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Léon Gambetta

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L'APOTHÉOSE DE GAMBETTA

(janvier 1883)

 

GAMBETTA À LA PRÉSIDENCE DE LA CHAMBRE DES DÉPUTÉS

Cahier d'audience.

Registre tenu du 12 février 1879 au 10 juin 1880 par J. Richard, chef de cabinet du Président de la chambre des Députés, retraçant les audiences demandées, avec mention; manuscrites de Gambetta.

Bibliothèque de l'Assemblée nationale

Léon Gambetta. Photographie de Carjat (vers 1876).

Ce Gambetta en « bourgeois » avec gilet et chaîne de montre est très loin de l'étudiant débraillé de la fin du Second Empire. Il donne satisfaction au vœu du duc d'Audiffret-Pasquier,    grand    seigneur   orléaniste    à   demi    rallié    au   nouveau   régime « La République n'aura plus rien à craindre de nous le jour où M. Gambetta aura supprimé la distance qui sépare son gilet de son pantalon ».

(Cité dans Philippe Séguin, 240 dans un fauteuil, p. 84, Seuil, 1995)

Le peintre Etienne Carjat (1828-1906) a laissé également des photographies célèbres d'Ingres, Baudelaire, Rimbaud.

Bibliothèque de l'Assemblée nationale

Léon Gambetta, Président de la Chambre des Députés.

Pendule au personnage animé.

C'était le temps où la ferveur populaire pour un grand homme se déclinait en objets ou gravures (assiettes, foulards, cendriers, images d'Epinal... ). Ici une pendule sommée d'un Gambetta dirigeant les débats, à l'aide d'une cloche elle aussi fameuse.

Bibliothèque de l'Assemblée nationale

Chambre des Députés. Deuxième législature. Session de 1880.

Extrait du procès-verbal de la séance du jeudi 10 juin 1880.
Signé : Le Président de la Chambre des Députés, Léon Gambetta.
Affiche.

Les Chambres de la IIIe République pratiquaient volontiers le « tiré à part », la mise en extrait et en relief de leurs plus belles pages, oratoires ou disciplinaires. C'est de cette dernière catégorie qu'il s'agit ici. Paul Granier de Cassagnac*, orateur turbulent de la droite, fait encore des siennes le 10 juin 1880 en traitant un de ses adversaires de « menteur ». La censure est aussitôt prononcée à l'initiative du Président Gambetta. Et une affiche (format 64 x 50) à la diligence de Quantin et Cie, imprimeurs de la Chambre des Députés, 7, rue Saint-Benoit, commémore l'événement.

Bibliothèque de l'Assemblée nationale

* « Interpellateur incomparable à la Chambre, bretteur impitoyable dans le Réveil, de Cassagnac contribuera à transformer le timides en parlementaires de l'ovation sans périls, à donner à l'Assemblée une puissance de feu poussant les républicains à l'offensive ou dans le retranchement. »
(Philippe Levillain, Les droites en République, 1871-1898, in Histoire des droites en France, sous la direction de Jean-François, Sirinelli, tome I, Politique, chapitre III, p. 146-212 (p. 174).

 

L'ENTERREMENT DE GAMBETTA

Revolver à barillet

Ce revolver a été donné à la Chambre des Députés par Mme Thomson, veuve du député gambettiste Gaston Thomson, qui sera ministre de la Marine dans le premier gouvernement Clemenceau. C'est en maniant cette arme que Gambetta, le 27 novembre 1882, se serait blessé à la main. La blessure, mal soignée provoqua une infection généralisée dont il mourut le 31 décembre 1882. Mais d'autres revolvers ont été mis en cause, exposés au Musée des Jardies.

Bibliothèque de l'Assemblée nationale.

 

Gambetta sur son lit de mort.

Esquisse à la plume par Paul Bastien-Lepage. (1848-1884) peintre et dessinateur.

Bibliothèque de l'Assemblée nationale.

Invitation  des  Questeurs  de  la  Chambre  des  Députés  aux   « Obsèques  de M. Gambetta ».

Les 4 et 5 janvier 1883. Le corps était exposé dans la Grande Galerie.

On relèvera :

1.  la calligraphie du carton, témoin d'une ère prédactylographique.

2. la computation des heures ; elle ne se fera sur la journée (18h ou 20h au lieu de 6h et 8h du soir) qu'après la guerre de 1914-1918.

Bibliothèque de l'Assemblée nationale.

Projet de loi demandant aux Chambres de ratifier l'ouverture par décret d'un crédit de 20 000 F applicable aux funérailles de M. Gambetta (3e législature - Impression n° 1621).

Ce décret avait été pris par le Gouvernement, le 2 janvier 1883, en l'absence des Chambres qui venaient de se séparer. L'article 5 de la loi du 14 décembre 1879 rendait obligatoire qu'il soit soumis au Parlement dans les quinze premiers jours de sa prochaine session.

Le rapport de présentation du décret au Président de la République, signé notamment par Armand Fallières, tient lieu d'exposé des motifs du projet. Il rend hommage à l'organisateur de la Défense nationale et au fondateur de la Ille République.


Bibliothèque de l'Assemblée nationale.

« À Gambetta. La légende du 6 janvier 1883. »

Paris, A. Ghio, 1884.

La poétesse Louise Brian (née Dussol) célèbre Gambetta en vers enflammé; (octosyllabes et alexandrins) :

Gambetta recevait du monde
Le surnom de grand citoyen
Car la défaite grandiose
Devenait une apothéose
Défi sur les trônes jeté !
Si l'amazone dans l'arène,
Laissait l'Alsace et la Lorraine,
Elle gardait en souveraine
L'avenir et la liberté.

 Bibliothèque de l'Assemblée nationale.

Funérailles de Gambetta le 6 janvier 1883


E. Barbier - Imp. Lemercier
( reproduction du tableau de H. Scott 1883 )
Lith. d'Eug. Dubois


Le cortège quittant le Palais Bourbon


Les abords de la Chambre des députés le 6 janvier à 6 h 30 du matin

Litho. gravée par A. Lepère

Le Grelot. « Regrets éternels », caricature par Alfred Le Petit - 14 janvier 1883.

Brisson (radical), Jules Ferry (opportuniste), Freycinet (modéré), membres éminents de trois tendances divergentes du parti républicain, versent des larmes de crocodile sur la mort de Gambetta, qui désencombre leur horizon.

Bibliothèque de l'Assemblée nationale.

 

LES MONUMENTS

L'hommage rendu à Gambetta, contrairement à ce qui se passera pour Jaurès, se prolongea au moins jusqu'en 1914 en de multiples cérémonies commémoratives accompagnées d'érection de monuments. Cette mémoire maintenue honora une figure votive et mythique de la IIIe République, plutôt que le chef d'un courant politique qui ne lui survécut guère. Mais Gambetta laissa au régime un personnel de gouvernement. Félix Faure, Waldeck-Rousseau, Rouvier, Spüller, membres de son éphémère « grand ministère » (14 novembre 1881 - 26 janvier 1882) jouèrent un rôle politique important après sa mort. (cf. Jean-Marie Mayeur le « Grand ministère » de Gambetta, in Catalogue de l'exposition Gambetta, Paris 1982, p. 120-123).

Gambetta. - C. de la Chanonie. Compiègne, Imprimerie Henry Lefebvre.

Pamphlet contre le projet d'ériger à Gambetta un monument à Epineuse dans l'Oise, au lieu où se posa un jour son ballon. L'auteur stigmatise « l'incapacité » et l'outrecuidant orgueil de Gambetta et de ses acolytes.

« Nous protestons contre tout monument élevé en l'honneur du Vitellius républicain qui joua, dans le long et sanglant martyrologue de la patrie, un rôle néfaste ; et nous espérons, si les mauvais jours devaient jamais revenir pour la France, que Dieu la préservera d'un second Gambetta. »

Bibliothèque de l'Assemblée nationale.

Comité de la souscription alsacienne et lorraine pour élever un monument à Gambetta - 25 octobre 1891.

Invitation pour l'inauguration du monument aux Jardies (Sèvres-Ville d'Avray).

Bibliothèque de l'Assemblée nationale.

Carton d'invitation pour la remise à l'État du monument élevé aux Jardies par les Alsaciens et les Lorrains à la mémoire de Gambetta... le 8 novembre 1891.

Bibliothèque de l'Assemblée nationale.

Médaille en hommage à Gambetta des Alsaciens et Lorrains. Ville d'Avray - Sèvres 1891.

Bibliothèque de l'Assemblée nationale.

« La France à Gambetta » par Aube et Boileau (Monument du Carrousel) - carte postale.


Bibliothèque de l'Assemblée nationale.

Monument élevé à la mémoire de Gambetta et en souvenir de la Défense nationale-1900-1905.

Programme de l'inauguration officielle à Bordeaux. 1905.

Collection particulière.

« À Gambetta » poésie de M. Orner Chevalier - dite par Mounet-Sully, Doyen de la Comédie-Française, 25 avril 1905.

Contraste fréquent sous la IIIe République entre la médiocrité, pour ne pas dire plus, du poète et le talent de l'interprète.

A Bordeaux, à la Sorbonne, à l'Elysée, à la Comédie-Française, et en bien d'autres lieux, Mounet-Sully fut pendant plus de vingt ans, le déclamateur-récitateur officiel des cérémonies républicaines. En 1910, il lut à la Sorbonne des pages de Diderot auquel le Parlement venait de refuser la panthéonisation.

Collection particulière.

Remise le 11 novembre 1920 par Honnorat, ministre de l'Instruction publique et des Beaux-arts, de l'urne contenant le cœur de Gambetta avant son transfert au Panthéon.

Remise le 11 novembre 1920 par Honnorat, ministre, de l'urne contenant le cœur de Gambetta avant son transfert au Panthéon.

 

(de gauche à droite : Adolphe Landry, ancien ministre, ancien vice-président de la Chambre ; André Lefèvre, ancien ministre de la Guerre ; Eugène Etienne, ancien ministre ; Général Jouinot-Gambetta).

Bibliothèque de l'Assemblée nationale.