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Accueil > Histoire et Patrimoine > L'abolition de l'esclavage

 

L'Esprit des lois, livre XV, chapitre 5

De l'esclavage des nègres

L'esprit des lois

Montesquieu (Charles Louis de Secondat, baron de)

De l'Esprit des lois, Barillot et fils, Genève, 1748.

 © Bibliothèque de l'Assemblée nationale

Publiée pour la première fois anonymement en 1748 à Genève, De l'Esprit des lois, œuvre maîtresse de Montesquieu (1689-1755) marque un tournant du siècle des Lumières et exercera une influence considérable sur la pensée politique des XVIIIe et XIXsiècles.

La Bibliothèque de l'Assemblée nationale conserve un exemplaire de la première édition de l'ouvrage annotée de la main d'Armand Gaston Camus, député à l'Assemblée constituante qui fit de lui, le 14 août 1789, son archiviste.

L'esprit des lois : exemplaire de la première édition de l'ouvrage annotée de la main d'Armand Gaston Camus

De l'Esprit des lois, tome premier, Barillot et fils, Genève, 1748.

Avec l'annotation d'Armand Gaston Camus : « Cette édition sans date est de 1748. C'est la première de l'esprit des loix. Elle a été faite à Genève par les soins de Vernet ami de Montesquieu. On doit la conserver, parce que l'auteur y a fait des changements qu'on trouve dans l'édition de 1758 et dans des autres éditions postérieures. Cette note est de M. Camus. »

 © Bibliothèque de l'Assemblée nationale

L'Esprit des lois, qui comprend trente et un livres, groupés en six parties et subdivisés en courts chapitres, recense les lois des sociétés et fonde une typologie des gouvernements : républicain, monarchique et despotique. Il associe les principes du gouvernement et les constitutions des pays aux causes physiques, morales, économiques ou géographiques, déterminant la formation et l'évolution des lois.

Dénonçant le despotisme il défend le gouvernement modéré et pose le principe de la séparation des pouvoirs. « Il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. »

Dans les Lettres persanes, récit épistolaire, publié en 1721, de la découverte de l'Occident par deux Persans, Usbek et Rica, Montesquieu dénonce déjà la pratique de l'esclavage : « Les princes chrétiens... ont ensuite fait des conquêtes dans des pays où ils ont vu qu'il leur était avantageux d'avoir des esclaves ; ils ont permis d'en acheter et d'en vendre, oubliant ce principe de religion qui les touchait tant. » (Lettres persanes, LXXV)

Montesquieu souligne au chapitre VIII de l'Esprit des lois qu' « Il est temps de chercher la vraie origine du droit de l'esclavage.» C'est toutefois en moraliste indigné qu'au chapitre V il fustige l'esclavage. Mais, au lieu de condamner directement les esclavagistes, il a recours à l'ironie, affectant de les défendre pour mieux les condamner.