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Corps législatif Elections générales
de mai - juin 1869 et élections partielles
Élections législatives de 1869
Les élections législatives de 1869 se déroulent le 24 mai pour le premier tour et le 6 juin pour le second. Elles ont lieu sous le régime de la loi électorale définie par la Constitution du 14 janvier 1852 et le décret organique du 2 février 1852. Elles s’effectuent dans le cadre du suffrage universel masculin, où la condition d’âge est de 21 ans. Elles convoquent ainsi 10 417 000 électeurs. Il s’agit d’élire 292 députés, qui sont âgés au moins de 25 ans, représentant des circonscriptions spéciales. Ils sont élus au scrutin uninominal à deux tours et pour être élu au premier tour, le candidat doit avoir recueilli à la fois la majorité absolue des suffrages et le quart des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit. Leur mandat dure six ans. * Le tableau ici présenté a été établi à partir des chiffres recueillis dans les rapports des bureaux du Corps législatif lors des vérifications des élections, dans les comptes rendus in extenso des séances de la session extraordinaire de 1869 puis des séances de la session de 1870 pour les élections aux résultats contestés et pour les élections partielles. Les nuances politiques que nous indiquons sont celles qui sont apparues aux contemporains et que présente le Moniteur universel du 14 juin 1869 dans son tableau de l’élection. On en dénombre cinq : les candidats « officiels », ceux partisans du « gouvernement libéral », ceux de l’ « opposition libérale », ceux de l’ « opposition démocratique » et enfin ceux de l’ « opposition radicale ». Ces catégories évoluent au fil de la période, en fonction des différents votes et des positionnements de chaque député. En effet, le Second Empire ne connaît pas de « partis » au sens d’aujourd’hui. On parlera de tendances, de familles ou de sensibilités politiques qui n’ont pas d’organisation structurée, ni de discipline de vote. En outre, on ne pourrait dégager de véritables blocs sur tout le Second Empire. Nous regardons ici l’état des sensibilités politiques du Corps législatif à la suite des élections. Les évolutions seront présentées succinctement après le tableau des élections générales de 1869. Notons également que les historiens ont pu appliquer d’autres catégories. Ainsi, à la suite du tableau général, nous présentons le Corps législatif en 1869 en fonction des typologies de quelques historiens qui traitent de cette période. Dès lors, on pourrait dégager cinq familles politiques sur l’ensemble du Second Empire, elles-mêmes subdivisées en tendances : les légitimistes, les orléanistes, les bonapartistes, les indépendants et les républicains. Un élu évolue parmi les tendances voire les familles au cours du temps. On remarquera cependant que c’est la libéralisation progressive du régime (on se gardera de donner une date du commencement de la libéralisation qui fait encore débat) qui joue un rôle moteur dans les recompositions politiques au Corps législatif. Il est difficile d’établir une stricte correspondance entre les typologies de 1869 et celles que les historiens construisent. Ainsi, les candidats « officiels » sont ceux qui sont proposés et soutenus par l’administration impériale (matériellement notamment puisqu’ils obtiennent un certain nombre d’avantages et de facilités lors de la campagne). Aux élections générales de 1869, l’administration décide de retirer l’investiture officielle à 21 députés sur les 238 officiels sortants[1]. Cependant, ce n’est que contre 7 d’entre eux, qu’elle proposera un candidat. Parmi ces « officiels », on retrouve des bonapartistes comme le baron Jérôme David, partisan de l’Empire autoritaire ou le duc de Mouchy, allié de la famille impériale et pourtant signataire de la demande d’interpellation des « 116 »[2]. Les gouvernementaux libéraux sont les candidats attachés au régime et/ou à la dynastie, mais qui réclament plus de libertés politiques. On y retrouve ainsi Eugène Schneider, futur président du Corps législatif ou le Baron de Mackau, proche de l’Empereur. L’opposition libérale (dont un grand nombre de députés appartenaient à l’Union libérale de 1863 puis au Tiers-parti)[3] regroupe de nombreuses tendances : des orléanistes comme Adolphe Thiers ou le Comte Daru à des « républicains modérés » comme Emile Ollivier (futur chef du gouvernement) ou Emile de Kératry (le préfet de police de Paris du gouvernement de défense nationale du 4 septembre 1870).
L’opposition démocratique regroupe des républicains plus avancés : Jules Favre, Jules Simon, Jules Grévy ou encore Ernest Picard. Enfin, l’opposition radicale regroupe les républicains les plus radicaux, du moins dans leurs professions de foi et leurs programmes : ce sont Henri Rochefort, François-Vincent Raspail, ou encore Léon Gambetta. Quant aux légitimistes, leur faible représentativité dans l’opinion en 1869 ne leur a pas permis d’entrer nombreux au Corps législatif en 1869. On les retrouve cependant lorsqu’ils ne sont pas présentés distinctement, proche des votes cléricaux et protectionnistes. On en compte deux : Charles de la Monneraye, député de la 1ère circonscription du Morbihan et Henri Durfort de Civrac, député de la 4e circonscription de Maine-et-Loire ; les deux sont classés par le Moniteur universel, « Gouvernement libéral ». * NB. Les astérisques (*) désignent les élections dont les rapports de vérification n’ont pas été présentés au Corps législatif pendant la session extraordinaire de 1869. Tableau des élections générales de mai-juin 1869
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