
LA BIBLIOTHÈQUE
Le fonds ancien
Bustes de
DAUMIER
|
Hippolyte
Abraham Dubois, dit Abraham-Dubois
(1794-1863)
député de la Manche
Le Gros, gras... et satisfait
Demi-solde sous la Restauration, il préfère quitter l'armée ; puis
il achète une étude de notaire à Granville dont il devient maire.
Élu député d'Avranches en mai 1832, il siège au centre.
Dans Le Charivari du 11 mars 1833 Abraham-Dubois est qualifié
de député-fonctionnaire appartenant « à cette race
d'ilotes bicéphales »
n'ayant de pensées politiques « que celles de leur chef immédiat »,
et dans celui du 25 mars 1833 on peut lire : « A cette balance tenue d'une manière
si égale, à cette myopie physique qui ne donne qu'une faible idée de
la myopie intellectuelle de l'individu, à cet épais participant à la
fois du ventrigoulu et du béotien de magistrature, qui n'a reconnu
ce monsieur dont on fait les flûtes et que nous ne nommerons pas, de
peur qu'on ne prenne l'explication de notre dessin pour un compte
rendu. »
 |
Retour
|
François-Gilbert-Jacques Lefebvre
(1773-1856)
député de la Seine
L'Esprit fin et tranchant
Banquier, régent de la Banque de France,
député de 1827 à 1846. Il signa l'adresse des 221. D'abord peu
favorable à la monarchie de Juillet, il s'y rallia très vite,
soutenant les conservateurs ministériels. Entre 1834 et 1836 il a
été rapporteur du budget des recettes et des dépenses. Le
Charivari en fait mention le 3 décembre 1832 : « L'autre jour M.
Persil a dit que la population parisienne se faisait un point
d'honneur d'écharper les mauvais plaisants. Voici venir M. Lefebvre
qui prétend qu'elle a demandé par acclamation l'état de siège.
En vérité les Parisiens doivent de grands remerciements à ces
messieurs du juste milieu, pour la bonne réputation qu'ils cherchent
à leur faire. »
 |
Retour
|
Apollinaire-Antoine-Maurice comte d'Argout
(1782-1858)
pair de France, ministre de la Marine, du Commerce et des Travaux
publics, de l'Intérieur et des Cultes, des Finances, sénateur
Le spirituel et malin
Descendant d'une ancienne famille du Dauphiné,
il est préfet des Basses-Pyrénées durant les Cent-Jours. Rallié à la Restauration, il est pair de
France en 1819 et en 1830. Il prête serment à Louis-Philippe.
Plusieurs fois ministre, notamment de l'Intérieur, dans le
gouvernement Soult, il prépare les projets de loi contre la
presse. Il deviendra sénateur sous le Second Empire dès janvier
1852. « M. d'Argout serait bien heureux s'il voyait aussi loin que
son nez » selon
Le Charivari du 12 décembre 1832.
Cette plaisanterie sur le nez d'Argout a sans doute pour instigateur
Balzac qui en janvier 1832 écrit un écho dans La Caricature intitulé
: « Une journée du nez de M. d'Argout ». D'Argout on a pu soutenir qu'il a toujours été en paix avec le
pouvoir.
 |
Retour
|
Jean-Claude Fulchiron
(1774-1859)
député du Rhône, pair de France
Le Tartufe
Fils du député du Premier Empire, Joseph
Fulchiron, Jean-Claude Fulchiron est lui-même élu député de
Lyon en 1831 et réélu en 1834, 1837, 1839 et 1842. Il entre à la
Chambre des pairs en 1845. Considéré par Dupin comme « la mouche du
coche »,
il ne cessa de voter avec le parti conservateur. « On a beaucoup ri lorsque M. Fulchiron a demandé, ces jours derniers, la
parole pour dire que la Chambre était infectée. Ce n'est pourtant
pas si mal eu égard à M. Fulchiron.» Daumier accentue
la double proéminence du nez et du menton du personnage.
 |
Retour
|