1ère séance : Transparence de la vie publique (projet de loi et projet de loi organique)
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Calvados (6e circonscription)
Mandat en cours

Radical, républicain, démocrate et progressiste
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Mercredi 12 juin 2013 - Séance de 9 heures 30
M. Alain Tourret attire l'attention de M. le ministre délégué auprès du ministre de l'économie et des finances, chargé de l'économie sociale et solidaire et de la consommation, sur la proposition de loi portant déblocage de la participation et de l'intéressement adoptée en première lecture par l'Assemblée nationale le 13 mai 2013 et par le Sénat le 28 mai 2013. Ce texte pour lequel la procédure accélérée a été engagée doit faire l'objet d'une commission mixte paritaire. Le dispositif annoncé par le chef de l'État, le 28 mars 2013, prévoit le déblocage de cette épargne salariale en une seule fois, pendant une période de six mois et pour un montant de 20 000 euros maximum, afin de permettre de soutenir le pouvoir d'achat. Les fonds ainsi débloqués devront servir à financer l'achat de biens ou la fourniture de prestations de services. « En particulier dans le secteur de l'automobile », ont précisé les sénateurs. Aucune disposition de déblocage n'a cependant été prévue en faveur des personnes ou ménages souhaitant réduire leur endettement. Ne peut-on étendre ce dispositif de déblocage exceptionnel de la participation salariale et de l'intéressement à ces milliers de familles fragilisées par un endettement qu'elles jugent excessif ? Une telle mesure leur permettrait de baisser leur charge d'emprunt et donc d'accroître leur pouvoir d'achat, de participer à la relance de la consommation et d'afficher une certaine confiance dans l'avenir.
Voir la questionM. Alain Tourret alerte Mme la garde des sceaux, ministre de la justice, sur la possibilité pour le juge de déclarer irrecevable une requête pour ne pas avoir été assortie d'un timbre fiscal, et ce sans que l'auteur de la requête n'ait été mis en demeure d'avoir à régulariser. Cette situation lui paraît contestable pour les raisons suivantes. D'une part, c'est manifester un grand mépris à l'égard des intérêts du justiciable que de subordonner la recevabilité de sa requête à la production d'un document attestant du paiement d'une taxe. D'autre part, personne n'est à l'abri d'une inadvertance, notamment lorsque l'avocat est saisi en dernière minute par le justiciable. De troisième part, le droit positif actuel est incompréhensible pour le plaideur qui suspecte inévitablement l'institution de vouloir évacuer les affaires sans prendre la peine de les examiner. S'il n'est pas envisageable de renoncer à l'imposition de ce timbre fiscal sur la requête en ces temps de disette budgétaire, il demande si elle ne peut pas supprimer très simplement cette iniquité en imposant au greffe (ou au juge), comme c'est le cas en matière judiciaire, de mettre en demeure l'avocat d'avoir à régulariser la situation, fût-ce à bref délai, lorsqu'il constate que le timbre fiscal fait défaut. Il la remercie de bien vouloir lui faire savoir quelle suite elle pense donner à cette proposition qui permettrait de réduire de manière significative les irrecevabilités liées à la non-imposition du timbre fiscal.
Voir la réponseM. Alain Tourret attire l'attention de M. le ministre délégué auprès du ministre de l'économie et des finances, chargé de l'économie sociale et solidaire et de la consommation, sur la proposition de loi portant déblocage de la participation et de l'intéressement adoptée en première lecture par l'Assemblée nationale le 13 mai 2013 et par le Sénat le 28 mai 2013. Ce texte pour lequel la procédure accélérée a été engagée doit faire l'objet d'une commission mixte paritaire. Le dispositif annoncé par le chef de l'État, le 28 mars 2013, prévoit le déblocage de cette épargne salariale en une seule fois, pendant une période de six mois et pour un montant de 20 000 euros maximum, afin de permettre de soutenir le pouvoir d'achat. Les fonds ainsi débloqués devront servir à financer l'achat de biens ou la fourniture de prestations de services. « En particulier dans le secteur de l'automobile », ont précisé les sénateurs. Aucune disposition de déblocage n'a cependant été prévue en faveur des personnes ou ménages en situation de surendettement. Ne peut-on étendre ce dispositif de déblocage exceptionnel de la participation salariale et de l'intéressement à ces milliers de familles fragilisées par un endettement excessif ? Une telle mesure leur permettrait de retrouver, elles aussi, du pouvoir d'achat, de la sérénité et une certaine confiance dans l'avenir.
Voir la questionM. Alain Tourret interroge Mme la garde des sceaux, ministre de la justice, sur la prochaine mise en service de la Plateforme nationale des interceptions judiciaires (PNIJ), projet piloté par la Délégation aux interceptions judiciaires (DIJ) et dont la réalisation a été confiée à Thales en 2010. Ce système d'interception, d'écoute, d'identification, de géolocalisation, de stockage des échanges téléphoniques ou électroniques permettra de traiter en un lieu unique (à Elancourt, dans les Yvelines) la masse annuelle des 5 millions de réquisitions judiciaires et 40 000 écoutes autorisées par les juges. Beaucoup vanteront la prouesse technique, insisteront sur les avantages d'un centre unique dans lequel ils voient la promesse d'une efficacité accrue de nos services de police, de gendarmerie ou de douanes dans la lutte contre la délinquance et la criminalité. D'autres verront dans la réalisation d'une structure unique un moyen de maîtriser la progression des frais de justice. Législateur et juriste, défenseur des droits de l'Homme et des libertés, il ne peut pour sa part taire un certain trouble, des interrogations, des craintes même, alimentées par la lecture des informations distillées par la presse ces derniers mois. Ce dossier sensible puisque couvert par la classification « confidentiel défense » suscite en effet bien des réserves exprimées par les spécialistes, les organisations professionnelles de policiers et de magistrats. De Wikileaks aux affaires de « fadettes », les exemples ne manquent pas pour démontrer que l'inviolabilité des systèmes de stockage ou de transmission de l'information n'existe pas. Des procédures de contrôles et de sécurité sont fréquemment contournées ; les systèmes informatiques les mieux protégés sont victimes d'intrusions ou de tentatives d'intrusions ; des données sensibles, confidentielles, stratégiques ou touchant à la vie privée des citoyens circulent en nombre toujours croissant sur le net sans qu'il soit toujours possible d'y faire obstacle. Les interrogations qui suivent portent donc sur la dérive financière du projet PNIJ, mais aussi sur les garanties de sécurité, d'inviolabilité, de confidentialité apportées par Thales et sur les moyens de contrôle mis en place par l'État qui a choisi de déléguer à une entreprise privée l'une de ses fonctions régaliennes. Selon les informations recueillies, le projet dont le coût était estimé à 17 millions d'euros approcherait désormais les 47 millions d'euros, auquel il conviendra d'ajouter une cinquantaine d'autres millions pour couvrir des dépenses qui n'avaient apparemment pas été prévues (indemnisation des fournisseurs d'accès internet qui ont dû déployer leur réseau de fibre optique jusqu'à Elancourt, redimensionnement des réseaux et équipement des centres de la police judiciaire, de la gendarmerie et des douanes, etc.). Cette dérive financière est-elle exacte ? Comment est-elle justifiée par les responsables de ce projet ? Les prestataires qui travaillent actuellement avec l'État sur ces dossiers d'interceptions et d'écoutes ont saisi le tribunal administratif de Paris pour contester l'attribution du marché à Thales. Les demandeurs n'auraient pu prendre directement connaissance du dossier d'appel d'offres du fait de son classement « confidentiel défense ». Le tribunal administratif a annulé l'appel d'offres. Quelles sont les conséquences juridiques et économiques de cette décision ? Est-il exact que l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) a émis des réserves sur l'infogérance et l'hébergement de la PNIJ par Thales ? Et si c'est le cas, quel cas a-t-il été fait de ces réserves ? - Les spécialistes de la cyber sécurité émettent des craintes fondées sur la fragilité d'un système centralisé constituant une cible de choix pour les groupes criminels et les hackers. Ces craintes sont d'autant plus vives que la « redondance de sécurité » serait installée sur le même site, à 300 mètres seulement de la plateforme. Quelles sont les réponses apportées par Thales à ces craintes notamment exprimées, dès 2011, par le directeur national de la Police nationale ? La technologie DPI (Deep Packet Inspection) permettant de gérer les trafics de communications numériques et d'en scruter les caractéristiques est-elle utilisée par Thales dans le cadre de ce projet, comme l'avancent certains spécialistes ? Quelles sont les mesures prises pour empêcher les « écoutes-taxis » qui ont malheureusement été pratiquées dans le passé ? Quand et comment sera constitué le comité de contrôle de six sages qui doit permettre d'apporter aux citoyens toutes les garanties d'encadrement, de respect des procédures, de confidentialité des demandes et des données recueillies ? Il lui demande aussi de quels moyens disposera ce comité pour exercer sa mission.
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Intervention en réunion de commission
Mardi 21 mai 2013 - Séance de 16 heures 30
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M. Alain Tourret appelle l'attention de M. le ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social sur les difficultés qu'éprouvent les employeurs intéressés par le dispositif des «Emplois d'avenir» à recruter des jeunes titulaires d'un baccalauréat général, ce dernier étant assimilé à un niveau de qualification. Le chômage des jeunes est un fléau de notre société, particulièrement pour ceux qui, même bacheliers, sont sortis du système éducatif sans qualification. Le dispositif des Emplois d'avenir vise à répondre au double défi de l'emploi et de la qualification. Il concerne principalement des jeunes de 16 à 25 ans ayant un niveau de qualification inférieur au niveau IV (baccalauréat). Pour les jeunes résidant en zone urbaine sensible (ZUS.) ou en zone de revitalisation rurale (ZRR), le niveau de diplôme peut aller jusqu'au niveau bac+3, si la recherche d'emploi est supérieure à un an. Ce dispositif clé de la politique de l'emploi du Gouvernement a fait l'objet d'une forte mobilisation des parlementaires et des services de l'État, qui ont multiplié les réunions d'information et fait la promotion des premières signatures de contrats. Toutefois, force est de constater que le dispositif peine à trouver sa pleine mesure, ce qui peut contrarier l'objectif d'une inversion de la courbe du chômage avant la fin 2013. L'exemple de la Basse-Normandie illustre ces difficultés. Après 6 mois de lancement, l'objectif de 1 731 contrats signés fin 2013 est loin d'être atteint : 400 contrats d'avenir ont été signés à ce jour. La raison le plus souvent évoquée par les différents acteurs du dispositif, employeurs, Pôle Emploi, missions locales, c'est la difficile adéquation entre les types d'emploi proposés et le niveau de qualification des jeunes. Si 18 000 jeunes Bas-Normands sont inscrits au chômage - dont 12 000 qui n'ont aucune activité - 25 % seulement sont sans diplôme. Pour certains emplois - travail en espaces verts par exemple - la qualification peut s'acquérir via l'exercice professionnel et la formation obligatoire. Mais pour d'autres emplois, le niveau de formation de départ [généralement le baccalauréat] est un préalable. C'est le cas dans le secteur de l'animation sportive ou pour des interventions en milieu scolaire par exemple, où de nombreux besoins sont exprimés. Considérer le baccalauréat général comme un diplôme qualifiant n'est-il pas, un critère particulièrement restrictif contrariant les objectifs affichés par le Gouvernement ? Deux exemples rencontrés dans sa circonscription l'incitent à le penser. Une commune de 2 000 habitants emploie actuellement une jeune de 23 ans, dans le cadre d'un CAE, qui intervient à la garderie périscolaire et à la bibliothèque communale. Cela se passe pour le mieux. La commune a décidé de recruter un jeune dans le cadre d'un contrat d'avenir pour assister l'institutrice de CP à la rentrée 2013, dans une classe particulièrement chargée. Et pour favoriser l'insertion durable dans l'emploi de la jeune en CAE, elle souhaite pouvoir lui proposer ce contrat. Elle ne le peut pas car la jeune est titulaire d'un baccalauréat et n'habite, ni dans une ZUS., ni dans une ZRR. L'autre exemple concerne une association sportive qui souhaite proposer un contrat d'avenir à un jeune qui est entraîneur de hockey sur gazon en tant que bénévole. Elle ne peut pas car il est titulaire d'un baccalauréat. L'association ne pourra pas recruter un autre jeune, compte-tenu de la spécificité du sport. Pour ces deux jeunes, une opportunité d'emploi durable ne peut être satisfaite, ce qui est évidemment regrettable pour eux-mêmes avant tout, mais aussi pour les employeurs potentiels qui veulent privilégier des jeunes qu'ils connaissent et ont l'intention de les conserver au-delà du contrat d'avenir. Au vu de ces deux exemples choisis parmi d'autres, ne peut-on pas autoriser des dérogations dans les cas suivants : - jeune titulaire d'un niveau IV déjà en emploi dans le cadre d'un contrat aidé, s'il y a engagement de l'employeur sur l'emploi durable au-delà du contrat d'avenir ; - jeune dont l'exercice de l'activité nécessite une qualification préalable (secteur de l'animation sportive...) ; - jeunes titulaires d'un baccalauréat général, celui-ci ne permettant pas l'accès direct à un emploi qualifié. Ouvrir ces possibilités, tout en gardant la priorité aux jeunes sans qualification, facilitera l'atteinte de l'objectif partagé par le Gouvernement et la représentation nationale : la diminution sensible du chômage des jeunes, drame pour nombre d'entre eux et cancer de notre société.
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M. Alain Tourret interroge Mme la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche sur le soutien apporté par la France au projet d'infrastructure ESFRI EU-Openscreen qui a pour objet de valoriser à travers la création d'une chimiothèque européenne l'ensemble des produits chimiques fabriqués dans les laboratoires académiques. La France est en avance sur ces partenaires européens dans ce domaine. Les chercheurs français ont créé une chimiothèque nationale puissante qui regroupe dans un Groupement d'intérêt scientifique 37 universités et instituts. La France a porté le premier projet de chimiothèque européenne. Ce projet avait été retenu par la Commission européenne qui a souhaité son intégration dans un programme d'infrastructure plus vaste de chimie-biologie EU-Openscreen en partenariat principalement avec les chercheurs allemands. Aujourd'hui, les responsables universitaires français indiquent qu'ils ne reçoivent pas le soutien espéré de la part de son ministère. Si la France ne participait pas à un tel projet, ce serait une catastrophe pour la valorisation de la chimie française. C'est pourquoi il l'interroge sur les actions que son ministère entend engager pour soutenir cette initiative européenne et d'une manière plus générale, il lui demande quels moyens sont mis en œuvre par le ministère pour favoriser l'intégration des structures de recherche françaises au sein des programmes européens.
Voir la questionM. Alain Tourret attire l'attention de M. le ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social sur l'augmentation gravissime des décès dus aux accidents du travail et aux maladies professionnelles. L'assurance maladie - risques professionnels a publié le tableau des statistiques technologiques pour l'année 2011, ce qu'il est convenu d'appeler la sinistralité 2011. L'accidentabilité au travail montre une très inquiétante aggravation entre l'année 2010 et l'année 2011. Le nombre des accidents du travail avec arrêt est en augmentation de 1,7 %. Le taux de fréquence est en augmentation de 4,3 % et le taux de gravité de 7,7 %. Encore plus inquiétant, le nombre des décès dus aux accidents de travail est passé de 529 à 552, soit une augmentation de 4,3 %, le nombre des décès dus aux maladies professionnelles est passé de 533 à 570, soit une augmentation de 6,9 % et le nombre de décès dus aux accidents de trajet est passé de 359 à 393, soit une augmentation de 9,5 %. Tous les clignotants sont au rouge, alors même que le nombre des morts sur la route connaît une baisse notoire depuis 2002. Tous les secteurs d'entreprise sont touchés et plus spécialement le bâtiment et les travaux publics (118 décès en 2010, 144 décès en 2011) de même que le secteur des transports. On peut également remarquer que les causes d'accidents mortels sont passées de 58 à 79 pour les accidents dus à des chutes de hauteur (la profession de couvreur est à l'évidence touchée). On doit également relever la hausse des affections périarticulaires (30 968 en 2007, 43 359 en 2011) et les affections chroniques du rachis lombaire dues aux charges lourdes (2 406 en 2007 contre 3 042 en 2011). Ces chiffres sont catastrophiques. Il lui est donc demandé : les mesures qu'il compte prendre pour rompre secteur par secteur cette lourde évolution qui se fait au détriment du monde du travail ; les mesures de sécurité qu'il prévoit de prendre pour diminuer les décès dus aux chutes de hauteur. Il lui est demandé de faire de la lutte contre les accidents du travail et les maladies professionnelles une grande cause nationale, comme cela a été décidé pour le cancer, le tabac, la violence routière.
Voir la questionM. Alain Tourret appelle l'attention de M. le ministre du redressement productif sur la nécessité d'adapter notre législation pour faire face aux menaces de désindustrialisation que connaissent de nombreuses régions françaises suite à des annonces de délocalisation. Il est en effet rare qu'un groupe délocalisant une unité de production soit enclin à céder la structure qu'il quitte, compliquant ainsi une éventuelle reprise économique. Une loi visant à permettre à la justice de contraindre une société fermant un site à le céder si un repreneur se manifeste est actuellement envisagée par de nombreux députés. Il le remercie de lui indiquer sa position sur une telle loi, et si il y est favorable, dans quel délai elle pourrait être présentée par le Gouvernement.
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