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Le  retour au Parlement
 et les dernières années

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Photographie prise lors de la Réunion du 27 février 1967 à Grenoble.

• Moins paisible fut le débat organisé le 27 février, à la patinoire de Grenoble, entre Mendès France et Georges Pompidou, Premier ministre. En est resté, peut-être, cet échange d'aménités sur fond de références historiques, à la française : Georges Pompidou « Vous êtes un homme de la IIIe République ». Mendès France : « Et vous, vous me faites penser au Second Empire ».

« Mettez un tigre dans votre voteur ». Dessin de Jean Effel

paru dans le programme du gala de soutien à Pierre Mendès France à Grenoble en février 1967.


© DR (Collection Françoise Chapron)

Pierre Mendès France de retour à l'Assemblée nationale en avril 1967. Photographie.


(M. Riboud / Magnum)

• On reconnaît au premier plan de gauche à droite Guy Mollet, François Mitterrand, Gaston Defferre et, de l'autre côté de la travée, Max Lejeune, Arthur Notebart, André Chandernagor, René Billères. Pierre Mendès France, debout, est derrière Gaston Defferre. A sa droite Claude Estier, puis Jacques Maroselli. Sur la gauche Edouard Schloesing et Robert Fabre.

 

Dernière photographie dans le « trombinoscope ».

• La notice biographique qui accompagne cette photographie —, persistance entêtée du trait d'union — retrace les élections successives de Mendès France. Sept mandats législatifs obtenus sous trois Républiques, dans deux départements (Eure et Isère). Une absence : la première Assemblée nationale constituante, à laquelle il ne fut pas candidat. Trois échecs : à Louviers en novembre 1958, à Evreux quatre ans plus tard, à Grenoble en juin 1968. Au total, 21 ans et 11 mois de mandat parlementaire.
En regard, de 1938 à 1956, moins de trente mois de présence au gouvernement, dont « 7 mois et 17 jours » comme président du Conseil (18 juin 1954-5 février 1955).


© Assemblée nationale

(Notices et portraits 1967)

Lettre signée en date du 28 mars 1967, adressée au Président de l'Assemblée nationale.

• Pierre Mendès France, élu au second tour dans la 2e circonscription de l'Isère sous le label « République et socialisme », s'apparente au groupe parlementaire de la Fédération de la Gauche démocrate et socialiste.
Simple apparentement, qui ne se transformera jamais en adhésion au groupe de la F.G.D.S. C'est en tant qu'« apparenté » qu'il prononcera son premier discours après 9 ans d'absence du Parlement, le 19 mai 1967.

(Service de la Séance de l'Assemblée nationale).

Pour préparer l'avenir. Propositions pour une action.

Paris, Denoël, 1968.

Jusqu'au bout, Mendès France a cru à la fragilité et au caractère intérimaire du régime fondé par le Général de Gaulle en 1958. N'avait-il pas vu juste pour la fin de la IVe République, dont il avait dit un jour d'hiver 1957-58 que « ce serait probablement le dernier hiver ».
 

Assemblée nationale / Ministère de la Culture.
Hommage solennel à la mémoire de Pierre Mendès France le 27 octobre 1982.
Cour d'Honneur du Palais Bourbon.


© Bibliothèque de l'Assemblée nationale

Allocution prononcée par François Mitterrand, Président de la République, dans la cour d'honneur de l'Assemblée nationale, le 27 octobre 1982, à l'occasion de l'hommage solennel à la mémoire de Pierre Mendès France (extraits) :

« [...] II faudrait être bien inattentif pour croire que l'action de Pierre Mendès France fut limitée aux quelque sept mois et dix-sept jours passés de juin 1954 à février 1955 à la tête du Gouvernement de la République. Un été, un automne et quelques jours. L'histoire ne fait pas ces comptes-là. Léon Blum, pour un an. Gambetta et Jaurès, pour si peu, pour jamais, pour toujours ».

Cet homme qui fut brièvement mais pleinement homme de gouvernement avait pour le Parlement un respect qui ne fut pas, il faut le dire, payé de retour.

Les témoins se souviennent de la clameur qui couvrit ces propos en ce jour du 5 février 1955, alors qu'abattu par une coalition d'intérêts contraires – et sans doute s'était-il refusé à compter tous les suffrages qu'il eût pu réunir –, il tentait, contre les usages, d'exposer les sentiments qui étaient les siens et l'ampleur de la tâche qui attendait son successeur.

J'ai vécu avec lui ce moment

et j'entends encore son cri :

" Le devoir interdit tout abandon ".

Tout Mendès France était dans ce double aveu : la peine qu'il ressentait à se voir privé du moyen de poursuivre la politique qu'il croyait bonne pour le pays, la conviction qu'une politique juste serait tôt ou tard reprise par d'autres, après lui.

J'ai gardé jusqu'ici pour moi le récit de cette scène que nous avons été quelques-uns à partager. Dans le bureau du chef du Gouvernement au Palais Bourbon, Pierre Mendès France, le visage dans les mains, refermé sur lui-même, puis nous regardant, creusé de chagrin et laissant échapper cette plainte à mi-voix : "J'ai fait ce que j'ai pu. Que deviendra la République ?" [...] »

 


© Assemblée nationale

Plaque de cuivre sur le banc de l'hémicycle où siégea Pierre Mendès France