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Alexandre MARIE
(1795-1870)

Alexandre Marie
© Assemblée nationale

Présidence du 29 juin au 19 juillet 1848
(3 semaines)

[Biographie et mandats]

Juriste et avocat né en 1795 à Auxerre, Alexandre Marie prend une part active aux luttes du parti libéral sous la Restauration. Il s’illustre par la suite dans la défense d’innombrables accusés lors des procès politiques de la monarchie de Juillet, notamment dans le procès dit des 2 000 devant la Chambre des pairs, après les émeutes d’avril 1834.

Ce républicain paisible et modéré a entame sa carrière parlementaire comme député de Paris en 1842 et en 1848, en battant à chaque fois Adolphe Blanqui, frère d’Auguste le révolutionnaire.

S’attendait-il à une instauration aussi rapide de la République en 1848 ? Non, sans doute, car il déclarait, le 23 février : « Son temps n’est pas encore venu. Je l’aime trop pour souhaiter qu’elle naisse avant l’heure ».

Ministre des travaux publics dans le gouvernement provisoire, c’est à lui qu’on doit la création et l’organisation des ateliers nationaux destinés à combattre le chômage. C’est à lui aussi qu’on doit la décision de les dissoudre après qu’ils se furent révélés en quelques mois aussi ruineux qu’improductifs,

Il le fit de manière hautaine et cassante en recevant le délégué des ouvriers Pujol. La réunion fut houleuse et, dès le lendemain, les barricades se dressèrent partout dans Paris. Ce fut l’amorce des sanglantes journées de Juin qui devaient mener le général Cavaignac au pouvoir.

Deux mois auparavant, Marie avait été élu, le 23 avril, député de la Seine, le troisième sur 34.

Alexandre Marie est élu Président de l’Assemblée nationale le 29 juin 1848 avec le soutien de Cavaignac et d’Adolphe Thiers, par 414 voix contre 297 à Dufaure, en remplacement d’Antoine Sénard nommé ministre de l’intérieur.

Le 30 juin, en prononçant son premier discours de « citoyen président », il oppose les bonnes barricades de février aux mauvaises de juin : « Non, ce n’est pas le peuple de février, si grand dans le combat, si grand dans la victoire, qui a élevé ces barricades sacrilèges […] Non, ce n’est pas la République qui a combattu la République ; c’est la barbarie qui, une fois encore, a osé lever la tête contre la civilisation. »

Marie ne garde le fauteuil que pendant trois semaines. Il est, en effet, nommé ministre de la justice le 19 juillet. Il n'est pas réélu aux élections législatives de 1849 et ne retrouve un siège de député – des Bouches-du-Rhône – qu’en 1863, comme opposant libéral à la politique de Napoléon III.

Il meurt à Paris le 15 avril 1870.