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LA CITOYENNETÉ POLITIQUE DES FEMMES
le vote et l'éligibilité des femmes...
... vers la parité

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LE VOTE ET L'ÉLIGIBILITÉ DES FEMMES ....

LA DÉCISION DU GÉNÉRAL DE GAULLE

« De même que nous prétendons rendre la France seule et unique maîtresse chez elle, ainsi ferons-nous en sorte que le peuple français soit seul et unique maître chez lui. En même temps que les Français seront libérés de l'oppression ennemie, toutes leurs libertés intérieures devront leur être rendues. Une fois l'ennemi chassé du territoire, tous les hommes et toutes les femmes de chez nous éliront l'Assemblée nationale qui décidera souverainement des destinées du pays ».

Déclaration du général de Gaulle, le 23 juin 1942.

Publiée en France dans les journaux clandestins.

« J'ai rétabli la République. En son nom, mon Gouvernement a accompli une immense tâche de rénovation nationale. J'ai accordé le droit de vote aux femmes ».

Conférence de presse du 19 mai 1958.

Le vote de l'Assemblée consultative provisoire d'Alger (24 mars 1944)

Voir les extraits des débats

L'ordonnance du 21 avril 1944

J.O. du 22 avril 1944

L'Assemblée consultative d'Alger a commencé à débattre de la future organisation des pouvoirs publics en France à la fin de janvier 1944. La question du vote des femmes a été posée dès ce moment par le délégué communiste Fernand Grenier. Se référant aux déclarations du Général de Gaulle, Fernand Grenier souhaitait que l'Assemblée consultative affirme que la femme est électrice et éligible « afin que nous lui manifestions notre solidarité et notre volonté de ne plus la traiter en mineure, en inférieure ».

Jusqu'au bout, des résistances, réticences et prétextes firent obstacle à la réalisation de ce voeu. Beaucoup de délégués, parmi lesquels les radicaux, firent valoir la difficulté d'organiser en temps utile l'inscription des femmes sur les listes électorales, le risque de déséquilibre politique qu'entraînerait un électorat majoritairement féminin, avant le retour des prisonniers et déportés...

Du fait des tensions entretenues au sein de l'Assemblée consultative provisoire notamment par les radicaux, le projet d'ordonnance sur l'organisation des pouvoirs publics après la Libération comportait encore le 24 mars 1944 le texte : « les femmes sont éligibles dans les mêmes conditions que les hommes ». Ce n'est qu'après le vote d'un amendement vigoureusement défendu par Fernand Grenier qu'y seront substitués les termes : « les femmes seront électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes ». Grenier a pu écrire dans ses Mémoires : C'est de cette séance du 24 mars 1944 que date en fait le vote des femmes de France » (in C'était ainsi, souvenirs, Éditions sociales, 1959, p. 167). Mais l'impulsion, était venue d'ailleurs. Et cette conclusion semi-parlementaire n'effaçait pas 40 ans d'enlisement du législateur.


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Femmes déléguées aux Assemblées consultatives provisoires
d'Alger et de Paris

voir le dossier historique relatif aux ACP

Noms

Déléguée le

Élue députée

Assemblée consultative provisoire d'Alger
(du 3 novembre 1943 au 25 juillet 1944)

Marthe Simard

20 octobre 1943

Non

Assemblée consultative provisoire de Paris
(du 7 novembre 1944 au 3 août 1945)

Lucie Aubrac

8 novembre 1944

non

Madeleine Braun

8 novembre 1944

oui (1945-1951)

Gilberte Brossollette

8 novembre 1944

oui (1946)

M.-J. Couette

8 novembre 1944

non

Andrée Defferre

8 novembre 1944

non

Alice Delaunay

8 novembre 1944

non

M.-H. Lefaucheux

8 novembre 1944

oui (1945-1946)

Mathilde Péri

8 novembre 1944

oui (1945-1958)

Pauline Ramart

8 novembre 1944

non

Marthe Simard

3 juillet 1944

non

Marianne Verger

8 novembre 1944

non

Andrée Viénot

8 novembre 1944

oui (1946-1951)


Lucie Aubrac
Lucie Aubrac
Madeleine Braun
Madeleine Braun
Gilberte Brossolette
Gilberte Brossolette
Marie-Hélène Lefaucheux
Marie-Hélène Lefaucheux
Mathilde Péri
Mathilde Péri
Andrée Viénot
Andrée Viénot

Il convient de noter qu'à l'Assemblée consultative provisoire d'Alger, véritable « Parlement de la Résistance », Marthe Simard, déléguée par les Français établis au Canada, devient le 20 octobre 1943 la première femme parlementaire de France avant même que l'ordonnance du Général de Gaulle du 21 avril 1944 n'accorde le droit d'éligibilité aux femmes.

Marthe Simard
Marthe Simard

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