1,1 |
|
Vieillesse |
0,2 |
â 2,3 |
â 1,3 |
|
Famille |
1,1 |
0,8 |
1,5 |
|
Régimes obligatoires de base |
1,8 |
â 3,3 |
â 0,2 |
|
ROBSS +Â FSV |
â 2,0 |
â 5,5 |
â 1,7 |
Source : commission des finances dâaprĂšs les annexes B des PLFSS pour 2019, 2020 et 2021.
La diversité des régimes de base
« Outre le rĂ©gime gĂ©nĂ©ral, qui assure lâensemble des salariĂ©s du secteur privĂ© et, selon les risques, dâautres populations, il existe onze rĂ©gimes servant des prestations maladie. [âŠ] Par ailleurs, certains rĂ©gimes ont une branche maladie qui ne retrace que des prestations dâinvaliditĂ© servies avant lâĂąge lĂ©gal de dĂ©part en retraite : FPE, CNRACL, FSPOEIE, CNIEG ([5]). La branche vieillesse est la plus Ă©clatĂ©e : 25 rĂ©gimes de base subsistent. La branche famille est la plus intĂ©grĂ©e. Certains rĂ©gimes gĂšrent plusieurs branches Ă la fois, dâautres ne couvrent quâun seul risque ; une mĂȘme population peut ainsi relever de plusieurs rĂ©gimes. Enfin, certaines populations ne relĂšvent pas dâun rĂ©gime de sĂ©curitĂ© sociale pour certains risques (ATâMP ou indemnitĂ©s journaliĂšres en maladie). Le plus souvent, elles bĂ©nĂ©ficient dâune couverture directe de lâemployeur. » ([6])
Dans la logique de simplification portĂ©e par le gouvernement depuis trois ans, plusieurs dispositions ont concernĂ© lâamĂ©lioration de la lisibilitĂ© de ces rĂ©gimes. DĂšs la LFSS pour 2018, lâintĂ©gration du rĂ©gime social des indĂ©pendants au sein de lâURSSAF, a permis une amĂ©lioration sensible des services rendus aux indĂ©pendants sans modifier leurs cotisations mais en leur ouvrant de nouveaux droits.
Câest le cas aussi de lâunification du recouvrement des cotisations de vieillesse, votĂ© en LFSS pour 2020, qui est un premier pas trĂšs important de simplification (le nombre de caisses de retraites complĂ©mentaires est non seulement trĂšs important, mais elles Ă©chappent Ă©galement au contrĂŽle du lĂ©gislateur), dans lâattente de la finalisation de la rĂ©forme de notre systĂšme de retraites pour en faire un systĂšme universel.
Câest encore le cas de ce PLFSS pour 2021 qui va permettre Ă des particuliers de ne pas multiplier les affiliations Ă des caisses sociales du fait dâune trĂšs faible activitĂ© annexe sur une plateforme collaborative et de bĂ©nĂ©ficier dâune dĂ©claration simplifiĂ©e sans crĂ©ation de nouveau statut (article 15 du PLFSS pour 2021).
3.  Une hausse des recettes moins importante que celle des dépenses
Les produits du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral et du FSV sont de 402,576 milliards dâeuros en 2019, pour des charges de 404,502 milliards dâeuros. Ces premiers ont donc progressĂ© de 2 % par rapport Ă 2018, et ces secondes de 2,2 %.
Un tel Ă©tat de fait contribue Ă expliquer le lĂ©ger dĂ©calage avec le dĂ©ficit de 1,2 milliard dâeuros en 2018.
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Recettes et dĂpenses des branches du RG, des ROBSS et du FSV en 2019
(en milliards dâeuros)
|
 |
PLFSS pour 2021 (approbation) |
||
|
 |
Recettes |
Dépenses |
Solde |
|
Maladie |
215,2 |
216,6 |
â 1,5 |
|
Accidents du travail et maladies pro. |
13,2 |
12,2 |
1,0 |
|
Vieillesse |
135,7 |
137,1 |
â 1,4 |
|
Famille |
51,4 |
49,9 |
1,5 |
|
Régime général |
402,4 |
402,8 |
â 0,4 |
|
Fonds de solidarité vieillesse |
17,2 |
18,8 |
â 1,6 |
|
RG +Â FSV |
402,6 |
404,5 |
â 1,9 |
|
Régimes obligatoires de base |
509,1 |
509,3 |
â 0,2 |
|
ROBSS + RSV |
508,0 |
509,7 |
â 1,7 |
Â
|
 |
LFSS pour 2020 (rappel) |
||
|
 |
Recettes |
Dépenses |
Solde |
|
RG +Â FSV |
400,2 |
405,6 |
â 5,4 |
|
ROBSS + FSV |
505,2 |
510,7 |
â 5,5 |
Source : commission des finances dâaprĂšs les annexes B des PLFSS pour 2019, 2020 et 2021.
La CCSS rappelle que « lâannĂ©e 2019 a Ă©tĂ© marquĂ©e par une recomposition significative des recettes de la sĂ©curitĂ© sociale, en raison de la transformation du crĂ©dit dâimpĂŽt pour la compĂ©titivitĂ© et lâemploi (CICE) et du crĂ©dit dâimpĂŽt de taxe sur les salaires (CITS) en allĂšgements gĂ©nĂ©raux de cotisations. [âŠ] Les mesures nouvelles non-compensĂ©es par lâĂtat ont reprĂ©sentĂ© une perte de 4,4 milliards dâeuros en 2019, principalement au titre de lâexonĂ©ration de cotisations sociales sur les heures supplĂ©mentaires ([7]) et du rĂ©tablissement du taux de contribution sociale gĂ©nĂ©ralisĂ©e (CSG) Ă 6,6 % sur certaines retraites ([8]) ». Il convient dây ajouter la rĂ©duction du forfait social, contribution acquittĂ©e par les employeurs, prĂ©levĂ©e sur les rĂ©munĂ©rations ou gains non soumis aux cotisations et contributions sociales mais assujettis Ă la CSG ([9]).
Les charges relevant de lâobjectif national de dĂ©penses dâassurance maladie atteignent 200,2 milliards dâeuros en 2019, soit une hausse de 2,6 %.
La Cour des comptes a certifiĂ© que les neuf jeux de comptes soumis Ă son contrĂŽle â celui de chacune des branches, les prĂ©lĂšvements gĂ©rĂ©s par lâAgence centrale des organismes de sĂ©curitĂ© sociale (ACOSS) et les unions de recouvrement des cotisations de sĂ©curitĂ© sociale et dâallocations familiales (URSSAF), ainsi que les Ă©tats financiers de lâACOSS en tant quâĂ©tablissement et des caisses nationales dâassurance maladie (CNAM), dâassurance vieillesse (CNAV) et dâallocations familiales (CNAF) â sont rĂ©guliers et sincĂšres et donnent une image fidĂšle de la situation financiĂšre et du patrimoine du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral ([10]).
Ă cette occasion, la Cour a formulĂ© 28 rĂ©serves, contre 29 pour lâexercice 2018, tenant majoritairement Ă lâinsuffisance du contrĂŽle interne. Des exemples dâinexactitudes que de telles diligences auraient permis dâĂ©viter sont citĂ©s :
â en recettes, « la comptabilisation aÌ tort sur lâexercice 2020 de produits aÌ recevoir se rattachant aÌ lâexercice 2019 a conduit Ă dĂ©grader le rĂ©sultat 2019 de [âŠ] la branche maladie (aÌ hauteur de 600 millions dâeuros) », la crĂ©ance concernant les remises sur les mĂ©dicaments dues par des entreprises pharmaceutiques pour les autorisations temporaires dâutilisation (ATU) ;
â en dĂ©penses, « le total des erreurs liĂ©es Ă des donnĂ©es dĂ©claratives non-corrigĂ©es, neuf mois aprĂšs leur mise en paiement, qui affectent les primes dâactivitĂ© versĂ©es en 2019 Ă©quivaut Ă un cinquiĂšme [âŠ] ; la proportion est dâun sixiĂšme pour le revenu de solidaritĂ© active (RSA) », dâun septiĂšme pour les nouvelles retraites et dâun dixiĂšme pour les indemnitĂ©s journaliĂšres (IJ). Au total, cela reprĂ©sente 7,8 milliards dâeuros de dĂ©penses indues.
B.  Le retour dâun net dĂsĂquilibre en 2020 du fait de la crise liĂe Ă lâĂpidĂmie de covid-19
La rĂ©cession inĂ©dite causĂ©e par les circonstances sanitaires (1) implique de réévaluer nĂ©gativement les dĂ©ficits prĂ©visionnels du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral (2) et des rĂ©gimes obligatoires de base (3) pour lâannĂ©e en cours.
1.  La dégradation brutale du contexte macroéconomique
Depuis lâĂ©pidĂ©mie de covid-19, les principales hypothĂšses macroĂ©conomiques sur lesquelles reposaient le projet de loi de finances (PLF) et le PLFSS pour 2020, que le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) avait alors qualifiĂ©es de « raisonnables » ([11]), apparaissent caduques.
Les premier ([12]), deuxiÚme ([13]) et troisiÚme ([14]) projets de loi de finances rectificative (PLFR) pour 2020 ont révisé ces hypothÚses à la baisse.
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Compte tenu de lâĂ©volution relativement favorable du rendement des prĂ©lĂšvements obligatoires en France depuis la fin du confinement ([15]), mais aussi des incertitudes liĂ©es au contexte international (Ă©volution de la pandĂ©mie, relations commerciales avec la Chine, politique budgĂ©taire des Ătats-Unis aprĂšs les Ă©lections, taux de change entre lâeuro et le dollar, sortie du Royaume-Uni de lâUnion europĂ©enne, etc.), le Gouvernement a actualisĂ© ses prĂ©visions.
Variation des Principales hypothĂses macroĂconomiques pour 2020
(en pourcentage)
|
 |
PLF et PLFSS |
3Ăšme PLFR |
PLF et PLFSS |
|
Produit intérieur brut (PIB) |
1,3Â % |
â 11,0 % |
â 10,0 % |
|
Masse salariale ([16]) |
2,8Â % |
â 9,7 % |
â 6,9 % |
|
Indice des prix Ă la consommation (IPCH) |
1,0Â % |
0,4Â % |
0,5Â % |
|
Consommation des ménages |
 |
â 8 % |
|
|
Investissement des entreprises |
â 17 % |
||
|
Investissement public |
â 3,7 % |
||
|
Demande mondiale adressée à la France |
â 11 % |
||
Source : Haut conseil des finances publiques.
ConformĂ©ment Ă lâarticle 14 de la loi organique n° 2012-1403 du 17 dĂ©cembre 2012 relative Ă la programmation et Ă la gouvernance des finances publiques (LOPGFP), le HCFP sâest prononcĂ© sur ces hypothĂšses ([17]).
Il rappelle que les mesures de restriction liĂ©es Ă la lutte contre lâĂ©pidĂ©mie de covid-19 ont exercĂ© des effets tant sur lâoffre que sur la demande. La zone euro a connu une rĂ©cession de 3,7 % au premier trimestre, puis de 11,8 % au second, contre une chute de 10 % suivie dâun rebond de 11,5 % en Chine.
Pour 2020, le Haut Conseil juge que la prĂ©vision dâun recul du PIB Ă Â hauteur de 10 %, au lieu de 11 % dans le troisiĂšme PLFR, est « prudente » et mĂȘme « un peu plus faible » que les autres prĂ©visions de rĂ©fĂ©rence ([18]).
La cible dâinflation du Gouvernement pour lâannĂ©e en cours est jugĂ©e « plausible, mais un peu basse ». ConsidĂ©rĂ©e comme « plausible », la prĂ©vision pour la masse salariale du secteur privĂ© (â 6,9 % en 2020) rĂ©sulte de la combinaison de la variation des effectifs salariĂ©s marchands (â 2,3 %) et de celle du salaire moyen par tĂȘte (â 5,7 %).
Le HCFP rappelle que « le dispositif dâactivitĂ© partielle a permis de maintenir en emploi de nombreux salariĂ©s en 2020, mais une partie de leur rĂ©munĂ©ration a Ă©tĂ© prise en charge par lâĂtat et lâUnĂ©dic, si bien que le salaire moyen versĂ© par les entreprises en a Ă©tĂ© nettement rĂ©duit ». Ainsi, 750 000 emplois auraient Ă©tĂ© perdus en 2020 (une prĂ©vision jugĂ©e optimiste).
Inévitablement, le réajustement des perspectives économiques a un impact sur les finances sociales :
â dâun cĂŽtĂ©, les recettes inscrites dans le PLFSS reposent en grande partie sur lâactivitĂ©, via les rĂ©munĂ©rations au titre de la contribution sociale gĂ©nĂ©ralisĂ©e (CSG), ou via la consommation sâagissant de la taxe sur la valeur ajoutĂ©e (TVA) ;
â de lâautre, de nombreux dispositifs de solidaritĂ© sont indexĂ©s pour tout ou partie sur lâĂ©volution du coĂ»t de la vie.
Lâeffet de la crise sanitaire et Ă©conomique sur les comptes des administrations de sĂ©curitĂ© sociale (ASSO) est donc massif.
2.  Le solde rectifié pour le régime général en 2020
Lâarticle 7 du PLFSS indique quâĂ la fin de lâannĂ©e en cours, le rĂ©gime gĂ©nĂ©ral serait en dĂ©ficit Ă hauteur de 41,2 milliards dâeuros, et de 44,4 milliards dâeuros avec le FSV. Un tel solde, sans aucune branche en situation excĂ©dentaire, nâa jamais Ă©tĂ© observĂ© depuis lâinstauration des lois de financement en 1996.
SOlde des branches du RG et du FSV en 2020
(en milliards dâeuros)
|
 |
LFSS |
LFSS |
PLFSS |
|
Maladie |
0,0 |
â 3,3 |
â 29,8 |
|
Accidents du travail et maladies pro. |
0,8 |
1,4 |
â 0,3 |
|
Vieillesse |
0,7 |
â 2,7 |
â 7,8 |
|
Famille |
0,0 |
0,7 |
â 3,3 |
|
Régime général |
1,5 |
â 4,1 |
â 41,2 |
|
Fonds de solidarité vieillesse |
â 0,9 |
â 1,2 |
â 3,2 |
|
RG +Â FSV |
0,6 |
â 5,4 |
â 44,4 |
Source : commission des finances dâaprĂšs les annexes B des PLFSS pour 2019, 2020 et 2021.
Compte tenu de son poids traditionnellement prĂ©pondĂ©rant dans la rĂ©partition des recettes et de lâimputation majoritaire des surcoĂ»ts provoquĂ©s par le coronavirus sur les soins hospitaliers, la branche maladie afficherait Ă Â elle seule un dĂ©ficit de 29,8 milliards dâeuros â soit 1,8 milliard dâeuros de plus que le dĂ©ficit agrĂ©gĂ© de 2020, qui Ă©tait alors le plus important jamais enregistrĂ©.
Lâimpact respectif des recettes et des dĂ©penses sera abordĂ© infra.
Un dĂ©ficit moindre quâescomptĂ© avant lâĂ©tĂ©
Dans son discours du 12 mars 2020, le prĂ©sident de la RĂ©publique a dĂ©claré : « la santĂ© nâa pas de prix. Le gouvernement mobilisera tous les moyens financiers nĂ©cessaires pour porter assistance, pour prendre en charge les malades, pour sauver des vies. Quoi quâil en coĂ»te ».
Pour faire face Ă la crise sanitaire, lâassurance maladie a dâores et dĂ©jĂ engagĂ© plus de 15 milliards dâeuros de dĂ©penses exceptionnelles.
Ă ce jour, 1,5 milliard dâeuros ont Ă©tĂ© consacrĂ©s aux tests, 1,5 milliard dâeuros Ă une prĂ©commande de vaccins et une partie des 4,8 milliards dâeuros flĂ©chĂ©s vers SantĂ© publique France (cf. infra) Ă la reconstitution des stocks de masques des hopitaux et de lâĂtat. En outre, 2 milliards dâeuros ont Ă©tĂ© dĂ©diĂ©s Ă lâaugmentation des indemnitĂ©s journaliĂšres maladies liĂ©es au virus ainsi quâĂ la crĂ©ation de nouvelles indemnitĂ©s journaliĂšres pendant le confinement.
Par ailleurs, plusieurs dispositifs dâurgence ont Ă©tĂ© mis en Ćuvre en soutien des entreprises du fait de la crise :
â lâadaptation de lâactivitĂ© partielle garantissant le maintien de 84 % du salaire net (100 % au niveau du SMIC) a contribuĂ© Ă soutenir les entreprises dont lâactivitĂ© a cessĂ© ou fortement ralenti. Au mois de mars 2020, les salaires de 7,2 millions de salariĂ©s ont ainsi Ă©tĂ© assurĂ©s par lâEtat, pleinement mobilisĂ© pour protĂ©ger lâemploi et les compĂ©tences des salariĂ©s ;
â le report automatique ou lâexonĂ©ration des cotisations sociales patronales dues au titre des mois dâinterruption dâactivitĂ©, pour les employeurs et travailleurs indĂ©pendants ;
â le recours Ă des plans dâapurement des Ă©chĂ©ances reportĂ©es, pouvant aller jusquâĂ trois ans sans pĂ©nalitĂ©s.
Cette crise est exceptionnelle et elle a provoquĂ©, du fait de lâarrĂȘt de lâactivitĂ© Ă©conomique que nous avons collectivement acceptĂ© pendant deux mois, une perte de recettes exceptionnelle. La contraction de la masse salariale, estimĂ©e dâabord Ă 7,6 % au printemps a Ă©tĂ© réévaluĂ© Ă 6,9 % dans le PLFSS pour 2021, du fait dâune reprise dâactivitĂ© meilleure que prĂ©vue, comme lâa notĂ© lâINSEE dans sa note de conjoncture du 17 juin 2020 :
« la reprise Ă©conomique est donc trĂšs nette depuis la mi-mai, aprĂšs un mois dâavril qui restera sans doute dans les annales comme lâun des pires mois quâait connu lâĂ©conomie française en temps de paix. Cette reprise est favorisĂ©e par les divers dispositifs (chĂŽmage partiel, fonds de solidaritĂ© pour les TPE, indĂ©pendants et micro-entrepreneurs, etc.) mis en place pour aider les mĂ©nages et les entreprises Ă traverser la pĂ©riode de confinement : une Ă©conomie placĂ©e « sous anesthĂ©sie », comme nous lâavions dĂ©crite en avril, câest une Ă©conomie certes mise provisoirement en sommeil, mais dans des conditions qui rendent un redĂ©marrage possible. »
En juin 2020, la CCSS envisageait un dĂ©ficit de 52 milliards dâeuros pour le rĂ©gime gĂ©nĂ©ral et le FSV ([19]). La diffĂ©rence avec la rĂ©vision du dĂ©ficit Ă 44,4 milliards dâeuros sâexplique de la maniĂšre suivante :
â 22,9 milliards dâeuros de recettes supplĂ©mentaires, par lâanticipation au 31 juillet 2020 du versement intĂ©gral Ă la CNAV de la soulte du rĂ©gime spĂ©cial des industries Ă©lectriques et gaziĂšres (IEG), gĂ©rĂ© depuis 2005 par le fonds de rĂ©serve pour les retraites (FRR), alors quâil devait intervenir en plusieurs Ă©tapes ([20]) ;
â 20,2 milliards dâeuros de surcroĂźt de recettes, dont 3,4 milliards dâeuros via la moindre contraction de la masse salariale (avec des effets induits sur le volume des allĂšgements gĂ©nĂ©raux de cotisations), 3,5 milliards dâeuros de meilleures recettes fiscales affectĂ©es, 2,6 milliards dâeuros de rĂ©duction de la provision sinistralitĂ© (restes Ă Â recouvrer), 400 millions dâeuros dâajustement des flux entre lâACOSS et lâassurance chĂŽmage, ainsi quâavec lâAssociation gĂ©nĂ©rale des institutions de retraite complĂ©mentaire des cadres et lâAssociation pour le rĂ©gime de retraite complĂ©mentaire des salariĂ©s (AGIRC-ARRCO), 200 millions dâeuros tirĂ©s de la CSG, mĂȘme si les ressources assises sur la rĂ©munĂ©ration des travailleurs indĂ©pendants devraient se dĂ©grader de 5,7 milliards dâeuros ;
â 8,78 milliards dâeuros, de moindres dĂ©penses par le solde des surcroĂźts de dĂ©penses (branche maladie et prorogation de droits divers) et des Ă©conomies (soins de ville).
En synthĂšse, et mĂȘme si tous les acteurs sâaccordent Ă dire quâil est trĂšs compliquĂ© de faire une prĂ©vision stable pour la fin de lâannĂ©e du fait du contexte sanitaire, il apparaĂźt clairement que le rebond Ă©conomique de lâĂ©tĂ© a eu un effet immĂ©diat et positif sur les recettes de la sĂ©curitĂ© sociale.
GrĂące Ă une meilleure collecte des cotisations et une volontĂ© marquĂ©e des employeurs de sâacquitter de leur dette sociale, les trĂ©soreries des diffĂ©rents rĂ©gimes sortiront moins mal quâinitialement prĂ©vu de cette pĂ©riode si difficile.
Cette analyse du 3Ăšme trimestre 2020 nous rassure sur le fait que la France a une formidable capacitĂ© de rebond et que le plan de relance mis en Ćuvre par le gouvernement est une rĂ©ponse Ă©conomique pertinente pour rĂ©tablir les comptes sociaux et les remettre sur le chemin de lâĂ©quilibre budgĂ©taire.
3.  Le solde rectifié pour les régimes obligatoires de base en 2020
Aux termes du mĂȘme article 7, pour les ROBSS, le dĂ©ficit serait de 42,9 milliards dâeuros en 2020, et de 46,1 milliards dâeuros avec le FSV.
SOlde des branches des ROBSS et du fSV en 2020
(en milliards dâeuros)
|
 |
LFSS |
LFSS |
PLFSS |
|
Maladie |
0,0 |
â 3,4 |
â 29,8 |
|
Accidents du travail et maladies pro. |
0,9 |
1,4 |
â 0,2 |
|
Vieillesse |
0,5 |
â 3,2 |
â 9,6 |
|
Famille |
0,0 |
0,7 |
â 3,3 |
|
Régimes obligatoires de base |
1,3 |
â 4,5 |
â 42,9 |
|
ROBSS +Â FSV |
0,4 |
â 5,9 |
â 46,1 |
Source : commission des finances dâaprĂšs les annexes B des PLFSS pour 2019, 2020 et 2021.
Â
â  1  â
4.  Un effet ciseau entre les recettes et les dépenses
AprĂšs une progression de 2,0 % entre 2019 et 2018, la LFSS pour 2020 prĂ©voyait que les recettes du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral et du FSV croissent de 2,3 % en 2020. Compte tenu de la crise, le PLFSS pour 2021 envisage un recul de 5,0 % : les ressources nâatteindraient que 382,3 milliards dâeuros pour lâannĂ©e en cours.
Pour leur part, les dĂ©penses du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral et du FSV, qui avaient crĂ» de 2,2 % en 2019, progressent de 5,5 % en 2020 (au lieu de 2,4 %, comme le prĂ©voyait la LSS pour 2020). Elles sâĂ©lĂšveraient Ă 426,6 milliards dâeuros.
Recettes et dĂpenses des branches du RG, des ROBSS et du FSV en 2020
(en milliards dâeuros)
|
 |
PLFSS pour 2021 (prévision) |
||
|
 |
Recettes |
Dépenses |
Solde |
|
Maladie |
204,8 |
234,6 |
â 29,8 |
|
Accidents du travail et maladies pro. |
12,1 |
12,4 |
â 0,3 |
|
Vieillesse |
132,7 |
140,6 |
â 7,8 |
|
Famille |
47,1 |
50,4 |
â 3,3 |
|
Régime général |
383,7 |
424,9 |
â 41,2 |
|
Fonds de solidarité vieillesse |
16,5 |
19,7 |
â 3,2 |
|
RG +Â FSV |
382,3 |
426,6 |
â 44,4 |
|
Régimes obligatoires de base |
490,8 |
533,7 |
â 42,9 |
|
ROBSS + RSV |
488,1 |
534,2 |
â 46,1 |
|
 |
|||
|
 |
LFSS pour 2020 (rappel) |
||
|
 |
Recettes |
Dépenses |
Solde |
|
RG +Â FSV |
409,6 |
415,1 |
â 5,4 |
|
ROBSS + FSV |
516,1 |
522,1 |
â 5,9 |
Source : commission des finances dâaprĂšs les annexes B des PLFSS pour 2020 et 2021.
La diffĂ©rence entre le dĂ©ficit de 44,4 milliards dâeuros et lâancienne prĂ©vision de dĂ©ficit de 5,4 milliards dâeuros se lit comme suit :
â le recul de 6,9 % de la masse salariale gĂ©nĂ©rerait une perte de recettes Ă Â hauteur de 21,7 milliards dâeuros, y compris du fait de la progression des revenus de remplacement, via le financement exceptionnel de lâactivitĂ© partielle ou la simplification de lâattribution dâindemnitĂ©s journaliĂšres (IJ) dâisolement ([21]) ;
â le rendement des prĂ©lĂšvements sur dâautres assiettes que les revenus dâactivitĂ© et de remplacement se rĂ©duirait de 6,3 milliards dâeuros, avec une contraction de 8,4 % pour le produit de la taxe sur la valeur ajoutĂ©e (TVA), de 7,7 % pour la taxation du capital et de 3,3 % pour la taxe sur les salaires (TS) ;
â les restes Ă recouvrer se dĂ©prĂ©cieraient de 3,1 milliards dâeuros ;
â les dĂ©penses progresseraient de 11,5 milliards dâeuros ;
â les mesures nouvelles en recettes des derniers textes budgĂ©taires auraient un effet quasiment neutre, car lâaugmentation de certains prĂ©lĂšvements (droits sur les tabacs, rĂ©duction de niches, etc.) serait compensĂ©e par dâautres allĂšgements, ainsi que lâillustre le tableau ci-dessous ([22]).
Effet des mesures nouvelles en recettes sur le RG et le FSV en 2020
(en milliards dâeuros)
Source : Cour des comptes.
Il convient en outre de noter que les allĂšgements discrĂ©tionnaires de la troisiĂšme LFR pour 2020 sont sans effet sur le solde des ASSO, dans la mesure oĂč elles sont intĂ©gralement compensĂ©es par lâĂtat (cf. infra).
C. Â Des orientations cohĂrentes pour 2021 et au-delĂ
Le retour de la croissance (1) permet dâanticiper une amĂ©lioration franche de la situation du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral (2) et des rĂ©gimes obligatoires de base (3) en 2021, puis un scĂ©nario de rĂ©tablissement modĂ©rĂ© mais constant (4).
1.  Un rebond de lâactivitĂ© au-delĂ des attentes, mais affectĂ© dâincertitudes
Selon le Gouvernement, lâactivitĂ© sâĂ©tablirait en 2021 Ă 2,7 % en-dessous de son niveau de 2019 ([23]) et un rebond assez rapide en 2021 mettrait lâĂ©conomie sur une trajectoire de retour dĂšs 2022 de lâactivitĂ© Ă son niveau de 2019. LâexĂ©cutif estime que le plan de relance aura un impact positif sur la croissance Ă hauteur de 1,1 point de PIB en 2021 et de 4,1 points de PIB dâici Ă Â 2025, sans compter les effets dâentraĂźnement des plans de relance europĂ©ens.
Variation des Principales hypothĂses macroĂconomiques pour 2019 Ă 2025
(en pourcentage ; sauf mention contraire)
|
 |
2019 |
2020 |
2021 |
2022 |
2023 |
2024 |
2025 |
|
Croissance du PIB 1er trimestre 2020 2Ăšme trimestre 2020 |
+Â 1,5 Â Â |
â 10,0 â 5,9 â 13,8 |
+ 8,0 Â Â |
+ 3,5 Â Â |
+ 2,0 Â Â |
+ 1,4 Â Â |
+1,4 Â Â |
|
Croissance potentielle |
+ 1,25 |
â 0,3 |
+ 0,6 |
1,35 |
1,35 |
1,35 |
1,35 |
|
Inflation |
+Â 1,1 |
+Â 0,5 |
+Â 0,7 |
+ 1,0 |
+ 1,4 |
+ 1,75 |
+ 1,75 |
|
Solde commercial Exportations Importations |
â 59 Md⏠+ 1,8 + 2,6 |
â 80 Md⏠â 18,5 â 11,5 |
â 68 Md⏠+ 6,5 + 12,6 |
 |
|||
|
Demande intĂ©rieure Invest. des mĂ©nages Conso. des mĂ©nages Pouvoir dâachat Invest. des entreprises Investissement public |
 + 1,8 + 1,5 + 2,1 + 3,7 + 8,1 |
 â 14,6 â 8,0 â 0,5 â 17,0 â 3,7 |
 + 12,5 + 6,2 + 1,5 + 17,2 + 12,1 |
||||
|
Taux dâĂ©pargne MĂ©nages Entreprises |
 15,0 23,2 |
 21,4 19,8 |
 17,7 23,1 |
||||
|
Taux de marge |
33,2 |
29,0 |
32,5 |
||||
|
Masse salariale |
+ 3,5 |
â 6,9 |
+Â 6,5 |
+Â 4,7 |
+Â 3,7 |
+Â 3,4 |
+Â 3,4 |
|
Emploi (en milliers) |
+ 335 |
â 920 |
+Â 435 |
 |
|||
|
Salaire moyen par tĂȘte |
+ 1,9 |
â 5,7 |
+Â 7,3 |
||||
Source : rapport sur la situation et les perspectives économiques, sociales et financiÚres de la Nation pour 2021 ([24]).
Toutefois, le HCFP juge « volontariste » cette hypothĂšse dâune croissance de 8 % en 2021. En effet, la reprise ne serait que partielle ([25]) et les indices de production industrielle resteraient, dans les principaux pays de lâOCDE, nettement en deçà de leur niveau dâavant-crise. MalgrĂ© un Ă©tĂ© 2020 dynamique sur le plan de la consommation, lâexcĂšs dâĂ©pargne constituĂ© pendant le confinement pourrait ne commencer Ă ĂȘtre libĂ©rĂ© que plus tard quâescomptĂ©, par prĂ©caution.
Les effectifs salariĂ©s se contracteraient de 0,8 % en 2021, tandis que le salaire moyen par tĂȘte regagnerait 7,3 %. Il convient de rappeler que la variation de la masse salariale Ă hauteur dâun point gĂ©nĂšre un effet conventionnel de 2 milliards dâeuros sur les recettes du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral.
De plus, le HCFP estime que « la contribution des Ă©changes extĂ©rieurs Ă Â la croissance pourrait ĂȘtre lĂ©gĂšrement infĂ©rieure Ă ce que prĂ©voit le Gouvernement en 2021 » et que la prĂ©vision relative Ă lâinvestissement des entreprises est « un peu trop Ă©levĂ©e », en raison de la hausse de leur endettement et de la contraction de leurs dĂ©bouchĂ©s.
Pour les exercices 2022 à 2025, la croissance et la masse salariale continueraient à suivre un sentier dynamique, favorable aux recettes de la sécurité sociale, avec une normalisation progressive passés les premiers rattrapages.
Le plan de relance, un accélérateur
pour le retour Ă lâĂ©quilibre des comptes sociaux
Alors que les crĂ©dits dâintervention adoptĂ©s dans les trois premiĂšres LFR pour 2019 avaient Ă©tĂ© inscrits sur la mission Plan dâurgence face Ă la crise sanitaire (fonds de solidaritĂ©, activitĂ© partielle, etc.), les mesures destinĂ©es Ă favoriser lâaccĂ©lĂ©ration de la reprise et la transformation du pays Ă horizon 2030 sont regroupĂ©es dans la mission Plan de relance du PLF pour 2021, accompagnĂ©es de baisses des prĂ©lĂšvements obligatoires et de dispositifs confiĂ©s Ă la Caisse des dĂ©pĂŽts et consingtions (CDC).
DĂ©caissable en deux ans, le plan de relance a pour objectif une relance rapide de la demande par lâinvestissement public et un soutien Ă la conversion de lâĂ©conomie française vers une Ă©conomie dĂ©carbonĂ©e, compĂ©titive et souveraine.
Ă lâimage de lâinvestissement pour la rĂ©novation Ă©nergĂ©tique des bĂątiments publics et privĂ©s, le plan de relance permettra de soutenir la crĂ©ation dâemplois locaux et non dĂ©localisables, mais aussi la relocalisation de productions industrielles aujourdâhui dĂ©localisĂ©es.
Ce plan de 100 milliards dâeuros au total, rĂ©partis entre 30 milliards dâeuros pour la transition Ă©cologique, 34 milliards dâeuros pour la compĂ©titivitĂ© et 36 milliards dâeuros pour la cohĂ©sion sociale, devrait selon le RESF prĂ©citĂ© avoir un effet de 1,1 point sur la croissance du PIB en 2021, et de 4,1 points entre 2020 et 2025, ce qui sera favorable aux recettes de la sĂ©curitĂ© sociale, majoritairement assises sur lâactivitĂ©.
Parmi les principales décisions ayant un impact sur les comptes sociaux, on peut noter :
â lâactivitĂ© partielle de longue durĂ©e qui permettra Ă des entreprises de secteurs en trĂšs grande difficultĂ© de conserver leurs salariĂ©s et leurs compĂ©tences ;
â lâexonĂ©ration de charges des secteurs de lâhotellerie, cafĂ©, restaurant, culture, sport et évĂ©nementiel fortement touchĂ©s durant le confinement et de nouveau touchĂ©s en cette fin dâannĂ©e ;
â lâĂ©talement jusquâĂ 36 mois du remboursement des sommes prĂ©cĂ©demment reportĂ©es et une aide au paiement des cotisations de 20 % de la masse salariale permettant un allĂšgement des cotisations de certaines entreprises en difficultĂ©s ;
â lâinvestissement dans la relocalisation de secteurs industriels dans des secteurs stratĂ©giques tels que la 5G, lâindustrie agroalimentaire, la santĂ© ou encore lâĂ©lectronique, qui relocalisera des emplois ;
â le plan de rĂ©novation thermique des batiments qui gĂ©nĂšrera de nombreux emplois non dĂ©localisables.
Il faut relever quâĂ lâoccasion de ce PLFSS pour 2021, lâintĂ©gralitĂ© des mesures dâexonĂ©ration et de report de charges, quâelles soient exceptionnelles ou plus pĂ©rennes (TO-DE) et les aides au paiement des cotisations, seront intĂ©gralement compensĂ©es par lâĂtat. Ces dispositifs permettront, par leur dĂ©ploiement rapide, de relancer lâactivitĂ© de nos entreprises et par lĂ mĂȘme de rĂ©tablir progressivement lâĂ©quilibre des comptes de la sĂ©curitĂ© sociale.
Â
2.  Le solde prévisionnel pour le régime général en 2021
Lâarticle 21 du PLFSS revoit Ă la baisse les perspectives dâĂ©quilibre de lâexercice 2021 par rapport aux deux LFSS prĂ©cĂ©dentes : le dĂ©ficit de lâannĂ©e Ă Â venir devrait atteindre 24,7 milliards dâeuros pour le rĂ©gime gĂ©nĂ©ral, et mĂȘme 27,1 milliards dâeuros en intĂ©grant les comptes du FSV.
SOlde des branches du RG et du FSV en 2021
(en milliards dâeuros)
|
 |
LFSS pour 2019 |
LFSS pour 2020 |
PLFSS pour 2021 |
|
Maladie |
0,0 |
â 2,0 |
â 19,0 |
|
Accidents du travail et maladies pro. |
0,9 |
1,4 |
0,5 |
|
Vieillesse |
0,3 |
â 3,9 |
â 7,3 |
|
Famille |
0,0 |
0,9 |
1,1 |
|
Autonomie |
s. o. |
0,0 |
|
|
Régime général |
1,1 |
â 3,6 |
â 24,7 |
|
Fonds de solidarité vieillesse |
â 0,5 |
â 1,0 |
â 2,4 |
|
RG +Â FSV |
0,6 |
â 4,6 |
â 27,1 |
Source : commission des finances dâaprĂšs les annexes B des PLFSS pour 2019, 2020 et 2021.
Les branches maladie et vieillesse et le FSV continueraient à accuser, en 2021, un déficit conséquent, tandis que les autres seraient en situation favorable.
3.  Le solde prévisionnel pour les régimes obligatoires de base en 2021
Lâarticle 20 du PLFSS envisage que les quatre branches des ROBSS enregistreront en 2021 un dĂ©ficit de 23,9 milliards dâeuros, portĂ© Ă 26,4 milliards dâeuros en y agrĂ©geant le rĂ©sultat du FSV.
SOlde des branches du ROBSS et du FSV en 2021
(en milliards dâeuros)
|
 |
LFSS |
LFSS |
PLFSS |
|
Maladie |
0,0 |
â 3,4 |
â 19,0 |
|
Accidents du travail et maladies pro. |
0,9 |
1,4 |
0,6 |
|
Vieillesse |
â 0,3 |
â 3,2 |
â 6,6 |
|
Famille |
0,0 |
0,7 |
1,1 |
|
Autonomie |
s. o. |
0,0 |
|
|
Régimes obligatoires de base |
0,5 |
â 4,5 |
â 23,9 |
|
Fonds de solidarité vieillesse |
â 0,5 |
â 1,0 |
â 2,4 |
|
ROBSS +Â FSV |
0,0 |
â 5,1 |
â 26,4 |
Source : commission des finances dâaprĂšs les annexes B des PLFSS pour 2019, 2020 et 2021.
4.  Le rebond des recettes et la maĂźtrise des dĂ©penses : lâamorce dâun rĂ©tablissement progressif dans les annĂ©es Ă venir
Par rapport Ă 2020, les recettes du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral et du FSV progresseraient en 2021 plus vite que ses dĂ©penses, avec une hausse respective de 8,7 % et 3,7 %. Le retour Ă lâĂ©quilibre, quoique lointain, sâengagerait donc.
Â
Recettes et dĂpenses des branches du RG, des ROBSS et du FSV en 2021
(en milliards dâeuros)
|
 |
PLFSS pour 2021 (prévision) |
||
|
 |
Recettes |
Dépenses |
Solde |
|
Maladie |
197,9 |
216,9 |
â 19,0 |
|
Accidents du travail et maladies pro. |
13,2 |
12,7 |
0,5 |
|
Vieillesse |
137,4 |
144,7 |
â 7,3 |
|
Famille |
50,4 |
49,3 |
1,1 |
|
Autonomie |
31,2 |
31,2 |
0,0 |
|
Régime général |
416,2 |
440,9 |
â 24,7 |
|
Fonds de solidarité vieillesse |
16,7 |
19,2 |
â 2,4 |
|
Régimes obligatoires de base |
526,9 |
550,8 |
â 23,9 |
|
RG +Â FSV |
415,4 |
442,5 |
â 27,1 |
|
ROBSS + FSV |
525,0 |
551,3 |
â 26,4 |
|
 |
|||
|
 |
LFSS pour 2020 (rappel) |
||
|
 |
Recettes |
Dépenses |
Solde |
|
RG +Â FSV |
420,1 |
424,7 |
â 4,6 |
|
ROBSS + FSV |
528,4 |
533,5 |
â 5,1 |
Source : commission des finances dâaprĂšs les annexes B des PLFSS pour 2020 et 2021.
Cette tendance favorable se confirmerait dâici 2024 avec des recettes et des dĂ©penses qui croĂźtraient respectivement de 2,5 % et 1,7 % en 2022, 3,1 % et 2,4 % en 2023 et 3,3 % et 2,6 % en 2024, toujours pour le rĂ©gime gĂ©nĂ©ral et le FSV. Le Gouvernement nâa pas publiĂ© de simulations au-delĂ de 2024.
Solde prĂvisionnel des branches du RG, des ROBSS et du FSV pour 2022 Ă 2024
(en milliards dâeuros)
|
 |
2022 |
2023 |
2024 |
|
Maladie |
â 17,9 |
â 17,3 |
â 17,1 |
|
Accidents du travail et maladies pro. |
1,1 |
1,4 |
1,7 |
|
Vieillesse |
1,6 |
2,6 |
3,4 |
|
Famille |
â 7,3 |
â 7,8 |
â 9,3 |
|
Autonomie |
â 0,3 |
â 0,2 |
2,3 |
|
Régime général |
â 22,9 |
â 21,3 |
â 18,9 |
|
Fonds de solidarité vieillesse |
â 1,7 |
â 1,2 |
â 0,8 |
|
Régimes obligatoires de base |
â 23,0 |
â 22,2 |
â 20,4 |
|
RG +Â FSV |
â 24,5 |
â 22,5 |
â 19,7 |
|
ROBSS + FSV |
â 24,7 |
â 23,4 |
â 21,2 |
Source : commission des finances dâaprĂšs les annexes des PLFSS pour 2020 et 2021.
La Cour des comptes souligne que « plus encore que durant la dĂ©cennie Ă©coulĂ©e, qui, aprĂšs les dĂ©ficits Ă©levĂ©s consĂ©cutifs Ă la crise de 2008, a connu un lent redressement des finances sociales, interrompu en 2019, les prochaines annĂ©es seront marquĂ©es par la nĂ©cessitĂ© de replacer la sĂ©curitĂ© sociale sur la voie du dĂ©sendettement et dâun retour durable Ă lâĂ©quilibre financier » ([26]).
D. Â La nouvelle trajectoire pour la rĂsorption de la dette
RĂ©partie entre deux compartiments (1), la dette sociale voit ses perspectives dâapurement reportĂ©es de 2024 Ă 2033 (2).
1.  La gestion différenciée du flux et du stock de dette
La rĂ©currence des soldes nĂ©gatifs au cours des diffĂ©rents exercices annuels a entraĂźnĂ© la constitution dâune dette pour lâensemble des rĂ©gimes de sĂ©curitĂ© sociale. Celle-ci se dĂ©compose entre les dĂ©ficits portĂ©s en trĂ©sorerie (a) et la dette reprise en vue de son amortissement (b).
a.  Les dĂ©ficits accumulĂ©s dans le bilan de lâAgence centrale des organismes de sĂ©curitĂ© sociale
La premiĂšre mission de lâACOSS est la gestion centralisĂ©e des ressources du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral : lâagence tient la trĂ©sorerie des quatre branches, porte une partie des dĂ©ficits sociaux accumulĂ©s, pilote le rĂ©seau des URSSAF et verse Ă la CADES les ressources qui lui sont affectĂ©es (cf. infra). LâACOSS couvre ses besoins de financement par des emprunts auprĂšs de la Caisse des dĂ©pĂŽts et consignations (CDC) et des Ă©missions de crĂ©ances Ă court terme sur les marchĂ©s.
Aux termes de lâarticle 23 du PLFSS, cette habilitation Ă Â recourir Ă des ressources non-permanentes sera plafonnĂ©e Ă hauteur de 95 milliards dâeuros au cours de lâannĂ©e 2021, soit plus que le double du plafond initial pour 2020.
Plus rĂ©cemment, lâorganisme a Ă©tĂ© chargĂ© de participer au financement dâautres structures, dont la caisse centrale de mutualitĂ© sociale agricole (CCMSA), la caisse de prĂ©voyance et de retraite du personnel de la SociĂ©tĂ© nationale des chemins de fer (CPRP-SNCF) et la CNRACL, ou dâopĂ©rer certaines actions de recouvrement pour le compte de lâUnion nationale interprofessionnelle pour lâemploi dans lâindustrie et le commerce (UnĂ©dic), association paritaire chargĂ©e de lâassurance chĂŽmage.
b.  Les passifs transfĂ©rĂ©s Ă la Caisse dâamortissement de la dette sociale
Créée en 1996 ([27]) et gĂ©rĂ©e par lâAgence France trĂ©sor (AFT), la caisse doit apurer la dette sociale suivant trois principes : elle bĂ©nĂ©ficie de ressources dĂ©diĂ©es, la durĂ©e dâamortissement est limitĂ©e dans le temps, chaque nouveau transfert de dette doit ĂȘtre accompagnĂ© de recettes suffisantes.
Dâabord, lui sont actuellement affectĂ©s :
â lâintĂ©gralitĂ© du produit de la contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS), pour un montant estimĂ© Ă 7,3 milliards dâeuros en 2020 et 7,8 milliards dâeuros en 2020 ([28]) ;
â le produit dâune fraction de 0,6 point de la contribution sociale gĂ©nĂ©ralisĂ©e (CSG) sur les revenus dâactivitĂ©, de remplacement et du capital, ainsi que le produit dâune fraction de 0,3 point de la CSG sur les jeux, soit 8,2 milliards dâeuros en 2020 et 8,9 milliards dâeuros en 2021 ([29]) ;
â un versement annuel du fonds de rĂ©serve pour les retraites (FRR) Ă Â hauteur de 2,1 milliards dâeuros ([30]).
Ensuite, lâordonnance de 1996 dispose que la CADES disparaĂźtra Ă la date de lâextinction de ses missions. Initialement fixĂ©e Ă treize ans et un mois, son existence a Ă©tĂ© prorogĂ©e Ă Â plusieurs reprises et, depuis 2012, lâachĂšvement de lâamortissement des reprises Ă©tait projetĂ© en 2024. Il est dĂ©sormais fixĂ© Ă 2033.
Enfin, le lĂ©gislateur organique de 2005 avait, afin de ne pas repousser lâhorizon de remboursement, introduit lâexigence que « tout nouveau transfert de dette Ă la CADES est accompagnĂ© dâune augmentation des recettes de la caisse permettant de ne pas accroĂźtre la durĂ©e dâamortissement de la dette sociale » ([31]).Â
Il est toutefois possible de déroger à cette exigence (cf. infra).
Alors que les annĂ©es 2017 et 2018 nâavaient donnĂ© lieu Ă Â aucune attribution de passifs supplĂ©mentaires Ă la CADES, lâarticle 27 de la LFSS pour 2019 avait prĂ©vu, suivant les hypothĂšses positives retenues lors de sa prĂ©paration, une nouvelle et derniĂšre reprise de dette par la caisse, pour un montant maximum de 15 milliards dâeuros dâici 2024, afin de couvrir les dĂ©ficits des exercices 2014 Ă Â 2018 des branches maladie et vieillesse ainsi que du FSV. La CADES devait ainsi se voir affecter une fraction supplĂ©mentaire de CSG : 1,5 milliard dâeuros en 2020, puis 3,5 milliards dâeuros en 2021 et 5 milliards dâeuros en 2022.
NĂ©anmoins, comme la jurisprudence lâexige depuis 2010 ([32]) : « les lois de financement de la sĂ©curitĂ© sociale ne peuvent pas conduire, par un transfert sans compensation au profit de ladite caisse dâamortissement de recettes affectĂ©es aux rĂ©gimes de sĂ©curitĂ© sociale et aux organismes concourant Ă leur financement, Ă Â une dĂ©gradation des conditions gĂ©nĂ©rales de lâĂ©quilibre financier de la sĂ©curitĂ© sociale de lâannĂ©e Ă venir ».
Au regard des mesures votĂ©es Ă la fin de lâannĂ©e 2019 et de la dĂ©gradation de lâenvironnement Ă©conomique gĂ©nĂ©ral, cette exigence est apparue difficile Ă respecter. Par consĂ©quent, lâarticle 25 de la LFSS pour 2020 avait abrogĂ© le II septies de lâarticle 4 de lâordonnance de 1996, prĂ©citĂ©e, créé par lâarticle 27 de la LFSS pour 2019, afin dâannuler ces transferts de dette.
Chronique des transferts effectifs de dette Ă la CADES de 1996 Ă 2020
(en milliards dâeuros)
|
 |
RG |
Ătat |
CANAM |
FOREC |
CCMSA |
Totaux |
|
 |
||||||
|
Ordonnance du 24Â janvier 1996 |
20,9 |
23,4 |
0,5 |
- |
- |
44,7 |
|
LFSS pour 1998 |
13,3 |
- |
- |
13,3 |
||
|
LFSS pour 2003 |
- |
1,3 |
1,3 |
|||
|
LFSS pour 2004 et loi du 13 août 2004 |
35,0 |
1,1 |
31,6 |
|||
|
Loi du 13 août 2004 (effet en 2005) |
6,6 |
- |
6,6 |
|||
|
Loi du 13 août 2004 (effet en 2006) |
5,7 |
5,7 |
||||
|
Loi du 13 août 2004 (effet en 2007) |
â 0,1 |
â 0,1 |
||||
|
LFSS pour 2009 |
10,0 |
10,0 |
||||
|
LFSS pour 2009 (effet en 2010) |
17,0 |
17,0 |
||||
|
LFSS pour 2011 et pour 2012 |
65,3 |
2,5 |
67,8 |
|||
|
LFSS pour 2011 (effet en 2012) |
6,6 |
- |
6,6 |
|||
|
LFSS pour 2011 (effet en 2013) |
7,7 |
7,7 |
||||
|
LFSS pour 2011 (effet en 2014) |
10,0 |
10,0 |
||||
|
LFSS 2014 (effet en 2015) |
10,0 |
10,0 |
||||
|
LFSS pour 2011 (effet en 2016), |
23,6 |
23,6 |
||||
|
Total au 31 décembre 2016 |
231,6 |
23,4 |
0,5 |
2,4 |
2,5 |
260,3 |
|
 |
||||||
|
Loi du 7 août 2020 |
16,4 |
- |
- |
- |
3,6 |
20 |
|
Total au 31 décembre 2020 |
248 |
23,4 |
0,5 |
2,4 |
6,1 |
280,3 |
Source : annexe VIII du PLFSS pour 2021.
2.  Un horizon repoussé en raison de nouveaux transferts
Indispensable afin de soulager la trĂ©sorerie des rĂ©gimes (a), la nouvelle reprise de passifs par la Caisse dâamortissement de la dette sociale rĂ©pond Ă un cadre constitutionnel prĂ©cis (b) et sera opĂ©rĂ©e en trois Ă©chĂ©ances (c). Lâapurement complet de ces passifs est reportĂ© de neuf ans (d).
a.  La préservation des marges de la sécurité sociale face à la crise
Compte tenu du niveau des dĂ©ficits cumulĂ©s en dĂ©but dâexercice 2020, soit 31 milliards dâeuros, et de lâimportance de la diminution des recettes, il est briĂšvement apparu que la trĂ©sorerie des ASSO ne suffirait pas Ă honorer le versement des prestations dues au dĂ©but de lâĂ©tat dâurgence sanitaire.
â Le fait que le besoin de financement de lâACOSS soit gĂ©rĂ© Ă court, voire Ă trĂšs court terme â lâhorizon est de cinq Ă sept jours en pĂ©riode normale â, prĂ©sente des avantages et des inconvĂ©nients.
Certes, la situation est avantageuse en termes de coĂ»t, puisque lâACOSS empruntait dĂ©but 2020 Ă un taux moyen de â 0,6 %, tandis que la CADES se voyait appliquer des taux positifs, mais proches de zĂ©ro.
Â
Â
Mais un renouvellement frĂ©quent des titres, alors que les sommes levĂ©es restent modestes en comparaison avec celles que sollicitent dâautres acteurs institutionnels, expose lâACOSS Ă un fort risque de liquiditĂ© en cas de retournement soudain de la pente des taux ou de rupture sur les marchĂ©s ([33]).
Ce dernier alĂ©a, qualifiĂ© dâ« exceptionnel » par M. Yann-GaĂ«l Amghar, directeur gĂ©nĂ©ral de lâACOSS lors de son audition du 25 mai 2020 par Mme Cendra Motin, sâest briĂšvement matĂ©rialisĂ© Ă la mi-mars, quand les tensions sur les marchĂ©s aprĂšs les toutes premiĂšres orientations de par la Banque centrale europĂ©enne (BCE) â et corrigĂ©es par la suite â ont dissuadĂ©, sinon empĂȘchĂ©, lâACOSS dâĂ©mettre auprĂšs des places financiĂšres pendant prĂšs de deux semaines.
â Trois solutions ont Ă©tĂ© recherchĂ©es face Ă cette difficultĂ©.
En premier lieu, lâAgence France TrĂ©sor (AFT) est intervenue de maniĂšre temporaire pour aider lâACOSS Ă diversifier ses sources de financement, via des concours de la Caisse des dĂ©pĂŽts remontĂ©s Ă leur maximum prudentiel et la mobilisation du rĂ©seau des spĂ©cialistes en valeur du TrĂ©sor (SVT) â quinze Ă©tablissements bancaires dâenvergure internationale qui constituent les « contreparties privilĂ©giĂ©es de lâagence » et « ont la responsabilitĂ© de participer aux adjudications, de placer les valeurs du TrĂ©sor et dâassurer la liquiditĂ© du marchĂ© secondaire » ([34]).
Ce soutien de lâAFT a reprĂ©sentĂ© 9,5 milliards dâeuros dans les tout premiers jours dâavril, avant de descendre Ă 6 milliards dâeuros et de ne plus ĂȘtre nĂ©cessaire dĂšs le 16 avril. Sans exclure de la solliciter Ă nouveau, lâACOSS a indiquĂ© lors de son audition prĂ©citĂ©e que cette option devait demeurer un mĂ©canisme de sauvegarde.
Â
Ăvolution de la structure de financement de lâACOSS de 2010 Ă 2020
(en pourcentage)
Source : Agence centrale des organismes de sécurité sociale.
En second lieu, les limites dans lesquelles lâACOSS est habilitĂ©e Ă Â recourir Ă des ressources non permanentes afin de couvrir les besoins de trĂ©sorerie du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral, câest-Ă -dire Ă Â sâendetter, pour moins de douze mois, dans le but de lui accorder des avances, ont Ă©tĂ© rehaussĂ©es.
Initialement fixĂ© Ă 39 milliards dâeuros ([35]), le plafond dâemprunt de lâACOSS a Ă©tĂ© portĂ© Ă 70 milliards dâeuros, puis Ă 95 milliards dâeuros ([36]).
En troisiĂšme lieu, lâACOSS a engagĂ© une politique dâallongement de ses Ă©missions, dont la maturitĂ© moyenne est actuellement dâenviron un mois, voire supĂ©rieure Ă six mois pour certains titres.
GrĂące Ă cette stratĂ©gie, au 22 mai 2020, lâACOSS affichait un besoin de financement de 51 milliards dâeuros, mais Ă©tait parvenue Ă le combler Ă hauteur de 135,3 % (soit 69 milliards dâeuros).
AprĂšs avoir atteint un nouveau point bas de 60 milliards dâeuros Ă Â la fin du mois de juin, lâACOSS devrait avoir stabilisĂ© son besoin de financement autour de 50 milliards dâeuros jusquâĂ la fin de lâannĂ©e 2020 et ĂȘtre en mesure de le financer Ă Â hauteur de 152 % (soit 76 milliards dâeuros).
Les reprĂ©sentants de lâACOSS ont indiquĂ© aux rapporteures pour avis que le taux dâintĂ©rĂȘt moyen des encours du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral en 2020 serait de â 0,47 % sur les marchĂ©s et de â 0,33 % auprĂšs des banques et de la CDC. En 2021, le besoin de financement oscillerait entre 70 et 70 milliards dâeuros, avec un plafond dâemprunt maintenu Ă 95 milliards dâeuros, comme en 2020.
Â
â En outre, une ordonnance a autorisĂ© lâACOSS Ă Â consentir des prĂȘts et avances de trĂ©sorerie aux rĂ©gimes complĂ©mentaires ([37]).
La fĂ©dĂ©ration de lâAssociation gĂ©nĂ©rale des institutions de retraite complĂ©mentaire des cadres et de lâAssociation pour le rĂ©gime de retraite complĂ©mentaire des salariĂ©s (AGIRC-ARRCO) a sollicitĂ© un financement Ă ce titre. La demande, formulĂ©e le 7 mai 2020, portait sur un besoin de 8 milliards dâeuros pour les Ă©chĂ©ances de pensions en juin et juillet, reposant sur lâhypothĂšse dâune perception de 50 % des cotisations escomptĂ©es.
Cependant le Gouvernement et le régime complémentaire sont convenus, le 29 mai 2020, de ne pas recourir à cette option.
Il est rapidement apparu que, grĂące Ă lâabsence de rĂ©duction de la valeur de cession thĂ©orique de ses actifs et dâun encaissement de cotisations meilleur quâescomptĂ© dĂšs le mois dâavril, la crĂ©dibilitĂ© de lâAGIRC-ARRCO auprĂšs des Ă©tablissements de crĂ©dit sâest maintenue Ă un niveau satisfaisant.
Ces Ă©lĂ©ments ont Ă©tĂ© confirmĂ©s par son directeur : le dĂ©ficit de 10 milliards dâeuros envisagĂ© en mai est rĂ©visĂ© Ă 6,5 milliards dâeuros en octobre 2020. Il atteindrait 3,6 milliards dâeuros en 2021 puis se stabiliserait Ă 2 milliards dâeuros grĂące Ă une meilleure rentrĂ©e des cotisations malgrĂ© les possibilitĂ©s des reports dâĂ©chĂ©ances. En revanche, Ă paramĂštres (valeur du point, etc.) inchangĂ©s, la date thĂ©orique dâĂ©puisement de ses rĂ©serves serait avancĂ©e de 2033 Ă Â 2026.
Lâadoption dâune loi organique est indispensable afin de repousser le terme dâamortissement prĂ©visionnel de la dette sociale et, par consĂ©quent, la date dâextinction de la CADES ([38]).
FixĂ©e Ă 2009 lors de son institution (cf. supra), la durĂ©e de vie de la CADES a certes dĂ©jĂ Ă©tĂ© reportĂ©e Ă plusieurs reprises au moyen de LFSS, qui sont, en dĂ©pit de leur procĂ©dure dâexamen spĂ©cifique, de rang ordinaire.
Toutefois, en 2005, le Conseil constitutionnel a confirmĂ© que le nouvel article 4 bis de lâordonnance n° 96-50 prĂ©citĂ©e, créé par lâarticle 20 de la loi organique modifiant la loi organique n° 96-646 du 22 juillet 1996 relative aux LFSS (LOFSS) et en vertu duquel « tout nouveau transfert de dette Ă la CADES est accompagnĂ© dâune augmentation des recettes de la caisse permettant de ne pas accroĂźtre la durĂ©e dâamortissement de la dette sociale », Ă©tait de caractĂšre organique ([39]).
DĂšs lors, seule une loi organique peut comporter des dispositions conduisant Ă accroĂźtre la durĂ©e dâamortissement de la dette sociale.
Cette jurisprudence a Ă©tĂ© confirmĂ©e en 2010 ([40]) et la loi organique n° 2010â1380 du 13 novembre 2010 a pu autoriser la LFSS pour 2011 Ă prĂ©voir, par une dĂ©rogation ad hoc, une nouvelle prolongation de quatre ans de la durĂ©e dâamortissement de la dette reprise par la CADES ([41]).
c.  La reprise de 136 milliards dâeuros en plusieurs Ă©tapes
Lâarticle 1er de la loi n° 2020-992 du 7 aoĂ»t 2020 relative Ă la dette sociale et Ă lâautonomie rĂ©tablit un II septies Ă lâarticle 4 de lâordonnance n° 96-50 du 24 janvier 1996 relative au remboursement de la dette sociale.
Il distingue trois échéances de transfert :
â au plus tard le 30 juin 2021 et dans la limite de 31 milliards dâeuros, la CADES devra avoir couvert les besoins de lâACOSS au 31 dĂ©cembre 2019, soit 31 milliards dâeuros, dont la moitiĂ© environ au titre de la branche maladie ;
â à compter de 2021 et dans la limite de 92 milliards dâeuros, la CADES devra couvrir les dĂ©ficits cumulĂ©s entre 2020 et 2023 par le rĂ©gime gĂ©nĂ©ral, le FSV et la branche vieillesse du rĂ©gime des non-salariĂ©s agricoles ;
â à compter de 2021, la CADES versera Ă la Caisse nationale dâassurance maladie (CNAM) les « sommes nĂ©cessaires pour assurer la couverture dâune partie, qui ne peut excĂ©der un tiers, des Ă©chĂ©ances des emprunts contractĂ©s par les Ă©tablissements publics de santĂ© au 31 dĂ©cembre 2019 ».
Pour mĂ©moire, le Gouvernement a annoncĂ©, le 20 novembre 2019, une reprise en trois ans dâenviron 10 milliards dâeuros de la dette des hĂŽpitaux publics, pour soutenir leurs investissements dans le cadre du plan dâurgence pour les hĂŽpitaux. Les rapporteures pour avis saluent cet effort considĂ©rable.
Enfin, cet article dispose que le montant total des versements rĂ©alisĂ©s par la CADES Ă ces trois titres ne peut excĂ©der 40 milliards dâeuros par an.
RĂpartition des nouveaux transferts de dette Ă la CADES
Â
(en milliards dâeuros)
|
 |
ĂchĂ©ance |
Reprise maximale |
|
DĂ©ficits accumulĂ©s par lâACOSS au 31 dĂ©cembre 2019 |
Au plus tard |
31 |
|
dont Caisse nationale dâassurance maladie |
16,2 |
|
|
dont Fonds de solidarité vieillesse |
9,9 |
|
|
dont Caisse centrale de la mutualité sociale agricole (vieillesse) |
3,6 |
|
|
dont Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales |
1,2 |
|
|
Déficits de la CNAM, de la CNAV et de la CNAF, du FSV et de la MSA (vieillesse) prévus de 2020 à 2023 |
Ă compter |
92 |
|
Tiers des emprunts des établissements hospitaliers |
13 |
|
|
Total |
2033 |
136 |
Source : commission des finances.
Son article 2 supprime, Ă lâarticle L. 135-6 du Code de la sĂ©curitĂ© sociale, le terme de 2024 pour le versement de 2,1 milliards dâeuros effectuĂ© chaque annĂ©e par le fonds de rĂ©serve des retraites (FRR) Ă la CADES.
La dette des établissements hospitaliers
Puisque chaque Ă©tablissement possĂšde son propre bilan, la « dette des hĂŽpitaux » nâexiste pas en tant quâagrĂ©gat, mĂȘme si elle est intĂ©grĂ©e dans le pĂ©rimĂštre des organismes divers dâadministration sociale (ODASS) en comptabilitĂ© maastrichtienne.
DâaprĂšs lâAgence technique de lâinformation sur lâhospitalisation (ATIH), lâencours agrĂ©gĂ© de la dette hospitaliĂšre Ă©tait de 33,1 milliards dâeuros en 2017 ([42]). En 2019, la direction de la recherche, des Ă©tudes, de lâĂ©valuation et des statistiques (DREES) chiffrait ces passifs Ă 30,2 milliards dâeuros (hors frais financiers, soit prĂšs de 850 millions dâeuros) et estimait que prĂšs dâun Ă©tablissement sur deux Ă©tait dĂ©ficitaire.
Selon la Cour des comptes ([43]), le stock de la dette des Ă©tablissements publics de santĂ© est rĂ©parti Ă 85 % auprĂšs de banques, 9 % sous forme de prĂȘts obligataires et 6 % dans le cadre de partenariats public/privĂ© (PPP). AprĂšs un « emballement », soit un triplement entre 2002 et 2012, la dette a connu une « stabilisation » en 2015 avant dâamorcer une « diminution » depuis 2016. Les Ă©tablissements hospitaliers ont toutefois Ă©tĂ© conduits Ă limiter leurs investissements.
Le mĂ©canisme de la reprise par la CADES sâappuie sur les recommandations des inspections gĂ©nĂ©rales des finances (IGF) et des affaires sociales (IGAS) ([44]).
DâaprĂšs lâATIH, lâencours agrĂ©gĂ© de la dette hospitaliĂšre Ă©tait de 33,1 milliards dâeuros en 2017. En 2019, la direction de la recherche, des Ă©tudes, de lâĂ©valuation et des statistiques (DREES) chiffrait ces passifs Ă 30,2 milliards dâeuros (hors frais financiers).
En novembre 2019, le Premier ministre a prĂ©sentĂ© le plan dâurgence pour lâhĂŽpital public. Parmi les mesures annoncĂ©es, il y avait la reprise par lâĂtat de la dette des hĂŽpitaux Ă hauteur de 10 milliards dâeuros sur trois ans, soit prĂšs dâun tiers de lâencours total estimĂ© Ă 33 milliards dâeuros dâaprĂšs lâINSEE.
Câest un montant considĂ©rable qui tĂ©moigne de la situation financiĂšre particuliĂšrement fragile des hĂŽpitaux français. DâaprĂšs un rapport de la DREES, prĂšs d'un Ă©tablissement sur deux (48 %) Ă©tait dĂ©ficitaire en 2018.
Résultat, la dette globale a augmenté de 40 % ces dix derniÚres années, obligeant les établissements hospitaliers à limiter leurs investissements.
Cet endettement massif se traduit par des remboursements colossaux. Les intĂ©rĂȘts de la dette de tous les hĂŽpitaux publics reprĂ©sentent prĂšs de 850 millions dâeuros chaque annĂ©e. En 2015, 319 Ă©tablissements Ă©taient en situation dâendettement excessif, selon la Cour des comptes.
La promesse est dĂ©sormais concrĂšte, grĂące Ă une reprise de la dette hospitaliĂšre Ă hauteur de 13 milliards dâeuros.
d. Â La cible dâune extinction en 2033
â Lâarticle 1er de la loi organique n° 2020-991 du 7 aoĂ»t 2020 relative Ă Â la dette sociale et Ă lâautonomie dispose que la durĂ©e dâamortissement de la dette sociale ne peut ĂȘtre accrue au-delĂ du 31 dĂ©cembre 2033. Dans la mesure oĂč le I de lâarticle 14 de lâordonnance n° 96-50 prĂ©citĂ©e pose que la CRDS « est due jusquâĂ lâextinction des missions » de la CADES, la nouvelle disposition prolonge Ă©galement le prĂ©lĂšvement de cette contribution au-delĂ de 2024.
LâexposĂ© des motifs de lâarticle 1er indique que ce transfert « permet Ă la CADES de bĂ©nĂ©ficier dĂšs aujourdâhui des conditions de financement Ă long terme », alors que sa prĂ©sence sur les marchĂ©s avait vocation Ă sâĂ©teindre dâici Ă 2024. Le recul de son Ă©chĂ©ance dâextinction et le nouvel horizon de durĂ©e dâinvestissement ont renouvelĂ© lâattractivitĂ© de la CADES sur les marchĂ©s.
â Au cours de son audition, le prĂ©sident de la CADES a indiquĂ© que 20 milliards dâeuros de transferts Ă©taient dĂ©jĂ effectifs et que 13,4 milliards dâeuros avaient dĂ©jĂ Ă©tĂ© levĂ©s, correspondant Ă 10 % environ de la reprise :
â le 9 septembre 2020, la caisse a sollicitĂ© 5 milliards dâeuros sur le marchĂ© de lâeuro et a rĂ©alisĂ© un livre dâor record de 16 milliards dâeuros, avec 270 investisseurs, pour un taux de 0,025 % Ă dix ans et 76 % de titres sociaux ([45]) ;
â le 14 septembre 2020, se plaçant sur le marchĂ© du dollar, la caisse a levĂ© 4 milliards dâeuros, Ă©talĂ©s sur cinq ans, empruntant Ă â 0,427 % et avec une sensibilitĂ© sociale de 18 %, le livre dâor sâĂ©tablissant Ă 5,4 milliards dâeuros ;
â le 29 septembre 2020, de retour sur le marchĂ© de lâeuro, la caisse a empruntĂ© 7 milliards dâeuros dâune maturitĂ© de 7 ans, pour un taux de â 0,277 % et un livre dâor de 14 milliards dâeuros, les 202 investisseurs montrant une appĂ©tence de 66 % pour les titres sociaux.
Les rapporteures pour avis tiennent Ă signaler leur grande satisfaction quant Ă Â lâapport de titres sociaux dans les levĂ©es de fonds opĂ©rĂ©es en septembre 2020 et tiennent Ă fĂ©liciter M. Jean-Louis Rey, prĂ©sident de la CADES, et ses Ă©quipes de leur cĂ©lĂ©ritĂ© dans la mise en Ćuvre de ces outils.
ĂchĂancier prĂvisionnel des emprunts de la CADES de 2020 Ă 2033
(en millions dâeuros)
Source : Caisse dâamortissement de la dette sociale.
II.  Les recettes de la sĂcuritĂ sociale : des ajustements volontaristes pour contribuer Ă la relance
Lâamortissement des effets de la crise a Ă©tĂ© facilitĂ© en 2020 par des allĂšgements qui continueront Ă produire effet en 2021 (A), ainsi que des choix Ă©quilibrĂ©s en fonction de la fragilitĂ© ou de la rĂ©silience respective des assujettis (B).
A. Â Les allĂgements de cotisations et contributions
Pour faire face à la crise sanitaire et économique, les pouvoirs publics ont massivement réduit les prélÚvements obligatoires en 2020 (1) et pérennisent en 2021 une mesure spécifique aux exploitants agricoles (2).
1.  Les mesures fortes en réaction à la crise sanitaire en 2020
En 2020, les assurĂ©s ont pu bĂ©nĂ©ficier de reports dâĂ©chĂ©ance (1), dâexonĂ©rations (2) et dâaides au paiement (3).
a.  Les facilités de trésorerie
Dans le but de soulager les comptes des entreprises et donc de prĂ©server au maximum les emplois en vue de la relance, des reports ou des dĂ©lais de paiement des cotisations et contributions de sĂ©curitĂ© sociale, sans majoration ni pĂ©nalitĂ©, ont pu ĂȘtre accordĂ©s sur simple demande de la part des entreprises, ou de maniĂšre automatique pour les travailleurs non-salariĂ©s (TNS) ([46]). Lâobligation de demande a Ă©tĂ© rĂ©tablie, selon les cas, en juin ou juillet 2020.
Ă la date de remise du prĂ©sent avis, le coĂ»t de ces reports est estimĂ© Ă Â 25 milliards dâeuros.
Montant des cotisations sociales reportĂes en 2020
(en milliards dâeuros)
Source : commission des finances dâaprĂšs les donnĂ©es du comitĂ© instituĂ© par le IX de lâarticle 6 de la loi n° 2020-289 du 23 mars 2020 de finances rectificative pour 2020.
Ă ce stade, deux remarques sâimposent :
â dâune part, le montant reportĂ© correspond Ă une fraction de moins en moins importante des sommes dues au fur et Ă mesure, avec par exemple 14,2 milliards dâeuros reportĂ©s sur 38 milliards dâeuros appelĂ©s Ă la mi-avril, mais seulement 25 milliards dâeuros sur 166,7 milliards dâeuros Ă la mi-septembre ;
â dâautre part, il est encore malaisĂ©, dâanticiper dans quelle mesure ces cotisations seront encaissĂ©es avant la fin du plan dâapurement, avec retard, ou combien feront lâobjet dâun dĂ©faut de paiement au final.
Par ailleurs, le 13 mars 2020, a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©e la suspension des actions de relance amiable, de recouvrement amiable et de recouvrement forcĂ© aprĂšs mise en demeure, y compris pour les crĂ©ances antĂ©rieures, ainsi que lâoctroi de dĂ©lais en matiĂšre de contrĂŽle et de contentieux ([47]).
b.  Les exonérations, réductions et aides au paiement
â Le rĂ©gime de lâactivitĂ© partielle a Ă©tĂ© adaptĂ© en mars 2020 afin que les salariĂ©s puissent ĂȘtre placĂ©s dans cette position â du fait soit de la fermeture temporaire de leur Ă©tablissement, soit de la rĂ©duction de lâhoraire de travail pratiquĂ© dans leur Ă©tablissement, soit, depuis le 1er mai 2020, en cas de vulnĂ©rabilitĂ© ou de lâimpossibilitĂ© dâenvoyer leurs enfants Ă lâĂ©cole ([48]) â en ayant une perte de salaire minime, voire nulle.
Lâentreprise verse une indemnitĂ© horaire aux salariĂ©s, au moins Ă©gale Ă Â 70 % de leur salaire brut horaire soit environ 84 % du salaire net horaire (100 % pour un SMIC). Cette indemnitĂ© est exonĂ©rĂ©e de cotisations, mais assujettie (sur une assiette abattue de 1,75 %) Ă la contribution sociale gĂ©nĂ©ralisĂ©e (CSG), au taux de 6,2 %, ainsi quâĂ la contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS), au taux de 0,5 %.
Lâassiette exonĂ©rĂ©e a Ă©tĂ© Ă©largie Ă lâoccasion de la crise du covid-19 :
â le plafond de salaire donnant lieu Ă allocation a Ă©tĂ© portĂ© de 1 Ă 4,5 SMIC, faisant passer la prise en charge publique moyenne Ă 13,90 euros par heure (dont 9,30 euros par lâĂtat et 4,60 euros par lâUNĂDIC) ;
â le dispositif a Ă©tĂ© rendu accessible aux assistants maternels et employĂ©s Ă Â domicile, ainsi quâĂ de nombreuses catĂ©gories de salariĂ©s habituellement exclus du dispositif, comme les voyageurs, reprĂ©sentants et placiers (VRP) ou salariĂ©s disposant dâun forfait jours ;
â le plafond des 1 000 heures par salariĂ© et par an a Ă©tĂ© supprimĂ© au profit dâune prise en charge de lâintĂ©gralitĂ© des heures chĂŽmĂ©es Ă ce titre depuis le 1er mars 2020.
Les sommes versées par les employeurs au-delà de ce qui leur est remboursé ont temporairement été exonérées à 100 % ([49]) dans la limite de 4,5 fois le salaire minimum (SMIC).
â Les aides versĂ©es aux entreprises par le fonds de solidarité ([50]) â dont les versements sâĂ©tablissent Ă 6,1 milliards dâeuros courant octobre 2020 ([51]) â sont exonĂ©rĂ©es de lâimpĂŽt sur le revenu (IR) et sur les sociĂ©tĂ©s (IS) ainsi que de lâensemble des prĂ©lĂšvements sociaux ([52]).
â Il en va de mĂȘme pour les primes attribuĂ©es aux agents publics particuliĂšrement mobilisĂ©s ([53]) : personnels des hĂŽpitaux et des Ă©tablissements dâhĂ©bergement pour personnes ĂągĂ©es dĂ©pendantes (EHPAD) et certains fonctionnaires et militaires, notamment dans les forces de sĂ©curitĂ©.
En revanche, le report (du 30 juin au 31 aoĂ»t) de la date limite de versement de la prime dĂ©socialisĂ©e dite Macron et la suppression de la condition de signature dâun accord dâintĂ©ressement ([54]) est neutre pour les comptes publics :
â dâune part, la prime nâaurait pas Ă©tĂ© versĂ©e si elle nâavait pas Ă©tĂ© prolongĂ©e et assouplie ;
â dâautre part, elle ne peut pas ĂȘtre utilisĂ©e par lâemployeur pour verser le mĂȘme net Ă ses collaborateurs en rĂ©duisant le brut ([55]).
â Le plafond de rĂ©munĂ©ration des heures supplĂ©mentaires exonĂ©rĂ©es de prĂ©lĂšvements sociaux a Ă©tĂ© rehaussĂ© de 5 000 à 7 000 euros ([56]).
â Les indĂ©pendants se sont vus appliquer dâoffice une rĂ©duction de 50 % du montant de revenu sur la base duquel sont calculĂ©es leurs cotisations provisionnelles exigibles en 2021 et qui demeure rĂ©gularisable.
Cette mesure devrait, dâaprĂšs la Cour des comptes, avoir un effet report de 7,1Â milliards dâeuros.
Â
â Lâarticle 65 de la troisiĂšme LFR pour 2020 a instaurĂ© trois mesures :
â une exonĂ©ration des cotisations patronales pour les entreprises de moins de 250 salariĂ©s relevant du tourisme, de lâhĂŽtellerie, de la restauration, du sport, de la culture, de lâaĂ©rien et de lâĂ©vĂ©nementiel, ainsi que des secteurs liĂ©s (pĂ©riodes dâemploi de fĂ©vrier Ă mai 2020) et pour les entreprises de moins de 10 salariĂ©s relevant dâautres secteurs mais ayant subi une interdiction dâaccueillir du public en raison de la crise sanitaire (pĂ©riodes dâemploi de fĂ©vrier Ă avril 2020) ;
â une aide au paiement pour les entreprises Ă©ligibles aux exonĂ©rations prĂ©citĂ©es, prenant la forme dâun crĂ©dit de cotisations sociales Ă©gal Ă 20 % des revenus pris en compte pour la dĂ©termination de lâassiette des cotisations des mĂȘmes pĂ©riodes dâemploi que les exonĂ©rations, mobilisable pour le paiement des prĂ©lĂšvements sociaux exigibles au titre de 2020 ;
â une rĂ©duction forfaitaire de cotisations sociales dues par les travailleurs indĂ©pendants de certains secteurs ([57]), pour un montant annuel de 1 800 ou 2 400 euros, et les artistes-auteurs, pour 500 Ă 2 000 euros en fonction du revenu artistique dĂ©clarĂ© au titre de 2019.
Ces trois derniers dispositifs sont financiĂšrement neutres pour la sĂ©curitĂ© sociale, les 3,9 milliards dâeuros de manque Ă gagner Ă©tant intĂ©gralement compensĂ©s par lâĂtat, en application de la loi dite Veil (cf. infra) par lâouverture de crĂ©dits sur la mission Plan dâurgence.
Lâarticle 6 du PLFSS met en Ćuvre cette compensation. Les crĂ©dits budgĂ©taires dĂ©diĂ©s seront intĂ©gralement versĂ©s Ă lâACOSS et Ă la CCMSA, qui se voient confier la mission de reverser les sommes escomptĂ©es aux branches et autres affectataires (par exemple, le fonds national dâaide au logement).
LâĂ©tude dâimpact prĂ©cise que « les montants [âŠ], qui ne sont pas minorĂ©s de lâaide au paiement, seront retracĂ©s en produits de cotisations sociales comme sâils avaient Ă©tĂ© effectivement encaissĂ©s directement auprĂšs des cotisants ».
2.  La reconduction dâun dispositif utile aux agriculteurs en 2021 et 2022
Lâarticle 13 du PLFSS maintient le dispositif dâexonĂ©ration de la part patronale des cotisations sociales pour lâembauche de travailleurs occasionnels et de demandeurs dâemploi (TO-DE) jusquâĂ fin 2022.
Cet allĂšgement prĂ©vu Ă lâarticle L. 741-16 du code rural et de la pĂȘche maritime est limitĂ© Ă 119 jours ouvrĂ©s par an et par salarié : 73 000 entreprises de la production y ont recours en moyenne, soit prĂšs de la moitiĂ© dâentre elles, ce qui correspond Ă 900 000 contrats et une masse salariale de 1,7 milliard dâeuros.
En raison de la transformation du crĂ©dit dâimpĂŽt pour la compĂ©titivitĂ© et lâemploi (CICE) en allĂ©gement pĂ©renne de cotisations sociales (de 6 points jusquâĂ 2,5 SMIC) et de lâaugmentation des allĂ©gements gĂ©nĂ©raux sur les bas salaires (de 4 points au niveau du SMIC), lâarticle 8 du PLFSS pour 2019 prĂ©voyait la suppression du TO-DE Ă compter du 1er janvier 2019.
Cependant, les dĂ©bats parlementaires avaient conduit au maintien du TOâDE jusquâĂ fin 2020, dans une version transformĂ©e : au lieu dâune exonĂ©ration totale jusquâĂ 1,25 SMIC puis dĂ©gressive jusquâĂ sâannuler Ă 1,5 SMIC, lâallĂ©gement est dĂ©sormais entier jusquâĂ 1,2 SMIC et dĂ©croĂźt jusquâĂ 1,6 SMIC.
Dans le contexte actuel, la viticulture, lâarboriculture et le maraĂźchage ont Ă©tĂ© particuliĂšrement affectĂ©es, du fait de la survenue du pic de lâĂ©pidĂ©mie Ă un moment crucial du cycle de rĂ©coltes et de la restriction des dĂ©placements.
La nouvelle formule du TO-DE, reconduite, réduit la perte de recettes de la sécurité sociale à hauteur de 13 % par rapport au dispositif antérieur à 2019 :
â jusquâĂ 2020, elle Ă©tait compensĂ©e par des crĂ©dits inscrits sur la mission Agriculture, alimentation, forĂȘt et affaires rurales du budget gĂ©nĂ©ral de lâĂtat ;
â le II de lâarticle 30 du PLF pour 2021 prĂ©voit dĂ©sormais lâaffectation de 389 millions dâeuros de TVA Ă la MutualitĂ© sociale agricole (MSA).
La Mutualité sociale agricole
Avec 5,6 millions dâaffiliĂ©s, la MSA constitue le deuxiĂšme rĂ©gime de sĂ©curitĂ© sociale aprĂšs le rĂ©gime gĂ©nĂ©ral : elle couvre Ă la fois les non-salariĂ©s (exploitants) et salariĂ©s agricoles, mais aussi ceux des coopĂ©ratives agricoles, du CrĂ©dit agricole, de Groupama, des lycĂ©es privĂ©s agricole et des chambres dâagriculture. dâagriculture. Cependant, on observe une baisse du nombre dâaffiliĂ©s.
La caisse centrale de la MSA représente le régime agricole auprÚs des pouvoirs publics ; elle est une force de proposition pour une politique sociale adaptée aux besoins de la population agricole et plus largement du monde rural. Elle initie et définit les voies de développement de la MSA en renforçant et en valorisant ses atouts et ses particularités. Elle détermine les relations partenariales à mettre en place pour l'amélioration du service rendu à ses ressortissants et plus largement à la population rurale.
Depuis prĂšs de 70 ans, les 35 caisses locales MSA emploient 15 300 collaborateurs qui sâoccupent de la protection sociale des agriculteurs et des personnes travaillant dans le monde agricole ainsi que de leurs familles. La MSA gĂšre toutes les prestations familiales, les prestations santĂ©, la retraite, avec lâoriginalitĂ© de servir de guichet unique pour tous les risques sociaux. Elle a servi 28,3 milliards dâeuros de prestations de toute nature en 2018 (missions dans le domaine de la protection sociale, complĂ©mentaires santĂ© et prĂ©voyance, services Ă la personne, en renforçant et dĂ©veloppant la prĂ©vention santĂ© et lâaction sanitaire et sociale, etc.) ; ses charges de sĂ©curitĂ© sociale devraient sâĂ©lever Ă Â 12,1 milliards dâeuros en 2019, 12,5 milliards dâeuros en 2020 et 12,7 milliards dâeuros en 2021.
En 2018, ses prĂ©lĂšvements se sont Ă©levĂ©s Ă 16,3 milliards dâeuros, ce que la Cour qualifie de « point noir », notamment Ă Â cause de forts taux de restes Ă Â recouvrer. Ses recettes au titre de la sĂ©curitĂ© sociale sont estimĂ©es Ă 10,5 milliards dâeuros en 2019, 10,1 milliards dâeuros en 2020 et 10,1 milliards dâeuros en 2021.
La suspension des cotisations sociales, en plus de mĂ©contenter les organismes sociaux qui ne souhaitaient pas de suspensions des cotisations, a surpris certains exploitants dĂ©sirant sâen acquitter.
Deux prĂ©conisations retiennent particuliĂšrement lâattention des rapporteures pour avis :
â dâune part, il faut mesurer de maniĂšre objective la quantitĂ© de travail des personnels de la MSA, afin de trouver le bon Ă©quilibre entre la dĂ©matĂ©rialisation, la mutualisation et la spĂ©cialisation des antennes (oĂč un agent effectue 3,5 fois moins de rendez-vous que dans une caisse primaire dâassurance maladie) ; les territoires nâayant pas la mĂȘme configuration.
â dâautre part, pour premiĂšre fois dans le cadre des travaux prĂ©paratoires de la prochaine COG la problĂ©matique est inversĂ©e, de sorte que la triple tutelle accepte de partir des besoins, et de co-construire les rĂ©ponses Ă y apporter et la mission de lâinspection gĂ©nĂ©rale des finances (IGF) et de lâinspection gĂ©nĂ©rale des affaires sociales (IGAS) en cours, sur lâactuelle convention pour Ă©valuation.
B. Â La juste rĂpartition de lâeffort
La dĂ©termination du plafond annuel de la sĂ©curitĂ© sociale est modifiĂ©e pour garantir les droits des assurĂ©s individuels (1), tandis que la participation des complĂ©mentaires et de lâindustrie est réévaluĂ©e (2). La crise ne dĂ©tourne pas lâexĂ©cutif de son ambition de simplifier les circuits de recouvrement (3).
1.  La neutralisation des effets de la crise sur lâemploi dans le calcul de lâassiette des prĂ©lĂšvements et de certaines prestations
Lâarticle 12 du PLFSS modifie lâarticle L. 241-3 du code de la sĂ©curitĂ© sociale dans le but dâĂ©viter une baisse du plafond annuel de la sĂ©curitĂ© sociale (PASS) lorsque lâĂ©volution nĂ©gative du salaire moyen par tĂȘte (SMTP) rĂ©duirait sa valeur nominale. Tel est le cas en 2020, avec un SMTP en recul de 5,7 %.
Or, le PASS est une valeur de rĂ©fĂ©rence qui sert tant au calcul de nombreuses cotisations ou exonĂ©rations, notamment pour la branche vieillesse, que de prestations, comme les indemnitĂ©s de congĂ© maternitĂ©. Il est Ă©galement mentionnĂ© dans le Code du travail en ce qui concerne la dĂ©limitation des sommes pouvant ĂȘtre versĂ©es au titre de la participation et de lâintĂ©ressement ou le plancher de gratification versĂ©e aux stagiaires en entreprise.
Le montant du PASS sera par consĂ©quent au moins Ă©gal Ă celui de lâexercice prĂ©cĂ©dent en cas de variation du SMTP portant prĂ©judice aux droits des assurĂ©s. En 2021 comme en 2020, il sera de 41 136 euros. Cette rĂ©forme sâapplique Ă compter de lâannĂ©e Ă venir mais aura des effets structurels au-delĂ .
2. Â Lâajustement de la contribution de certaines entreprises
Le Gouvernement propose de crĂ©er une contribution exceptionnelle des organismes complĂ©mentaires (a) et de rĂ©viser les seuils dâimposition de lâindustrie pharmaceutique (b).
a.  La participation des complémentaires santé
â Lâarticle 3 du PLFSS vise Ă crĂ©er, pour lâannĂ©e 2020, une contribution exceptionnelle Ă la charge des organismes complĂ©mentaires (OC), câest-Ă -dire essentiellement les mutuelles, mais aussi les institutions de prĂ©voyance et les assurances, destinĂ©e Ă soutenir la couverture des dĂ©penses de lâassurance maladie obligatoire (AMO) liĂ©es Ă la gestion du covid-19.
Compte tenu de la moindre activitĂ© de ville pendant le confinement et de la prise en charge renforcĂ©e de certains actes, tels la tĂ©lĂ©consultation, par lâAMO (cf. infra), les OC ont versĂ© 2,2 milliards dâeuros de remboursements de moins que ce qui aurait pu ĂȘtre observĂ© toutes choses Ă©gales par ailleurs. Assise sur les primes et cotisations et fixĂ©e au taux de 2,6 %, la contribution sera recouvrĂ©e selon les mĂȘmes modalitĂ©s que la taxe de solidaritĂ© additionnelle (TSA), au plus tard le 31 janvier 2021. Elle devrait gĂ©nĂ©rer une recette dâun milliard dâeuros.
â Lâarticle 10 du PLFSS prĂ©voit lâinstauration dâune contribution exceptionnelle Ă©quivalente pour lâannĂ©e 2021, ayant les mĂȘmes redevables et la mĂȘme assiette, mais un taux infĂ©rieur de 1,3 %. Elle sera recouvrĂ©e au plus tard le 31 janvier 2022, pour un rendement prĂ©visionnel de 500 millions dâeuros.
Les rapporteures pour avis ont pris connaissance des arguments des complĂ©mentaires selon lesquelles elles se trouveraient dans lâimpossibilitĂ© de reverser le bĂ©nĂ©fice des Ă©conomies prĂ©citĂ©es Ă leurs affiliĂ©s, par exemple grĂące Ă Â une suspension de lâappel des primes pendant une ou plusieurs Ă©chĂ©ances, ou dans lâobligation dâaugmenter leurs tarifs.
Elles rappellent cependant que, dâune part, une dĂ©cision similaire avait Ă©galement Ă©tĂ© prise en 2009 (taux de 3,5 %) et 2010 (7 %), avec un produit dâenviron 1 milliard dâeuros, en partie affectĂ© au fonds pour la couverture maladie universelle (CMU) et que, dâautre part, entre 2009 et 2019, le chiffre dâaffaires des OC en matiĂšre de frais de santĂ© est passĂ© de 27 Ă 38,9 milliards dâeuros.
Elles estiment donc que lâeffort demandĂ©, alors mĂȘme que le prolongement de certaines prises en charge Ă 100 % par les rĂ©gimes obligatoires, pour les tests et les tĂ©lĂ©consultations est prĂ©vu dans ce PLFSS pour 2021, est proportionnĂ© et acceptable pour les organismes concernĂ©s. Elles resteront attentives aux variations de cotisations appliquĂ©es dans les prochaines annĂ©es par les organismes complĂ©mentaires pour sâassurer que ces cotisations nâaugmentent pas de façon indue.
b.  Lâassujettissement des producteurs de mĂ©dicaments
Lâarticle 17 du PLFSS procĂšde Ă lâactualisation annuelle dâune contribution ad hoc Ă laquelle sont assujetties les entreprises fabricant des mĂ©dicaments et dispositifs mĂ©dicaux (DM).
Afin de contribuer au respect de lâONDAM, le ComitĂ© Ă©conomique des produits de santĂ© (CEPS) et la CNAM nĂ©gocient avec les industriels. Par ailleurs, une clause de sauvegarde prĂ©voit de dĂ©clencher une taxe lorsque la croissance des dĂ©penses de mĂ©dicaments et DM remboursables dĂ©passe un seuil, fixĂ© pour 2021 Ă Â respectivement 23,994 milliards dâeuros et 2,09 milliards dâeuros.
Cependant, les entreprises verraient leur contribution diminuĂ©e en contrepartie dâun engagement Ă prĂ©server lâapprovisionnement de la France pour des mĂ©dicaments, parfois anciens, dont la crise a rappelĂ© le caractĂšre prioritaire.
3. Â La poursuite des simplifications en matiĂšre de recouvrement
â Lâarticle 14 du PLFSS vise Ă offrir aux particuliers dĂ©veloppant une activitĂ© Ă©conomique dâimportance modĂ©rĂ©e, par exemple au moyen des plateformes dĂ©matĂ©rialisĂ©es de lâĂ©conomie collaborative, un droit dâoption en vue dâune dĂ©claration simplifiĂ©e de leurs revenus auprĂšs du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral, Ă la condition quâils soient infĂ©rieurs Ă un seuil dont la fixation est renvoyĂ©e Ă lâautoritĂ© rĂ©glementaire, sans devoir crĂ©er dâentreprise.
DĂšs lors quâelles sont lucratives, ces activitĂ©s sont assujetties Ă divers prĂ©lĂšvements fiscaux et sociaux. Or, comme lâindique lâĂ©valuation de lâarticle 14 du PLFSS, « un des attraits de lâĂ©conomie numĂ©rique pour les particuliers est la simplicitĂ© de conclusion et de rĂ©alisation des Ă©changes ; pour les activitĂ©s de faible envergure, cette simplicitĂ© est peu compatible avec les procĂ©dures habituelles de dĂ©claration [âŠ], que ce soit sous forme indĂ©pendante (du fait des contraintes inhĂ©rentes Ă lâobligation de crĂ©ation dâune entreprise) ou salariĂ©e (en lâabsence de relation suivie entre le prestataire et le commanditaire ».
Au-delĂ des dispositifs existants, comme le statut de micro-entrepreneur et, corrĂ©lativement, le rĂ©gime micro-social, ainsi que les facilitĂ©s croissantes de recours aux chĂšques emplois service universel (CESU), cet article propose dâĂ©largir le droit dâoption pour le rĂ©gime gĂ©nĂ©ral destinĂ© aux activitĂ©s de location de meublĂ©s gĂ©nĂ©rant plus de 23 000 euros annuels.
Les particuliers qui le souhaitent, percevant moins de 1 500 euros ([58]) mensuels au titre de leur insertion dans lâĂ©conomie collaborative (services de bricolage, aides au dĂ©mĂ©nagement, tutorat, micro-tĂąches sur internet, import de produits revendus en France, bijouterie artisanale, etc.), seront autorisĂ©s Ă sâaffilier directement au rĂ©gime gĂ©nĂ©ral et seront assimilĂ©s, en ce qui concerne leurs cotisations, Ă des salariĂ©s. Cette option facilite le cumul dâactivitĂ©s mais rĂ©duit les difficultĂ©s liĂ©es Ă la poly-affiliation. Une page sera créée sur le site des URSSAF.
La protection sociale des indépendants
La loi de financement de la sĂ©curitĂ© sociale pour 2018 avait actĂ© la suppression du rĂ©gime social des indĂ©pendants (RSI) et la crĂ©ation de la sĂ©curitĂ© sociale des indĂ©pendants (SSI) au sein du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral. LâannĂ©e 2020 aura Ă©tĂ© marquĂ©e par la fin de la pĂ©riode de transition de deux ans pour lâintĂ©gration des activitĂ©s, des assurĂ©s et des personnels de la SSI. Ce changement avait donnĂ© lieu Ă©galement Ă des mesures en faveur du pouvoir dâachat des indĂ©pendants (exonĂ©ration de cotisations en 2019 pour les crĂ©ateurs dâentreprise) et de lâallongement de leur couverture santĂ© (allongement du congĂ© maternitĂ© pour les indĂ©pendantes).
Mais la crise du covid-19 a particuliĂšrement touchĂ© les travailleurs indĂ©pendants. Câest pourquoi lâĂtat a fait preuve de volontarisme pour les aider Ă travers un ensemble de mesures :
â le revenu thĂ©orique sur lequel sont calculĂ©es les cotisations des indĂ©pendants a Ă©tĂ© automatiquement divisĂ© par deux, afin de prendre en compte la perte de revenus immĂ©diate des indĂ©pendants ;
â le fonds de solidaritĂ© pour les TPE, indĂ©pendants et micro-entrepreneurs leur a permis de toucher rapidement 1 500 euros par mois ;
â le report de paiement dâĂ©chĂ©ances sociales et fiscales a Ă©tĂ© automatisĂ© et gĂ©nĂ©ralisĂ© dans un premier temps puis ila pu ĂȘtre prolongĂ© Ă la demande ;
â des remises ou des Ă©talements dâimpĂŽts ont Ă©tĂ© consentis sans pĂ©nalitĂ©s ;
â les prĂȘts de trĂ©sorerie garantis par lâĂtat par le biais de Bpifrance ont Ă©tĂ© largement octroyĂ©s par les banques ;
â la suspension des charges fixes (factures de gaz et dâĂ©lectricitĂ©) et des loyers ont Ă©tĂ© rendus possibles par des dispositifs dâaccompagnement des crĂ©anciers.
Toutefois, au regard de la situation, des incertitudes subsistent sur lâactivitĂ© des indĂ©pendants dans un contexte de crise Ă©conomique. Les rapporteures partagent lâinquiĂštude de la prĂ©sidente du SSI concernant la prise en compte de la dette sociale des indĂ©pendants en tant que personne physique. Elles seraient favorables Ă une disposition temporaire permettant aux chefs dâentreprise qui dĂ©poseraient le bilan, de conserver la dette sociale au sein de la procĂ©dure collective de leur entreprise et de ne pas leur faire porter ce type de dette Ă titre personnel en cas de faillite.
En outre, les rapporteures pour avis relĂšvent lâintĂ©ressante Ă©tude du HCFiPS sur la protection sociale des indĂ©pendants, publiĂ©e le 24 septembre 2020. Est rappelĂ©e lâimportance de renforcer lâĂ©quitĂ© des droits sociaux des non-salariĂ©s et de clarifier les rĂšgles quant Ă Â leur rattachement Ă tel ou tel rĂ©gime de sĂ©curitĂ© sociale.
Lâexemple dâun artisan qui, pour un mĂȘme niveau de revenu net disponible avant impĂŽt et pour une carriĂšre complĂšte, « percevra une pension de retraite annuelle de trois fois le niveau effectif des cotisations vieillesses acquittĂ©es annuellement, lĂ oĂč le salariĂ© touchera une pension de 6,4 fois ce niveau » est particuliĂšrement frappant.
â Lâarticle 15 du PLFSS procĂšde Ă lâunification des dĂ©clarations fiscales et sociales des revenus auxquelles les non-salariĂ©s agricoles sont tenus.
Â
Actuellement, les prĂšs de 370 000 chefs dâexploitation doivent satisfaire Ă Â des obligations distinctes : dâune part, les liasses fiscales professionnelles, gĂ©nĂ©ralement remplies par des tiers, et la dĂ©claration de revenus auprĂšs de la direction dĂ©partementale des finances publiques (DDFiP) sâagissant de lâimpĂŽt sur le revenu (IR) ou sur les sociĂ©tĂ©s (IS) et, dâautre part, la dĂ©claration des revenus professionnels auprĂšs de la caisse dĂ©partementale ou interdĂ©partementale de MSA, en ce qui concerne les prĂ©lĂšvements sociaux. Seul ce premier envoi est conservĂ©.
Outre une simplification pour les indĂ©pendants agricoles, la mesure fiabilisera les donnĂ©es de lâensemble des prĂ©lĂšvements et garantira un calcul plus juste des droits en matiĂšre de santĂ©, de retraite, de formation professionnelle, etc.
Le rapprochement prendra effet en 2022, au titre des revenus de 2021.
III. Â Les mouvements entre les sphĂšres Ătatique et sociale
Le PLFSS organise la rĂ©partition de certaines recettes entre lâĂtat et les organismes de sĂ©curitĂ© sociale (A), ainsi quâentre ces derniers (B).
A.  Des relations financiĂres avec lâĂtat clarifiĂes
Seront abordés le schéma de compensation des exonérations et réductions de prélÚvements sociaux en 2021 (1), puis la hausse du poids des impositions de toute nature dans le financement de la sécurité sociale (2).
1. Â La compensation des allĂšgements sociaux
La doctrine relative aux neutralisations a progressivement évolué (a) ; il convient de présenter ses effets contemporains (b).
a. Â Les grands principes
Lâarticle L. 131â7 du Code de la sĂ©curitĂ© sociale prĂ©voit que lâĂtat attribue des recettes fiscales ou des crĂ©dits Ă la sĂ©curitĂ© sociale afin de compenser :
â toute mesure de rĂ©duction ou dâexonĂ©ration instituĂ©e Ă compter de lâentrĂ©e en vigueur de la loi dite Veil ([59]) ;
â toute mesure soit de rĂ©duction ou dâexonĂ©ration de contributions, soit de rĂ©duction ou dâabattement dâassiette de cotisations ou contributions instituĂ©e Ă Â compter de lâentrĂ©e en vigueur de la loi du 13 aoĂ»t 2004 ([60]) ;
â toute mesure de transferts de charges.
ConformĂ©ment Ă lâarticle L.O. 111-3 du Code de la sĂ©curitĂ© sociale ([61]), il revient aux seules LFSS de crĂ©er ou modifier des rĂ©ductions ou exonĂ©rations de cotisations ou de contributions non-compensĂ©es aux ROBSS.
Avec le principe de compensation intĂ©grale Ă©voquĂ© supra, permettant une compensation Ă lâeuro, les exonĂ©rations ont Ă©tĂ© neutralisĂ©es par des dotations budgĂ©taires de 1994 Ă 2006. AprĂšs 2006, on relĂšve lâutilisation croissante de recettes affectĂ©es, principalement des fractions de TVA.
Le principe de compensation pour solde de tout compte sâimpose avec la LFSS pour 2011 et conduit Ă un traitement diffĂ©rencié : les exonĂ©rations gĂ©nĂ©rales sont compensĂ©es par lâaffectation de recettes (ou la rebudgĂ©tisation de dĂ©penses dans le cas du pacte de responsabilitĂ©), tandis que les exonĂ©rations ciblĂ©es sont compensĂ©es par lâutilisation de dotations.
Depuis 2016, les exonĂ©rations ciblĂ©es sont toutes compensĂ©es par lâaffectation de crĂ©dits budgĂ©taires. Ces exonĂ©rations sont les seules qui restent concernĂ©es par le principe de compensation intĂ©grale. Il convient cependant de noter que lâensemble des exonĂ©rations ciblĂ©es ne font pas lâobjet dâune compensation.
Avec la LFSS pour 2019, la doctrine a Ă©volué : le coĂ»t des allĂšgements gĂ©nĂ©raux aura vocation Ă ĂȘtre assumĂ©, soit par lâĂtat (en crĂ©dits ou en recettes), soit par la sĂ©curitĂ© sociale, en fonction de lâaffectataire des recettes minorĂ©es, tandis que les allĂšgements ciblĂ©s resteront compensĂ©s.
Le Gouvernement sâappuie, pour opĂ©rer cet ajustement, sur un rapport remis en octobre 2018 au Parlement en application de lâarticle 27 de la loi de programmation des finances publiques pour 2018-2022 ([62]), qui clarifie les contours dâune solidaritĂ© financiĂšre renouvelĂ©e entre les deux sphĂšres.
Les rapporteures pour avis soulignent lâimportance dâentretenir un raisonnement budgĂ©taire englobant lâensemble des administrations publiques : ces allĂšgements visent Ă soutenir lâemploi et le pouvoir dâachat, deux objectifs qui constituent un bien pour lâensemble de la sociĂ©tĂ© et peuvent in fine gĂ©nĂ©rer de nouvelles recettes pour la sĂ©curitĂ© sociale.
b.  Le schéma de compensation
Le montant total des allĂšgements reprĂ©sente 68,8 milliards dâeuros en 2019, 67,8 milliards dâeuros en 2020 et 69,8 milliards dâeuros en 2021.
Il convient de rappeler quâil ne sâĂ©levait quâĂ 10 milliards dâeuros dans les annĂ©es 1990, 20 milliards dâeuros en 2010 et 33 milliards dâeuros en 2018.
Â
Ăvolution des montants des allĂgements gĂnĂraux et ciblĂs de 2019 Ă 2021
(en milliards dâeuros)
|
 |
2019 |
2020 |
2021 |
|
AllÚgements généraux (compensés) |
59,99 |
55,01 |
61,16 |
|
Cotisations patronales sur les bas salaires |
27,85 |
25,69 |
29,08 |
|
dont sécurité sociale |
20,81 |
17,15 |
19,41 |
|
dont contributions au FNAL et Ă la CNSAÂ ([63]) |
0,62 |
0,51 |
0,58 |
|
dont assurance chÎmage et retraite complémentaire |
6,42 |
8,03 |
9,09 |
|
Cotisations maladie des salariés |
22,16 |
20,45 |
21,82 |
|
Cotisations maladie des assurés de régimes spéciaux |
0,28 |
0,24 |
0,25 |
|
Cotisations famille des salariés |
7,73 |
7,13 |
7,61 |
|
Cotisations famille des indépendants |
1,23 |
0,85 |
1,52 |
|
Cotisations maladie des indépendants |
0,74 |
0,65 |
0,87 |
|
AllÚgements ciblés (compensés) |
5,73 |
7,57 |
5,68 |
|
AllÚgements ciblés (non-compensés) |
2,12 |
1,91 |
1,99 |
|
Total des mesures en faveur de lâemploi |
68,83 |
67,84 |
69,77 |
Source : commission des comptes de la sécurité sociale et annexe V du PLFSS pour 2021.
2. Â La progression de la place de lâimpĂŽt dans les finances sociales
Depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, la sĂ©curitĂ© sociale Ă©tait majoritairement (Ă hauteur de plus de 90 % jusquâen 1990) financĂ©e par des cotisations assises sur le facteur travail, suivant une logique dâinspiration mutualiste parfois qualifiĂ©e de « bismarckienne ».
Les trente derniĂšres annĂ©es ont vu lâaffectation croissante dâimpositions de toute nature (ITN) aux ASSO, avec la crĂ©ation de la CSG en 1991 et le transfert successif de prĂ©lĂšvements fiscaux comme la taxe sur les salaires (TS), divers droits dâaccises, la contribution sociale de solidaritĂ© des sociĂ©tĂ©s (C3S), etc.
En 2021, le poids des cotisations devrait donc ĂȘtre de 50,9Â %, contre 47,2Â % pour celui des ITN.
Cet Ă©tat de fait traduit lâĂ©volution tendancielle vers un systĂšme de protection sociale dit « beveridgien ».
ĂTAT prĂvisionnel DES RECETTES du rĂgime gĂnĂral et du FSV en 2021
(en milliards dâeuros)
|
 |
Maladie |
Vieillesse |
Famille |
AT-MP |
Autonomie |
Régime général |
FSV |
RG |
|
Cotisations effectives |
74,4 |
89,7 |
31,0 |
12,7 |
0,0 |
206,1 |
0,0 |
206,1 |
|
Cotisations prises |
2,4 |
2,3 |
0,7 |
0,1 |
0,0 |
5,5 |
0,0 |
5,5 |
|
Cotisations fictives dâemployeur |
0,0 |
0,0 |
0,0 |
0,0 |
0,0 |
0,0 |
0,0 |
0,0 |
|
Contribution sociale généralisée |
48,4 |
0,0 |
12,4 |
0,0 |
28,0 |
88,5 |
16,9 |
105,4 |
|
ImpĂŽts, taxes |
65,2 |
16,6 |
5,5 |
0,0 |
2,8 |
90,1 |
0,0 |
90,1 |
|
Charges liées au non- recouvrement |
â 0,9 |
â 0,7 |
â 0,1 |
â 0,1 |
â 0,1 |
â 2,0 |
â 0,2 |
â 2,2 |
|
Transferts |
1,8 |
29,1 |
0,2 |
0,0 |
0,4 |
19,7 |
0,0 |
2,2 |
|
Produits financiers |
0,0 |
0,0 |
0,0 |
0,0 |
0,0 |
0,0 |
0,0 |
0,0 |
|
Autres produits |
6,7 |
0,3 |
0,8 |
0,5 |
0,0 |
8,2 |
0,0 |
8,2 |
|
Totaux |
197,9 |
137,4 |
50,4 |
13,2 |
31,2 |
416,2 |
16,7 |
415,4 |
Source : annexe C du PLFSS pour 2021.
Dans le détail :
â les cotisations progresseraient de 8,9 % en 2021, soit un rythme supĂ©rieur Ă celui de la masse salariale ;
â les recettes de CSG sâaccroĂźtraient de 8,4 %, avec une hausse de 12,6 % de la CSG assise sur les revenus dâactivitĂ© contrebalancĂ©e par une baisse de 1,7 % de la CSG assise sur les revenus de remplacement, en raison, selon la CCSS, « dâun recours nettement plus faible Ă lâactivitĂ© partielle, mais aussi dâune revalorisation des pensions plus modĂ©rĂ©e (0,4 %), consĂ©quence dâune faible inflation », tandis que la CSG assise sur les jeux resterait stable et que la CSG assise sur les revenus du patrimoine baisserait de 1,6 % ;
â les impĂŽts assis sur la valeur ajoutĂ©e ou la consommation croĂźtraient avec la reprise Ă©conomique tandis que, toujours dâaprĂšs la CCSS, « plusieurs recettes subissent de maniĂšre dĂ©calĂ©e les effets de la crise, leur rendement Ă©tant basĂ© sur une assiette se rattachant Ă 2020, comme la C3S (â 8,0 %), le forfait social (â 6,7 %), les prĂ©lĂšvements sur stock-options et attributions gratuites dâaction (â 3,8 %) ».
Lâarticle 30 du PLF pour 2021 prĂ©voit une hausse de 0,25 point de la fraction de TVA affectĂ©e Ă Â la sĂ©curitĂ© sociale, qui passe Ă 27,89 % de son rendement (36,7 milliards dâeuros). Cet ajustement est motivĂ© par la simplification du circuit de financement de lâallocation supplĂ©mentaire dâinvaliditĂ© (ASI), transfĂ©rĂ©e Ă la CNAM, la compensation de la suppression de la taxe sur les premiĂšres ventes de dispositifs mĂ©dicaux ([65]), le financement de lâagence de santĂ© de Wallis-et-Futuna et la prorogation du TO-DE (cf. supra).
Taux de la fraction de TVA affectĂe Ă la sĂcuritĂ sociale de 2013 Ă 2021
(en pourcentage)
Source : commission des finances.
B. Â Les transferts entre branches et organismes
Ainsi que le rappelle la CCSS, « les rĂ©gimes de sĂ©curitĂ© sociale Ă©changent dâimportantes masses financiĂšres entre eux et avec dâautres organismes ; ces transferts poursuivent diffĂ©rents objectifs : il peut sâagir de transfĂ©rer le financement dâune prestation dâun organisme Ă un autre, de prendre en charge des cotisations de catĂ©gories particuliĂšres dâaffiliĂ©s, dâassurer lâĂ©quilibre comptable de rĂ©gimes intĂ©grĂ©s financiĂšrement ou dâapporter des ressources Ă des fonds de financements ».
Leur volume et leur complexitĂ© excluent un commentaire Ă lâĂ©chelle du prĂ©sent avis. Comme chaque annĂ©e, ils sont listĂ©s et commentĂ©s de maniĂšre exhaustive dans lâannexe VI du PLFSS.
Â
SchĂma rĂcapitulatif des traNSferts de recettes internes Ă la sĂcuritĂ sociale en 2021
(en millions dâeuros)
Source : annexe VI du PLFSS pour 2021.
â  1  â
Il importe nĂ©anmoins de sâintĂ©resser Ă la modification des flux quâentraĂźne la crĂ©ation de la branche autonomie par lâarticle 5 de la loi du 7 aoĂ»t 2020, prĂ©citĂ©e, et quâorganise lâarticle 16 du PLFSS.
Actuellement, la CNSA dĂ©pose ses fonds sur le compte unique du TrĂ©sor et nâest pas habilitĂ©e Ă recourir Ă des ressources non-permanentes, ce qui la contraint parfois Ă utiliser ses rĂ©serves.
Son nouveau statut de caisse du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral implique que la trĂ©sorerie de la CNSA soit centralisĂ©e auprĂšs de lâACOSS, alors que les relations financiĂšres des deux structures se limitaient :
â au recouvrement de la contribution de solidaritĂ© pour lâautonomie (CSA) et de la contribution additionnelle de solidaritĂ© pour lâautonomie (CASA), ainsi que de la fraction concernĂ©e de CSG, dans un sens (5,2 milliards dâeuros) ;
â au versement Ă Â la CNAM dâune participation Ă Â diverses prestations services dans les Ă©tablissements et services mĂ©dico-sociaux (ESMS), dans lâautre sens (1,7 milliard dâeuros).
Le budget de la CNSA obéira désormais au principe de la non-affectation de recettes particuliÚres à des charges définies.
Architecture des flux entrants et sortants de la branche autonomie
Source : annexe IX du PLFSS pour 2021.
â  1  â
Seconde partie :
les dĂpenses
Pour les dépenses des branches maladie (I), vieillesse (II), famille (III), AT-MP (IV), et désormais autonomie (V), la crise sanitaire liée au covid-19 a représenté des conséquences plus ou moins massives et a conduit les organismes de sécurité sociale à adapter leur activité.
I. Â UNE SOLLICITATION SANS PRĂCĂDENT DE LA BRANCHE MALADIE DANS UN CONTEXTE DE CRISE, SE TRADUISANT PAR DES DĂPENSES CONJONCTURELLES ET STRUCTURELLES SUPPLĂMENTAIRES
La crise sanitaire a conduit Ă augmenter brutalement et avec une ampleur inĂ©dite les dĂ©penses de la branche maladie, aggravant un dĂ©ficit dĂ©jĂ creusĂ© par les pertes de recettes (cf. supra). Si lâONDAM pour 2019 a Ă©tĂ© sous-exĂ©cutĂ© (A), la crise sanitaire a entraĂźnĂ© son dĂ©passement dans des proportions importantes en 2020 (B). En raison de rĂ©formes structurelles et de surcoĂ»ts persistants dus Ă la situation Ă©pidĂ©mique, lâONDAM pour 2021 poursuivra une trajectoire ascendante bien que moins brutale quâen 2020 (C).
A.  LâonDAM pour 2019 a Ă©tĂ© lĂ©gĂšrement sous-exĂ©cutĂ©
LâONDAM pour 2019 tel que fixĂ© par la LFSS pour 2020 sâĂ©tablissait Ă Â 200,4 milliards dâeuros. Les dĂ©penses finalement enregistrĂ©es se sont Ă©levĂ©es Ă Â 200,2 milliards dâeuros, lĂ©gĂšrement en deçà de lâobjectif.
 La sous-exĂ©cution des dĂ©penses relatives aux Ă©tablissements de santĂ© et des dĂ©penses des Ă©tablissements de santĂ© liĂ©s aux activitĂ©s de mĂ©decine, chirurgie et obstĂ©trique expliquent la majeure partie de cette sous-exĂ©cution : elles sont infĂ©rieures de 210 millions dâeuros aux objectifs rectifiĂ©s ([66]).
Par consĂ©quent, les dĂ©penses de santĂ© progressent de 2,6 % par rapport Ă Â lâannĂ©e 2018, sâinscrivant dans une tendance de long terme de progression modĂ©rĂ©e des dĂ©penses de santĂ© en France, de lâordre 2 % par an en moyenne ([67]) .
Au total, lâONDAM pour 2021 apparaĂźt comme lâaddition dâune augmentation des moyens (5,1 milliards dâeuros) supĂ©rieure Ă celle constatĂ©e en moyenne depuis cinq ans (4 milliards dâeuros) de mesures nouvelles au titre du « SĂ©gur de la santé » (7,4 milliards dâeuros), pour la plus grande part sous forme de revalorisations salariales dans les Ă©tablissements de santĂ© et mĂ©dico-sociaux, et dâune provision de 4,3 milliards dâeuros de mesures exceptionnelles liĂ©es Ă la crise sanitaire. Depuis 2019, hors mesures exceptionnelles pour faire face Ă la pandĂ©mie, lâONDAM progresserait ainsi de 4,3 % par an en moyenne, soit deux fois plus vite que sur les cinq derniĂšres annĂ©es (2,2 % en moyenne annuelle).
B. Â Des dĂpenses de santĂ exceptionnelles au titre de lâannĂe 2020
La brutalitĂ© et lâampleur de la crise sanitaire liĂ©e au covid-19 conduisent Ă revoir en profondeur les prĂ©visions de dĂ©penses de santĂ© en 2020. Ainsi, alors que lâONDAM devait progresser de 2,45 % selon les prĂ©visions de la LFSS pour 2020, sa progression finale par rapport Ă 2019 serait finalement de 7,6 %.
Un ONDAM croissant de 7,6 % est un fait inédit pour le systÚme de santé, comme le montre le graphique ci-dessous :
niveaux et dĂ©passement de lâondam
(en milliards dâeuros et en pourcentage)
Note : lâabscisse reprĂ©sente le niveau de dĂ©penses constatĂ©es en milliards dâeuros, tandis que lâordonnĂ©e indique le taux dâĂ©volution de lâONDAM. La taille de la bulle indique lâampleur du dĂ©passement de la prĂ©vision initiale (en rouge) ou de la sous-exĂ©cution (en vert). La bulle pour 2020 est une prĂ©vision.
Source : annexe VII du PLFSS pour 2021.
Cette augmentation de 4,91 % du montant de lâONDAM pour 2020 entre le vote de la LFSS pour 2020 et le PLF pour 2021 sâexplique par les effets en dĂ©penses de la crise sanitaire, et notamment des surcoĂ»ts exceptionnels, Ă hauteur de 15,1 milliards dâeuros. La baisse des remboursements de soins de ville a toutefois conduit Ă une minoration de la hausse de lâONDAM.
Â
Â
Â
Â
ONDAM pour 2020 prévu en LFSS pour 2020 et ondam rectifié
(en milliards dâeuros et en pourcentage)
|
 |
LFSS |
Pour 2020 rectifié / PLFSS |
Ăvolution, entre lâONDAM prĂ©vu et lâONDAM rectifiĂ© |
Ăvolution entre lâONDAM prĂ©vu |
|
Dépenses de soins de ville |
93,6 |
93,5 |
â 0,1 |
â  0,11 % |
|
Dépenses relatives aux établissements |
84,4 |
87,7 |
3,3 |
3,91Â % |
|
Contribution (pour 2020) ou dépenses (pour 2021) relatives aux établissements et services pour personnes ùgées |
10 |
11,5 |
1,5 |
15,00Â % |
|
Contribution (pour 2020) ou dépenses (pour 2021) relatives aux établissements et services pour personnes handicapées |
11,7 |
12 |
0,3 |
2,56Â % |
|
Dépenses relatives au fonds d'intervention régionale |
3,5 |
3,8 |
0,3 |
8,57Â % |
|
Autres prises en charge |
2,4 |
7,2 |
4,8 |
200,00Â % |
|
Total |
205,6 |
215,7 |
10,1 |
4,91Â % |
Source : commission des finances à partir de la LFSS pour 2020 et du PLFSS pour 2021.
Ă©volutions de lâondam pour 2020 entre sa prĂ©vision par la lfss pour 2020
et sa révision par le PLFSS pour 2021
(en milliards dâeuros)
Source : commission des finances Ă partir de lâannexe VII du PLFSS pour 2021.
Les surcoûts directement causés par la situation épidémique (1) ainsi que les revalorisations salariales du « Ségur de la santé » (2) ont conduit à une augmentation importante des dépenses de santé, partiellement modérée toutefois par une sous-consommation des dépenses de soins de ville (3).
1.  Les surcoûts liés à la crise épidémique
La comparaison entre la progression effective de lâONDAM en 2020 par rapport Ă 2019 (+ 7,6 %) et la progression de lâONDAM hors covid (+ 3,2 %) souligne lâimpact de la crise sanitaire sur la progression des dĂ©penses de la branche maladie. Les rapporteures pour avis saluent Ă ce titre la prĂ©sentation de cet indicateur de lâONDAM hors covid, lâune des recommandations figurant dans la contribution de Mme Cendra Motin annexĂ©e au rapport dâinformation portant sur le printemps de lâĂ©valuation, de M. Ăric Woerth, prĂ©sident de la commission des finances ([68]).
Les surcoĂ»ts liĂ©s Ă la crise sanitaire atteignent 15,1 milliards dâeuros et sont de plusieurs natures : Ă la dotation attribuĂ©e Ă SantĂ© publique France pour la gestion de la crise (a) sâajoutent des fonds mis Ă disposition des Ă©tablissements de santĂ© et du fonds dâintervention rĂ©gional (b), la prise en charge intĂ©grale par lâassurance maladie de certains actes (c), la sur-consommation des indemnitĂ©s journaliĂšres (d), lâaccompagnement des professionnels de santĂ© (e), ainsi que dâautres surcoĂ»ts de moindre ampleur (f).
a.  La dotation à Santé publique France pour la gestion des besoins des établissements de santé au plus fort de la crise
SantĂ© publique France a jouĂ© au plus fort de la crise et dans les semaines qui ont suivi un rĂŽle central : elle a Ă©tĂ© chargĂ©e par lâassurance maladie dâassurer la distribution de matĂ©riels de protection aux Ă©tablissements de santĂ©, principalement lâachat de masques chirurgicaux et dâĂ©quipements de protection (sur-blouses, charlottes et gants). Ă cette fin, lâagence a bĂ©nĂ©ficiĂ© dâun versement de 4,8 milliards dâeuros.
Au total, lâagence a commandĂ© 4,6 milliards de masques, dont 1,8 milliard a Ă©tĂ© distribuĂ© Ă ce jour. Les livraisons Ă venir arriveront dâici la fin de lâannĂ©e, de la part de fournisseurs français. Au pic de lâĂ©pidĂ©mie, 90 millions de masques Ă©taient mis Ă disposition des professionnels de santĂ© chaque semaine. Si les professionnels de santĂ©, quâils exercent en Ă©tablissement de santĂ© ou de maniĂšre libĂ©rale, doivent maintenant assurer seul leur approvisionnement en masques, SantĂ© publique France dispose dĂ©sormais dâune rĂ©serve mobilisable en cas de besoin ([69]).
LâactivitĂ© de lâagence a Ă©galement consistĂ© Ă mettre en Ćuvre et assurer le contact tracing, Ă faire la promotion des gestes barriĂšres, ainsi quâĂ mobiliser la rĂ©serve sanitaire. Ainsi, plus de 3 000 rĂ©servistes ont Ă©tĂ© mobilisĂ©s, pour un total de 34 000 jours de mission. Elle sâinquiĂšte malgrĂ© tout de sa capacitĂ© Ă dĂ©ployer, dans le contexte exceptionnel dans lequel nous sommes, ses actions de prĂ©vention habituelles (vaccinations, mois sans tabac, etc.).
b.  La mise Ă disposition de financements supplĂ©mentaires pour les Ă©tablissements de santĂ© et le fonds dâintervention rĂ©gional
4,8 milliards dâeuros ont Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©s au bĂ©nĂ©fice des Ă©tablissements de santĂ© et du fonds rĂ©gional dâintervention :
â tout dâabord, des crĂ©dits ont Ă©tĂ© mis Ă disposition des Ă©tablissements de santĂ© et mĂ©dico-sociaux pour faire face aux dĂ©penses induites par lâurgence sanitaire, et notamment lâachat de matĂ©riel, la rĂ©organisation et les amĂ©nagements des Ă©tablissements, les frais de transport et de logement des personnels ainsi que les renforts, pour 1,8 milliard dâeuros ;
â 2,3 milliards dâeuros ont en outre permis de financement des heures supplĂ©mentaires majorĂ©es et des primes, dont la prime exceptionnelle versĂ©e aux personnels hospitaliers impliquĂ©s dans la prise en charge de lâĂ©pidĂ©mie. Cette prime, dâun montant de 1 500 euros pour les personnels en hĂŽpitaux et en EHPAD dans les 40 dĂ©partements les plus exposĂ©s, et de 500 euros pour les agents des autres structures, reprĂ©sente au 30 septembre 2020 1,25 milliard dâeuros, versĂ©s en quatre phases aux Ă©tablissements de santĂ©, au bĂ©nĂ©fice de 889 214 agents de la fonction publique hospitaliĂšre et de 299 397 salariĂ©s des Ă©tablissements privĂ©s Ă but lucratif et non lucratif ([70]).
La garantie de financement des établissements de santé
En raison de la baisse des activitĂ©s non liĂ©es Ă lâĂ©pidĂ©mie, pour beaucoup dĂ©programmĂ©es afin de faire face Ă lâurgence sanitaire, un grand nombre dâĂ©tablissements de santĂ© ont craint une baisse de recettes. Afin de stabiliser la situation financiĂšre des Ă©tablissements mĂ©dicaux durant cette pĂ©riode trĂšs agitĂ©e et anxiogĂšne pour les gestionnaires et les personnels, le Gouvernement a remplacĂ© temporairement la tarification Ă lâactivitĂ© (T2A) par une garantie de ressources assurant au minimum Ă Â chaque Ă©tablissement un financement de lâassurance maladie Ă©gal Ă celui versĂ© en 2019. En outre, une avance de trĂ©sorerie a Ă©tĂ© mise Ă disposition, afin de couvrir les recettes correspondant en temps normal aux recettes liĂ©es au ticket modĂ©rateur et aux forfaits journaliers.
Le reste de lâenveloppe de 4,8 milliards dâeuros a permis la prise en charge des tests rĂ©alisĂ©s au sein des Ă©tablissements (prĂšs de 300 millions dâeuros), la compensation des pertes de recettes de la CNSA (environ 200 millions dâeuros), lâannulation de la hausse du ticket modĂ©rateur pour les actes et consultations externes faisant suite Ă une prise en charge en urgence (environ 100 millions dâeuros) ou encore le flĂ©chage de 200 millions dâeuros vers le fonds dâintervention rĂ©gional pour son action de gestion locale de la crise.
c.  La prise en charge Ă 100 % dâactes mĂ©dicaux
Avant le mois de mars 2020, les tĂ©lĂ©consultations auprĂšs des mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes reprĂ©sentaient 0,1 % des remboursements de lâassurance maladie. Leur part dans le total des remboursements a atteint 8 % en mars, puis 25 % en avril 2020. La consultation des professionnels de santĂ© dans le cadre du « SĂ©gur » a permis de montrer la pertinence de ce mode dâexercice de la mĂ©decine pour un grand nombre de situations, parmi lesquelles le suivi des pathologies chroniques.
NĂ©anmoins, les rapporteures pour avis sâinterrogent sur lâopportunitĂ© dâen circonscrire le pĂ©rimĂštre Ă des affections plus ciblĂ©es ou Ă un nombre dâactes rĂ©duit pour Ă©viter de possibles abus.
La prise en charge intĂ©grale par lâassurance maladie des tĂ©lĂ©consultations : une bonne pratique de gestion de crise Ă©tendue dans le temps par le PLFSS pour 2021
Alors quâelle connaissait un dĂ©veloppement lent (environ 10 000 actes par semaine en septembre 2018), la tĂ©lĂ©consultation a connu un succĂšs fulgurant lors du confinement (un million de tĂ©lĂ©consultations par semaine).
La prise en charge intĂ©grale des actes rĂ©alisĂ©s en tĂ©lĂ©consultation pour lâensemble des assurĂ©s a constituĂ© une mesure dâincitation et dâopportunitĂ© pour ce type de consultation 2.0 depuis le dĂ©but de la crise sanitaire.
Le nombre de mĂ©decins y recourant est passĂ© de moins de 3 000 avant la mi-mars Ă 45 000 Ă la fin avril, dĂ©montrant une certaine facilitĂ© dâĂ©quipement et de mise en Ćuvre pour les mĂ©decins.
Les travaux menĂ©s dans le cadre du « SĂ©gur de la santé » ont conclu Ă la nĂ©cessitĂ© « dâaccĂ©lĂ©rer le dĂ©veloppement des tĂ©lĂ©consultations ». DĂšs lors, afin dâencourager le dĂ©veloppement de la tĂ©lĂ©consultation, lâarticle 32 du PLFSS propose de prolonger jusquâĂ la fin de lâannĂ©e 2021 la prise en charge Ă 100 % des tĂ©lĂ©consultations. Ce dĂ©lai doit en outre permettre de laisser le temps aux professionnels de sâĂ©quiper et aux partenaires conventionnels de rĂ©flĂ©chir Ă une nouvelle maniĂšre de dĂ©finir les conditions de recours et de prise en charge.
Cette mesure reprĂ©sente un coĂ»t de 65 millions dâeuros pour lâannĂ©e 2021. Cette estimation repose sur la prĂ©vision de 250 000 tĂ©lĂ©consultations rĂ©alisĂ©es par semaine, dans la droite ligne des donnĂ©es observĂ©es Ă lâissue de la pĂ©riode de confinement, et dâun reste Ă charge individuel moyen de 5 euros dans le fonctionnement actuel.
Les rapporteures pour avis saluent cette initative, qui doit permettre une diffusion plus large et plus rapide dâune modalitĂ© dâexercice de la mĂ©decine plus proche des souhaits des patients et des professionnels, et de nature Ă amĂ©liorer le recours aux soins. Elles sâinterrogent nĂ©anmoins sur le pĂ©rimĂštre trĂšs large de cette autorisation qui rendrait difficile un retour en arriĂšre sur le nombre, les motifs ou les affections Ă©ligibles Ă ce type de consultation.
MalgrĂ© ce dĂ©ploiement rapide des tĂ©lĂ©consultations, un grand nombre de personnes nâont pas consultĂ© leur mĂ©decin durant la pĂ©riode de confinement.
Afin de limiter les consĂ©quences de long terme de cette absence de soins, lâassurance maladie a mis en Ćuvre des consultations longues pour les personnes vulnĂ©rables nâayant pas consultĂ© leur mĂ©decin durant le confinement. Ces consultations sont Ă©galement exonĂ©rĂ©es de ticket modĂ©rateur. Le coĂ»t total cumulĂ© de ces deux mesures reprĂ©sente 200 millions dâeuros.
En outre, un surcoĂ»t de 1,5 milliard dâeuros est enregistrĂ© pour le financement des tests diagnostiques effectuĂ©s en laboratoire. La politique de lutte contre lâĂ©pidĂ©mie repose en effet sur un recours massif aux tests : le Gouvernement a fixĂ© un objectif dâun million de tests par semaine. 85 % des tests rĂ©alisĂ©s le sont en laboratoires de ville.
Ils sont intĂ©gralement pris en charge par lâassurance maladie, pour un tarif de 54 euros par test, auxquels sâajoutent 18 euros environ au titre des forfaits de prĂ©lĂšvement et dâanalyse. Une comparaison europĂ©enne fait apparaĂźtre le coĂ»t trĂšs Ă©levĂ© des dĂ©pistages en France, qui appellera une explication et des Ă©claircissements ultĂ©rieurs.
d.  Le financement dâindemnitĂ©s journaliĂšres spĂ©cifiques et lâextension du dispositif
La mise en place dâindemnitĂ©s journaliĂšre ad hoc, destinĂ©es aux parents dâenfants sans solution de garde et aux personnes vulnĂ©rables ou vivant avec des personnes vulnĂ©rables, a contribuĂ© Ă augmenter les dĂ©penses de lâassurance maladie.
Les surcoĂ»ts liĂ©s Ă la crise sanitaire sont estimĂ©s Ă 2 milliards dâeuros concernant les arrĂȘts de travail, dont 46 % au titre de la garde dâenfants, 9 % au titre des personnes vulnĂ©rables, et 45 % au titre des arrĂȘts maladies pour covid ou suspicion de covid ([71]).
En outre, le bĂ©nĂ©fice des indemnitĂ©s journaliĂšres a Ă©tĂ© Ă©tendu aux professionnels libĂ©raux qui jusque-lĂ nâen bĂ©nĂ©ficiaient pas ([72]). Enfin, la pĂ©riode de carence a Ă©tĂ© supprimĂ©e.
Depuis le 1er mai 2020, les indemnitĂ©s créées dans le contexte de la crise sanitaire ne sont plus prises en charge par lâassurance maladie : elles relĂšvent dĂ©sormais du dispositif dâactivitĂ© partielle financĂ© par lâĂtat et lâassurance chĂŽmage.
e.  Lâaccompagnement des professionnels de santĂ©
Les cabinets mĂ©dicaux ont subi une baisse drastique de leur frĂ©quentation : lâactivitĂ© des spĂ©cialistes et des dentistes a diminuĂ© respectivement de 50 % et de 80 % entre mi-mars et fin avril 2020 par rapport Ă la mĂȘme pĂ©riode en 2019, et celle des orthophonistes et des masseurs-kinĂ©sithĂ©rapeutes a diminuĂ© respectivement de 90 % et de 80 % entre mi-mars et fin avril 2020 par rapport Ă la mĂȘme pĂ©riode en 2019.
Afin dâaccompagner les professionnels de santĂ© dans ce contexte inĂ©dit, lâassurance maladie a mis en Ćuvre une aide financiĂšre Ă leur bĂ©nĂ©fice, visant Ă Â couvrir une partie de leurs charges fixes, pour un coĂ»t total de 1,4 milliard dâeuros.
Le montant de cette aide a reposĂ© sur la prise en compte de deux facteurs : dâune part la perte dâactivitĂ© dĂ©clarĂ©e par les professionnels par rapport Ă 2019, et dâautre part un taux moyen de charges fixes, estimĂ© par lâassurance maladie par catĂ©gorie de professions.
En outre, les mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes, les infirmiers et les sages-femmes ont bĂ©nĂ©ficiĂ© dâune aide de 700 euros au titre des frais dâadaptation de leur activitĂ© aux mesures sanitaires, notamment en raison du respect de la distanciation et de lâachat de masques.
f.  Les autres surcoûts
Dâautres surcoĂ»ts dâun montant moindre ont Ă©tĂ© enregistrĂ©s :
â 200 millions dâeuros de frais de distribution de masques dans les pharmacies ;
â lâannulation ou le report de mesure dâĂ©conomies pour 100 millions dâeuros.
décomposition des surcoûts liés à la crise sanitaire
(en milliards dâeuros)
|
 |
Montants |
|
Dotation à Santé publique France |
4,8 |
|
Financements supplémentaires aux établissements de santé |
4,8 |
|
Indemnités journaliÚres |
2 |
|
Masques Ă destination des pharmacies |
0,2 |
|
Remboursement intégral des tests diagnostiques |
1,5 |
|
Remboursement à 100 % de la téléconsultation et consultations longues |
0,2 |
|
Annulation dâĂ©conomies |
0,1 |
|
Aide financiĂšre aux professionnels |
1,4 |
|
Total |
15 |
Source : commission des finances à partir des documents budgétaires.
2. Â Le financement de revalorisations salariales
Les concertations du « Ségur de la santé » se sont tenues en juin et en juillet 2020, et ont abouti à la signature de plusieurs accords, entre le 13 et le 16 juillet 2020.
La revalorisation socle des salaires a été actée dans le cadre du « Ségur », avec des effets budgétaires importants pour 2020 et 2021. Cette revalorisation consiste à attribuer un complément de traitement indiciaire (et son équivalent pour les agents contractuels) aux personnels exerçant leurs fonctions dans des établissements publics de santé ou des EHPAD.
Cette revalorisation sâest traduite par le versement de 90 euros nets supplĂ©mentaires par mois pour les personnels des Ă©tablissements de santĂ© et des EHPAD (80 euros par mois pour les salariĂ©s du secteur privĂ© lucratif) Ă compter de septembre 2020, pour un coĂ»t total dâun milliard dâeuros. Ce complĂ©ment de traitement indiciaire sera en outre pris en compte dans le calcul des pensions de retraite.
La seconde tranche, de 93 euros nets, sera versée en mars 2021. à compter de mars 2021, les salaires seront donc supérieurs de 183 euros par mois à la situation antérieure aux accords du « Ségur ».
3. Â Baisse des remboursements de soins de ville
Les remboursements de soins de ville sont sous-exĂ©cutĂ©s Ă hauteur de 4,5 milliards dâeuros, dont 200 millions dâeuros portant sur les remboursements des mĂ©dicaments et 300 millions dâeuros portant sur les remboursements de dispositif mĂ©dicaux.
La majeure partie de cette sous-exĂ©cution provient de lâactivitĂ© des professionnels de santé en ville : les honoraires mĂ©dicaux et dentaires se sont notamment rĂ©vĂ©lĂ©s infĂ©rieurs de 2,1 milliards dâeuros Ă lâobjectif fixĂ© par la LFSS pour 2020. Les remboursements de mĂ©decine gĂ©nĂ©rale ont Ă©tĂ© particuliĂšrement enâdeçà des montants remboursĂ©s en 2019, avec une diminution de 12 %, avec un point bas Ă 28 % en avril.
De plus, la contribution des organismes complĂ©mentaires, enregistrĂ©e comme attĂ©nuation de dĂ©penses Ă hauteur dâun milliard dâeuros (cf. supra) permet de diminuer lâONDAM en 2020.
Le CADAM souligne toutefois que la prĂ©vision dâune sous-exĂ©cution des soins de ville de 4,5 milliards dâeuros (contre 5,4 milliards dâeuros estimĂ©s en juin 2020) repose sur une hypothĂšse de retour Ă la normale Ă la fin de lâannĂ©e. Si cette hypothĂšse est jugĂ©e « plausible » ([73]) , elle sâinscrit dans un contexte de grande incertitude. La direction de la sĂ©curitĂ© sociale (DSS) a confirmĂ© lors de son audition que le niveau dâincertitude restait encore fort quant au niveau de dĂ©penses final pour 2020, notamment concernant les surcoĂ»ts de la crise dans les Ă©tablissements de santé ([74]). Ainsi, « des réévaluations significatives restent possibles plus avant dans lâannĂ©e en fonction des dĂ©veloppements de la crise sanitaire et du rythme de retour Ă une activitĂ© normale des professions de santĂ© libĂ©rales » ([75]).
C.  Un ONDAM pour 2021 et un objectif de dĂpenses pour la branche maladie qui traduisent de nouvelles charges liĂes Ă la crise sanitaire mais Ă©galement des rĂ©formes structurelles
Si des surcoĂ»ts liĂ©s Ă la crise seront enregistrĂ©s en 2021 (1), la croissance de lâONDAM sâexplique Ă©galement par la mise en place de rĂ©formes structurelles, en partie issues du « SĂ©gur de la santé » (2), dont la mise en place deux dispositifs innovants, les maisons de naissance et les hĂŽtels hospitaliers (3).
ONDAM rectifié pour 2020 et ondam pour 2021
(en milliards dâeuros et en pourcentage)
|
 |
Pour 2020 rectifié par le PLFSS pour 2021 |
Pour 2021 par le PLFSS pour 2021 |
Ăvolution 2020 / rectifiĂ© 2021 |
Ăvolution 2020 / rectifiĂ© 2021 |
|
Dépenses de soins de ville |
93,5 |
98,9 |
5,4 |
5,78Â % |
|
Dépenses relatives aux établissements de santé |
87,7 |
92,3 |
4,6 |
5,25Â % |
|
Contribution (pour 2020) ou dépenses (pour 2021) relatives aux établissements et services pour personnes ùgées |
11,5 |
13,4 |
1,9 |
16,52Â % |
|
Contribution (pour 2020) ou dépenses (pour 2021) relatives aux établissements et services pour personnes handicapées |
12 |
12,4 |
0,4 |
3,33Â % |
|
Dépenses relatives au fonds d'intervention régionale |
3,8 |
3,8 |
- |
- |
|
Autres prises en charge |
7,2 |
3,8 |
â 3,4 |
â 47,22 % |
|
Total |
215,7 |
224,6 |
8,9 |
4,13Â % |
Source : commission des finances Ă partir de lâannexe B du PLFSS pour 2021.
LâĂ©volution tendancielle des dĂ©penses repose sur une hypothĂšse de retour Ă la normale de lâactivitĂ© de soins dĂšs la fin de lâannĂ©e 2020, qui se confirmerait en 2021. Ainsi, la progression spontanĂ©e des dĂ©penses dâassurance maladie est estimĂ©e Ă 4,4 %. Plus prĂ©cisĂ©ment, la progression spontanĂ©e des soins de ville serait de 5,2 %, celle des Ă©tablissements de santĂ© de 3,6 % (incluant le protocole PPCR, le plan de refondation des urgences et la stratĂ©gie « Ma santĂ© 2022 »), et celle des Ă©tablissements et services mĂ©dico-sociaux serait de 4,1 %.
En outre, en 2021, 7,4 milliards dâeuros de dĂ©penses sont liĂ©s aux effets du « SĂ©gur » (dont trois quarts sont des dĂ©penses de personnel), et 4,3 milliards dâeuros sont liĂ©s aux surcoĂ»ts entraĂźnĂ©s par le covid.
Enfin, la crĂ©ation de la cinquiĂšme branche conduit Ă Ă©largir le pĂ©rimĂštre de lâONDAM, en intĂ©grant 1,4 milliard dâeuros de dĂ©penses supplĂ©mentaires, financĂ©es jusquâici par la CNSA sur ses ressources propres.
LâONDAM pour 2021 intĂšgre Ă©galement 4 milliards dâeuros de mesures de rĂ©gulation, permettant de rĂ©duire son montant total.
Ainsi, lâONDAM progresserait en 2021 de 3,5 % par rapport Ă 2020. Toutefois, en excluant les surcoĂ»ts liĂ©s en 2020 et en 2021 Ă la crise sanitaire, lâONDAM progresserait de 6 %, soulignant lâimportance des mesures structurelles financĂ©es en 2021.
Ă©volution entre lâondam pour 2020 rectifiĂ© et lâondam pour 2021
(en milliards dâeuros)
Note : Avant 2020, il convient de parler des contributions de lâassurance maladie aux Ă©tablissements et services pour personnes ĂągĂ©es et handicapĂ©es. Ă partir de 2021 et de la crĂ©ation de la branche autonomie, il convient de parler de dĂ©penses relatives aux Ă©tablissements et services pour personnes ĂągĂ©es et handicapĂ©es.
Source : commission des finances à partir du PLFSS pour 2021.
Lâanalyse des objectifs de dĂ©penses de la branche maladie (recouvrant un champ plus large que lâONDAM, il inclut notamment les prestations dâinvaliditĂ© et de dĂ©cĂšs, ainsi que des indemnitĂ©s journaliĂšres dâassurance maternitĂ© et paternitĂ©) rĂ©vĂšle Ă©galement lâampleur des surcoĂ»ts liĂ©s Ă la crise sanitaire, particuliĂšrement forts en 2020.
Ă©volution DE LâOBJECTIF de dĂ©penses de la branche maladie
(en milliards dâeuros et en pourcentage)
|
 |
2019 exécuté |
2020 prévisionnel |
2020 rectifié |
2021 prévisionnel |
|
Régimes obligatoires de base |
218,1 |
224,1 |
236,1 |
218,4 |
|
Ăvolution |
 |
2,75Â % |
5,35Â % |
â 7,50 % |
|
Régime général |
216,6 |
222,6 |
234,60 |
216,90 |
|
Ăvolution |
 |
2,77Â % |
5,39Â % |
â 7,54 % |
Source : commission des finances à partir de la LFSS pour 2002 et du PLFSS pour 2021.
Ă©volution de lâobjectif de dĂ©penses de la branche maladie
(en milliards dâeuros)
Source : commission des finances à partir de la LFSS pour 2020 et du PLFSS pour 2021.
Ainsi, lâobjectif de dĂ©penses pour 2020 a augmentĂ© de 5,35 % pour les rĂ©gimes obligatoires de base et de 5,39 % pour le rĂ©gime gĂ©nĂ©ral entre le vote de la LFSS pour 2020 et la prĂ©sentation du PLFSS pour 2021. Cette croissance importante et brutale des dĂ©penses de santĂ© se traduit Ă©galement par une baisse relative en 2021, annĂ©e oĂč les dĂ©penses de la branche maladie devraient diminuer de 7,5 % environ par rapport Ă 2020.
1.  Des surcoûts conjoncturels liés à la crise sanitaire
LâONDAM pour 2021 inclut Ă©galement les surcoĂ»ts anticipĂ©s de la crise sanitaire, par le biais dâune provision de 4,3 milliards dâeuros, ventilĂ©e entre les diffĂ©rents sous-objectifs. Trois principaux champs de dĂ©penses seront ainsi couverts :
â le remboursement en 2021 dâun grand nombre de tests diagnostiques, pour un montant de 2 milliards dâeuros, rĂ©partis ente le sous-objectif « soins de ville » (85 %) et le sous-objectif « établissements sanitaires » (15 %) ;
â le financement potentiel de vaccins, par le biais dâune provision de 1,5 milliard dâeuros. Les incertitudes restent encore fortes Ă ce sujet ;
â lâachat de masques pour les personnes testĂ©es positives, identifiĂ©es comme cas-contact, ou souffrant dâune pathologie chronique, pour un montant de 700 millions dâeuros ;
â une contribution de 100 millions dâeuros au fonctionnement de SantĂ© publique France en soutien de ses missions liĂ©es Ă la crise sanitaire (recrutements, gestion des stocks, Ă©volutions informatiquesâŠ).
De la mĂȘme maniĂšre que pour lâONDAM pour 2020, la fixation de lâONDAM pour 2021 repose sur des hypothĂšses encore pour partie incertaines, et notamment lâabsence dâune « seconde vague » aussi violente que celle vĂ©cue au printemps 2020 et le retour Ă une trajectoire de soins normale ([76]).
Lâaffectation Ă la caisse nationale dâassurance maladie (CNAM) des excĂ©dents de la caisse dâassurance maladie des industries Ă©lectriques et gaziĂšres (CAMIEG)
et des provisions relatives à la réserve de prévoyance de la caisse de prévoyance
et de retaite des personnels de la SNCF (CPRP-SCNF)
Lâarticle 11 du PLFSS propose lâaffectation Ă la CNAM des excĂ©dents de la CAMIEG et des provisions relatives Ă la rĂ©serve de prĂ©voyance de la CPRP-SCNF. Les rapporteures pour avis sont favorables Ă cette mesure, qui permet de mobiliser des sommes actuellement dormantes et dâun montant important, Ă un moment oĂč lâĂ©quilibre de la branche maladie est trĂšs dĂ©gradĂ© et oĂč les rĂ©gimes complĂ©mentaires ont au contraire enregistrĂ© de moindres dĂ©penses en raison des consĂ©quences de la crise sanitaire sur les dĂ©penses de santĂ© de ville.
Depuis 2007, la CAMIEG a dĂ©gagĂ© des excĂ©dents importants sur les deux fonds dâassurance maladie complĂ©mentaire obligatoire quâelle gĂšre. MalgrĂ© une baisse des cotisations en 2014 et une augmentation du niveau de prise en charge de certaines prestations, la constitution de ces excĂ©dents sâest poursuivie. Par consĂ©quent, et dans un contexte de forte mobilisation du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral et de moindre mobilisation des rĂ©gimes complĂ©mentaires au plus fort de la crise, le transfert de 175 millions dâeuros vers le rĂ©gime gĂ©nĂ©ral rĂ©pond Ă un impĂ©ratif de solidaritĂ© et dâefficience de la dĂ©pense publique.
Les rĂ©serves du rĂ©gime de prĂ©voyance de la CPRP-SNCF, chargĂ©e de la gestion du rĂ©gime de retraite et de prĂ©voyance des salariĂ©s de la SCNF, sont mobilisĂ©es pour couvrir les besoins de trĂ©sorerie de la branche vieillesse, dont la trĂ©sorerie est structurellement nĂ©gative en raison du dĂ©calage entre le paiement des pensions et lâencaissement des cotisations. Toutefois, la caisse dispose chaque annĂ©e de rĂ©serves excĂ©dant les besoins de trĂ©sorerie du rĂ©gime de retraite. Elle doit donc placer ces rĂ©serves, avec la double contrainte dâun placement limitĂ© Ă un an au titre de lâarticle L. 139-4 du Code de la sĂ©curitĂ© sociale, et dâun placement Ă taux nĂ©gatif dans le contexte de marchĂ© actuel.
Le transfert de 176,6 millions dâeuros des rĂ©serves de la CPRP-SCNF vers la CNAM sera en outre sans consĂ©quence sur la gestion de la caisse, qui depuis mai 2019 bĂ©nĂ©ficie des conditions de financement de lâAcoss pour ses besoins de liquiditĂ©s. DĂšs lors, il est seulement nĂ©cessaire dâaugmenter en LFSS le niveau du recours au financement de lâAcoss de la caisse afin de couvrir les besoins temporaires de trĂ©sorerie du rĂ©gime de retraite.
2.  Des adaptations structurelles ambitieuses pour rénover et soulager un systÚme de santé toujours mobilisé
La mise en Ćuvre des mesures issues du « SĂ©gur de la santé » (a), la poursuite du dĂ©ploiement du plan « Ma santĂ© 2022 » (b), ainsi que des Ă©volutions de pĂ©rimĂštres (c) sont portĂ©es et financĂ©es par le PLFSS pour 2021.
a.  Les mesures issues du Ségur de la Santé
Les dĂ©penses supplĂ©mentaires comprises dans lâONDAM pour 2021 au titre des mesures du « SĂ©gur » reprĂ©sentent 7,4 milliards dâeuros.
Cette somme comprend en premier lieu lâeffet en annĂ©e pleine de la revalorisation salariale de septembre 2020, ainsi que la mise en place de la deuxiĂšme phase en mars 2021.
Le « SĂ©gur » comprend toutefois dâautres mesures salariales, conduisant sur la pĂ©riode 2020-2023 Ă une hausse de lâONDAM de 8,8 milliards dâeuros, dont 5,8 milliards dâeuros en 2021.
Outre la revalorisation des salaires des personnels exerçant leurs fonctions dans des Ă©tablissements publics de santĂ© ou des EHPAD (cf. supra), dont le coĂ»t devrait atteindre 4,88 milliards dâeuros en 2021, parmi les mesures de ces accords figure la revalorisation de lâindemnitĂ© dâengagement de service public exclusif. Cette indemnitĂ© est versĂ©e Ă un large ensemble de professionnels de la santé : praticiens hospitaliers Ă temps plein et Ă temps partiel, assistants des hĂŽpitaux, personnes hospitalo-universitaires titulaires et non titulaires qui sâengagent par contrat et pour une durĂ©e de trois ans, Ă ne pas exercer dâactivitĂ© libĂ©rale intra-hospitaliĂšre ou Ă exercer exclusivement en Ă©tablissement public de santĂ©, selon le statut ([77]). Cette prime sâĂ©levait Ă 493,35 euros bruts par mois, et pouvait ĂȘtre majorĂ©e selon lâanciennetĂ©. Les accords du « SĂ©gur » permettent sa revalorisation, pour atteindre 700 euros. En outre, et en application du plan « Investir pour lâhĂŽpital », cette prime est dĂ©sormais versĂ©e aux praticiens hospitaliers en pĂ©riode probatoire, alors que seuls les praticiens nommĂ©s Ă titre permanent pouvaient en bĂ©nĂ©ficier. Le coĂ»t annuel de cette mesure est de 390 millions dâeuros.
Enfin, la suppression des trois premiers Ă©chelons de la grille de praticien hospitalier Ă partir du 1er octobre 2020 (cf. infra) reprĂ©sente un coĂ»t de 24,5 millions dâeuros en 2021.
Les accords du « SĂ©gur » comprennent en outre les premiers dĂ©ploiements du plan dâinvestissement de 6 milliards dâeuros, destinĂ©s aux Ă©tablissements de santĂ© Ă hauteur de 2,5 milliards dâeuros et des Ă©tablissements mĂ©dico-sociaux Ă Â hauteur de 2,1 milliards dâeuros. Cette somme comprend Ă©galement une enveloppe transversale de 1,4 milliard dâeuros sur trois ans afin de soutenir lâinvestissement dans le numĂ©rique en santĂ©. 1,2 milliard dâeuros seront dĂ©caissĂ©s en 2021 au titre du plan dâinvestissement.
Le dĂ©ploiement des crĂ©dits dĂ©diĂ©s Ă lâinvestissement doit se lire en cohĂ©rence avec la reprise de 13 milliards dâeuros de dette des hĂŽpitaux (cf. supra) : les deux mesures visent Ă redonner aux Ă©tablissements de santĂ© des marges de manĆuvre pour investir.
Le pacte de refondation des urgences et le plan « Investir pour lâhĂŽpital » :
des démarches préfiguratrices du « Ségur de la santé »
Le ministĂšre des solidaritĂ©s et de la santĂ© a depuis le dĂ©but du quinquennat portĂ© plusieurs mesures de soutien Ă lâhĂŽpital. Un certain nombre dâentre elles ont permis de prĂ©parer le « SĂ©gur de la santé », et se trouvent inscrites dans les accords qui en ont dĂ©coulĂ©.
Le pacte de refondation des urgences, portĂ© par Mme AgnĂšs Buzyn, ministre des solidaritĂ©s et de la santĂ©, et dotĂ© dâune enveloppe de 750 millions dâeuros, avait dĂ©jĂ permis dâamĂ©liorer considĂ©rablement la situation des urgences, qui a vu le nombre de passage annuel doubler en 20 ans, atteignant 22 millions en 2018. Ce plan comprenait notamment une prime de 100 euros mensuels Ă destination des assistants de rĂ©gulation, ainsi que lâextension de lâindemnitĂ© forfaitaire de risque aux personnels non mĂ©dicaux rĂ©alisant au moins la moitiĂ© de leur temps de travail dans une structure mobile dâurgence et de rĂ©animation ou dans une structure des urgences gĂ©nĂ©rale ou pĂ©diatrique. Le montant de cette prime est de 100 euros nets mensuels par professionnel, pour un coĂ»t en annĂ©e pleine de 55 millions dâeuros. En outre, des crĂ©dits ont Ă©tĂ© allouĂ©s aux hĂŽpitaux Ă lâĂ©tĂ© 2019 afin de financer des besoins non couverts, en personnels notamment. Dans cette optique, 15 millions dâeuros ont Ă©tĂ© dĂ©lĂ©guĂ©s aux Ă©tablissements. Les objectifs de cette dotation de soutien sâinscrivaient dans les prioritĂ©s que les urgences allaient connaĂźtre quelques mois plus tard, au plus fort de la crise sanitaire : il sâagissait de maintenir un nombre suffisant de lits ouverts pour assurer lâhospitalisation des patients des urgences et dâaccompagner un surcroĂźt exceptionnel dâactivitĂ© que le financement classique ne permettrait pas de prendre en compte suffisamment rapidement.
En outre, parmi les mesures mises en Ćuvre par le « SĂ©gur de la santé », figure la suspension des trois premiers Ă©chelons de la grille des praticiens hospitaliers, Ă compter du 1er octobre 2020. Cette mesure, dâun coĂ»t de 24,5 millions dâeuros, figurait dans le plan « Investir pour lâhĂŽpital » de novembre 2019 et visait Ă accroĂźtre lâattractivitĂ© des carriĂšres hospitaliĂšres pour les jeunes mĂ©decins. Le plan « Investir pour lâhĂŽpital » sâarticule pleinement avec la stratĂ©gie « Ma santĂ© 2022 », et reposait sur la mobilisation dâ1,5 milliard dâeuros pour le fonctionnement de lâhĂŽpital. Outre la revalorisation des premiers Ă©chelons de la grille des praticiens, le plan comportait une prime annuelle nette de 800 euros pour les infirmiers et aides-soignants des zones les plus tendues gagnant moins que le salaire mĂ©dian, et instaurait une prime permettant de rĂ©compenser lâinvestissement des personnels. Il proposait Ă©galement de revaloriser le mĂ©tier dâaide-soignant par la mise en place dâun grade de dĂ©bouchĂ© en catĂ©gorie B en fin de carriĂšre et un accĂšs simplifiĂ© aux formations des personnels en gĂ©riatrie. Le plan « Investir dans lâhĂŽpital » annonçait Ă©galement plusieurs des enjeux majeurs rĂ©vĂ©lĂ©s par la crise sanitaire du covid-19 : outre la valorisation des carriĂšres des infirmiers et aides-soignants, il reposait sur une rĂ©forme de la gouvernance de lâhĂŽpital et sur une simplification des dĂ©marches administratives. Il comprenait Ă©galement la mobilisation de 150 millions dâeuros dâinvestissement chaque annĂ©e sur trois ans au titre de lâinvestissement courant et la reprise de la dette hospitaliĂšre, deux mesures figurant dans le « SĂ©gur de la santé ».
Enfin, une prime « grand Ăąge », instaurĂ©e par le dĂ©cret n° 2020-66 du 30 janvier 2020, a permis le versement dâune prime de 118 euros bruts mensuels pour les aides soignants titulaires ou stagiaires exerçant dans les structures dĂ©diĂ©es Ă la prise en charge des personnes ĂągĂ©es.
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En outre, le « SĂ©gur de la santé » prĂ©voit plusieurs mesures visant Ă Â fĂ©dĂ©rer les acteurs de la santĂ©, par le biais dâune approche reposant sur les caractĂ©ristiques des territoires. Cet axe de travail repose sur le dĂ©veloppement des astreintes sanitaires pour les Ă©tablissements de personnes ĂągĂ©es et des Ă©quipes mobiles, sur le fait de lever les freins Ă la tĂ©lĂ©consultation et de prolonger sa prise en charge Ă 100 % (portĂ© par lâarticle 32 du PLFSS, cf. supra), et de dĂ©velopper lâaccĂšs aux soins non-programmĂ©s ainsi que lâexercice coordonnĂ©. 650 millions dâeuros, dont 400 en 2021, seront dĂ©diĂ©s Ă ces objectifs.
AccÚs aux soins : une préoccupation constante pour un systÚme de santé efficace
En matiĂšre de santĂ©, la France prĂ©sente une situation paradoxale faite dâexcellence avec une espĂ©rance de vie autour de 85 ans pour les femmes et dâinĂ©galitĂ©s profondes liĂ©es Ă Â des difficultĂ©s dans lâaccĂšs aux soins, en raison des dĂ©serts mĂ©dicaux ou de lâabsence de moyens financiers. En 2018, 13,4 % de la population rĂ©sidait dans un territoire prĂ©sentant un indicateur dâaccessibilitĂ© potentielle localisĂ©e aux mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes infĂ©rieur Ă Â 2,5 consultations par an et par habitant.
De mĂȘme, les attentes des professionnels de santĂ© ont elles aussi Ă©voluĂ© en raison du vieillissement de la population, de lâutilisation croissante du numĂ©rique ou lâaugmentation des maladies chroniques.
Repenser le systĂšme de santĂ© et renforcer lâaccĂšs de soins est lâun des enjeux centraux de la politique de santĂ© menĂ©e depuis le dĂ©but du quinquennat du prĂ©sident Emmanuel Macron. La stratĂ©gie « Ma santĂ© 2022 », traduite en partie dans la loi n° 2019-774 du 24 juillet 2019 relative Ă lâorganisation et Ă la transformation du systĂšme de santĂ©, vise notamment Ă faciliter lâaccĂšs Ă un professionnel de santĂ© dans tous les territoires. La stratĂ©gie a notamment permis dâaccĂ©lĂ©rer le dĂ©ploiement des communautĂ©s professionnelles territoriales de santĂ© (CPTS), de recruter des Ă©tudiants de profils divers et leur permettre de sâorienter progressivement vers les mĂ©tiers de la santĂ© (avec notamment la suppression du numerus clausus depuis 2020), de crĂ©er des postes dâassistantes mĂ©dicaux, et vise la crĂ©ation de 400 postes de mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes salariĂ©s ou Ă exercice mixyr ville-hĂŽpital.
Plusieurs autres dispositifs permettent ausis de favoriser lâaccĂšs aux soins des personnes Ă faibles ressources :
â le Gouvernement a mis en Ćuvre la rĂ©forme du « 100 % santé » baptisĂ©e aussi « reste Ă charge zĂ©ro ». Lâobjectif de cette rĂ©forme est de favoriser lâaccĂšs aux soins des citoyens les plus dĂ©munis et mettre fin aux inĂ©galitĂ©s dans lâaccĂšs aux soins.
Cette réforme offre aux assurés, depuis le 1er janvier 2019, la prise en charge intégrale par la sécurité sociale et leur complémentaire santé pour certaines lunettes, prothÚses dentaires et appareils auditifs ;
â anciennement appelĂ©e couverture maladie universelle complĂ©mentaire depuis le 1er novembre 2019 (CMU-C), la complĂ©mentaire santĂ© solidaire (CSS), vise Ă Â faciliter lâaccĂšs aux soins en permettant la prise en charge gratuite des dĂ©penses de santĂ© y compris en cabinet, Ă lâhĂŽpital ou en clinique.
La CSS, en plus de prendre en charge les prothÚses dentaires, lunettes, aides auditifs dans le cadre du reste à charge zéro, dispense d'avance des frais ou tiers payant.
Lâobjectif de cette rĂ©forme est de permettre une meilleure lisibilitĂ© dans lâaccĂšs aux droits. Ă la fin du mois de mai 2020, 7,5 millions de personnes bĂ©nĂ©ficiaient de cette complĂ©mentaire santĂ© solidaire. Elle est financĂ©e en totalitĂ© par le produit de la taxe de solidaritĂ© additionnelle Ă laquelle sont assujettis les organismes dâassurances complĂ©mentaire.
En France, la santĂ© ne doit pas ĂȘtre un luxe parce quâelle est Ă la base de tout ! Les rapporteures pour avis ne peuvent accepter que des femmes, hommes ou enfants renoncent Ă se soigner par manque de moyens.
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Répartition par sous-objectifs des crédits ouverts en 2021
au titre des mesures du « Ségur de la santé »
(en pourcentage)
Source : commission des finances dâaprĂšs le REPSS relatif Ă lâONDAM.
Ainsi, en prenant en compte un ONDAM dĂ©flatĂ© des surcoĂ»ts liĂ©s au covid, il progresserait de 6 %. La majeure partie de cette augmentation sâexplique par les mesures du « SĂ©gur de la santé ».
b.  Le plan « Ma santé 2022 » : un déploiement repoussé en raison de la crise sanitaire mais poursuivi et aménagé par le PLFSS pour 2021
Le PLFSS reprend plusieurs Ă©lĂ©ments du plan « Ma santĂ© 2022 » et du plan de refondation des urgences, dont la rĂ©forme de la tarification des urgences, quâil poursuit et amplifie.
Le PLFSS propose la mise en place dâun reste Ă charge (RAC) spĂ©cifique aux urgences. Dans la situation actuelle, le patient qui se prĂ©sente aux urgences doit sâacquitter dâun reste Ă charge dĂ» Ă son passage aux urgences en lui-mĂȘme, puis au titre de chaque acte rĂ©alisĂ©, au titre du ticket modĂ©rateur proportionnel. Lâarticle 28 du PLFSS propose de remplacer ce fonctionnement, qui peut sâavĂ©rer coĂ»teux pour les assurĂ©s dans certains cas de figure, par la crĂ©ation dâun forfait unique de 18 euros pour les assurĂ©s dĂ©pendant du droit commun et de 8 euros pour les assurĂ©s exonĂ©rĂ©s. Cette rĂ©forme rĂ©pond Ă un double objectif : tout dâabord, la crise sanitaire a montrĂ© lâimportance des coĂ»ts de gestion et du temps consacrĂ© aux dĂ©marches administratives dans les hĂŽpitaux. La mise en place de ce dispositif doit permettre de simplifier la facturation et le recouvrement. Dâautre part, pour les assurĂ©s, la lisibilitĂ© de la prise en charge et sa comprĂ©hension sâen trouveront accrus.
En outre, le plan « Ma santĂ© 2022 » comprenait une rĂ©forme importante des hĂŽpitaux de proximitĂ©, concernant notamment ses missions, son fonctionnement, ainsi que ses conditions de labellisation. La loi 24 juillet 2019 relative Ă Â lâorganisation et Ă la transformation du systĂšme de santĂ© a permis dâinitier ce train de rĂ©formes, tandis que la LFSS pour 2020 a rĂ©formĂ© leur financement, en instaurant un financement mixte reposant dâune part sur une garantie pluriannuelle de financement et dâautre part sur une dotation de responsabilitĂ© territoriale, en lien avec lâapproche populationnelle portĂ©e par la stratĂ©gie « Ma santĂ© 2022 ». Ce nouveau mode de financement vient en remplacement dâun financement spĂ©cifique aux hĂŽpitaux de proximitĂ©, dĂ©fini en 2016 et garantissant un niveau de ressources indĂ©pendant de lâactivitĂ© rĂ©alisĂ©e.
Toutefois, la crise nâa pas permis Ă tous les hĂŽpitaux ayant engagĂ© une dĂ©marche de labellisation, nĂ©cessaire pour bĂ©nĂ©ficier du nouveau mode de financement, de la terminer Ă temps. Lâarticle 28 du PLFSS propose donc la mise en Ćuvre dâune mesure transitoire, visant Ă permettre aux Ă©tablissements de continuer Ă bĂ©nĂ©ficier des modalitĂ©s de financement issues du texte de 2016, et non de passer Ă un financement de droit commun, reposant sur lâactivitĂ©.
Le mĂȘme article 28 propose notamment la rĂ©forme du ticket modĂ©rateur en psychiatrie et pour les soins de suites et de rĂ©adaptation, initialement prĂ©vue en LFSS pour 2020 mais retardĂ©e par la crise sanitaire. La rĂ©forme proposĂ©e consistait Ă remplacer les tarifs journaliers de prestations, dĂ©terminĂ©s par Ă©tablissement, par une nomenclature simplifiĂ©e et unifiĂ©e, permettant de dĂ©terminer la participation des patents. Le PLFSS pour 2021 propose donc de reporter au 1er janvier 2022 la rĂ©forme du ticket modĂ©rateur pour la psychiatrie et les SSR.
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Le fonds pour la complémentaire santé solidaire
Lâarticle 40 du PLFSS vise Ă accompagner la fermeture du fonds pour la complĂ©mentaire santĂ© solidaire au 31 dĂ©cembre 2020, fermeture dĂ©cidĂ©e en novembre 2019 en application des recommandations du quatriĂšme comitĂ© interministĂ©riel de la transformation publique.
Le fonds pour la complĂ©mentaire santĂ© solidaire a Ă©tĂ© créé en 1999 afin dâassurer le financement des aides publiques Ă la couverture complĂ©mentaire santĂ© des publics modestes. Ainsi, il prend en charge la complĂ©mentaire santĂ© de ses bĂ©nĂ©ficiaires, en remboursant aux organismes gestionnaires les sommes correspondant Ă la prise en charge des prestations servies. Les recettes du fonds sont constituĂ©es dâune fraction de la taxe de solidaritĂ© additionnelle sur les complĂ©mentaires santĂ©.
Cette mission est prioritaire aux yeux du Gouvernement et de la majorité parlementaire : les missions du fonds seront par conséquent réaffectées. La suppression du fonds implique également de revoir le circuit de financement des prestations dont il avait la charge jusque-là .
Si les rapporteures pour avis sâinscrivent pleinement dans lâobjectif de simplification de lâaction publique, source de nĂ©cessaires Ă©conomies dans un contexte de dĂ©gradation sans prĂ©cĂ©dent du solde public, elles soulignent le haut degrĂ© dâexpertise et de technicitĂ© des Ă©quipes du fonds pour la CSS et insistent sur la nĂ©cessitĂ© de ne pas « perdre » des compĂ©tences dans lâopĂ©ration de suppression du fonds.
c.  Des évolutions de périmÚtres liées à la création de la branche autonomie et à des mesures de simplification
En raison de mesures de transfert vers la branche autonomie (cf. infra), le pĂ©rimĂštre de la branche maladie sera rĂ©duit de 22,8 milliards dâeuros en 2021, soit environ 10 %.
Dans le mĂȘme temps, les dĂ©penses devraient augmenter de 300 millions dâeuros sous lâeffet du transfert du financement de lâallocation supplĂ©mentaire dâinvaliditĂ© (ASI) de lâĂtat Ă la sĂ©curitĂ© sociale, compensĂ©e par lâaffectation dâune fraction de TVA (cf. supra). En effet, lâASI est actuellement servie par la sĂ©curitĂ© sociale mais financĂ©e par lâĂtat, donnant lieu Ă des circuits de financements dâune complexitĂ© inutile. Lâarticle 37 du PLFSS pour 2021 propose donc de transfĂ©rer lâintĂ©gralitĂ© du circuit Ă lâassurance maladie.
Ă noter Ă©galement, lâONDAM inclut 4 milliards dâeuros de mesures de rĂ©gulation. Ces mesures sâarticulent en quatre axes dâĂ©conomies :
â la structuration de lâoffre de soin pour 800 millions dâeuros ;
â des baisses de prix sur les mĂ©dicaments et sur les dispositifs mĂ©dicaux pour 70 millions dâeuros ;
â lâamĂ©lioration de la pertinence et la qualitĂ© des soins en ville pour un milliard dâeuros ;
â la pertinence et lâefficience des arrĂȘts de travail et des transports pour 300 millions dâeuros.
3.  Les hÎtels hospitaliers et les maisons de naissance : deux dispositifs innovants
Le PLFSS porte deux mesures Ă la fois bĂ©nĂ©fiques pour lâorganisation du systĂšme hospitalier et sources dâĂ©conomies. Les maisons de naissance (article 30) et les hĂŽtels hospitaliers (article 31) rĂ©pondent en effet Ă une logique commune : ces dispositifs reposent sur la dĂ©localisation, hors des espaces mĂ©dicalisĂ©s de lâhĂŽpital, dâactivitĂ©s ou de prises en charge qui ne nĂ©cessitent pas une prĂ©sence dans les murs des patients, permettant dâune part de libĂ©rer des espaces et du temps pour les personnels soignants et pour les patients nĂ©cessitant une prise en charge hospitaliĂšre, et dâautre part dâassurer une qualitĂ© de service et un suivi mĂ©dical suffisants Ă moindres coĂ»ts.
â Les maisons de naissance sont des lieux, distincts des maternitĂ©s, permettant le suivi des grossesses, lâaccouchement et la prise en charge de leurs suites, sous la responsabilitĂ© exclusive de sages-femmes. Ces lieux ne sont pas mĂ©dicalisĂ©s : ils ne comprennent que des sages-femmes, ne sont pas dotĂ©s dâun plateau technique, et sont destinĂ©s Ă gĂ©rer des naissances par voie basse sans complication. Une maternitĂ© est toutefois partenaire de chaque maison de naissance afin de pouvoir prendre en charge rapidement et de maniĂšre sĂ©curisĂ©e un cas de complication. Lâobjectif premier de ce dispositif est dâenrichir le choix en pĂ©rinatalitĂ© et de proposer des alternatives Ă lâaccouchement mĂ©dicalisĂ© en maternitĂ©.
Le dispositif prend actuellement la forme dâune expĂ©rimentation, autorisĂ©e par la loi n° 2013-1118 du 6 dĂ©cembre 2013, portant sur huit maisons de naissance, dans six rĂ©gions diffĂ©rentes. En outre, le coĂ»t dâune naissance en maison de naissance est infĂ©rieur au coĂ»t de prise en charge dâun accouchement dans une maternitĂ© de niveau 1, en raison du moindre niveau de mĂ©dicalisation, et parce que les mĂšres ne sont pas logĂ©es sur place : la diffĂ©rence de coĂ»t est Ă©valuĂ©e Ă 1 207 euros ([78]) .
Sur la base des rĂ©sultats positifs de lâexpĂ©rimentation, lâarticle 30 du PLFSS pour 2021 propose la pĂ©rennisation du dispositif. Le Gouvernement projette Ă©galement la crĂ©ation de douze nouvelles maisons de naissance. Sur la base de ces projections, et compte tenu du moindre coĂ»t dâune naissance en maison de naissance, le potentiel dâĂ©conomie est estimĂ© Ă un million dâeuros ([79]).
â Les hĂŽtels hospitaliers sont des structures dâhĂ©bergement (ils ne sont pas mĂ©dicalisĂ©s) accueillant des personnes qui doivent sĂ©journer Ă lâhĂŽpital ou à  proximitĂ© mais nâayant pas besoin dâun soin Ă ce moment donnĂ©, par exemple un patient rĂ©sidant loin de lâhĂŽpital devant bĂ©nĂ©ficier dâun soin hospitalier le matin. Ces structures permettent de libĂ©rer des lits pour les patients qui en ont le plus besoin, de fluidifier la prise en charge hospitaliĂšre et de recentrer lâhĂŽpital sur sa mission de soins, tout en permettant la rĂ©alisation dâĂ©conomies. Ils pourraient Ă©galement permettre dâaccĂ©lĂ©rer la gĂ©nĂ©ralisation des chambres Ă un seul lit. Les hĂŽtels hospitaliers en fonctionnement reposent sur une expĂ©rimentation permise en LFSS pour 2015 pour une durĂ©e trois ans. 41 sites ont Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©s pour prendre part Ă cette expĂ©rimentation. 28 de ces 41 sites ont fait lâobjet dâune Ă©valuation par le Gouvernement.
Comme le prĂ©voyait lâarticle 53 de la LFSS pour 2015, un rapport dâĂ©valuation a Ă©tĂ© remis au Parlement. Il apparaĂźt que la plupart des Ă©tablissements ont fait appel Ă une structure extĂ©rieure pour la mise en place du dispositif (des hĂŽtels commerciaux, des structures associatives, ou des formules mixtes). Le prix de la nuitĂ©e varie entre 45 et 70 euros, selon le modĂšle retenu ([80]).
Si les rĂ©sultats de lâexpĂ©rimentation sont positifs quant aux objectifs de fluidification du parcours des patients et dâoptimisation des capacitĂ©s dâaccueil hospitaliĂšre, la forte concentration des sĂ©jours soulĂšve des interrogations : 75 % des sĂ©jours sont portĂ©s par cinq Ă©tablissements, tandis que lâactivitĂ© des autres sites reste relativement faible. En outre, les modalitĂ©s de financement, forfaitaires, prĂ©sentent des limites. Elles sont notamment trop peu incitatives pour permettre le dĂ©ploiement dâune activitĂ© soutenue, et plusieurs hĂŽpitaux ont Ă©prouvĂ© des difficultĂ©s Ă stabiliser le dispositif dâun point de vue budgĂ©taire.
Par consĂ©quent lâarticle 31 PLFSS pour 2021 propose la mise en Ćuvre dâun financement temporaire Ă destination des Ă©tablissements de santĂ©, afin de leur permettre de proposer un hĂ©bergement non-mĂ©dicalisĂ©. Ce financement transitoire a pour objectif de permettre aux Ă©tablissements de dĂ©ployer plus amplement le dispositif. Si les modalitĂ©s prĂ©cises de ce modĂšle de financement sont en cours de discussion et doivent ĂȘtre fixĂ©es par dĂ©cret en Conseil dâĂtat, lâĂ©tude dâimpact de lâarticle 31 suggĂšre que la dotation forfaitaire pourrait ĂȘtre renforcĂ©e par une dotation allouĂ©e en fonction du nombre de nuitĂ©es, et pourrait ĂȘtre modulĂ©e en fonction de lâatteinte des indicateurs de qualitĂ© et dâefficience ([81]). Toujours selon lâĂ©tude dâimpact de lâarticle 31 du PLFSS, ce financement incitatif serait mis en Ćuvre durant les trois premiĂšres annĂ©es aprĂšs crĂ©ation de la structure, avant quâelle nâatteigne une situation dâautofinancement permise par les rĂ©organisations induites par le dispositif au sein des Ă©tablissements hospitaliers. Les dispositions dĂ©finissant les modalitĂ©s de financement ne figurent toutefois pas dans lâarticle 31 du PLFSS, qui porte le dispositif.
Les rapporteures pour avis soulignent la nĂ©cessaire autonomie budgĂ©taire de ces structures, afin dâĂ©viter quâelles ne pĂšsent in fine sur les finances des hĂŽpitaux, se rĂ©vĂ©lant ainsi contreproductives au regard de leur objectif dâĂ©conomies.
Un rapport dâĂ©valuation sera remis au Parlement au 31 dĂ©cembre 2022.
II. Â des effets mineurs de la crise sur les dĂpenses de la branche retraite Ă court terme
Les dĂ©penses de la branche retraite confirment leur croissance en 2019 (A) comme en 2020 et en 2021 (B), dĂ©montrant la faiblesse des consĂ©quences de la crise sanitaire sur les dĂ©penses de pensions. Ă plus long terme, les effets sur la branche retraite devraient ĂȘtre plus importants, mais restent trĂšs incertains (C).
A.  Des dépenses de retraite qui restent dynamiques en 2019 bien que contenues par la revalorisation à 0,3 % des pensions
Si la branche retraite Ă©tait dĂ©ficitaire en 2019, Ă hauteur de 1,4 milliard dâeuros, la croissance des charges a lĂ©gĂšrement ralenti par rapport Ă Â 2018. Celles-ci ont ainsi crĂ» de 2,6 % aprĂšs 2,9 % en 2018, en raison du ralentissement de la croissance des droits propres du fait la revalorisation annuelle limitĂ©e Ă 0,3 %.
B.  Des prĂvisions de dĂpenses peu modifiĂes par la crise sanitaire pour 2020 et 2021
Les dépenses de retraites ne subissent pas de conséquences directes de la crise sanitaire au contraire du FSV (1). Cette dynamique se maintient en 2021 (2).
1.  Des dĂ©penses de retraite pour 2020 dynamisĂ©es par la revalorisation des pensions et ne subissant pas dâeffets visibles de la crise sanitaire, au contraire des dĂ©penses du FSV
En 2020, les dĂ©penses de la branche retraite du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral progresseraient Ă un rythme trĂšs proche de celui de 2019, sous lâeffet de plusieurs phĂ©nomĂšnes aux effets opposĂ©s :
â la revalorisation moyenne des pensions est plus importante quâen 2019 (+ 0,8 % aprĂšs + 0,3 % en 2019), Ă hauteur de 0,3 % pour les pensions brutes supĂ©rieures Ă 2000 euros et de 1 % pour celles dâun montant infĂ©rieur, entraĂźnant une croissance des dĂ©penses de prestations Ă hauteur de 3 % ;
â en outre, lâannĂ©e 2020 marque une inflexion dans lâĂ©volution de la pension moyenne : aprĂšs une croissance continue, elle serait affectĂ©e par le relĂšvement de lâĂąge lĂ©gal et de celui du taux plein automatique, deux rĂ©formes qui tendent Ă diminuer le flux de nouveaux retraitĂ©s, et donc lâeffet noria, selon lequel les pensions nouvellement liquidĂ©es sont en moyenne plus importante que les pensions des assurĂ©s qui dĂ©cĂšdent ;
â la contribution de la branche Ă la compensation dĂ©mographique serait rĂ©duite en raison de la baisse massive de la masse salariale, lâun des principaux dĂ©terminants des calculs de ce transfert de solidaritĂ© entre les rĂ©gimes de retraite. Elle diminuerait ainsi de 11,9 % par rapport Ă 2018.
La progression des dĂ©penses de retraite serait ainsi 2,5 %, sâinscrivant dans une tendance de long terme de dynamisme des dĂ©penses de la branche vieillesse.
Cette tendance de long terme à la croissance des dépenses de retraite a plusieurs déterminants :
â la hausse des effectifs de retraitĂ©s, par lâarrivĂ©e en retraite des gĂ©nĂ©rations du baby-boom. Les rĂ©formes successives des retraites survenues depuis 2010 ont toutefois conduit Ă ralentir le rythme des nouvelles liquidations ;
â la croissance de la pension moyenne des retraitĂ©s, en raison de carriĂšres plus dynamiques et dâune participation accrue des femmes au marchĂ© du travail ;
â la revalorisation des pensions, qui tend toutefois Ă modĂ©rer la croissance des dĂ©penses en raison de la faible inflation observĂ©e ces derniĂšres annĂ©es et des dĂ©cisions de sous-revalorisation. En 2019, la revalorisation des pensions a Ă©tĂ© limitĂ©e Ă 0,3 % (contre 1,6 % en application de la rĂšgle de revalorisation sur lâinflation). En 2020, la revalorisation des pensions sâest Ă©levĂ©e en moyenne Ă Â 0,7 %, en application dâune revalorisation de 0,3 % pour les pensions supĂ©rieures Ă 2 000 euros bruts mensuels et de 1 % pour celles dâun montant infĂ©rieur. Cette hausse de la revalorisation explique la croissance de 2,6 % des droits propres.
La continuitĂ© des prĂ©visions de dĂ©penses ne rĂ©vĂšle pas de surmortalitĂ© de nature Ă modifier de maniĂšre structurelle les dĂ©penses de la branche vieillesse. Au total, entre le 1er mars et 31 juillet, SantĂ© publique France a recensĂ© 30 224 dĂ©cĂšs attribuĂ©s au covid-19 ([82]). Dans le sens inverse, la crise sanitaire a Ă©galement engendrĂ© une sous-mortalitĂ©, causĂ©e par la base des activitĂ©s Ă©conomiques et de loisirs entraĂźnant une baisse des morts accidentelles. Durant lâĂ©tĂ©, une sous-mortalitĂ© a Ă©galement Ă©tĂ© observĂ©e, signe que le covid, dans certains cas, a prĂ©cipitĂ© la fin de vie de personnes dĂ©jĂ atteintes de morbiditĂ©s graves Cette sous-mortalitĂ© compense partiellement la surmortalitĂ© liĂ©e directement au virus.
La surmortalité observée devrait se traduire par la disparation de 22 500 retraités environ : les effectifs de retraités seraient révisés à la baisse à hauteur de 0,14 % en 2021 ([83]).
Toutefois, la part des dĂ©penses de retraite dans le PIB devrait brutalement augmenter en 2020, en raison de la baisse du dĂ©nominateur : avec 330,6 milliards dâeuros versĂ©s en 2019, les dĂ©penses de retraite reprĂ©sentaient 13,6 % du PIB. En 2020, en raison de la faible progression des pensions causĂ©e par la faiblesse de lâinflation et de la basse du PIB, la part des dĂ©penses de retraites dans le PIB atteindrait 15,2 %.
Toutefois, les dĂ©penses du fonds de solidaritĂ© vieillesse (FSV) ont crĂ» en raison de la crise sanitaire, le financement des droits durant les pĂ©riodes dâactivitĂ© partielle ayant Ă©tĂ© mis Ă sa charge ([84]). Ces derniĂšres augmentent de 4,8 %. Cet effet reste toutefois modĂ©rĂ©, et notamment moins important que dans une situation dans laquelle lâactivitĂ© partielle nâaurait pas Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©e de maniĂšre massive et les destructions dâemplois auraient Ă©tĂ© plus importantes.
En effet, la prĂ©vision de chĂŽmeurs pour le premier semestre 2021 a Ă©tĂ© revue Ă la baisse par PĂŽle emploi, en raison du prolongement de lâactivitĂ© partielle, qui pour un certain nombre de salariĂ©s vient se substituer au chĂŽmage. Or, la prise en charge dâune personne au chĂŽmage reprĂ©sente un coĂ»t plus important pour le FSV que la prise en charge dâune personne en activitĂ© partielle.
Ainsi, le coĂ»t total de la crise pour le FSV est de 1,1 milliard dâeuros en dĂ©pense, dont 777 millions dâeuros au titre du chĂŽmage (263 157 chĂŽmeurs de plus en moyenne annuelle de plus que prĂ©vue en dĂ©but dâannĂ©e 2020), 245 millions dâeuros au titre de la prise en charge de lâactivitĂ© partielle, et 115 millions dâeuros au titre du surcroĂźt de prise en charge au titre des arrĂȘts de travail ([85]).
Toutefois, sans lâactivitĂ© partielle, le coĂ»t supplĂ©mentaire serait de 1,1 milliard dâeuros. Une Ă©conomie substantielle est donc rĂ©alisĂ©e par le FSV grĂące au maintien du recours Ă lâactivitĂ© partielle, permettant une moindre dĂ©gradation de son dĂ©ficit.
Lâaugmentation de lâallocation de solidaritĂ© aux personnes ĂągĂ©es,
un levier efficace pour un meilleur accĂšs aux droits
Anciennement appelĂ©e « minimum vieillesse », lâallocation de solidaritĂ© aux personnes ĂągĂ©es (ASPA) est une prestation mensuelle accordĂ©e aux retraitĂ©s disposant de faibles ressources. DĂ©pendant notamment de la situation familiale et des revenus de lâallocataire, lâASPA permet dâapporter un complĂ©ment de revenu Ă certaines personnes ĂągĂ©es. Elle est versĂ©e sans contrepartie de cotisation, par la caisse dâassurance retraite et de santĂ© au travail (CARSAT) ou par la MSA. Depuis quelques annĂ©es, le montant de lâASPA fait lâobjet de nombreuses revalorisations.
Les montants versĂ©s annuellement au titre du minimum vieillesse ont mĂ©caniquement augmentĂ©, passant de 3,079 milliards dâeuros en 2017 Ă 3,235 milliards dâeuros en 2018, soit une augmentation de 5 %, puis Ă 3,606 milliards dâeuros en 2019, en hausse de 11,5 %. En 2019, la croissance des montants annuels devrait ralentir, pour atteindre 9,4 %. Ces augmentations du montant de lâASPA se prĂ©sentent comme suit :
â en avril 2018, lâarticle 40 de la LFSS pour 2018 a revalorisĂ© de façon exceptionnelle les prestations non contributives, avec lâobjectif de majorer de 100 euros par mois le plafond de lâASPA ;
â en 2019, une nouvelle hausse de 35 euros a Ă©tĂ© appliquĂ©e, portant lâASPA Ă 868 euros pour une personne seule ;
â depuis 2020, le minimum vieillesse a fait lâobjet dâune nouvelle revalorisation. Ainsi, le montant de la prestation est passĂ© de 803,20 euros Ă 903,20 euros mensuels pour une personne seule et 1 402 euros pour un couple.
Ces diffĂ©rentes revalorisations ont eu deux effets de nature Ă amĂ©liorer le recours des seniors Ă cette prestation. Dâune part, il a conduit Ă majorer mĂ©caniquement les pensions des personnes qui Ă©taient dĂ©jĂ bĂ©nĂ©ficiaires. Dâautre part, il a permis Ă de nouveaux allocataires de bĂ©nĂ©ficier de la prestation, pour des montants relativement faibles. Toutefois, alors que le nombre de bĂ©nĂ©ficiaires de lâallocation a diminuĂ© de 4 % en 2017, le nombre de bĂ©nĂ©ficiaires est reparti Ă la hausse en 2018, croissant de 2,1 %, puis de 3,4 % en 2019. Ainsi, environ 25 000 nouveaux bĂ©nĂ©ficiaires sont enregistrĂ©s chaque annĂ©e, ce qui constitue une rĂ©ussite dans lâamĂ©lioration du recours aux droits.
2.  Les prĂ©visions de dĂ©penses pour 2021 confirment lâinsensibilitĂ© observĂ©e des dĂ©penses de pensions Ă la crise sanitaire
Les dĂ©penses de la branche retraite de la sĂ©curitĂ© sociale ne sont que peu modifiĂ©es par la crise sanitaire. Lâobjectif de dĂ©penses de la branche est fixĂ© Ă Â 251,9 milliards dâeuros pour lâensemble des rĂ©gimes obligatoires de base (contre 247 milliards dâeuros en objectif rectifiĂ© pour 2020, en hausse de 1,98 %), et à  144,7 milliards dâeuros pour le rĂ©gime gĂ©nĂ©ral (contre 140,60 milliards dâeuros en objectif rectifiĂ© pour 2020, en hausse de 2,92 %).
Ă©volution de lâobjectif de dĂ©penses de la branche vieillesse
(en milliards dâeuros et en pourcentage)
|
 |
2019 exécuté |
2020 prévisionnel |
2020 rectifié |
2021 prévisionnel |
|
Régimes obligatoires de base |
241,3 |
247,3 |
247 |
251,9 |
|
Ăvolution |
 |
2,49Â % |
â 0,12 % |
1,98Â % |
|
Régime général |
137,1 |
141,7 |
140,60 |
144,70 |
|
Ăvolution |
 |
3,36Â % |
â 0,78 % |
2,92Â % |
Source : commission des finances à partir de la LFSS pour 2002 et du PLFSS pour 2021.
Les objectifs de dĂ©penses pour 2021 sâinscrivent donc dans la continuitĂ© des annĂ©es prĂ©cĂ©dentes.
évolution des objectifs de dépenses de la branche vieillesse
(en milliards dâeuros)
Source : commission des finances à partir de la LFSS pour 2002 et du PLFSS pour 2021.
 La croissance des dĂ©penses de la branche retraite du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral serait de 3 %, malgrĂ© un ralentissement de la croissance des prestations (+ 2,6 % aprĂšs + 3 % en 2020), en raison dâune moindre revalorisation (+ 0,4 % aprĂšs + 0,8 % en moyenne 2020) causĂ©e par le faible niveau de lâinflation. Ainsi, aprĂšs une croissance de 2,6 % des droits propres en 2020, ils ne devraient croĂźtre que de 2,2 % en 2021.
Les dĂ©penses du FSV devraient diminuer par rapport Ă 2020 en raison de la reprise Ă©conomique attendue (â 2,6 %), mais devraient toutefois demeurer supĂ©rieures aux niveaux de dĂ©penses antĂ©rieurs Ă la crise, atteignant 19,16 milliards dâeuros en 2021. Ces prĂ©visions sont toutefois incertaines, au regard de la sensibilitĂ© des dĂ©penses du FSV Ă lâactivitĂ© Ă©conomique.
C. Â Des consĂquences incertaines Ă plus long terme
Ă long terme, les consĂ©quences de la crise sanitaire sont plus incertaines pour le systĂšme de retraite, et notamment pour le FSV. Elles dĂ©pendront notamment de lâampleur de la reprise, Ă plusieurs titres.
La crise Ă©conomique devrait Ă long terme se rĂ©percutĂ©e sur les droits acquis par les gĂ©nĂ©rations actuellement en activitĂ© et qui entrent sur le marchĂ© du travail. En effet, une diminution durable du niveau des salaires, pris en compte pour le calcul de la retraite, pourrait conduire Ă terme Ă modĂ©rer la croissance des dĂ©penses de retraite. Cet effet ne pourra toutefois ĂȘtre observĂ© quâĂ long terme, au moment oĂč ces assurĂ©s partiront en retraite.
Pour le FSV, la rapiditĂ© et lâampleur de la reprise seront dĂ©terminants dans sa trajectoire de dĂ©penses.
III.  La branche famille marquĂe par des mesures de transfert et le renforcement du congĂ© paternitĂ et dâaccueil du jeune enfant
Si les dĂ©penses de la branche maladie se sont stabilisĂ©es en 2019 (A), elles ont cru en 2020 Ă la faveur de la mobilisation de la branche dans lâaccompagnement des familles lors de la crise sanitaire et Ă©conomique (B). Les dĂ©penses de la branche devraient se stabiliser Ă nouveau en 2020, en raison notamment dâune mesure de transfert vers la branche autonomie nouvellement créée (C) et de lâallongement du congĂ© paternitĂ©, ainsi que de sa transformation en prestation partiellement obligatoire (D).
A.  la stabilisation des dépenses de la brance famille en 2019
Les charges de la branche famille du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral ont Ă©tĂ© stables en 2019 (â 0,1 % par rapport Ă 2018), en raison de la baisse du montant des prestations versĂ©es.
La croissance des prestations dâentretien a notamment ralenti pour atteindre 0,6 %, en raison de la revalorisation des prestations limitĂ©e Ă 0,3 % et de la fin de la montĂ©e en charge des revalorisations prĂ©vues dans le cadre du plan de lutte contre la pauvretĂ©.
Dans le mĂȘme temps, les prestations liĂ©es Ă la petite enfance ont diminuĂ© de 3 % en raison de la rĂ©forme de lâallocation de base et du complĂ©ment du mode de garde, ainsi que de la baisse du recours au congĂ© parental. Les prestations dâaction sociale ont toutefois crĂ» de 3 %.
B. Â Une forte mobilisation de la branche famille au plus fort de la crise sanitaire
La crise sanitaire et la pĂ©riode de confinement qui en a dĂ©coulĂ© ont mis de nombreuses familles dans une situation dâincertitude et de prĂ©caritĂ© importante. Afin de limiter ces effets nĂ©fastes, la branche famille a dĂ©ployĂ© de nombreux dispositifs de soutien. Les rapporteures spĂ©ciales saluent Ă cet Ă©gard la rĂ©activitĂ© des Ă©quipes de la CAF et des CNAF.
Une aide exceptionnelle de solidaritĂ© a tout dâabord Ă©tĂ© versĂ©e durant le mois de mai aux bĂ©nĂ©ficiaires du RSA et aux foyers percevant des APL et ayant des enfants Ă charge. Cette mesure a bĂ©nĂ©ficiĂ© Ă 3,6 millions de foyers, pour un coĂ»t total de 821 millions dâeuros. Lâallocation de rentrĂ©e scolaire a par ailleurs connu une majoration de 100 euros afin de soutenir les familles, pour un coĂ»t de 55 millions dâeuros. La revalorisation de cette allocation a conduit Ă une hausse de 3,1 % des dâentretien. Cette revalorisation de lâallocation de rentrĂ©e scolaire explique la majeure partie de lâaugmentation de 1 % des charges de la branche en 2020.
Un effort important a Ă©galement Ă©tĂ© fait pour Ă©viter les situations de ruptures de droit : durant le confinement, les minimas sociaux pour lesquels il Ă©tait impossible de prĂ©senter les revenus justificatifs ont Ă©tĂ© maintenus. En outre, lâallocation de soutien familial aux familles monoparentales rĂ©cemment sĂ©parĂ©es nâayant pas encore de titre exĂ©cutoire de pension alimentaire a Ă©tĂ© poursuivie au-delĂ de la pĂ©riode de droit commun. Une logique similaire a notamment Ă©tĂ© appliquĂ©e pour lâallocation dâĂ©ducation de lâenfant handicapĂ© (AEEH) : les droits arrivant Ă Ă©chĂ©ance entre le 12 mars et le 31 juillet ont Ă©tĂ© prolongĂ©s de six mois.
Les dĂ©penses liĂ©es Ă la petite enfance ont a contrario poursuivi leur diminution (â 6,2 %), accentuĂ©e par les crises sanitaires. Les Ă©tablissements dâaccueil du jeune enfant (EAJE) et les maisons dâassistants maternels (MAM) ont en effet subi les effets de la pĂ©riode de confinement sur leur activitĂ©. Durant la pĂ©riode de confinement, la part des places fermĂ©es a atteint 96,7 % en micro-crĂšches PAJE, 96,1 % dans les EAJE relevant de la PSU et 92,8 % en MAM.
Des aides ont toutefois Ă©tĂ© versĂ©es aux Ă©tablissements dâaccueil du jeune enfant mis en difficultĂ© lors de la crise sanitaire, en raison notamment des fermetures dâĂ©quipements et dâun moindre niveau de frĂ©quentation des structures. Ainsi, un forfait de 27 euros par jour et par place fermĂ©e a Ă©tĂ© versĂ© aux EAJE ayant du personnel de droit public et un forfait de 17 euros par jour et par place fermĂ©e dans les EAJE ayant du personnel de droit privĂ©. Pour les MAM, le montant de lâaide forfaitaire est de 3 euros par jour et par place fermĂ©e. La contrepartie de cette aide est la non-facturation Ă la famille.
En outre, le conseil dâadministration de la CAF a dĂ©cidĂ© la mise en place dâune aide exceptionnelle pour les EAJE de 10 euros par jour et par place ouverte et occupĂ©e entre le 11 mai et le 3 juillet 2020.
Les aides exceptionnelles pour la pĂ©riode courant du 2 mars au 31 juillet 2020 sont estimĂ©es Ă 655,5 millions dâeuros, dont 582,9 millions dâeuros au titre des aides pour places fermĂ©es ou non pourvues.
La stratégie de lutte contre la pauvreté
Selon lâenquĂȘte Revenus fiscaux et sociaux (ERFS) de lâINSEE de 2018, le taux de pauvretĂ© des 18-29 ans est estimĂ© Ă 19,7 %. Compte tenu du revenu mĂ©dian et de prise en compte du seuil de 60 %, ce sont 1,6 million de jeunes ĂągĂ©s de 18 Ă 29 ans qui vivent avec moins de 1 063 euros par mois.
Afin dâapporter une rĂ©ponse Ă cette situation, la stratĂ©gie de lutte contre la pauvretĂ© a Ă©tĂ© dotĂ©e de 8,8 milliards dâeuros sur quatre ans, comprenant des crĂ©dits rattachĂ©s Ă la branche famille. En 2020, environ 2 milliards dâeuros ont Ă©tĂ© dĂ©caissĂ©s au titre de la stratĂ©gie. Elle est articulĂ©e autour de cinq axes :
â lâĂ©galitĂ© des chances dĂšs le premier pas, qui porte notamment les actions visant les modes dâaccueil de la petite enfance ;
â la garantie des droits fondamentaux des enfants au quotidien, qui comprend la mesure des petits-dĂ©jeuners Ă lâĂ©cole et de la tarification sociale des cantines ;
â la garantie dâun parcours de formation, qui vise notamment Ă empĂȘcher les « sorties sĂšches » de lâASE ;
â la recherche de droits sociaux plus accessibles, plus Ă©quitables et plus incitatifs Ă Â lâactivitĂ©, notamment par le biais du dĂ©veloppement des rĂ©fĂ©rents de parcours et la refonte des minima sociaux ;
â lâinvestissement pour lâaccompagnement de tous vers lâemploi, reposant notamment sur le dĂ©veloppement de lâinsertion par lâactivitĂ© Ă©conomique et la rĂ©novation du travail social.
Le budget de la sĂ©curitĂ© sociale finance notamment les actions relatives Ă la crĂ©ation de places en Ă©tablissement dâaccueil de jeunes enfants et Ă leur mixitĂ© sociale (au travers des bonus « territoires » et « mixitĂ© sociale »), au dĂ©veloppement des centres sociaux, aux dispositifs de complĂ©mentaire santĂ© solidaire et « 100 % santé », au programme « Mâtes dents », ainsi quâaux dispositifs mĂ©dico-sociaux de prise en charge des personnes prĂ©caires.
C. Â Un objectif de dĂpenses en lĂgĂre baisse, en raison de mesures de transfert vers la branche autonomie
Lâobjectif de dĂ©penses de la branche famille pour 2020, fixĂ© Ă 50,3 milliards dâeuros en LFSS pour 2020, est rectifiĂ© Ă la hausse Ă hauteur de 0,2 % par le PLFSS pour 2021, pour atteindre 50,4 milliards dâeuros. Lâobjectif de dĂ©penses de la branche famille pour 2021 est fixĂ© Ă 49,3 milliards dâeuros, en baisse de 2,18 % par rapport Ă lâobjectif pour 2020 rectifiĂ©.
Â
Â
Ă©volution de lâobjectif de dĂ©penses de la branche famille
(en milliards dâeuros et en pourcentage)
|
 |
2019 exécuté |
2020 prévisionnel |
2020 rectifié |
2021 prévisionnel |
|
Montant |
49,9 |
50,3 |
50,4 |
49,3 |
|
Ăvolution entre N-1 et N |
 |
0,80Â % |
0,20Â % |
â 2,18 % |
Source : commission des finances à partir de la LFSS pour 2020 et du PLFSS pour 2021.
Les dépenses devraient se stabiliser en 2021, à la faveur de plusieurs effets.
Ă©volution de lâobjectif de dĂ©penses de la brance famille
(en milliards dâeuros)
Source : commission des finances à partir de la LFSS pour 2020 et du PLFSS pour 2021.
Les charges nettes se stabiliseraient Ă nouveau en 2021 (â 0,1 %), sous lâeffet du recul des prestations, contrecoup logique de la revalorisation en 2020 de lâallocation de rentrĂ©e scolaire qui avait conduit Ă majorer les dĂ©penses de la branche de 500 millions dâeuros. Entre autre, la faible inflation conduit Ă une relative stabilisation des dĂ©penses de prestation.
Enfin, le PLFSS pour 2021 porte le transfert de lâallocation dâĂ©ducation de lâenfant handicapĂ© (AEH) de la branche famille Ă la nouvelle branche autonomie (voir infra). Ce transfert conduit Ă rĂ©duire de 1,2 milliard dâeuros les dĂ©penses de la branche famille, expliquant la diminution de lâobjectif de dĂ©penses.
Toutefois, la rĂ©forme du congĂ© paternitĂ© conduit Ă augmenter les dĂ©penses de la branche de 260 millions dâeuros en 2021, dont 16 millions dâeuros au titre de caractĂšre obligatoire et 245 millions dâeuros au titre de lâallongement du congĂ©, puis de 250 millions dâeuros environ Ă Â partir de 2022.
Â
D. Â Lâallongement et le caractĂre obligatoire du congĂ paternitĂ et dâaccueil de lâenfant
Face au constat du faible partage de la charge parentale Ă la naissance dâun enfant, et des consĂ©quences induites pour la carriĂšre des femmes, plusieurs initiatives ont dĂ©jĂ Ă©tĂ© portĂ©es. Elles viennent en complĂ©ment du congĂ© maternitĂ©, qui dure 16 semaines pour les deux premiers enfants et 26 semaines Ă partir du troisiĂšme enfant, et repose sur le versement dâun revenu de remplacement dans les modalitĂ©s varient selon les catĂ©gories professionnelles. Les salariĂ©s du privĂ© perçoivent des indemnitĂ©s proportionnelles Ă leur salaire, pouvant ĂȘtre complĂ©tĂ©s par des conventions collectives ou des accords dâentreprise, tandis que les fonctionnaires et agents des entreprises publiques bĂ©nĂ©ficient dâun maintien de salaire. Les travailleuses indĂ©pendantes bĂ©nĂ©ficient dâune allocation forfaitaire et dâune indemnitĂ© journaliĂšre forfaitaire.
Le congĂ© de paternitĂ© et dâaccueil de lâenfant, créé en LFSS pour 2002, ouvre au second parent le bĂ©nĂ©fice dâun congĂ© de 11 jours durant les quatre premiers mois suivant la naissance de lâenfant. Ils sâajoutent aux trois jours de congĂ© de naissance. Durant ce congĂ©, les assurĂ©s bĂ©nĂ©ficient dâune indemnisation dans les mĂȘmes conditions que le congĂ© maternité : ils perçoivent des indemnitĂ©s journaliĂšres Ă hauteur de leur revenu brut abattu de 21 % dans la limite du plafond de la sĂ©curitĂ© sociale. Les travailleurs indĂ©pendants bĂ©nĂ©ficient Ă©galement dâune indemnitĂ© Ă©quivalente Ă celle des travailleuses indĂ©pendantes, soit 56 euros par jour. Les fonctionnaires bĂ©nĂ©ficient eux dâun maintien de salaire, tandis que les exploitants agricoles peuvent bĂ©nĂ©ficier dâune allocation de remplacement.
MalgrĂ© le maintien dâun niveau de revenu Ă©quivalent ou proche du revenu normal, le taux de recours se stabilise et enregistre mĂȘme une lĂ©gĂšre baisse des derniĂšres annĂ©es. AprĂšs un point haut Ă 69,7 % de taux de recours en 2011, il est de 67,1 % en 2016, soit 404 000 parents ([86]). Par consĂ©quent, dâautres facteurs que le facteur financier semblent expliquer ce recours modĂ©rĂ© au dispositif. Ces raisons sont principalement professionnelles, relatives Ă la charge de travail ou Ă Â la peur de lâemployeur.
En outre, les taux de recours dĂ©pendent fortement de lâactivitĂ© professionnelle : les salariĂ©s en CDD, et les indĂ©pendants y recourent moins. Ainsi, si 88 % des fonctionnaires et 80 % des salariĂ©s du secteur privĂ© en CDI sollicitent un congĂ© paternitĂ©, ils ne sont que 48 % des salariĂ©s en CDD et 32 % des travailleurs indĂ©pendants ([87]).
Les parents peuvent Ă©galement recourir au congĂ© parental dâĂ©ducation, non rĂ©munĂ©rĂ©, dâune durĂ©e comprise entre un mois et un an, pouvant ĂȘtre renouvelĂ© deux fois pour les deux premiers enfants et pouvant ĂȘtre renouvelĂ© jusquâĂ cinq fois dĂšs le troisiĂšme enfant. En outre, les situations de maladie ou de handicap de lâenfant permettent dâallonger sa durĂ©e dâune annĂ©e supplĂ©mentaire.
Durant cette pĂ©riode de congĂ© parental dâĂ©ducation, le salariĂ© peut percevoir la prestation partagĂ©e dâĂ©ducation de lâenfant (Prepare), créée en 2014 ([88]). Chacun des parents ou les deux (en mĂȘme temps ou successivement) peuvent bĂ©nĂ©ficier de lâallocation. Si le montant de lâallocation est fonction de la quotitĂ© de travail, son montant reste faible : il varie entre 148,12 euros pour un emploi Ă temps partiel et 397,20 euros pour un emploi Ă temps plein. La Prepare se cumule avec le congĂ© de naissance de trois jours dont peuvent bĂ©nĂ©ficier tous les salariĂ©s, ces derniers bĂ©nĂ©ficiant durant ces trois jours dâun maintien de salaire.
Toutefois, ce dispositif a Ă©galement rĂ©vĂ©lĂ© ses limites et Ă©choue Ă remplir son objectif dâun meilleur partage des responsabilitĂ©s parentales : la part des hommes bĂ©nĂ©ficiaires de la Prepare a crĂ» de 4 % Ă 6 % entre 2016 et 2019 ([89]). En outre, le recours Ă la prestation suit une tendance baissiĂšre.
Cette situation est insatisfaisante Ă plusieurs Ă©gards, en ce quâelle fait peser la charge parentale sur la mĂšre principalement, avec des effets potentiellement nĂ©gatifs sur sa carriĂšre et son insertion sur le marchĂ© du travail. En outre, le rapport de la commission des 1 000 jours souligne lâimportance de la « disponibilitĂ© et de la proximitĂ© physique et Ă©motionnelle de la part des parents » ([90]), et par consĂ©quent lâimportance de lâengagement du pĂšre avec le bĂ©bĂ©, permettant des effets positifs sur le dĂ©veloppement de lâenfant et un meilleur soutien de la mĂšre, diminuant les risques dâĂ©puisement et de dĂ©pression. Ainsi, « plus le congĂ© paternitĂ© est long, plus la sensibilitĂ© du pĂšre/second parent Ă lâenfant est grande » ([91]).
Ă partir de ces constats, le PLFSS pour 2021 porte une mesure dâallongement du congĂ© paternitĂ© et le rend partiellement obligatoire, afin de renforcer lâimplication du pĂšre dans les premiers jours de lâenfant et de diminuer les inĂ©galitĂ©s. Son article 35 propose dâaugmenter la durĂ©e du congĂ© paternitĂ© Ă Â 25 jours, soit quatre semaines en prenant en compte les trois jours de congĂ© de naissance, contre deux semaines aujourdâhui. En outre, il propose de le rendre obligatoire pendant les sept premiers jours, pĂ©riode comprenant les trois jours de congĂ© de naissance et quatre jours du congĂ© paternitĂ©. Cette interdiction dâemploi serait assortie dâune durĂ©e minimale dâindemnisation, de sept jours Ă©galement.
Cette disposition vise Ă augmenter le taux de recours en limitant au maximum les considĂ©rations dâordre professionnel qui contribuent aujourdâhui Ă Â limiter le recours au dispositif. Avec une mise en Ćuvre dĂ©butant le 1er juillet, le coĂ»t de cette mesure serait de 260 millions dâeuros en 2021 â dont 16 millions dâeuros au titre du caractĂšre obligatoire sur les sept premiers jours â, puis de 550 millions dâeuros en annĂ©e pleine.
Les rapporteures pour avis soulignent toutefois le risque que le taux de recours reste infĂ©rieur Ă ce quâil devrait ĂȘtre, certains futurs pĂšres ne dĂ©clarant pas la grossesse de la mĂšre Ă leur employeur. Il conviendrait Ă©galement de sâassurer que les pĂšres ne perçoivent pas lâallocation tout en continuant de se rendre au travail.
IV. Â des dĂpenses en hausse pour la branche at-mp
Les dépenses de la branche AT-MP sont orientées à la hausse, en 2019 (A), comme en 2020 et 2021 (B).
A.  les dépenses de la branche ont poursuivi leur croissance en 2019, à un rythme toutefois modéré
Les prestations versĂ©es par la branche AT-MP et figurant dans le champ de lâONDAM, soit les indemnitĂ©s journaliĂšres et remboursement de soins, sont restĂ©es dynamiques en 2019, en croissance de 7 %. Les dĂ©penses hors ONDAM ont quant Ă elles repris une croissance modĂ©rĂ©e, atteignant 0,9 % aprĂšs une diminution de 0,9 % en 2018. La croissance des rentes dâincapacitĂ© a notamment ralenti en raison de la sous-revalorisation appliquĂ©e en 2019. Au total, les charges de la branche ont crĂ» de 1,6 %.
B.  Les dépenses de la branche at-mp resteraient orientées à la hausse en 2020 et 2021
Ă©volution de lâobjectif de dĂ©penses de la branche at-mp
(en milliards dâeuros et en pourcentage)
|
 |
2019 exécuté |
2020 prévisionnel |
2020 rectifié |
2021 prévisionnel |
|
Régimes obligatoires de base |
13,6 |
13,6 |
13,9 |
14,1 |
|
Ăvolution |
 |
0,00Â % |
2,21Â % |
1,44Â % |
|
Régime général |
12,2 |
12,2 |
12,40 |
12,70 |
|
Ăvolution |
 |
0,00Â % |
1,64Â % |
2,42Â % |
Source : commission des finances à partir de la LFSS pour 2020 et du PLFSS pour 2021.
La croissance modérée des dépenses de la branche se confirme, malgré une augmentation substantielle concernant le régime général en 2021.
Ă©volution de lâobjectif de dĂ©penses de la branche at-mp
(en milliards dâeuros)
Source : commission des finances à partir de la LFSS pour 2020 et du PLFSS pour 2021.
En 2020, les dĂ©penses de la branche devraient croĂźtre Ă hauteur de 1,5 %, comme en 2019. Si les prestations entrant dans le champ de lâONDAM restent dynamiques, leur croissance ralentit, pour atteindre 3,5 %, principalement en raison du ralentissement de la croissance des indemnitĂ©s journaliĂšres, qui devrait atteindre 4 % aprĂšs 9,7 % en 2019.
La branche AT-MP a Ă©galement vu son activitĂ© profondĂ©ment modifiĂ©e par la crise sanitaire. Lors du confinement et lâissue de ce dernier, elle a mis en Ćuvre une subvention spĂ©cifique visant Ă accompagner les entreprises dans la mise en place des gestes barriĂšre, afin de limiter les contaminations.
En outre, le décret du 14 septembre 2020 favorise la reconnaissance du covid-19 comme maladie professionnelle, en créant un tableau de maladie professionnelle dédié aux affectations respiratoires liées au virus.
Les dépenses de la branche en 2021 seraient supérieures aux prévisions pour 2020 à hauteur de 1,44 % concernant les régimes obligatoires de base et 2,42 % concernant le régime général. Le dynamisme des indemnités journaliÚres explique également cette croissance anticipée.
Toutefois, les dĂ©penses de la branche AT-MP progressent moins vite que la moyenne des dĂ©penses sociales, en raison dâune tendance de long terme de diminution des accidents du travail. Le poids de certaines pathologies tend toutefois Ă augmenter : câest notamment le cas des troubles musculo-squelettiques (TMS), dont lâindemnisation est en augmentation rapide et reprĂ©sente dĂ©sormais 81 % des maladies entraĂźnant un arrĂȘt de travail.
V. Â La crĂation de la branche autonomie, une Ăvolution historique et nĂcessaire de la sĂcuritĂ sociale
Au terme de plusieurs rĂ©flexions sur la crĂ©ation dâune cinquiĂšme branche de la sĂ©curitĂ© sociale (A), le PLFSS pour 2021 porte sa crĂ©ation et dĂ©finit son pĂ©rimĂštre et son architecture budgĂ©taire (B).
A.  La nĂcessaire crĂation dâune nouvelle branche et les travaux ayant prĂcĂ©dĂ© son installation
La dĂ©pendance Ă©tait prise en compte dans les politiques publiques depuis 2005, annĂ©e dâinstallation de la CNSA ([92]), comme une branche de la protection sociale, et non comme une branche de la sĂ©curitĂ© sociale, reconnue au titre des ordonnances de 1945 puis de lâarticle L. 200-2 du code de la sĂ©curitĂ© sociale.
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Le dĂ©bat sur la pertinence de crĂ©er une cinquiĂšme branche de la sĂ©curitĂ© sociale est en rĂ©alitĂ© ancien : aprĂšs une premiĂšre prise de conscience Ă la fin du XXĂšme siĂšcle, le dĂ©bat a Ă©tĂ© relancĂ© en 2004 lors de lâexamen de la loi ayant conduit Ă crĂ©er la CNSA ([93]). Ce dĂ©bat a finalement abouti sur un compromis : bien que partiellement financĂ©e par elle, la CNSA est restĂ©e hors du champ de la sĂ©curitĂ© sociale. Elle assure depuis lors un rĂŽle de pĂ©rĂ©quation entre les rĂ©gions et les dĂ©partements, mais dispose Ă©galement de crĂ©dits propres via les sous-ONDAM mĂ©dico-sociaux. Elle est en outre chargĂ©e dâun rĂŽle dâanimation des ARS dans le sens du partage des meilleures pratiques.
Le rapport portant sur la concertation « Grand Ăąge et autonomie », pilotĂ© par M. Dominique Libault et paru en mars 2019, a concouru Ă relancer la rĂ©flexion sur le risque de perte dâautonomie. Il insistait notamment sur lâimportance de « matĂ©rialiser lâaffirmation de la perte dâautonomie des personnes ĂągĂ©es comme risque social » ([94]) â passant en particulier par « la rĂ©affirmation de la part du financement national dans le financement des prestations », lâun des objectifs de la cinquiĂšme branche â et fixait plusieurs principes devant prĂ©sider Ă lâaffirmation de la couverture collective du risque de perte dâautonomie, parmi lesquels :
â la nĂ©cessitĂ© de garantir aux personnes ĂągĂ©es dĂ©pendantes la prĂ©sence de personnels qualifiĂ©s, ne pouvant passer que par plus grande valorisation et une plus grande structuration des mĂ©tiers du grand Ăąge ;
â la nĂ©cessitĂ© de simplifier lâaccompagnement des personnes ĂągĂ©es dĂ©pendantes, en mettant un terme Ă un fonctionnement complexe et source de ruptures de parcours ;
â lâaffirmation dâun modĂšle dâaccompagnement visant le maintien Ă Â domicile le plus longtemps possible et le dĂ©veloppement de solutions hybrides, permettant de sortir de lâalternative entre domicile et EHPAD ;
â la mise en place de prestations plus lisibles, plus justes, et permettant de rĂ©duire le coĂ»t des sĂ©jours en Ă©tablissements pour les publics les plus modestes.
 En proposant, Ă lâarticle 4 du projet de loi relatif Ă la dette sociale et Ă Â lâautonomie, de rendre un rapport au Parlement sur la crĂ©ation dâun cinquiĂšme risque ou dâune cinquiĂšme branche, le Gouvernement « nâa pas arbitrĂ© entre ceux deux choix » ([95]) dans le cadre du texte prĂ©sentĂ©. La commission spĂ©ciale sâest saisie de cette opportunitĂ©, en adoptant un amendement du rapporteur, M. Thomas Mesnier, relatif Ă la transformation de lâautonomie en branche de la sĂ©curitĂ© sociale. Plusieurs arguments, prĂ©sentĂ©s en commission spĂ©ciale par le rapporteur, ont conduit Ă cette Ă©volution fondamentale ([96]) : la crĂ©ation dâune cinquiĂšme branche de la sĂ©curitĂ© sociale doit permettre une meilleure identification de lâeffort collectif rĂ©alisĂ© en faveur de lâautonomie, se traduisant par une lisibilitĂ© et une information accrues pour les citoyens et le Parlement, ce dernier devant dĂšs lors voter un objectif de dĂ©penses, et non plus seulement des sous-objectifs mĂ©dico-sociaux de lâONDAM.
En outre, une branche de la sĂ©curitĂ© sociale obĂ©it Ă des rĂšgles budgĂ©taires et juridiques spĂ©cifiques. Elle repose sur la couverture dâun risque au moyen de recettes et de prestations dĂ©finies, propres Ă la branche considĂ©rĂ©e, et lui offrant par consĂ©quent prĂ©visibilitĂ© et autonomie. Elle bĂ©nĂ©ficie dĂšs lors dâun « financement autonome et sĂ©curisé » ([97]).
Lâorganisation des branches de la sĂ©curitĂ© sociale est Ă©galement spĂ©cifique et encadrĂ©e, reposant sur un rĂ©seau de caisses locales pilotĂ©es par une caisse nationale.
Le rapport de M. Laurent Vachey relatif à la branche autonomie ([98]) souligne les objectifs de la création de cette cinquiÚme branche :
â une plus grande Ă©quitĂ© dans lâaccĂšs aux services et aux prestations, afin de rĂ©pondre Ă des disparitĂ©s importantes sur le territoire ;
â une simplification des prestations et des organisations, dont le fonctionnement est actuellement caractĂ©risĂ© par un haut niveau de complexité ;
â une organisation plus efficiente de la dĂ©pense de protection sociale.
Cette reconnaissance, et par consĂ©quent cette sanctuarisation des dĂ©penses en faveur de lâautonomie, Ă©taient rendues nĂ©cessaires par les Ă©volutions dĂ©mographiques : en 2040, 14,6 % des français auront 75 ans ou plus ([99]) selon la DREES.
En 2015, 1 265 000 personnes de plus de 60 ans Ă©taient bĂ©nĂ©ficiaires de lâAPA et 74 000 de la prestation de compensation du handicap (PCH) ou de lâallocation compensatrice pour tierce personne (ACTP). En 2030, les bĂ©nĂ©ficiaires de lâAPA seraient 1 582 000 ([100]).
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B. Â Une architecture budgĂtaire renouvelĂe pour le financement de la cinquiĂme branche
La structuration de la branche autonomie est rendue possible par le PLFSS (1), sâaccompagnant nĂ©cessairement de la dĂ©finition dâun objectif de dĂ©penses (2). Il porte Ă©galement une mesure de soutien aux services dâaides et dâaccompagnement Ă domicile (3).
1.  Le pĂ©rimĂštre et lâarchitecture budgĂ©taire de la branche autonomie : des Ă©volutions nĂ©cessaires
La crĂ©ation dâune cinquiĂšme branche de la sĂ©curitĂ© sociale soulĂšve inĂ©vitablement la question de son pĂ©rimĂštre et de son architecture budgĂ©taire.
â Lâobjectif de dĂ©penses fixĂ© en PLFSS pour 2021 est de 31,2 milliards dâeuros. Cet objectif intĂšgre les dĂ©penses dâores et dĂ©jĂ effectuĂ©es par la CNSA, dont le montant global est augmentĂ© en raison des revalorisations salariales (1,4 milliard dâeuros) et des majorations dâinvestissement (400 millions dâeuros) portĂ©es par le « SĂ©gur de la santé » Ă destination des Ă©tablissements mĂ©dico-sociaux. En outre, il intĂšgre les dĂ©penses de lâallocation dâĂ©ducation de lâenfant handicap (AEEH), auparavant financĂ©e par la branche famille.
LâintĂ©gration de cette allocation rĂ©pond Ă deux objectifs, prĂ©sentĂ©s par M. Laurent Vachey lors de son audition par les rapporteures pour avis. Dâune part, il sâagit dâisoler les dispositifs de compensation de la perte dâautonomie, et de les faire porter par une branche distincte afin de prĂ©senter de maniĂšre agrĂ©gĂ©e les dĂ©penses portant sur lâautonomie et de sĂ©curiser leur financement. Dâautre part, lâintĂ©gration de lâAEEH dans la branche autonomie rĂ©pond Ă un objectif de lisibilité : le droit dâoption entre lâAEEH et lâAPCH enfant est complexe Ă mettre en Ćuvre, peu lisible pour les familles.
â En outre, la crĂ©ation de la cinquiĂšme branche de la sĂ©curitĂ© sociale entraĂźne nĂ©cessairement une Ă©volution de lâarchitecture budgĂ©taire de la CNSA.
Le budget actuel de la CNSA se dĂ©compose en sept sections, elles-mĂȘmes divisĂ©es en sous-sections, chacune finançant des types dâactions. Chacune de ces sections et sous-sections bĂ©nĂ©ficie dâune fraction de recettes dĂ©terminĂ©e. Lâarticle L. 14-10-5 du code de lâaction sociale et des familles affecte une part de chacune des fractions de recettes Ă une dĂ©pense spĂ©cifique retracĂ©e dans lâune des sections du budget de la CNSA. Le principe dâaffectation des recettes prĂ©vaut donc.
La part principale de ces recettes est constituĂ©e par lâONDAM mĂ©dico-social, qui finance la section I relative au financement des Ă©tablissements et services mĂ©dico-sociaux, pour un montant de 20,94 milliards dâeuros en 2019. Le financement de ces Ă©tablissements est Ă©galement assurĂ© par des recettes propres de la CNSA ([101]). Le cumul de ces deux Ă©lĂ©ments constitue lâobjectif global de dĂ©pense (OGD, 22,34 milliards dâeuros en 2019). Cet OGD est donc fonction des recettes de la CNSA comprise dans son pĂ©rimĂštre, câest-Ă -dire la majeure partie de la dotation de lâassurance maladie votĂ©e dans le cadre de lâONDAM et des recettes propres de la CNSA.
Ce montant nâest toutefois pas Ă©gal au budget total de la CNSA : il ne comprend pas lâintĂ©gration de toute la section I, ni les concours aux dĂ©partements, ni les autres dĂ©penses dâintervention et de gestion, ni les aides Ă lâinvestissement.
ConsĂ©quence directe de cette structuration, lâobjectif global de dĂ©penses de la CNSA est directement fonction de ses recettes. En outre, ces recettes ne peuvent ĂȘtre rĂ©allouĂ©es entre les sections en fonction des besoins.
Cette structuration diffĂšre du fonctionnement budgĂ©taire des caisses des quatre branches de la sĂ©curitĂ© sociale : le code de la sĂ©curitĂ© sociale prĂ©voit que chaque caisse a pour mission de veiller Ă lâĂ©quilibre financier de la branche et dâĂ©tablir les comptes combinĂ©s de la branche. La partie rĂ©glementaire du code prĂ©voit que chaque caisse gĂšre des fonds, et Ă©numĂšre les recettes affectĂ©es et les dĂ©penses couvertes.
Suivant lâune des prĂ©conisations du rapport de M. Laurent Vachey, le PLFSS propose dâabandonner cette structuration particuliĂšrement complexe et rigide et de se rapprocher de la structuration budgĂ©taire des autres caisses, reposant sur lâaffectation de ressources non flĂ©chĂ©es vers des dĂ©penses spĂ©cifiques â en remplacement de la dotation de lâassurance maladie â et sur la crĂ©ation de fonds ([102]). En outre, la nouvelle architecture budgĂ©taire implique de dĂ©corrĂ©ler les recettes de la CNSA et la dĂ©termination de lâOGD, et de cesser dâaffecter une part de ces recettes Ă lâODG. En effet, le flĂ©chage de recette vers le financement des dĂ©penses relevant de lâOGD actuel nâa plus lieu dâĂȘtre, le pĂ©rimĂštre de cet OGD nâĂ©tant plus quâune des dĂ©penses de la cinquiĂšme branche au mĂȘme titre que les autres, et le principe de non-affectation des ressources sâappliquant Ă la cinquiĂšme branche.
Ainsi, les recettes de la branche seront dĂ©sormais utilisĂ©es pour financer, sans principe dâaffectation, cinq grands types de dĂ©penses (financement des Ă©tablissements et service mĂ©dico-sociaux, financement des concours aux dĂ©partements au titre de lâAPA et de la PCH, aides Ă lâinvestissement au bĂ©nĂ©fice des ESMS, dĂ©penses de gestion, dĂ©penses dâintervention).
Toutefois, les concours versĂ©s aux dĂ©partements au titre de lâAPA et de la PCH continueront de faire lâobjet de financements dĂ©diĂ©s, par le biais dâune fraction des ressources de la CNSA.
Les rapporteures pour avis soutiennent lâidĂ©e dĂ©fendue par M. Laurent Vachey quâil reste nĂ©cessaire que le Parlement, et non le seul conseil de la CNSA, se prononce sur les montants affectĂ©s aux quatre fonds qui pourraient ĂȘtre créés ([103]). Elles saluent Ă©galement la crĂ©ation dâune annexe portant sur les dĂ©penses de la branche autonomie.
La gouvernance de la CNSA
Le principal enjeu concernant la gouvernance de la CNSA est sa capacitĂ© Ă piloter lâaction locale de chacun des deux rĂ©seaux quâelle anime (les ARS et les dĂ©partements), en faveur dâune plus grande efficacitĂ© et dâune plus grande Ă©quitĂ© entre les territoires.
Le rapport de M. Laurent Vachey propose que la CNSA et les maisons dĂ©partementales des personnes handicapĂ©es (MDPH) soient liĂ©es par une relation plus directe, reposant sur le versement dâun financement direct en lieu et place du versement de deux concours et de la conclusion de conventions dâappui Ă la qualitĂ© de service. Ainsi, la CNSA pourrait avoir un dialogue de gestion plus efficace et plus direct avec ces structures. Dans la mĂȘme optique, il souhaite donner Ă la branche la capacitĂ© de rĂ©aliser des audits de terrain au sein des MDPH, en sus du travail de diffusion des bonnes pratiques que la CNSA assure dâores et dĂ©jĂ Ă leur Ă©gard. En outre, le dĂ©veloppement dâun systĂšme dâinformation gĂ©nĂ©ralisĂ© Ă lâensemble des MDPH, en cours, doit ĂȘtre achevĂ© pour permettre des remontĂ©es et un suivi efficace des donnĂ©es. Ce fonctionnement tend Ă se rapprocher de celui des autres caisses, et notamment de la CAF, dont la qualitĂ© des audits locaux est reconnue.
Enfin, Laurent Vachey propose de gĂ©nĂ©raliser les maisons de lâautonomie (MDA), un dispositif créé par lâarticle 82 de la loi n° 2015-1776 du 28 dĂ©cembre 2015 relative Ă Â lâadaptation de la sociĂ©tĂ© au vieillissement reposant sur la mutualisation de fonctions dâaccueil, de conseil, dâorientation, et le cas Ă©chĂ©ant dâinstruction des situations et des besoins au profit des personnes ĂągĂ©es et handicapĂ©es. Si la structure créée rĂ©pond aux critĂšres dâun cahier des charges dĂ©fini par dĂ©cret, la CNSA lui dĂ©livre un label. Toutefois, une seule MDA a Ă©tĂ© labellisĂ©e, et 17 autres ont Ă©tĂ© créées, sur des modĂšles divers et diffĂ©rant parfois trĂšs peu de la situation antĂ©rieure. Selon la direction gĂ©nĂ©rale de la cohĂ©sion sociale, la gĂ©nĂ©ralisation des MDA permettrait notamment une plus grande Ă©quitĂ© de traitement sur le territoire.
2.  Les dépenses de la branche autonomie en 2021
Les dĂ©penses rĂ©alisĂ©es en 2020 et comprises dans le pĂ©rimĂštre de la branche autonomie telle que créée pour 2021 reprĂ©sentent 29,8 milliards dâeuros, dont 28,4 milliards dâeuros de dĂ©penses prĂ©visionnelles de la CNSA et 275 millions dâeuros de revalorisations salariales annoncĂ©es dans le cadre du « SĂ©gur de la santé » et 1,1 milliard dâeuros de dĂ©penses prĂ©visionnelles au titre de lâAEEH.
En 2021, les dĂ©penses de la branche autonomie atteindraient 32,1 milliards dâeuros, en progression de 4,7 % par rapport Ă 2020. La progression des dĂ©penses est due Ă hauteur de 2,1 milliards dâeuros aux mesures de revalorisations salariales et dâaide Ă lâinvestissement du « SĂ©gur ». En outre, 200 millions dâeuros supplĂ©mentaires devraient ĂȘtre dĂ©caissĂ©s au titre de lâAPA et de la PCH (pour un total de 3 milliards dâeuros de transfert aux dĂ©partements au titre de lâAPA et de la PCH), ainsi que 100 millions dâeuros supplĂ©mentaires au titre de lâAEEH.
En outre, le financement des Ă©tablissements et services mĂ©dico-sociaux, via lâOGD (cf. supra), reprĂ©sente 84 % des dĂ©penses de la branche en 2021.
répartition des dépenses de la branche autonomie en 2021
(en milliards dâeuros et en pourcentage)
Source : commission des finances Ă partir de lâannexe X du PLFSS pour 2021.
3.  Le renforcement et la valorisation des soins à domicile : le corollaire nécessaire de la création de la branche autonomie
Le rapport de M. Dominique Libault faisait de la valorisation des mĂ©tiers du grand Ăąge, et en particulier ceux des soins Ă domicile, une composante essentielle du renforcement de la prise en compte du grand Ăąge et de lâautonomie.
Il prĂ©conisait notamment un soutien financier de 550 millions dâeuros pour les services dâaide et dâaccompagnement Ă domicile, permettant de revaloriser les salaires et dâassurer une plus grande Ă©quitĂ© entre les dĂ©partements.
Ces recommandations sâappuient sur un constat partagé par les participants Ă Â la concertation « Grand Ăąge et autonomie » : les personnes ĂągĂ©es prĂ©fĂšrent rester Ă Â leur domicile plutĂŽt que de le quitter pour vivre en EHPAD. Le rapport cite une Ă©tude du Centre de recherche pour lâĂ©tude et lâobservation des conditions de vie (CREDOC), selon laquelle 80 % des Français considĂšrent quâentrer en institution signifie perdre son autonomie de choix.
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Les rapporteures pour avis souhaitent que la crĂ©ation de la branche autonomie permette dans les mois Ă venir de rĂ©flĂ©chir collectivement aux moyens de valoriser de maniĂšre structurelle et durable les soins Ă domicile en tant que composante Ă part entiĂšre de lâaccompagnement de la personne dĂ©pendante. PremiĂšre Ă©tape de ce travail, lâarticle 4 du PLFSS permet la reconnaissance de lâinvestissement de ces personnels durant la crise. Il propose en effet le versement dâune prime covid aux personnels des services dâaide et dâaccompagnement Ă Â domicile (SAAD). Cette prime serait dĂ©fiscalisĂ©e et dĂ©socialisĂ©e, sur le modĂšle de la prime versĂ©e aux professionnels exerçant au sein dâun Ă©tablissement ou dâun service mĂ©dico-social.
Cet article propose ainsi aide de la CNSA aux dĂ©partements, Ă hauteur de 80 millions dâeuros. Lâenveloppe serait donc rĂ©partie entre les dĂ©partements par la CNSA, et sera mobilisable en contrepartie dâun effort financier au moins Ă©quivalent de la part des collectivitĂ©s territoriales.
HĂ©las, il nâaborde pas la question essentielle de la revalorisation des grilles salariales (avenants 43 et 44 de la convention collective nationale), bien que le dĂ©ficit dâattractivitĂ© de ces mĂ©tiers soit fortement liĂ© Ă ce facteur.
Les rapporteures pour avis souhaitent vivement que les nĂ©gociations, encore en cours Ă lâheure de remise du prĂ©sent rapport, aboutissent rapidement afin dâacter une augmentation propre Ă crĂ©er un regain dâattractivitĂ© nĂ©cessaire Ă ces mĂ©tiers en tension.
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Au cours de sa premiÚre réunion du mercredi 14 octobre 2020, la commission examine, pour avis, le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2021 (n° 3397).
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M. Daniel Labaronne, prĂ©sident. Notre ordre du jour appelle lâexamen pour avis du projet de loi de financement de la sĂ©curitĂ© sociale pour 2021.
Je rappelle que la commission des affaires sociales, saisie au fond, a commencĂ© hier aprĂšs-midi ses travaux sur ce texte, dont la discussion en sĂ©ance publique dĂ©butera mardi 20 octobre. La commission des finances sâest quant Ă elle saisie pour avis de lâensemble du projet de loi. Avant de passer Ă lâexamen de ses 51 articles et des amendements dĂ©posĂ©s sur le texte, nous allons entendre nos rapporteures pour avis.
Mme Christelle Dubos, rapporteure pour avis. Si le projet de loi de financement de la sĂ©curitĂ© sociale pour 2021 est marquĂ© par les effets de la crise liĂ©e Ă lâĂ©pidĂ©mie de covid-19 et traduit les rĂ©ponses que le Gouvernement et les partenaires sociaux sâefforcent dây apporter, il ne renonce pas pour autant Ă moderniser notre systĂšme de protection sociale.
Au 31 dĂ©cembre 2019, je le rappelle, le rĂ©gime gĂ©nĂ©ral Ă©tait proche de lâĂ©quilibre, puisque son dĂ©ficit Ă©tait de 400 millions dâeuros, et de 1,9 milliard dâeuros en tenant compte du Fonds de solidaritĂ© vieillesse (FSV). La réévaluation au titre de la LFSS pour 2020 avait ensuite fait Ă©tat dâun rĂ©sultat moins favorable, le dĂ©ficit sâĂ©levant Ă 5,4 milliards dâeuros en raison de lâactualisation des perspectives Ă©conomiques et des mesures prises en rĂ©ponse Ă la crise des gilets jaunes.
NĂ©anmoins, lâimpact Ă©conomique et social de la crise sanitaire rend caduque la trajectoire de retour Ă lâĂ©quilibre, initialement programmĂ© dâici Ă 2023. En effet, le dĂ©ficit de la sĂ©curitĂ© sociale atteindra 44,4 milliards dâeuros en 2020 et 27,1 milliards dâeuros en 2021. Un tel rĂ©sultat, certes nĂ©gatif, doit ĂȘtre lu de maniĂšre nuancĂ©e puisquâen juin dernier, la commission des comptes de la sĂ©curitĂ© sociale envisageait encore un dĂ©ficit de 52 milliards dâeuros pour 2020.
Dans le dĂ©tail, les dĂ©ficits se rĂ©partissent de la façon suivante : 29,8 milliards dâeuros pour la branche maladie, 7,8 milliards dâeuros pour la branche vieillesse, 3,3 milliards dâeuros pour la branche famille, 3,2 milliards dâeuros pour le FSV et 300 millions dâeuros pour la branche accidents du travail-maladies professionnelles (AT-MP). Ainsi, la perspective dâune extinction de la dette sociale doit-elle ĂȘtre reportĂ©e.
Face au contexte sanitaire, diverses dispositions, drastiques mais nĂ©cessaires, telles que le confinement, la fermeture de tous les lieux recevant du public ainsi que des commerces non essentiels, ont Ă©tĂ© prises pour protĂ©ger la santĂ©, mais elles ont provoquĂ© une crise Ă©conomique et sociale sans prĂ©cĂ©dent. Plusieurs mesures ont permis dâen amortir le choc et les consĂ©quences sur la vie des Français et sur les entreprises.
PremiĂšrement, des dĂ©penses exceptionnelles de la sĂ©curitĂ© sociale ont jouĂ© un rĂŽle clef dans lâattĂ©nuation de lâimpact de la crise. Parmi ces dĂ©penses, on relĂšve lâextension automatique des prestations servies aux personnes vulnĂ©rables, la compensation du chĂŽmage partiel, le report des Ă©chĂ©ances de prĂ©lĂšvement, voire lâannulation, de cotisations, pour certains secteurs ou dans certaines situations, le maintien des droits au chĂŽmage et la suspension des rĂ©formes prĂ©vues.
Les dĂ©penses de lâassurance maladie ont connu une augmentation exceptionnelle et imprĂ©vue. Les surcoĂ»ts liĂ©s Ă la crise sâĂ©lĂšvent en effet Ă 15 milliards dâeuros en 2020, dont 4,8 milliards dâeuros allouĂ©s Ă SantĂ© publique France pour gĂ©rer lâĂ©pidĂ©mie, en particulier pour lâachat dâĂ©quipements â masques, respirateurs, tenues de protection â ainsi que le financement des tests PCR, mais aussi le versement des « primes covid », la prise en charge des arrĂȘts de travail des personnes identifiĂ©es comme cas contact et au titre de la garde dâenfants.
DeuxiĂšmement, le dĂ©ficit de la sĂ©curitĂ© sociale est creusĂ© par lâeffondrement de ses recettes, liĂ© notamment Ă la baisse des cotisations sociales â le recul de la masse salariale reprĂ©sente en effet une perte de 21,7 milliards dâeuros â et aux mesures prises pour soulager les comptes des entreprises et prĂ©server au maximum lâemploi dans le cadre du plan de relance.
Outre quâil rĂ©pond Ă la crise, le PLFSS pour 2021 prend en compte les divers enjeux dâavenir et sâinscrit dans le mouvement profond de rĂ©flexion et de rĂ©organisation du systĂšme de santĂ© engagĂ© depuis le dĂ©but du quinquennat avec la mise en Ćuvre de la stratĂ©gie « Ma santĂ© 2022 », le pacte de refondation des urgences et le plan « Investir pour lâhĂŽpital ». La crise sanitaire et les problĂ©matiques quâelle a soulevĂ©es, notamment celles de la valorisation des mĂ©tiers du soin et de lâorganisation de lâhĂŽpital, ont confirmĂ© que les mesures relevant de ces diffĂ©rentes initiatives allaient dans le sens dâune modernisation nĂ©cessaire du systĂšme de protection sociale.
Lâobjectif national de dĂ©penses dâassurance maladie (ONDAM) rectifiĂ© pour 2020 et celui prĂ©vu pour 2021 illustrent Ă la fois lâimportance des surcoĂ»ts induits par la crise et lâampleur des rĂ©formes menĂ©es. LâONDAM pour 2020 devrait ĂȘtre supĂ©rieur de 7,6 % Ă celui de 2019 ; cette Ă©volution est inĂ©dite depuis lâexistence de cet indicateur.
LâONDAM pour 2021 reflĂšte la dichotomie entre des mesures de crise, inĂ©vitables mais conjoncturelles, dont le coĂ»t atteindra 4,3 milliards dâeuros lâan prochain, et des rĂ©formes structurelles, aux effets de long terme, transposant les accords du « SĂ©gur de la santé ». Le coĂ»t de ces mesures devrait ĂȘtre de 7,4 milliards dâeuros en 2021, incluant notamment un plan dâinvestissement de 6 milliards dâeuros sur trois ans, qui doit ĂȘtre lu en cohĂ©rence avec la reprise de la dette hospitaliĂšre, Ă hauteur de 13 milliards dâeuros. Ces deux mesures ont un mĂȘme objectif, celui de redonner des marges de manĆuvre aux Ă©tablissements pour investir.
Le PLFSS pour 2021 entend mettre en Ćuvre les engagements du « SĂ©gur de la santé », grĂące notamment Ă 19 milliards dâeuros de soutien Ă lâinvestissement, Ă la revalorisation salariale du personnel hospitalier et du personnel des Ă©tablissements dâhĂ©bergement pour personnes ĂągĂ©es dĂ©pendantes (EHPAD), mobilisĂ©s depuis des annĂ©es, particuliĂšrement pendant la crise. Il permettra de rĂ©pondre Ă la crise sanitaire, grĂące aux 15 milliards dâeuros de dĂ©penses exceptionnelles engagĂ©es par lâassurance maladie en 2020. LâONDAM progresse, je le rĂ©pĂšte, de 7,6 % pour tenir compte des besoins de financement durant la crise sanitaire.
Le PLFSS pour 2021 comporte des mesures utiles, notamment la prorogation, jusquâĂ fin 2022, de lâexonĂ©ration de cotisations patronales pour lâembauche de travailleurs occasionnels et demandeurs dâemploi (TO-DE) dans le secteur agricole. Il mobilise des financements nouveaux, grĂące notamment Ă la crĂ©ation dâune contribution exceptionnelle, pour deux ans, Ă la charge des organismes complĂ©mentaires, qui ont Ă©conomisĂ© 2,2 milliards dâeuros de moindres remboursements de soins depuis le confinement et participeraient donc Ă hauteur dâun milliard dâeuros en 2020 et de 500 millions dâeuros en 2021.
Mais le PLFSS pour 2021 marque Ă©galement une Ă©volution sans prĂ©cĂ©dent, en crĂ©ant une cinquiĂšme branche dĂ©diĂ©e Ă lâautonomie. Depuis les ordonnances de 1945 crĂ©atrices de la sĂ©curitĂ© sociale, aucune nouvelle branche nâavait vu le jour. La crĂ©ation de cette branche, dont les dĂ©penses devraient atteindre 31,2 milliards dâeuros en 2021, a soulevĂ© de nombreuses questions, que M. Laurent Vachey, auteur dâun rapport remis au Gouvernement, nous a prĂ©sentĂ©es lors de son audition. Sâagissant du pĂ©rimĂštre, il a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© de conserver celui des dĂ©penses actuelles de la Caisse nationale de solidaritĂ© pour lâautonomie (CNSA), augmentĂ© de lâallocation dâĂ©ducation de lâenfant handicapĂ© (AEEH), jusque-lĂ financĂ©e par la branche famille. Concernant le financement, lâarchitecture budgĂ©taire interne de la CNSA doit ĂȘtre simplifiĂ©e afin de la rapprocher du fonctionnement des caisses de sĂ©curitĂ© sociale. Dans cette optique, nous voterons dĂ©sormais chaque annĂ©e un objectif de dĂ©penses, comme pour les autres branches. Sâagissant de la gouvernance, il est crucial de renforcer le rĂŽle de pilotage de la CNSA, notamment en crĂ©ant un lien plus direct et plus fort avec les maisons dĂ©partementales des personnes handicapĂ©es (MDPH), comme le prĂ©conise M. Vachey dans son rapport. Dans le prolongement de la crĂ©ation de la cinquiĂšme branche, le Gouvernement prĂ©sentera un projet de loi sur le grand Ăąge et lâautonomie dans les mois Ă venir.
Il convient, en outre, de mentionner lâextension Ă quatre semaines et le caractĂšre partiellement obligatoire du congĂ© de paternitĂ©, prĂ©vus dans le texte.
Pour conclure, si lâannĂ©e Ă venir est marquĂ©e par un niveau dâincertitude extrĂȘme et inĂ©dit, une orientation ambitieuse et dĂ©terminĂ©e doit nous permettre, dĂšs lâapplication de la LFSS pour 2021, de rĂ©nover profondĂ©ment et utilement le systĂšme de protection sociale pour les annĂ©es Ă venir.
M. Laurent Saint-Martin, rapporteur gĂ©nĂ©ral. Mon propos sera bref. Je veux tout dâabord remercier Mmes Dubos et Motin. Si lâexamen pour avis du PLFSS est un exercice important, la commission des finances ne doit pas oublier sa mission dâĂ©valuation ; je pense en particulier Ă la question des compensations par lâĂtat au profit de la sĂ©curitĂ© sociale. Nous devons en effet jouer un rĂŽle de vigie en la matiĂšre. LâannĂ©e 2020 est un peu particuliĂšre Ă cet Ă©gard, car cette question a Ă©tĂ© abordĂ©e lors des divers projets de loi de finances rectificative (PLFR) et en grande partie rĂ©glĂ©e dans la troisiĂšme LFR. Mais, Ă lâavenir, elle doit ĂȘtre correctement anticipĂ©e, faute de quoi le citoyen peut avoir une perception confuse de ce qui relĂšve respectivement du budget de lâĂtat et de celui de la sĂ©curitĂ© sociale. Or, nous sommes nombreux Ă tenir Ă cette distinction propre Ă notre pays.
Le PLFSS pour 2021 comporte des avancĂ©es importantes, quâil sâagisse de lâallongement du congĂ© de paternitĂ©, de la traduction du « SĂ©gur de la santé » dans le plan de relance ou de la crĂ©ation, en attendant le projet de loi relatif Ă lâautonomie et au grand Ăąge, dâune cinquiĂšme branche de la sĂ©curitĂ© sociale, qui nous permet dâavoir dâores et dĂ©jĂ une premiĂšre discussion politique sur cet enjeu majeur pour notre sociĂ©tĂ©.
Mais, encore une fois, efforçons-nous de travailler davantage en lien avec nos collĂšgues de la commission des affaires sociales sur la question de la compensation ; Mme Motin sây emploie depuis le dĂ©but de la lĂ©gislature, dâabord avec M. Alauzet, puis avec Mme Dubos, et jây travaille moi-mĂȘme avec le rapporteur gĂ©nĂ©ral de la commission des affaires sociales, M. Mesnier. Peut-ĂȘtre pourrions-nous commencer par organiser â je sais que le prĂ©sident Woerth est favorable Ă cette proposition â une discussion commune du projet de loi de finances (PLF) et du PLFSS ? Et demain â qui sait ? â, nous pourrions rapprocher nos rĂ©flexions sur les parties consacrĂ©es aux recettes, celles relatives aux dĂ©penses demeurant trop diffĂ©rentes.
Lorsque lâun des deux textes traite, par exemple, de la suppression du crĂ©dit dâimpĂŽt pour la compĂ©titivitĂ© et lâemploi (CICE) quand lâautre traite de la baisse des cotisations patronales, il est absurde, reconnaissons-le, que les deux discussions soient distinctes et se dĂ©roulent Ă une semaine dâintervalle. Une telle procĂ©dure ne facilite pas la comprĂ©hension de ce que nous faisons. Je pourrais citer Ă©galement lâexemple de la contribution sociale gĂ©nĂ©ralisĂ©e (CSG) : est-elle un impĂŽt ou une cotisation ? Peut-ĂȘtre le meilleur moyen de trancher cet Ă©ternel dĂ©bat est-il dâen discuter ensemble et de considĂ©rer quâil sâagit, en tout Ă©tat de cause, dâun prĂ©lĂšvement obligatoire.
Ce nâest pas parce que la lĂ©gislature sâachĂšve dans dix-huit mois et que nous traversons une crise sanitaire que nous devons oublier nos ambitions en ce domaine. Une proposition de loi organique doit ĂȘtre dĂ©posĂ©e sur le sujet, et jâinviterai nos collĂšgues de la commission des affaires sociales Ă y travailler avec nous.
Mme Zivka Park. Le projet de budget de la sĂ©curitĂ© sociale pour 2021 sâinscrit dans un contexte particulier, celui dâune pandĂ©mie qui, hĂ©las ! nâest pas encore derriĂšre nous. Il comporte ainsi des dĂ©penses qui, pour certaines, sont liĂ©es Ă la crise sanitaire et, pour dâautres, concrĂ©tisent les rĂ©formes annoncĂ©es du systĂšme de santĂ© et des droits sociaux, notamment la crĂ©ation de la cinquiĂšme branche de la sĂ©curitĂ© sociale.
La crise sanitaire a, certes, entraĂźnĂ© une aggravation du dĂ©ficit de la sĂ©curitĂ© sociale, mais ne rĂ©duisons pas le PLFSS pour 2021 Ă ce constat, dont nous connaissons tous les raisons. Nous pouvons en effet affirmer quâil est lâun des plus beaux PLFSS que nous ayons connus, comme lâa indiquĂ© le rapporteur gĂ©nĂ©ral de la commission des affaires sociales.
Oui, nous observons une augmentation massive des dĂ©penses dâassurance maladie du fait de la crise sanitaire. Mais aurait-il pu en ĂȘtre autrement ? Non, car nous devions ĂȘtre au rendez-vous en assumant les dĂ©penses qui visaient Ă protĂ©ger et Ă prĂ©server la santĂ© des Français, notamment celle des plus fragiles et de ceux qui ont Ă©tĂ© en premiĂšre ligne et Ă qui nous devons tant. En outre, ces dĂ©penses sont liĂ©es au « SĂ©gur de la santé », qui constitue une premiĂšre grande Ă©tape du renforcement de notre systĂšme hospitalier.
Avant dâaborder les quatre points sur lesquels je concentrerai mon propos, je tiens Ă saluer, au nom du groupe La RĂ©publique en marche, la qualitĂ© du travail des deux rapporteures pour avis.
Le PLFSS comporte une mesure qui marque, Ă notre sens, une belle et grande avancĂ©e. La commission des « 1 000 premiers jours » a fait Ă©tat de la nĂ©cessitĂ© de renforcer le congĂ© de paternitĂ© afin de favoriser la crĂ©ation de liens dâattachement durables entre le second parent et lâenfant et dâaccompagner le dĂ©veloppement de celui-ci. Ce congĂ© contribue Ă©galement Ă lâĂ©galitĂ© entre les femmes et les hommes, en incitant Ă un rééquilibrage des tĂąches parentales et en rĂ©duisant les inĂ©galitĂ©s de carriĂšre professionnelle. GrĂące au PLFSS, la durĂ©e du congĂ© de paternitĂ© est doublĂ©e et portĂ©e Ă 28 jours.
Par ailleurs, comme nous nous y Ă©tions engagĂ©s, le plan massif de revalorisation salariale des personnels de santĂ© et des EHPAD et dâinvestissement est prĂ©vu dans le PLFSS actuellement en discussion.
Le PLFSS permet enfin Ă lâhĂŽpital de respirer en lui redonnant des marges de manĆuvre, grĂące Ă une reprise de sa dette Ă hauteur de 13 milliards dâeuros. Il ressort cependant de nos Ă©changes avec les directeurs dâhĂŽpitaux implantĂ©s dans nos territoires que ceux-ci sâinterrogent sur ce point. Aussi, pouvez-vous nous indiquer comment cette reprise de dette va sâopĂ©rer concrĂštement ? Sâagissant de la crĂ©ation de la cinquiĂšme branche, pouvez-vous nous confirmer les montants en jeu ? Pensez-vous que ceux qui ont Ă©tĂ© dĂ©bloquĂ©s couvrent les besoins actuels ?
Mme VĂ©ronique Louwagie. Madame la rapporteure pour avis, vous avez Ă©voquĂ© un rĂ©sultat nuancĂ©. Pourtant, le dĂ©ficit est abyssal : il sâĂ©lĂšve Ă 44,4 milliards dâeuros pour 2020 et Ă 27,1 milliards pour 2021 ! Au demeurant, lâensemble des prĂ©visions pour 2021 se fonde sur lâhypothĂšse selon laquelle nous Ă©chapperions Ă une deuxiĂšme vague de lâĂ©pidĂ©mie et sur celle dâune bonne reprise de lâactivitĂ© Ă©conomique dĂšs 2020. Or nous avons de fortes incertitudes sur ces deux points.
Un mot sur les consĂ©quences du « SĂ©gur de la santé ». Si le groupe Les RĂ©publicains considĂšre la revalorisation salariale des professions de santĂ© comme nĂ©cessaire, de mĂȘme que le plan dâinvestissement, il ne peut pas se rĂ©jouir que ces mesures soient financĂ©es par du dĂ©ficit et de la dette.
Certes, des milliards dâeuros sont prĂ©vus pour les Ă©tablissements de santĂ©, mais la mĂ©decine libĂ©rale apparaĂźt comme lâoubliĂ©e de ce PLFSS. Pourtant, tous les professionnels de santĂ© et les acteurs concernĂ©s sâaccordent depuis longtemps sur le fait que la rĂ©forme du systĂšme de santĂ© nâest possible que si un partenariat trĂšs fort est nouĂ© entre la ville et lâhĂŽpital, de maniĂšre Ă favoriser un dĂ©cloisonnement qui permette lâamĂ©lioration du parcours de soins et la rĂ©alisation dâĂ©conomies. HĂ©las ! aucun signal nâest envoyĂ© dans ce sens.
Quant Ă la cinquiĂšme branche, elle nâa en dĂ©finitive dâautonomie que le nom puisquâelle est sous-financĂ©e et mal financĂ©e dans ce texte.
Je veux Ă prĂ©sent insister sur les services dâaide et dâaccompagnement Ă domicile. Ces acteurs, qui ont rĂ©pondu prĂ©sent durant la pĂ©riode de confinement, accomplissent un travail extraordinaire dans nos territoires. Dâici Ă 2050, nous le savons, le nombre de Français de plus de 85 ans triplera ; on dĂ©nombre actuellement 2,2 millions de personnes en perte dâautonomie, dont beaucoup veulent rester Ă domicile. Le rapport de Mme Myriam El Khomri Ă©value Ă 93 000 le nombre de postes quâil faudra crĂ©er entre 2020 et 2044 ; nous y sommes ! Quant au rapport de M. Dominique Libault, il estime le besoin dâinvestissements pour permettre la prise en charge de lâautonomie Ă 9,2 milliards dâeuros dâici Ă 2030.
Or le PLFSS ne prĂ©voit rien en la matiĂšre, pas mĂȘme lâaffectation progressive dâune recette au financement de lâautonomie. Il envoie mĂȘme des contre-signaux, puisquâil rĂ©affecte les 50 millions dâeuros initialement flĂ©chĂ©s vers lâamorçage de la tarification des services dâaide et dâaccompagnement Ă domicile au financement de la « prime covid ». Ce faisant, on abandonne une nouvelle fois les services dâaide et dâaccompagnement Ă domicile. Le texte ne comporte aucune mesure qui traduise lâambition affichĂ©e de transformation de la prise en charge domiciliaire de lâautonomie ou qui permette, dĂšs 2021, la nĂ©cessaire revalorisation des salaires des professionnels de la branche, pour prendre en compte leur engagement et le caractĂšre essentiel de leur mission.
Lâautonomie ne se rĂ©sume pas Ă un coĂ»t : de mĂȘme que ce sont des hommes et des femmes qui bĂ©nĂ©ficient de ces services, ce sont des hommes et des femmes qui les offrent et qui contribuent ainsi Ă crĂ©er un secteur Ă©conomique Ă part entiĂšre, constituĂ© dâemplois de proximitĂ© non dĂ©localisables. Jâai cru comprendre que les dĂ©putĂ©s de la majoritĂ© se saisissaient de la question ; je mâen rĂ©jouis car, Ă ce stade, cette omission doit ĂȘtre dĂ©noncĂ©e.
M. Christophe Jerretie. Le PLFSS pour 2021 a trois caractéristiques principales.
PremiĂšrement, il est affectĂ© par la crise. Outre les pertes de recettes, les mesures dâurgence trĂšs fortes ont abouti Ă des surcoĂ»ts majeurs et ont certainement limitĂ© les dĂ©penses en faveur des politiques publiques qui avaient Ă©tĂ© Ă©voquĂ©es lâan dernier.
DeuxiĂšmement, il marque nĂ©anmoins un progrĂšs puisquây ont Ă©tĂ© intĂ©grĂ©es la plupart des mesures du « SĂ©gur de la santé » : revalorisation salariale, embauches, plan dâinvestissement dans les hĂŽpitaux, reprise de la dette... Il ne faut pas Ă©luder ces progrĂšs importants.
TroisiĂšme Ă©lĂ©ment, trĂšs important pour le groupe MODEM : lâĂ©quilibre des comptes sociaux Ă moyen terme. Tout est fait avec mesure et parcimonie. Lâextension de la durĂ©e de vie de la Caisse dâamortissement de la dette sociale (CADES) jusquâen 2033 est une bonne mesure.
Jâen viens Ă mes questions. Lâaccompagnement numĂ©rique et lâĂ©volution de la tarification Ă lâactivitĂ© (T2A) sont-ils bien pris en compte dans le PLFSS ? Enfin, la crise a sans doute empĂȘchĂ© le dĂ©ploiement de tous les efforts prĂ©vus en faveur de lâautonomie. Estimez-vous nĂ©anmoins que, dans les deux Ă trois annĂ©es qui viennent, cette question pourra faire lâobjet dâune vĂ©ritable politique publique ? Le groupe MODEM sera attentif Ă ces diffĂ©rents points et accompagnera, dans la majoritĂ©, ce PLFSS historique.
M. Jean-Louis Bricout. Ma premiĂšre question a Ă©galement trait Ă lâĂ©volution de la T2A : quâen est-il ?
Par ailleurs, le PLFSS pour 2021 suscite une certaine incomprĂ©hension car, sâil crĂ©e une branche autonomie, il nĂ©glige les services dâaide Ă domicile et leurs salariĂ©s. Pis, il revient sur les engagements de revalorisation salariale pris par le Gouvernement. Il contredit ainsi les ambitions affichĂ©es concernant le « virage domiciliaire » et tĂ©moigne dâun mĂ©pris pour nos aĂźnĂ©s, qui souhaitent vieillir chez eux le plus longtemps possible dans les meilleures conditions, et pour les intervenants Ă domicile, qui ont tant donnĂ© pendant la pandĂ©mie.
Alors que le PLFSS devait envoyer un signal fort avec la crĂ©ation de la branche autonomie, ces arbitrages font craindre une cinquiĂšme branche sans moyens budgĂ©taires pour dĂ©velopper la rĂ©ponse domiciliaire. Or les services de soins Ă domicile ne parviennent dĂ©jĂ plus Ă rĂ©pondre Ă lâintĂ©gralitĂ© des demandes dâaccompagnement en raison de difficultĂ©s de recrutement dues au manque dâattractivitĂ© de ces mĂ©tiers.
Câest pourquoi on attendait un « virage domiciliaire » et la concrĂ©tisation de lâengagement pris par le Gouvernement de revaloriser les salaires des intervenants Ă domicile afin prĂ©cisĂ©ment de rendre ces mĂ©tiers plus attractifs, mieux reconnus, voire moins mĂ©prisĂ©s. Or, les avenants 43 et 44 Ă la convention collective de branche sont toujours en attente dâagrĂ©ment par le ministĂšre de tutelle. Ă lâheure des arbitrages, force est de constater que, dans le PLFSS pour 2021, les Ă©tablissements et les services de soins Ă domicile nâont rien ou presque : 10 millions dâeuros seulement. De fait, le projet de loi recycle les 50 millions dâeuros du PLFSS pour 2020 destinĂ©s aux services de soins Ă domicile et les 20 millions dâeuros annoncĂ©s par le ministĂšre des solidaritĂ©s et de la santĂ©, le 20 fĂ©vrier 2020, pour la revalorisation des salaires.
Enfin, je souhaiterais obtenir quelques prĂ©cisions sur les financements respectifs de lâĂtat et des dĂ©partements : nous craignons des disparitĂ©s territoriales et des demi-mesures dans certains dĂ©partements.
M. Charles de Courson. Mesdames les rapporteures pour avis, je souhaiterais tout dâabord que vous fassiez le point sur la dette sociale. Les projections concernant 2023 dĂ©passent-elles ou non les 136 milliards dâeuros dont nous avons votĂ© le transfert Ă la CADES le 7 aoĂ»t 2020 ?
DeuxiĂšmement, quel est le fondement du nouvel impĂŽt, qui nâest pas dĂ©ductible ? On nous dit que les complĂ©mentaires santĂ© ont fait des Ă©conomies sur les dĂ©penses dâassurance maladie. Câest exact, mais elles ont Ă©galement assumĂ© des coĂ»ts supplĂ©mentaires ; je pense notamment aux indemnitĂ©s journaliĂšres. Avez-vous des donnĂ©es prĂ©cises en la matiĂšre ?
Ma troisiĂšme question porte sur la branche vieillesse. Concernant le rĂ©gime gĂ©nĂ©ral, le dĂ©ficit prĂ©visionnel pour 2021 est de 7,3 milliards dâeuros. Quelles sont les perspectives ? Avez-vous des informations sur une Ă©ventuelle reprise de la rĂ©forme des retraites ?
Quant Ă la branche autonomie, elle est Ă©quilibrĂ©e dans le PLFSS, mais nâest-ce pas artificiel ? Quelles sont les projections, Ă pĂ©rimĂštre inchangĂ© puisque, pour le moment, on ne fait que transfĂ©rer des dĂ©penses dâautres branches ?
Mme Lise Magnier. En plein examen du PLF en sĂ©ance publique, nous voilĂ saisis pour avis du PLFSS pour 2021. Ces deux textes sont examinĂ©s dans un contexte sanitaire et Ă©conomique inĂ©dit et se fondent sur des comptes publics trĂšs dĂ©gradĂ©s. Tandis que le dĂ©passement de lâONDAM a atteint 10 milliards dâeuros en 2020, la progression, hors crĂ©dits covid, est fixĂ©e Ă 6 % pour 2021. Le dĂ©ficit de la sĂ©curitĂ© sociale atteindra 44,4 milliards dâeuros cette annĂ©e, contre seulement 5,4 milliards dâeuros lâan dernier. Le PLFSS traduit certaines des mesures du plan de relance et les annonces du « SĂ©gur de la santé ».
Au-delĂ des effets dĂ©vastateurs du covid, nous retenons de ce PLFSS la revalorisation bienvenue des salaires des personnels hospitaliers et des EPHAD, la reprise de la dette et le plan dâinvestissement pour lâhĂŽpital public. En revanche, nous nous interrogeons sur lâabsence dâaccompagnement des autres personnels soignants, en mĂ©decine de ville et dans les Ă©tablissements et services mĂ©dico-sociaux.
Nous retenons aussi la crĂ©ation de la cinquiĂšme branche, Ă lâinitiative de notre groupe. Il faudra vite concrĂ©tiser cette avancĂ©e par lâadossement de financements nouveaux et lâinscription Ă lâordre du jour du projet de loi relatif au grand Ăąge et Ă lâautonomie. Mais, comme nos collĂšgues, nous ne comprenons pas quâil soit possible de crĂ©er la cinquiĂšme branche tout en ponctionnant 50 millions dâeuros de financements sur les services de soin Ă domicile. Il sâagit dâune erreur majeure ; nous ne pouvons risquer de fragiliser encore ce secteur, si essentiel dans la vie de nos concitoyens.
Ce PLFSS est un texte majeur qui doit répondre à des attentes de longue date et apporter des solutions concrÚtes à la crise traversée par la protection sociale et le systÚme de soins. Toutefois, des questions restent à éclaircir.
M. Pierre DharrĂ©ville. Ne voulant pas doucher lâenthousiasme dĂ©bordant de la majoritĂ©, je me contenterai de ne pas partager vos louanges. Les PLFSS successifs ont largement affaibli la capacitĂ© de lâhĂŽpital Ă faire face aux enjeux, a fortiori Ă une crise comme celle que nous connaissons aujourdâhui. Le PLFSS pour 2021 ne dĂ©ment pas une tendance lourde : mĂȘme si des subsides supplĂ©mentaires sont dĂ©bloquĂ©s pour faire face au coĂ»t exceptionnel de la crise, on continue de rĂ©duire les dĂ©penses courantes et 4 milliards dâeuros dâĂ©conomies seront rĂ©alisĂ©es sur la sphĂšre de la santĂ©. VoilĂ la rĂ©alité ! Il faut porter un regard plus nuancĂ© sur ce que nous propose le Gouvernement : lâhĂŽpital est en crise et nous ne sommes pas Ă la hauteur du dĂ©fi.
Quant Ă la crĂ©ation de la cinquiĂšme branche, dont certains ont dit quâelle Ă©tait historique, elle tient pour lâinstant du symbole. Le PLFSS nâaffiche toujours pas dâambition sociale dans ce domaine et les fonds dĂ©gagĂ©s sont limitĂ©s : cela se rĂ©sume Ă un jeu de tuyauterie, Ă un redĂ©coupage architectural. Je voudrais sur ce point rassurer les membres de la commission finances : le premier objectif assignĂ© Ă la CNSA est de veiller Ă lâĂ©quilibre financier de la branche â nous voilĂ sauvĂ©s !
Monsieur le rapporteur gĂ©nĂ©ral, vous avez rappelĂ© lâindĂ©pendance du budget de la sĂ©curitĂ© sociale, tout en prĂ©conisant un dĂ©bat commun sur la partie recettes. Je comprends que ce soit surtout cette derniĂšre qui vous intĂ©resse, mais la sĂ©curitĂ© sociale ne doit pas ĂȘtre lâinstrument des politiques Ă©conomiques. Sa mission ne saurait ĂȘtre subordonnĂ©e Ă dâautres objectifs que ceux qui lui ont Ă©tĂ© fixĂ©s. Nous sommes opposĂ©s Ă la poursuite de lâĂ©tatisation de la sĂ©curitĂ© sociale.
Mme Claudia Rouaux. Il est trĂšs difficile dâĂ©valuer le coĂ»t de lâĂ©pidĂ©mie, car il faudrait distinguer les dĂ©penses supportĂ©es par les hĂŽpitaux dĂ©diĂ©s Ă la prise en charge des malades du covid durant la premiĂšre vague et les pertes enregistrĂ©es par les Ă©tablissements dont lâactivitĂ© sâest arrĂȘtĂ©e et qui ont dĂ» mettre leur personnel au chĂŽmage partiel. Toutefois, il serait intĂ©ressant de disposer, pour lâavenir, de mesures prĂ©cises de ces coĂ»ts.
Mme Cendra Motin, rapporteure pour avis. Alors que la France entiĂšre traverse une crise sanitaire, Ă©conomique et sociale, il appartient aux membres de la commission des finances, plus quâĂ quiconque, de rĂ©flĂ©chir au contexte global. Le PLF et le PLFSS sont trĂšs imbriquĂ©s et chaque dĂ©cision prĂ©vue dans lâun a des rĂ©percussions sur lâautre texte.
Nous nâen sommes certes pas Ă un examen commun des recettes, mais nous devons prendre la mesure de ce qui se passe : cette annĂ©e encore, la part de taxe sur la valeur ajoutĂ©e (TVA) attribuĂ©e au budget de la sĂ©curitĂ© sociale sera augmentĂ©e, afin de soutenir ce modĂšle de protection unique, mais aussi pour compenser plusieurs milliards dâeuros dâallĂ©gements de cotisations. En 2018, nous avions engagĂ© une rĂ©flexion sur le sujet. MĂȘme si la situation a beaucoup changĂ©, nous devons continuer de penser le budget national dans sa globalitĂ©. Les Français ne font pas la diffĂ©rence, cela demeure de lâargent qui sort de leur poche.
De nombreuses questions ont portĂ©, bien Ă©videmment, sur la crĂ©ation de la cinquiĂšme branche. Elle tient peut-ĂȘtre du symbole, monsieur DharrĂ©ville, mais il sâagit alors dâun symbole historique, puisque cela ne sâĂ©tait pas vu depuis la crĂ©ation de la sĂ©curitĂ© sociale. Nous devons procĂ©der avec patience et mesure : nous avons commencĂ© par acter la crĂ©ation de la branche dans les lois organique et ordinaire relatives Ă la dette sociale et Ă lâautonomie ; nous approuverons la structure proposĂ©e dans ce PLFSS ; il appartiendra ensuite aux acteurs de travailler ensemble pour trouver leur place auprĂšs de la CNSA, Ă lâimage de la caisse centrale de la mutualitĂ© sociale agricole (CCMSA) que nous avons reçue rĂ©cemment.
Ce sont 31,2 milliards dâeuros qui sont affectĂ©s Ă cette branche. On ne va pas se mentir, pour beaucoup, cela sâapparente en effet Ă de la tuyauterie. Un premier changement majeur sâopĂ©rera avec le transfert de lâAEEH de la branche famille vers la branche autonomie. RĂ©unir lâAEEH et la prestation de compensation du handicap (PCH) au sein de la mĂȘme branche simplifiera la vie des parents et permettra un meilleur accĂšs aux droits.
Il convient de noter que, grĂące aux nĂ©gociations du « SĂ©gur de la santé », 1,4 milliard dâeuros supplĂ©mentaires seront attribuĂ©s pour la revalorisation des carriĂšres et lâinvestissement dans les Ă©tablissements.
Nous sommes tous dâaccord pour considĂ©rer que les aides Ă domicile, le plus souvent des femmes, font un mĂ©tier trĂšs difficile, mais trĂšs beau, car trĂšs humain. Elles entretiennent un lien essentiel, entre une sociĂ©tĂ© toujours plus rapide et des anciens qui ont besoin dâelles au quotidien. Ces mĂ©tiers doivent ĂȘtre reconnus et revalorisĂ©s.
Je ne voudrais pas passer sous silence la convention signée avec 75 départements
â il en manque Ă lâappel â qui ont mis 80 millions dâeuros sur la table, une somme Ă©quivalente Ă celle dĂ©bloquĂ©e par lâĂtat, pour verser une « prime covid » aux aides Ă domicile. Certes, les Ă©carts dâun dĂ©partement Ă lâautre sont trĂšs importants, mais les dĂ©partements sont des collectivitĂ©s autonomes financiĂšrement, qui peuvent dĂ©cider du niveau de la prime. Nous espĂ©rons que la participation de lâĂtat les incitera Ă aller plus loin et Ă revaloriser la prime versĂ©e Ă celles qui ont tant donnĂ©.
Le « SĂ©gur de la santé » a Ă©tĂ© un rendez-vous trĂšs important entre les professionnels de santĂ© et le ministre. Il a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© de revaloriser sensiblement les salaires, puisquâune premiĂšre augmentation, de 90 euros nets, sera suivie dâune seconde, dĂ©but 2021. Dans des moments tels ceux que nous vivons, nous avons besoin dâactes concrets.
Il est vrai que les mĂ©decins de ville ont lâimpression de ne pas avoir Ă©tĂ© reconnus et ne cachent pas leur dĂ©ception de voir la nĂ©gociation conventionnelle reportĂ©e de deux ans. Le Gouvernement sâest adaptĂ© aux impĂ©ratifs de calendrier de la profession et un compromis a Ă©tĂ© trouvé : les nĂ©gociations commenceront une fois le rĂ©sultat des Ă©lections internes connu.
Mme Véronique Louwagie. Cela ne justifie pas un décalage de deux ans !
Mme Cendra Motin, rapporteure pour avis. Je peux admettre que câest difficile Ă comprendre pour les mĂ©decins de terrain.
Depuis le dĂ©but du quinquennat, nous rĂ©pondons par des plans dâurgence Ă la situation dans les hĂŽpitaux. Le premier plan prĂ©sentĂ© par Mme AgnĂšs Buzyn, qui sâĂ©levait Ă 500 millions dâeuros, a permis de rĂ©aliser des investissements pour amĂ©liorer le quotidien des soignants. Le deuxiĂšme plan a Ă©tĂ© rĂ©intĂ©grĂ© au « SĂ©gur de la santé », le montant de la reprise de dette passant de 10 Ă 13 milliards dâeuros. LâidĂ©e Ă©tait de permettre aux hĂŽpitaux de faire des investissements. Madame Louwagie, cela nâest pas entiĂšrement financĂ© par la dette puisquâil a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© que des fonds du plan de relance europĂ©en seraient flĂ©chĂ©s vers le secteur de la santĂ©.
Mmes Véronique Louwagie et Marie-Christine Dalloz. Cela reste de la dette !
Mme Cendra Motin, rapporteure pour avis. Sâil est prĂ©vu de dĂ©caler quelques rĂ©alisations de la stratĂ©gie « Ma santé 2022 », certaines mesures ont dĂ©jĂ Ă©tĂ© mises en Ćuvre. Le reste Ă charge zĂ©ro pour les soins optiques, dentaires et auditifs est lâune des rĂ©formes les plus importantes que nous ayons voulues depuis le dĂ©but du quinquennat. Ses effets sont concrets puisque certains Français ne pouvaient accĂ©der Ă ces soins faute de moyens.
Mme AgnĂšs Buzyn, puis M. Olivier VĂ©ran se sont montrĂ©s attentifs aux modifications que lâon pouvait apporter au financement par la T2A, en dĂ©ployant le forfait annuel et en plaçant la qualitĂ© au centre de la dĂ©marche des structures hospitaliĂšres et mĂ©dico-sociales.
Dans le plan de relance, une enveloppe de 1,4 milliard dâeuros sera consacrĂ©e Ă la modernisation des outils numĂ©riques de la santĂ©. Une plateforme commune regroupera les nombreux projets et permettra de les coordonner.
Sâagissant de la dette sociale, la CADES, qui a vu sa durĂ©e de vie repoussĂ©e Ă 2033, a procĂ©dĂ© avec succĂšs Ă trois levĂ©es de fonds en septembre. ConformĂ©ment aux souhaits que Mme BĂ©nĂ©dicte Peyrol et moi-mĂȘme avions formulĂ©s, elle est parvenue Ă lever jusquâĂ 76 % de titres sociaux lors de son Ă©mission du 9 septembre et 66 % lors de son Ă©mission du 29 septembre 2020. Cela signifie que lorsque la CADES emprunte sur les marchĂ©s, elle parvient Ă trouver des investisseurs en quĂȘte de sens.
Durant le confinement, les mutuelles ont rĂ©alisĂ© des Ă©conomies. La baisse des dĂ©penses de soins de ville â les tĂ©lĂ©consultations, en forte croissance, Ă©taient prises en charge Ă 100 % par lâassurance maladie obligatoire â leur a permis de dĂ©gager 2,2 milliards dâeuros de marge. Dâautre part, les assureurs ont choisi, contrairement au souhait des membres du Parlement, de ne pas complĂ©ter les indemnitĂ©s journaliĂšres covid, laissant Ă lâĂtat et aux employeurs la charge totale de ce dispositif.
Le prĂ©sident Sarkozy, durant la crise de 2008, avait aussi dĂ©cidĂ© de taxer les mutuelles et les assurances. Cette dĂ©cision sâappuie sur le constat des marges rĂ©alisĂ©es durant le confinement et sur le fait que nous allons pĂ©renniser la prise en charge Ă 100 % des tĂ©lĂ©consultations, en plein dĂ©veloppement. Nous estimons que les mutuelles et les assurances sont tout Ă fait capables dâassumer cette taxe : câest en quelque sorte la compensation forfaitaire de ce quâelles nâont pas eu Ă dĂ©bourser.
Bien que nous ayons auditionnĂ© le conseil dâorientation des retraites (COR), nous nâavons pas encore connaissance de sa note, qui devrait ĂȘtre publiĂ©e demain. Nous savons que le dĂ©ficit des rĂ©gimes de retraite sera trĂšs important, de lâordre de 25 milliards dâeuros, mais que si la reprise Ă©conomique est conforme aux projections, il pourrait ĂȘtre ramenĂ© Ă 13 milliards dâeuros dâici 2025. Câest bien lĂ que rĂ©side le nerf de la guerre : la perte des recettes de la sĂ©curitĂ© sociale est due Ă la contraction, Ă hauteur de 6,9 % en 2020, de la masse salariale du secteur privĂ©. Si nous parvenons Ă recrĂ©er de lâactivitĂ© grĂące Ă un plan de relance ambitieux, les cotisations entreront Ă nouveau dans les caisses de la sĂ©curitĂ© sociale.
Mme Christelle Dubos, rapporteure pour avis. Permettez-moi de vous apporter quelques précisions chiffrées.
La progression de lâONDAM pour 2020 est relevĂ©e Ă 7,6 %, elle est de 3,2 % hors dĂ©penses covid ; lâĂ©volution, en 2021, est Ă©valuĂ©e Ă 6 %, et Ă 3,5 % hors dĂ©penses covid.
Lâapplication de la premiĂšre revalorisation salariale reprĂ©sente 1 milliard dâeuros.
La cinquiĂšme branche est dotĂ©e de 31,2 milliards dâeuros, dont 28 milliards dâeuros de CSG.
Lâaide consistant dans la prise en charge de charges fixes des professions de santĂ© libĂ©rales reprĂ©sente 1,4 milliard dâeuros en 2020.
Lâenveloppe consacrĂ©e Ă lâaccompagnement du numĂ©rique en santĂ© sâĂ©lĂšve Ă 1,4 milliard dâeuros sur trois ans.
Lâarticle 28 du PLFSS traite bien de la T2A et de la rĂ©forme du financement, de lâĂ©volution du reste Ă charge, notamment aux urgences, de la rĂ©forme du financement de la psychiatrie et des soins de suite et de rĂ©adaptation (SSR).
La branche vieillesse enregistre un dĂ©ficit de 7,8 milliards dâeuros en 2020, il sera de 7,3 milliards dâeuros en 2021 et en 2022, de 7,8 milliards dâeuros en 2023. Le retour Ă lâĂ©quilibre nâest donc pas dâactualitĂ©, dâautant que la crise a provoquĂ© un choc de recettes.
Les mesures de rĂ©gulation sâĂ©lĂšvent Ă 4 milliards dâeuros et sont en lien avec la structuration de lâoffre de soins, les baisses de prix sur les mĂ©dicaments et sur les dispositifs mĂ©dicaux, la pertinence et la qualitĂ© des soins en ville, la pertinence et lâefficience des arrĂȘts de travail et des transports sanitaires. On ne peut donc pas parler dâĂ©conomies rĂ©alisĂ©es sur la branche maladie, lâĂ©volution de lâONDAM le dĂ©montrant par ailleurs.
Comme le souligne le rapport de Mme El Khomri, la valorisation des mĂ©tiers du grand Ăąge passe par une reconnaissance des collectivitĂ©s territoriales et le regard que portent nos concitoyens sur ces professionnels du care. Les moyens allouĂ©s aux opĂ©rateurs de compĂ©tences, comme les fĂ©dĂ©rations dâaide Ă domicile, montent en charge. Une enveloppe de 80 millions dâeuros, destinĂ©e aux dĂ©partements, a Ă©tĂ© consacrĂ©e au soutien Ă la formation et Ă la professionnalisation des salariĂ©s.
Les dĂ©partements devraient rappeler quâils perçoivent des financements de la CNSA, donc de lâĂtat. Les crĂ©dits sâĂ©lĂšvent Ă 3 milliards dâeuros pour 2019, dont 2,2 milliards dâeuros pour lâAPA, 600 millions dâeuros pour la PCH et 200 millions dâeuros pour les MDPH. Ils permettent dâaider au recrutement et de conduire une politique de maintien Ă domicile, conjointement avec les services de lâĂtat.
Mme Cendra Motin, rapporteure pour avis. Madame Rouaux, compte tenu de la reprise de lâĂ©pidĂ©mie, il est trĂšs difficile de savoir comment nous finirons lâannĂ©e. Nous devons tous faire en sorte que la situation, dans deux mois, soit la plus proche possible de ce que nous imaginions en septembre. Câest souhaitable pour les comptes, mais aussi pour la santĂ© de nos proches et pour nous-mĂȘmes.
Je suis dĂ©solĂ©e de ne pas ĂȘtre en mesure de vous dire Ă combien sâĂ©lĂšve le coĂ»t de la crise liĂ©e Ă lâĂ©pidĂ©mie de covid, mais je peux vous donner quelques chiffres : plus de 2 milliards dâeuros ont Ă©tĂ© provisionnĂ©s pour les tests et SantĂ© publique France a Ă©tĂ© dotĂ©e de 4 milliards dâeuros pour reconstituer les stocks des hĂŽpitaux. Nous ne nous trouverons donc plus dans la mĂȘme situation quâen dĂ©but dâannĂ©e, lorsque nous avons Ă©tĂ© pris par surprise. Toutefois, il convient de rester vigilant car lâĂ©pidĂ©mie est mondiale et la moindre tension sur le marchĂ© se rĂ©percute en France.
Je vous invite Ă suivre de trĂšs prĂšs les admirables travaux de la mission dâinformation, dotĂ©e des prĂ©rogatives dâune commission dâenquĂȘte, sur le covid-19, prĂ©sidĂ©e par M. Julien Borowczyk, qui procĂšde Ă une analyse dĂ©taillĂ©e et approfondie, acteur par acteur, des diffĂ©rents problĂšmes : ils nous Ă©claireront sur les vĂ©ritables coĂ»ts et sur les consĂ©quences rĂ©elles de la crise sur notre systĂšme de santĂ©.
En outre, un comitĂ© dâexperts indĂ©pendant vient de publier un rapport dâĂ©tape sur la gestion de la crise, dont les premiĂšres conclusions tendent Ă montrer que le bilan français est plutĂŽt satisfaisant, comme en attestent notamment les taux comparĂ©s de mortalitĂ© par habitant.
Mme Véronique Louwagie. Mais oui, nous sommes les meilleurs !
Mme Cendra Motin, rapporteure pour avis. Nous pouvons toujours nous battre la coulpe, mais notre pays nâest pas le seul Ă avoir rencontrĂ© des problĂšmes dâapprovisionnement en masques et autres protections, et nous pouvons aussi nous crĂ©diter dâavoir plutĂŽt bien rĂ©agi Ă certains Ă©gards.
Quant aux pertes de recettes privĂ©es des cliniques privĂ©es, elles sont, comme celles des caisses de retraite complĂ©mentaire, hors du champ du PLFSS â câest tout le problĂšme de notre systĂšme. Nous ne pouvons donc en fournir une estimation. Mais nous avons auditionnĂ© avec la commission des affaires sociales les acteurs de la santĂ© tant publics que privĂ©s, puisquâils ont traversĂ© au mĂȘme titre la crise et que câest avec eux tous que nous continuerons de lutter contre le virus.
Mme Christelle Dubos, rapporteure pour avis. Je profite de lâoccasion pour remercier Ă nouveau lâensemble des professionnels de la santĂ©, qui se sont mobilisĂ©s sans compter pendant la crise et continuent de le faire, ainsi que tous les services de lâĂtat et des collectivitĂ©s territoriales, qui jouent le jeu en rĂ©pondant aux questions des entreprises, des salariĂ©s et de tous ceux qui sâadressent Ă eux.
M. Jean-Louis Bricout. Je ne suis pas satisfait des rĂ©ponses qui nous ont Ă©tĂ© apportĂ©es au sujet des auxiliaires de vie, par-delĂ les formules incantatoires exaltant le rĂŽle que celles-ci jouent dans les territoires en matiĂšre de soin. Le maintien Ă domicile correspond aux aspirations de nos aĂźnĂ©s et reprĂ©sente la solution la moins coĂ»teuse. Les Ă©lus ici prĂ©sents qui ont exercĂ© des responsabilitĂ©s au sein dâun centre communal dâaction sociale en seront dâaccord. Or, les auxiliaires de vie ne sont pas Ă©galement traitĂ©s dâun dĂ©partement Ă lâautre. La « prime covid », par exemple, fait lâobjet dâune convention avec le dĂ©partement, qui dĂ©cide de son montant ; mais pourquoi serait-elle diffĂ©rente selon le lieu de rĂ©sidence ? Certains aides-soignants quittent des structures dâaide Ă domicile pour lâhĂŽpital public ou les EHPAD parce que les conditions de travail nây sont pas les mĂȘmes. Pourtant, lâĂtat nâest-il pas garant de lâĂ©galitĂ© entre les personnes dâun territoire Ă lâautre ? Vous ne pouvez pas toujours rejeter la responsabilitĂ© sur les dĂ©partements. Tous nâont pas Ă©tĂ© Ă©galement touchĂ©s par la crise sociale : des systĂšmes de pĂ©rĂ©quation pourraient ĂȘtre instaurĂ©s pour soutenir certains dâentre eux.
Mme VĂ©ronique Louwagie. Sâagissant des services Ă domicile, les besoins sont tels â 93 000 postes selon le rapport de Mme El Khomri â que le dispositif prĂ©vu Ă lâarticle 4 ne pourra suffire Ă les satisfaire.
Les situations varient beaucoup selon les dĂ©partements. Dans les territoires ruraux comme lâOrne, les temps de trajet sont trĂšs longs, car la densitĂ© de population est trĂšs faible. Il faut donc Ă©tablir des pĂ©rĂ©quations ; vous invoquez la libertĂ© des dĂ©partements, mais vous ne pouvez les laisser gĂ©rer seuls ces situations, sous peine que les tarifs deviennent insoutenables pour certains dâentre eux. Votre absence de solution Ă ce problĂšme aggrave les inĂ©galitĂ©s entre territoires, inadmissibles en matiĂšre de maintien au domicile comme dâaccĂšs aux soins.
M. Charles de Courson. En ce qui concerne la dette sociale, dâaprĂšs les projections qui figurent Ă lâannexe B, le dĂ©ficit cumulĂ© pour la pĂ©riode 2020-2024 reprĂ©sente quelque 140 milliards dâeuros, soit dĂ©jĂ plus que le montant repris par la CADES, lequel incluait les dettes passĂ©es. Cela signifie que nous ne tiendrons pas plus de deux ans : dĂšs 2022-2023, il faudra revoir le dispositif. Toujours selon lâannexe B, les dĂ©ficits structurels de la branche vieillesse vont atteindre 7 Ă 8 milliards dâeuros par an, ceux de lâassurance maladie 17 milliards dâeuros. Il faut donc prendre des mesures. Mesdames les rapporteures pour avis, y a-t-il des Ă©conomies dans le PLFSS pour 2021 et, si oui, oĂč ?
Mme Stella Dupont. Lâaide Ă domicile nous prĂ©occupe tous beaucoup, quels que soient les bancs sur lesquels nous siĂ©geons. Je suis surprise que la question de la revalorisation salariale nâapparaisse guĂšre dans le PLFSS. Nous sommes nombreux Ă souhaiter une Ă©volution sur ce point Ă la faveur du dĂ©bat parlementaire. La crĂ©ation de la cinquiĂšme branche est censĂ©e permettre une politique ambitieuse en matiĂšre dâautonomie, mais il y a urgence, sur le terrain, Ă revaloriser de maniĂšre cohĂ©rente les mĂ©tiers â donc les rĂ©munĂ©rations. Le « SĂ©gur », concrĂ©tisĂ© par le PLFSS, entĂ©rine des revalorisations hors norme sâagissant du volet sanitaire, mais les manques sont criants concernant le volet domiciliaire, alors mĂȘme que toute diffĂ©rence de traitement entre les deux se traduira par des transferts de personnel, puisque tous les secteurs sont en sous-effectif.
Mme Cendra Motin, rapporteure pour avis. Nous partageons vraiment le souhait de revaloriser le salaire des aides Ă domicile. Cela a Ă©tĂ© dit, une nĂ©gociation est en cours au sujet des avenants 43 et 44 de la convention collective qui rĂ©git leur activitĂ©, et nous avons bon espoir que le texte Ă©volue dâici Ă lâexamen du PLFSS en sĂ©ance publique. Lâenjeu est de trouver le bon calendrier, mais aussi le bon compromis : je ne suis pas sĂ»re que les salaires puissent ĂȘtre revalorisĂ©s Ă la hauteur de ce quâattendent certaines aides Ă domicile. Dans les communes rurales de ma circonscription, le modĂšle Ă©conomique de lâaide Ă domicile en milieu rural (ADMR) est trĂšs fragile : il lui sera bien difficile de supporter de trĂšs fortes hausses de salaires, surtout sans la certitude que le dĂ©partement suivra les injonctions en ce sens.
Or, en la matiĂšre, la libertĂ© des collectivitĂ©s territoriales est garantie par le principe de leur libre administration. La pĂ©rĂ©quation entre elles existe dĂ©jĂ . LâĂtat ne peut que se plier Ă leur volontĂ©, Ă leur choix politique â car câen est un. Mais nous voulons tous lâĂ©galitĂ© et lâĂ©quitĂ© en matiĂšre de prise en charge, qui seront au cĆur du dĂ©bat sur le grand Ăąge et lâautonomie. Ma circonscription est frontaliĂšre de trois dĂ©partements : je sais quâil est incomprĂ©hensible pour nos concitoyens que les tarifs de prise en charge, surtout lorsquâil sâagit de nos aĂźnĂ©s, ne soient pas les mĂȘmes en IsĂšre, dans le RhĂŽne, dans lâAin et en Savoie.
De nombreux rapports ont Ă©tĂ© rĂ©digĂ©s sur le sujet â je salue les travaux de Mme El Khomri, de M. Libault et de M. Vachey, mais aussi ceux, de grande qualitĂ©, de nos collĂšgues parlementaires Mme Dufeu, Mme Vidal, Mme Iborra et Mme Fiat. Ă nous, dĂ©sormais, dâavancer pour rĂ©pondre Ă cette demande sociĂ©tale, car câest bien dâun enjeu de sociĂ©tĂ© quâil sâagit : le dĂ©fi Ă relever en vue de 2050 est immense. La majoritĂ© a posĂ© la premiĂšre pierre de lâĂ©difice en crĂ©ant le cinquiĂšme risque et la cinquiĂšme branche de la sĂ©curitĂ© sociale, mais il reste Ă©normĂ©ment Ă construire, nous en sommes parfaitement conscients.
Monsieur de Courson, sur les 136 milliards dâeuros que vous Ă©voquez, il y en a 92 correspondant Ă des dĂ©ficits prĂ©visionnels. Je crois pour ma part aux effets du plan de relance ; attendons quâils se manifestent avant de dire quâil manque des milliards dâeuros â ce ne sera pas long puisque le ministre veut que les dĂ©caissements soient faits dans les deux ans. Il est de notre responsabilitĂ© que les mĂ©canismes soient simples, clairs, faciles Ă apprĂ©hender et Ă utiliser par les entreprises et leurs conseils. Ă nous, lĂ©gislateur, de veiller Ă ne pas les compliquer pour quâils soient efficaces et efficients trĂšs vite.
Quant aux Ă©conomies, nous serons tous dâaccord pour dire que, politiquement, ce nâest pas le moment dâen rĂ©aliser sur la santĂ© â sinon en poursuivant la rĂ©organisation engagĂ©e depuis trois ans en matiĂšre dâarticulation entre lâhĂŽpital et la ville et de rĂ©partition des modes de financement des soins entre T2A, forfaits et incitation Ă la qualitĂ©. Continuons sur cette voie, mais nous nâannoncerons ni Ă©conomies ni coup de rabot ici ou lĂ , car ils ne seraient pas compris.
Mme Christelle Dubos, rapporteure pour avis. Jâajoute quâil y a tout de mĂȘme 4 milliards dâeuros dâĂ©conomies dans le PLFSS, dont 700 millions dâeuros dus Ă la baisse du prix des mĂ©dicaments et 300 millions dâeuros dus aux efforts pour la pertinence et lâefficacitĂ© des arrĂȘts de travail, en consĂ©quence des actions entreprises au cours des annĂ©es prĂ©cĂ©dentes pour mieux flĂ©cher et rĂ©partir les dĂ©penses en vue du retour Ă lâĂ©quilibre en 2023.
En ce qui concerne lâautonomie, le PLFSS est une premiĂšre pierre Ă lâĂ©difice, mais nous examinerons dans quelques semaines le projet de loi relatif au grand Ăąge et Ă lâautonomie, qui va nous permettre de formuler des propositions sur le maintien Ă domicile et les services assurant le lien entre ville et EHPAD.
La revalorisation salariale nâest pas tout : il sâagit aussi de reconnaĂźtre la plus-value des mĂ©tiers de lâaide Ă domicile, au sein desquels les simples aides mĂ©nagĂšres dâhier ont Ă©tĂ© remplacĂ©es par de vĂ©ritables professionnels du care qui permettent le maintien Ă domicile des personnes ĂągĂ©es. Cela doit aussi passer par une professionnalisation et par une vĂ©ritable formation. Les Ă©lĂ©ments financiers inscrits dans le PLFSS y contribueront. En outre, 275 millions dâeuros ont Ă©tĂ© allouĂ©s en 2020 Ă la revalorisation des salaires au sein des EHPAD dans le cadre du « SĂ©gur de la santé ».
M. Charles de Courson. Nous sommes en commission des finances : si nous nâalertons pas sur le dĂ©ficit structurel de notre systĂšme de protection sociale, qui le fera ? Ă quoi servons-nous ? Il nây a aucune Ă©conomie dans le texte ! Vous Ă©voquez la branche maladie, mais il faut aussi considĂ©rer la branche vieillesse, la branche famille⊠On ne peut pas continuer ainsi !
Plusieurs députés du groupe La République en marche. Mais que proposez-vous ?
M. Charles de Courson. Mes propositions ? Je les formule depuis plus de vingt-cinq ans. En voici une, parmi beaucoup dâautres : crĂ©er un grand rĂ©gime unique pour tous les salariĂ©s en matiĂšre de vieillesse et Ă©teindre les rĂ©gimes spĂ©ciaux ; vous ne lâavez pas fait ! Pourtant, la branche vieillesse est structurellement dĂ©ficitaire et ce serait une rĂ©forme de justice et dâĂ©galitĂ©.
M. Ăric Coquerel. Vous avez transfĂ©rĂ© une grande partie de la dette covid Ă la CADES, alors que vous aviez dâautres choix. Pourquoi serait-ce aux comptes sociaux de la payer, alors que la dette sociale, on le sait, doit nĂ©cessairement ĂȘtre remboursĂ©e, Ă la diffĂ©rence de la dette de lâĂtat ?
Je remercie les rapporteures dâavoir clarifiĂ© le fait que le PLFSS prĂ©voit bel et bien des Ă©conomies, non pas conjoncturelles, mais structurelles, liĂ©es Ă la rĂ©organisation du systĂšme. Pourtant, contrairement Ă ce quâa pu dire le PrĂ©sident de la RĂ©publique, le problĂšme nâest pas lâorganisation, mais bien les moyens. Tant que cela nâaura pas Ă©tĂ© compris, nous nous exposerons Ă de nouveaux Ă©pisodes comparables Ă celui que nous venons de vivre.
Mme VĂ©ronique Louwagie. La question posĂ©e par M. Coquerel mĂ©rite dâĂȘtre soulevĂ©e : la crise inĂ©dite que nous vivons doit-elle ĂȘtre prise en charge par le budget de la sĂ©curitĂ© sociale ou par celui de lâĂtat ? Il faudra bien finir par y rĂ©pondre.
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EXAMEN DES ARTICLES
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PremiĂšre partie
DISPOSITIONS RELATIVES Ă LâEXERCICE 2019
Article 1er : Approbation des tableaux dâĂ©quilibre relatifs Ă lâexercice 2019
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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Article 2 : Approbation du rapport annexĂ© sur le tableau patrimonial et la couverture des dĂ©ficits de lâexercice 2019 (annexe A)
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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DEUXIĂME PARTIE
Dispositions relatives Ă lâexercice 2020
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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Article 4 : Contribution au financement de la prime Covid pour les personnes des services dâaide et dâaccompagnement Ă domicile
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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Article 7 : Rectification des prévisions et objectifs relatifs à 2020
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
Article 8 : Rectification de lâONDAM et des sous-ONDAM 2020
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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Article 9 : Rectification de la dotation au FMESPP
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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TROISIĂME PARTIE
Dispositions relatives aux recettes et Ă lâĂ©quilibre de la sĂ©curitĂ© sociale
pour lâexercice 2021
TITREÂ Ier
DISPOSITIONS RELATIVES AUX RECETTES, AU RECOUVREMENT
ET Ă LA TRĂSORERIE
Chapitre Ier
Tenir compte de la crise de la covidâ19
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
Â
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
AprĂšs lâarticle 13
La commission examine, en discussion commune, lâamendement CF5 de M. SĂ©bastien Jumel et lâamendement CF4 de M. SaĂŻd Ahamada, lequel fait lâobjet du sous-amendement CF6 de M. SĂ©bastien Jumel.
M. Fabien Roussel. Lâamendement CF5 concerne toutes les rĂ©gions depuis lesquelles il existe des liaisons maritimes avec la Corse ou transmanche. La frĂ©quentation des ferries a chutĂ© de 60 % Ă 80 % sâagissant des passagers et de plus de 20 % pour le fret. Cette situation met en grande difficultĂ© des compagnies qui opĂšrent les liaisons transmanche, de Dunkerque Ă Roscoff en passant par Calais, Dieppe, Le Havre, Caen, Ouistreham, Cherbourg et Saint-Malo. Le chĂŽmage partiel et le prĂȘt garanti par lâĂtat leur ont servi dans un premier temps dâamortisseurs, en permettant de maintenir les emplois et de poursuivre lâactivitĂ©, mĂȘme rĂ©duite ; mais ils ne suffisent pas Ă garantir la survie des opĂ©rateurs, confrontĂ©s Ă une crise de longue durĂ©e en mĂȘme temps quâaux mesures et incertitudes liĂ©es Ă la sortie du Royaume-Uni de lâUnion europĂ©enne, lesquelles affectent particuliĂšrement les Hauts-de-France, la Seine-Maritime et mĂȘme la Bretagne.
Face Ă cette situation, les salariĂ©s, les organisations syndicales et les dirigeants des entreprises de transport transmanche ainsi que les Ă©lus du littoral ont donnĂ© lâalarme et appelĂ© le Gouvernement Ă dĂ©ployer un plan ferries pour permettre le maintien de lâactivitĂ©. Le 15 septembre 2020, lors dâune sĂ©ance de questions au Gouvernement, le Premier ministre a dĂ©clarĂ© envisager rembourser les cotisations et contributions sociales dues par les armateurs pour 2021. Notre amendement tend Ă concrĂ©tiser cette annonce pour tous les bateaux battant pavillon français, mais aussi pour tous les dĂ©lĂ©gataires de service public.
M. SaĂŻd Ahamada. Lâamendement CF4 a Ă©galement pour objet dâinscrire dans le texte lâengagement pris par le Gouvernement en faveur des compagnies opĂ©rant des liaisons maritimes internationales, frappĂ©es de plein fouet par le covid et nâayant connu aucun dĂ©confinement, ces liaisons nâayant pas repris. En MĂ©diterranĂ©e, les trajets entre la France et lâAfrique du Nord sont toujours Ă lâarrĂȘt et le chiffre dâaffaires est Ă©gal Ă zĂ©ro. Or, le secteur maritime au sens large pĂšse beaucoup plus que lâautomobile dans lâĂ©conomie nationale. Les mesures de soutien dont il a bĂ©nĂ©ficiĂ©, comme dâautres secteurs, lui ont permis de tenir pendant le confinement, mais il faut dĂ©sormais un dispositif exceptionnel, Ă la mesure de la situation. Le Gouvernement lâa admis. Nous proposons donc que soient exonĂ©rĂ©es de part salariale lâensemble des cotisations dues par les armateurs.
M. Fabien Roussel. Les compagnies bĂ©nĂ©ficiant dâune dĂ©lĂ©gation de service public (DSP) devraient ĂȘtre concernĂ©es, ce qui nâest pas le cas aux termes de lâamendement que notre collĂšgue vient de dĂ©fendre. Tel est le sens de notre sous-amendement.
Mme Christelle Dubos, rapporteure pour avis. La rĂ©daction de lâamendement CF4 permettait dĂ©jĂ de traiter cette question Ă©voquĂ©e par le sous-amendement. Mais il ne me semble pas opportun dâinscrire dans la loi la mesure annoncĂ©e par le Premier ministre et dont M. Bruno Le Maire, ministre de lâĂ©conomie, des finances et de la relance, discute actuellement avec les armateurs : les amendements et le sous-amendement devraient ĂȘtre satisfaits dans les prochains jours. Ils pourraient ĂȘtre redĂ©posĂ©s dans le cadre du quatriĂšme projet de loi de finances rectificative pour 2020 si une rĂ©ponse concrĂšte nâavait pas Ă©tĂ© apportĂ©e aux armateurs dâici lĂ . Demande de retrait ou, Ă dĂ©faut, avis dĂ©favorable.
Mme Claudia Rouaux. Jâinsiste : les amendements permettraient dâobtenir des prĂ©cisions. En effet, dans lâhĂ©micycle, Ă propos du transmanche, donc des parties bretonne et normande, le Premier ministre a Ă©tĂ© trĂšs clair concernant Britanny Ferries, ex-BAI, mais beaucoup moins au sujet de la dĂ©lĂ©gation de service public, du moins en ce qui concerne la Normandie. Pour 2021, 15 millions dâeuros ont Ă©tĂ© Ă©voquĂ©s, mais lâinclusion des DSP nâa pas Ă©tĂ© officialisĂ©e.
M. Fabien Roussel. Je maintiens mon amendement. Les salariĂ©s des entreprises concernĂ©es ont besoin de visibilitĂ© pour lâannĂ©e 2021, qui approche Ă grands pas. Leur dire que la mesure ne sera pas inscrite dans le PLFSS, leur promettre quâelle pourra lâĂȘtre dans le quatriĂšme PLFR va nourrir leur inquiĂ©tude. Nous devons pouvoir leur garantir que leur activitĂ© est pĂ©renne ; sinon, les compagnies recourront au chĂŽmage, et nous ne voulons pas en arriver lĂ . Je le rĂ©pĂšte, ce sont les Ă©lus, les dirigeants des compagnies et les organisations syndicales qui demandent Ă ĂȘtre rassurĂ©s quant Ă la prise en charge des cotisations, y compris au profit des dĂ©lĂ©gataires de service public, dont la compagnie DFDS qui assure beaucoup de liaisons transmanche dans nos rĂ©gions.
M. Charles de Courson. Les personnels des armateurs bénéficient-ils du chÎmage partiel ?
Le secteur dâactivitĂ© invoquĂ© par nos collĂšgues nâest pas le seul Ă avoir Ă©tĂ© trĂšs affectĂ©. Nous devons traiter de maniĂšre Ă©quilibrĂ©e lâensemble de ceux qui ont souffert.
Enfin, les droits acquis du fait des cotisations, notamment Ă la retraite, seront-ils maintenus malgrĂ© lâannulation du recouvrement de la part salariale ? Celle-ci a un statut tout Ă fait diffĂ©rent de celui des cotisations patronales ; elle nâappartient pas Ă lâentreprise.
M. SaĂŻd Ahamada. Je le rĂ©pĂšte, nous ne faisons que traduire un engagement du Gouvernement. Certes, dâautres secteurs pourraient ĂȘtre Ă©ligibles Ă un tel dispositif, mais il convient de leur consacrer, le cas Ă©chĂ©ant, des amendements distincts.
Je retire mon amendement pour le redĂ©poser en vue de la sĂ©ance publique afin que le Gouvernement nous indique clairement le calendrier de mise en Ćuvre de la mesure annoncĂ©e.
Lâamendement CF4 est retiré ; en consĂ©quence, le sous-amendement CF6 tombe.
La commission rejette lâamendement CF5.
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Chapitre II
Poursuivre les simplifications pour les acteurs de lâĂ©conomie
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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Article 15 : Simplifier les démarches déclaratives des cotisations et contributions sociales des travailleurs indépendants agricoles
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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Chapitre III
Créer la nouvelle branche autonomie
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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Chapitre IV
Assurer la soutenabilité des dépenses de médicaments
Article 17 : Mécanisme de sauvegarde sur les produits de santé
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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TITREÂ II
CONDITIONS GĂNĂRALES DE LâĂQUILIBRE FINANCIER
DE LA SĂCURITĂ SOCIALE
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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Articles 20 et 21 : Approbation des tableaux dâĂ©quilibre de lâensemble des rĂ©gimes obligatoires, du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral et du FSV pour 2021
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption des articles sans modification.
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Article 22 : Approbation de lâannexe C, de lâobjectif dâamortissement de la dette sociale ainsi que des prĂ©visions de recettes affectĂ©es au Fonds de rĂ©serve pour les retraites et de mises en rĂ©serve au Fonds de solidaritĂ© vieillesse
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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Article 24 : Approbation du rapport sur lâĂ©volution pluriannuelle du financement de la sĂ©curitĂ© sociale (annexe B)
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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QuatriÚme partie :
DISPOSITIONS RELATIVES AUX DĂPENSES ET Ă LâĂQUILIBRE DE LA SĂCURITĂ SOCIALE POUR LâEXERCICE 2021
Chapitre Ier
Mettre en Ćuvre les engagements du SĂ©gur de la santĂ©
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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Article 26 : Accompagner la dynamisation de lâinvestissement pour la santĂ©
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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Article 28 : Poursuivre la réforme du financement des établissements de santé
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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Article 29 : ExpĂ©rimentation dâun modĂšle mixte de financement des activitĂ©s de mĂ©decine
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
Article 30 : Pérennisation et développement des maisons de naissance
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
Article 31 : Soutien au développement des hÎtels hospitaliers
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
Chapitre III
Tirer les conséquences de la crise sanitaire
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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Article 37 : Transfert Ă la sĂ©curitĂ© sociale de lâallocation supplĂ©mentaire dâinvaliditĂ© (ASI)
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
Chapitre IV
Assouplir et simplifier
Article 38 : Prises en charge dérogatoires des médicaments
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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Article 39 : Renforcer la qualité des prestations de soins à domicile
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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Article 40 : Simplification du pilotage de la complémentaire santé solidaire
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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Article 41 : Modernisation du financement des syndicats des professionnels de santé libéraux
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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Article 42 : Isolement et contention
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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Chapitre V
Dotations et objectifs de dépenses des branches et des organismes concourant
au financement des régimes obligatoires
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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Article 44 : Objectif de dépenses de la branche maladie, maternité, invalidité et décÚs
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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Article 45 : ONDAM et sous-ONDAM
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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Article 48 : Objectif de dépenses de la branche vieillesse
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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Article 49 : Objectif de dépenses de la branche famille
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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Article 50 : Objectif de dépenses de la branche autonomie
La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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La commission Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâarticle sans modification.
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Puis elle Ă©met un avis favorable Ă lâadoption de lâensemble du projet de loi sans modification.
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  Liste des personnes auditionnées
N. B. : les auditions en italique ont été organisées conjointement avec la commission des affaires sociales (MM. Thomas Mesnier, rapporteur général, Cyril Isaac-Sibille et Paul Christophe, Mmes Monique Limon et Caroline Janvier, rapporteurs thématiques).
â Services du Premier ministre
â Haut conseil du financement de la protection sociale : M. Dominique Libault, conseiller dâĂtat, prĂ©sident, directeur gĂ©nĂ©ral de lâĂcole nationale supĂ©rieure de sĂ©curitĂ© sociale
â Conseil dâorientation des retraites : MM. Pierre-Louis Bras, inspecteur gĂ©nĂ©ral des affaires sociales, prĂ©sident, et Emmanuel Bretin, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral
â Administrations centrales
â Direction de la sĂ©curitĂ© sociale : MM. Franck von Lennep, directeur, Morgan Delaye, sous-directeur du financement de la sĂ©curitĂ© sociale, et Nicolas Labrune, sous-directeur du financement du systĂšme de soins
â Direction du budget : Mme Marie Chanchole, sous-directrice chargĂ©e de la santĂ©, de lâemploi et de la formation professionnelle, de la solidaritĂ© et de lâinsertion, et M. Rayan Nezzar, chef du bureau des comptes sociaux et de la santĂ©
â Direction gĂ©nĂ©rale de lâoffre de soins : Mme Katia Julienne, directrice gĂ©nĂ©rale
â Structures interministĂ©rielles
â Inspections gĂ©nĂ©rales : M. Laurent Vachey, inspecteur gĂ©nĂ©ral des finances, Mme Florence Allot, inspectrice des affaires sociales, et M. Nicolas ScottĂ©, inspecteur des finances
â DĂ©lĂ©gation Ă la prĂ©vention et Ă la lutte contre la pauvreté : Mme Marine Jeantet, inspectrice des affaires sociales, dĂ©lĂ©guĂ©e
â AutoritĂ©s administratives indĂ©pendantes
â Haute autoritĂ© de santé : MM. Thomas Wanecq, directeur gĂ©nĂ©ral, et Pierre de Montalembert, chef de cabinet
â Agence nationale de la santĂ© publique : Mmes la professeure GeneviĂšve ChĂȘne, directrice gĂ©nĂ©rale, et Marie-Anne Jacquet, directrice gĂ©nĂ©rale adjointe
â ComitĂ© Ă©conomique des produits de santé : MM. Philippe Bouyoux, prĂ©sident, et Jean-Patrick Sales, vice-prĂ©sident chargĂ© des mĂ©dicaments, et Mme Catherine Rumeau-Pichon, vice-prĂ©sidente chargĂ©e des dispositifs mĂ©dicaux
â Organismes de sĂ©curitĂ© sociale
â Agence centrale des organismes de sĂ©curitĂ© sociale : M. Yann-GaĂ«l Amghar, directeur, et Mme Estelle Denize, secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale, directrice de la communication et des relations publiques
â Caisse dâamortissement de la dette sociale : M. Jean-Louis Rey, inspecteur gĂ©nĂ©ral des affaires sociales, prĂ©sident, et Mme GeneviĂšve Gauthey, secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale
â Caisse nationale dâassurance maladie : Mme VĂ©ronika Levendof, directrice juridique, et MM. Claude Gissot, inspecteur gĂ©nĂ©ral de lâInstitut national de la statistique et des Ă©tudes Ă©conomiques, directeur des Ă©tudes et des statistiques, et Marc Scholler, directeur dĂ©lĂ©guĂ© des finances et de la comptabilitĂ©
â Caisse centrale de la mutualitĂ© sociale agricole : M. Patrick Cormery, prĂ©sident, Mme Christine Dupuy, directrice de la rĂ©glementation, et M. Christophe Simon, chargĂ© des relations avec le Parlement
â Caisse nationale dâassurance vieillesse : MM. GĂ©rard RiviĂšre, prĂ©sident, et Renaud Villard, directeur
â Caisse nationale dâallocations familiales : Mme Isabelle Sancerni, prĂ©sidente, et M. Vincent Mazauric, directeur gĂ©nĂ©ral
â Caisse nationale de solidaritĂ© pour lâautonomie : Mme Virginie Magnant, directrice, et MM. StĂ©phane Corbin, directeur adjoint, GaĂ«l Hilleret, chargĂ© des Ă©tablissements et services mĂ©dico-sociaux
â Fonds de solidaritĂ© vieillesse : M. FrĂ©dĂ©ric FaviĂ©, prĂ©sident
â Fonds de rĂ©serves pour les retraites : Mme Sandrine Lemerey, prĂ©sidente du conseil de surveillance, et M. Yves Chevalier, membre du directoire
â Fonds pour la complĂ©mentaire santĂ© solidaire : MM. Philippe Sanson, directeur, Philippe Comte et StĂ©phane Runfola, chargĂ©s de mission
â Caisse autonome de retraite des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes : M. Patrice Ronceret, directeur
â Caisse dâassurance vieillesse des pharmaciens : Mme Monique Durand, prĂ©sidente, et M. Marc Legaux, directeur
â Caisse autonome de retraite et de prĂ©voyance des infirmiers, masseurs kinĂ©sithĂ©rapeutes, pĂ©dicures-podologues, orthophonistes et orthoptistes : Mmes Marie-Anne François, prĂ©sidente, et Muriel Muller-de Tannegg, directrice
â Caisse autonome de retraite des mĂ©decins de France : M. Henri Chaffiotte, directeur
â Caisse de prĂ©voyance et de retraite des notaires : Me BĂ©atrice CrĂ©neau-Jabaud, prĂ©sidente, et M. Jean-Paul Muller, prĂ©sident
â Caisse dâassurance vieillesse des huissiers de justice, des greffiers prĂšs des tribunaux de commerce, des commissaires-priseurs judiciaires, des commissaires-priseurs de ventes volontaires et des administrateurs et mandataires judiciaires : MM. Pascal Thuet, vice-prĂ©sident, et Guillaume DestrĂ©, directeur
â Caisse nationale des barreaux français : Me Viviane Schmitzberge-Hoffer, prĂ©sidente et M. Gilles Not, directeur gĂ©nĂ©ral
â Caisse dâassurance vieillesse des experts comptables : MM. Christophe Maertens, membre du bureau, et FrĂ©dĂ©ric Deknuydt, directeur
â Autres organismes paritaires
â Conseil de la protection sociale des travailleurs indĂ©pendants : Mme Sophie Duprez, prĂ©sidente, et MM. Ăric Lebont, directeur, et Olivier Maillebuau, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral
â Association gĂ©nĂ©rale des institutions de retraite complĂ©mentaire des cadres et Association pour le rĂ©gime de retraite complĂ©mentaire des salariĂ©s : M. François-Xavier Selleret, directeur gĂ©nĂ©ral
â Union nationale des associations familiales : Mme Marie-AndrĂ©e Blanc, prĂ©sidente, Guillemette Leneveu, directrice gĂ©nĂ©rale, Claire MĂ©nard, chargĂ©e des relations avec le Parlement, et M. Jean-Philippe Vallat, responsable des Ă©tudes
â Organisations professionnelles
â FĂ©dĂ©ration hospitaliĂšre de France : Mmes Zaynab Riet, dĂ©lĂ©guĂ©e gĂ©nĂ©rale, CĂ©cile Chevance, responsable des finances, et M. Vincent Roques, directeur de cabinet
â FĂ©dĂ©ration de lâhospitalisation privĂ©e * : M. Lamine Gharbi, prĂ©sident, et Mmes Christine Schibler, dĂ©lĂ©guĂ©e gĂ©nĂ©rale, et BĂ©atrice Noellec, directrice des relations institutionnelles
â FĂ©dĂ©ration des Ă©tablissements hospitaliers et dâaide Ă la personne privĂ©s non lucratifs * : MM. Antoine Perrin, directeur gĂ©nĂ©ral, et Guillaume Chesnel, directeur de lâoffre de soin et de la coordination des parcours de santĂ©
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* Ces reprĂ©sentants dâintĂ©rĂȘts ont procĂ©dĂ© Ă leur inscription sur le registre de la Haute autoritĂ© pour la transparence de la vie publique.
([1]) CCSS, Situation au 31 décembre 2019 et résultat annuel pour 2019 (note n° 23), 6 mai 2020.
([2]) Article 33 de la loi n° 2018-1203 du 22 décembre 2018 de financement de la sécurité sociale pour 2019.
([3]) Article 5 de la loi n° 2019-1446 du 24 décembre 2019 de financement de la sécurité sociale pour 2020.
([4]) Avis n° 2314 de Mme Cendra Motin et M. Ăric Alauzet, au nom de la commission des finances, sur le PLFSS pour 2020, enregistrĂ© Ă la prĂ©sidence de lâAssemblĂ©e nationale le 16 octobre 2019.
([5]) Fonction publique dâĂtat, agents des collectivitĂ©s locales, fonds spĂ©cial des pensions des ouvriers des Ă©tablissements industriels de lâĂtat et caisse nationale des industries Ă©lectriques et gaziĂšres.
([6]) Commission des comptes de la sécurité sociale.
([7]) Il sâagit de la prolongation, en annĂ©e pleine, de la mesure dâexonĂ©ration de prĂ©lĂšvements sociaux applicables Ă ces heures prĂ©vue Ă compter du 1er septembre 2019 par lâarticle 7 de la loi n° 2018-1203 du 22 dĂ©cembre 2018 de financement de la sĂ©curitĂ© sociale pour 2019 mais dont lâentrĂ©e en vigueur avait Ă©tĂ© avancĂ©e au 1er janvier 2019 par lâarticle 2 de la loi n° 2018-1213 du 24 dĂ©cembre 2018 portant mesures dâurgence Ă©conomiques et sociales.
([8]) Lâarticle 3 de la loi n° 2018-1213 prĂ©citĂ©e dispose que, pour les retraitĂ©s ou personnes en situation dâinvaliditĂ© percevant entre 1 200 et 2 000 euros par mois, le taux de CSG, qui avait Ă©tĂ© portĂ© Ă 8,3 % par lâarticle 8 de la loi n° 2017-1836 du 30 dĂ©cembre 2017 de financement de la sĂ©curitĂ© sociale pour 2018, est rĂ©tabli Ă 6,6 % Pour ceux touchant moins de 1 200 euros par mois, le taux est restĂ© nul jusquâĂ 927 euros et de 3,8 % au-delĂ .
([9]) En application de la loi n° 2019-486 du 22 mai 2019 relative Ă la croissance et la transformation des entreprises, le forfait social a Ă©tĂ© supprimĂ©, au 1er janvier 2019, sur les sommes versĂ©es au titre de lâintĂ©ressement pour les entreprises de moins de 250 salariĂ©s, ainsi que sur lâensemble des versements dâĂ©pargne salariale (intĂ©ressement, participation et abondement de lâemployeur sur un plan dâĂ©pargne salariale) pour les entreprises de moins de 50 salariĂ©s.
([10]) Articles L.O. 111-3 du Code de la sécurité sociale et L.O. 132-2-1 du code des juridictions financiÚres.
([11]) Avis n° 2019-3 du 23 septembre 2019 relatif aux PLF et PLFSS pour 2020.
([12]) Devenu la loi n° 2020-289 du 23 mars 2020 de finances rectificative pour 2020.
([13]) Devenu la loi n° 2020-473 du 25 avril 2020 de finances rectificative pour 2020.
([14]) Devenu la loi n° 2020-935 du 30 juillet 2020 de finances rectificative pour 2020.
([15]) Si le confinement, au sens de la restriction de la libertĂ© dâaller et venir, a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© le 17 mars 2020 puis levĂ© le 11 mai 2020 par la voie rĂ©glementaire, le 3° de lâarticle 5 de la loi n° 2020-290 du 23 mars 2020 dâurgence pour faire face Ă lâĂ©pidĂ©mie de covid-19 a créé un chapitre Ier bis relatif Ă lâĂ©tat dâurgence sanitaire au sein du titre III du livre Ier de la troisiĂšme partie du code de la santĂ© publique.
([16]) Au sens de celle du secteur marchand non-agricole relevant des URSSAF.
([17]) Avis n° 2020-5 relatif aux PLF et PLFSS pour 2021.
([18]) La rĂ©cession serait de 9,6 % dâaprĂšs lâOCDE et de 8,7 % dâaprĂšs la Banque de France.
([19]) Contribution de Mme Cendra Motin au rapport n° 3197 de M. Ăric Woerth, prĂ©sident de la commission des finances, de lâĂ©conomie gĂ©nĂ©rale et du contrĂŽle budgĂ©taire, sur le printemps de lâĂ©valuation, enregistrĂ© Ă la prĂ©sidence de lâAssemblĂ©e nationale le 10 juillet 2020.
([20]) II de lâarticle 4 de la loi n° 2020-992, prĂ©citĂ©e.
([21]) Ces deux revenus sont exonérés de cotisations salariales et patronales de sécurité sociale, mais assujettis (sur une assiette abattue de 1,75 %) à la contribution sociale généralisée au taux réduit de 6,2 % et à la contribution pour le remboursement de la dette sociale au taux de 0,5 %.
([22]) IntĂ©grant lâassurance chĂŽmage et la retraite complĂ©mentaire des salariĂ©s du privĂ©.
([23]) Contre â 5 % en aoĂ»t 2020 dâaprĂšs lâInstitut national de la statistique et des Ă©tudes Ă©conomiques (INSEE).
([24]) Joint au projet de loi de finances pour 2021 en application de lâarticle 50 de la loi organique n° 2001-692 du 1er aoĂ»t 2001 relative aux lois de finances.
([25])Â Le PIB augmenterait seulement de 6,8Â % en 2021 pour lâOCDE, et de 7,4Â % pour la Banque de France.
([26])Â Cour des comptes, Rapport sur lâapplication des LFSS, 7Â octobre 2020.
([27]) Article 1er de lâordonnance n° 96-50 du 24 janvier 1996 relative au remboursement de la dette sociale.
([28]) Tome I de lâĂ©valuation Voies et moyens annexĂ©e au PLF pour 2021.
([29])Â Ibid.
([30]) TroisiĂšme alinĂ©a du I de lâarticle L. 135-6 du Code de la sĂ©curitĂ© sociale.
([31]) Article 4 bis de lâordonnance n° 96-50 prĂ©citĂ©e, créé par lâarticle 20 de la loi organique n° 2005-881 du 2 aoĂ»t 2005 relative aux LFSS (LOLFSS).
([32]) Conseil constitutionnel, décision n° 2010-620 DC du 16 décembre 2010, LFSS pour 2011.
([33]) « Pour chaque euro de besoin de financement, lâACOSS a fait appel en 2019 plus de huit fois en moyenne au marchĂ© pour le couvrir » (Cour des comptes, op. cit.)
([34]) Charte du 1er janvier 2019 entre lâAFT et les SVT.
([35]) Article 30 de la loi n° 2019-1446 du 24 décembre 2019 de financement de la sécurité sociale pour 2020.
([36]) Décrets nos 2020-327 du 25 mars 2020 et 2020-603 du 20 mai 2020.
([37]) Ordonnance n° 2020-309 du 25 mars 2020 relative Ă la garantie de financement des Ă©tablissements de santĂ© et aux rĂ©gimes complĂ©mentaires obligatoires de sĂ©curitĂ© sociale, prise sur le fondement de lâhabilitation prĂ©vue au i) du 1° du I de lâarticle 11 de la loi n° 2020-290 du 23 mars 2020 dâurgence pour faire face Ă lâĂ©pidĂ©mie de covid-19.
([38]) PrĂ©voir les dĂ©penses nĂ©cessaires au paiement de cette nouvelle part de dette sociale dans un programme ad hoc du budget gĂ©nĂ©ral de lâĂtat nâaurait pas Ă©tĂ© opportun, car y inscrire 136 milliards dâeuros aurait Ă©tĂ© disproportionnĂ©, tandis que nây inscrire que les intĂ©rĂȘts aurait empĂȘchĂ© un vĂ©ritable apurement.
([39]) Décision n° 2005-519 DC du 29 juillet 2005.
([40]) Décision n° 2010-620 DC du 16 décembre 2010.
([41]) Article 1er de la loi organique n° 2010-1380 du 13 novembre 2010 et loi n° 2010â1594 du 20 dĂ©cembre 2010 de financement de la sĂ©curitĂ© sociale pour 2011.
([42]) NĂ©anmoins, les derniers chiffres arrĂȘtĂ©s remontent dĂ©jĂ au 5 dĂ©cembre 2017.
([43]) Cour des comptes, La dette des hÎpitaux : des améliorations fragiles, une vigilance à maintenir, février 2018.
([44]) IGF et IGAS, Ăvaluation de la dette des Ă©tablissements de santĂ© et des modalitĂ©s de sa reprise, avril 2020.
([45]) DâapreÌs lâInternational capital market association (ICMA), le social bond est une obligation qui finance exclusivement des projets Ă impact social positif sur la population cible. LâeÌmetteur sâengage aÌ communiquer aux investisseurs, avec la plus grande transparence et selon des processus encadreÌs, des eÌleÌments dâeÌvaluation sur les beÌneÌfices attendus. LâUnĂ©dic a Ă©galement Ă©mis de tels titres le 15 mai 2020.
([46]) Article 3 de lâordonnance n° 2020-312 du 25 mars 2020 relative Ă la prolongation de droits sociaux ; 3° de lâarticle 4 de lâordonnance n° 2020-428 du 15 avril 2020 portant diverses dispositions sociales.
([47]) Article 4 de lâordonnance n° 2020-309 du 25 mars 2020, prĂ©citĂ©e.
([48])Â Article L. 5122-1 du code du travail.
([49]) Ordonnance n° 2020-346 du 27 mars 2020 portant mesures dâurgence en matiĂšre dâactivitĂ© partielle.
([50]) Ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 portant création d'un fonds de solidarité à destination des entreprises particuliÚrement touchées par les conséquences économiques, financiÚres et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation.
([51]) Site officiel de la direction générale des finances publiques (DGFiP), consulté le 11 octobre 2020.
([52]) I de lâarticle 1er de la loi n° 2020-473, prĂ©citĂ©e.
([53]) I de lâarticle 11 de la loi n° 2020-473, prĂ©citĂ©e.
([54]) Article 1er de lâordonnance n° 2020-385 du 1er avril 2020 modifiant la date limite et les conditions de versement de la prime exceptionnelle de pouvoir dâachat.
([55]) Le 4° du II de lâarticle 7 de la loi n° 2018-1213 du 24 dĂ©cembre 2018 portant mesures dâurgence Ă©conomiques et sociales dispose quâ« elle ne peut se substituer Ă aucun des Ă©lĂ©ments de rĂ©munĂ©ration, au sens de lâarticle L. 242-1 du Code de la sĂ©curitĂ© sociale, versĂ©s par lâemployeur [âŠ] ; elle ne peut non plus se substituer Ă des augmentations de rĂ©munĂ©ration ni Ă des primes prĂ©vues par un accord salarial, le contrat de travail ou les usages en vigueur ».
([56]) Article 81 quater du code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts, modifiĂ© par le I de lâarticle 4 de la loi n° 2020-473, prĂ©citĂ©e.
([57]) Décret n° 2020-1103 du 1er septembre 2020.
([58]) Montant prĂ©conisĂ© par lâIGAS dans son rapport Les plateformes collaboratives, lâemploi et la protection sociale de mai 2016.
([59]) Loi n° 94-637 du 25 juillet 1994 relative à la sécurité sociale.
([60]) Loi n° 2004â810 du 13 aoĂ»t 2004 relative Ă lâassurance maladie.
([61]) Modifié par la loi organique n° 2010-1380 du 13 novembre 2010 relative à la gestion de la dette sociale.
([62]) Loi n° 2018â32 du 22 janvier 2018 de programmation des finances publiques pour les annĂ©es 2018 Ă 2022.
([63]) Financement du fonds national pour lâaccĂšs au logement et contribution de solidaritĂ© pour lâautonomie.
([64])Â AprĂšs transferts.
([65]) Article 21 de la loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2017.
([66]) Annexe VII du PLFSS pour 2021.
([67]) REPS relatif à la branche maladie, annexé au PLFSS pour 2021.
([68]) Contribution de Mme Cendra Motin au rapport n° 3197 de M. Ăric Woerth, prĂ©citĂ©.
([69]) Audition de la HAS et de Santé publique France par les rapporteures pour avis, le 7 octobre 2020.
([70]) Réponse au questionnaire des rapporteures pour avis.
([71]) Rapport de la commission des comptes de la sécurité sociale, septembre 2020.
([72]) Avant la crise, seuls les artisans, commerçants et exploitants agricoles en bĂ©nĂ©ficiaient en cas dâarrĂȘt de travail pour maladie.
([73]) Avis du comitĂ© dâalerte n° 2020-3 sur le respect de lâobjectif national de dĂ©penses dâassurance maladie, 15 octobre 2020.
([74])Â Audition de la DB et de la DSS par les rapporteurs pour avis, le 7Â octobre 2020.
([75]) Avis du comitĂ© dâalerte n° 2020-3 sur le respect de lâobjectif national de dĂ©penses dâassurance maladie, 15 octobre 2020.
([76]) Audition de la direction du budget et de la direction de la sociale menée par Mmes Christelle Dubos et Cendra Motin, rapporteures pour avis, le 7 octobre 2020.
([77]) Réponse au questionnaire de rapporteures pour avis.
([78]) Annexe IX du PLFSS pour 2021.
([79])Â Par rapport Ă la situation actuelle reposant sur lâexistence de huit maisons de naissance.
([80]) Rapport au Parlement relatif Ă lâexpĂ©rimentation des hĂ©bergements temporaires non mĂ©dicalisĂ©s pour patients, juin 2020.
([81]) Annexe IX du PLFSS pour 2021.
([82]) COR, note dâĂ©tape au Premier ministre, 15 octobre 2020. Â
([83])Â Ibid.
([84]) Loi n° 2020-7345 du 17 juin 2020 relative à diverses dispositions liées à la crise sanitaire, à d'autres mesures urgentes ainsi qu'au retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne.
([85]) Audition du FSV par les rapporteures pour avis et le rapporteur général de la commission des affaires sociales, le 5 octobre 2020.
([86]) Rapport de la commission des 1 000 premiers jours, septembre 2020.Â
([87])Â DREES, Modes de garde et dâaccueil des jeunes enfants, 2013.
([88]) Loi n° 2014-873 du 4 aoĂ»t 2014 pour lâĂ©galitĂ© rĂ©elle entre les femmes et les hommes.
([89]) REPSS relatif à la branche famille annexé au PLFSS pour 2021.
([90]) Rapport de la commission des 1 000 premiers jours, septembre 2020.
([91])Â Ibid.
([92]) Loi n° 2004-626 du 30 juin 2004 relative Ă la solidaritĂ© pour lâautonomie des personnes ĂągĂ©es et des personnes handicapĂ©es.
([93]) Rapport n° 3066 de M. Thomas Mesnier au nom de la commission spĂ©ciale chargĂ©e dâexaminer le projet de loi organique relatif Ă la dette sociale et Ă lâautonomie et le projet de loi relatif Ă la dette sociale et à  lâautonomie, enregistrĂ© Ă la prĂ©sidence de lâAssemblĂ©e nationale le 9 juin 2020.
([94]) M. Dominique Libault, rapport de la concertation « Grand ùge et autonomie », mars 2019.
([95]) M. Olivier VĂ©ran, ministre des solidaritĂ©s et de la santĂ©, lors de lâexamen du texte en commission spĂ©ciale.
([96]) M. Thomas Mesnier, rapporteur, lors de lâexamen du texte en commission spĂ©ciale.
([97]) M. Adrien Taquet, secrĂ©taire dâĂtat chargĂ© de lâenfance et des familles, lors de lâexamen du texte en commission spĂ©ciale.
([98]) M. Laurent Vachey, La branche autonomie : périmÚtre, gouvernance et financement, septembre 2020.
([99])Â M. Dominique Libault, op. cit.
([100])Â Ibid.
([101]) Les autres recettes de la CNSA sont la contribution de solidaritĂ© pour lâautonomie (CSA), la contribution additionnelle de solidaritĂ© pour lâautonomie (CASA) et une fraction de CSG.
([102]) La création de ce fonds nécessite une disposition réglementaire et ne figure donc pas dans le PLFSS pour 2021.
([103]) DâaprĂšs le rapport de M. Laurent Vachey, un fonds de financement des Ă©tablissements et services mĂ©dico-sociaux, un fonds relatif au financement des prestations et des concours des dĂ©partements, un « fonds dâintervention nationale » qui prendrait en charge les actions de prĂ©vention, la formation des aidants ou encore la formation des intervenants, et un fonds de gestion administrative.