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Le libre salaire de la femme

1907

 

"1907. Le libre salaire de la femme - le premier pas législatif vers l'égalité homme-femme" (préface de M. Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale)
© Assemblée nationale
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"1907. Le libre salaire de la femme - le premier pas législatif vers l'égalité homme-femme"
(préface de M. Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale).

 

Le libre salaire de la femme 

Il y a cent ans, la loi du 13 juillet 1907 a reconnu à la femme mariée la libre disposition de son salaire.

Cette réforme marque un tournant dans notre histoire, car elle entame la notion de « puissance maritale » héritée du Code Napoléon. Elle constitue le premier pas législatif en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes.

première page du texte manuscrit de la loi du 11 juillet 1907

Télécharger le procès-verbal manuscrit de la 2ème séance du 11 juillet 1907 contenant le texte adopté (au format PDF)

 

 Une loi d’origine parlementaire

Le 9 juillet 1894, une proposition de loi « ayant pour objet d’assurer à la femme mariée la libre disposition des fruits de son travail » est déposée par Léopold Goirand (1845-1926), député radical de l’arrondissement de Melle (Deux-Sèvres). Le texte ne comporte à l’origine qu’un seul article ; il sera profondément modifié au Sénat, puisque la « loi relative au libre salaire de la femme mariée et à la contribution des époux aux charges du ménage » promulguée le 13 juillet 1907 en comptera onze.

Léopold Goirand
Léopold Goirand

© Assemblée nationale

 

L’intervention de la société civile

Cette réforme est réclamée par les féministes et tout particulièrement par le groupe réformiste de « L’Avant-Courrière », fondé en 1893 par une sage-femme d’origine anglaise, Jeanne Schmahl (1845-1916), républicaine et libre-penseuse, membre du comité central de la Ligue des Droits de l’Homme. Une campagne de presse intense permet de sensibiliser l’opinion et les parlementaires.

Jeanne Schmahl
Jeanne Schmahl (en haut, à droite)

Collection Bibliothèque Marguerite Durand

 

 Un long combat

Entre le dépôt de la proposition de loi et son adoption, il va s’écouler treize ans, dont plus de onze années entre l’adoption en première lecture par la Chambre des députés et l’ouverture de la discussion au Sénat. Le texte adopté ne satisfait pas complètement Jeanne Schmahl, qui militera ensuite pour le vote féminin en fondant l’Union française pour le Suffrage des femmes.

 Chronologie de la loi de 1907

 9 juillet 1894 : dépôt d’une proposition de loi par Léopold Goirand.

 14 novembre 1895 : rapport de la commission.

 27 février 1896 : vote à la Chambre des députés.

 20 mars 1907 : rapport du Sénat.

 14 mai 1907 : discussion au Sénat.

 24 mai 1907 : deuxième délibération et vote au Sénat.

 28 juin 1907 : rapport du député Viollette recommandant aux députés un vote conforme.

 11 juillet 1907 : adoption définitive par la Chambre des députés.

 13 juillet 1907 : promulgation de la loi par le Président de la République Armand Fallières (1841-1931)

 16 juillet 1907 : publication au Journal officiel.


BEAUMONT-SUR-OISE  - Cavalcade du 14 Mars 1912
Les industries locales
Collection Bibliothèque Marguerite Durand

 

Voir aussi : La citoyenneté politique des femmes