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Henri BRISSON
Présidence du 3 novembre 1881 au 6 avril 1885 Né le 31 juillet 1835 à Bourges d’un père avoué, il fait ses études de droit à Paris et s’inscrit au barreau en 1859. Dès cette époque il fréquente les loges maçonniques et en devient bientôt un membre influent : en 1872 il est grand orateur de la Grande Loge centrale du rite écossais. Attiré par le journalisme, il collabore à plusieurs journaux dont la Revue philosophique et religieuse ou le Phare de la Loire, et contribue avec Frédéric Morin à la création du Progrès de Lyon. En 1864 il entre au Temps, participe en 1865 à la fondation de la Morale Indépendante et en 1868 avec Gambetta à la fondation de la Revue politique, puis en 1869 passe au journal radical l’Avenir national. Après une première tentative avortée en 1869, il est élu en février 1871 député de Paris et siège à l’Union Républicaine, dont il devient bientôt président. Dès son élection et dès lors qu’il n’avait pas approuvé la Commune, il propose une amnistie « pour tous les crimes et délits politiques », proposition rejetée par la gauche modérée. Réélu député sans interruption jusqu’à sa mort, il est président de la Chambre à quatre reprises : du 3 novembre 1881 au au 13 avril 1912, établissant ainsi le record de durée au « perchoir » pour la IIIe République. Selon Henri Ripert, il sait se consacrer pleinement « à sa mission de directeur des débats, qu’il remplit avec une dextérité et une habileté remarquables, secondées par une grande science des règlements ». Ce qui n’empêche pas Clemenceau de multiplier les quolibets à son égard, le traitant d’ « austère jésuite rouge », ni son ami Scheurer-Kestner de rétorquer : « Personne n’était plus gai que Brisson, du moins quand il n’était pas triste ». Deux fois président du Conseil (du 6 avril au 29 décembre 1885 et du 28 juin au 26 octobre 1898), il est mis en échec à propos des crédits demandés pour l’expédition du Tonkin par les députés hostiles à sa politique coloniale. Partisan convaincu de l’éducation primaire obligatoire, défenseur de la laïcité et profondément anticlérical, il présente dès 1890 au gouvernement des réclamations à l’encontre des communautés religieuses et en 1900 dépose une proposition en vue de réduire l’importance des propriétés appartenant aux congrégations. Souvent décrit comme rigoureux austère, c’est avant tout un homme de principes fort scrupuleux : président de la commission d’enquête sur l’affaire de Panama, il se montre intraitable envers ceux qui sont accusés de corruption. Il est néanmoins accusé d’une certaine mollesse allant parfois jusqu’à des revirements. Au moment de l’affaire Dreyfus il change constamment d’avis, se rangeant d’un côté ou de l’autre selon l’évolution de l’opinion. C’est ainsi qu’il ne désavoue pas son ministre Cavaignac, antidreyfusard avéré, mais fait pourtant ouvrir quelques mois plus tard la procédure en révision du procès. Instinctivement méfiant à l’égard de la grandeur il s’exclame un jour : « Gardez-vous de vouloir faire grand ! Combien de ceux qui s’y sont essayés ont rendu la France plus petite ». Avant tout serviteur de la République, il considère que l’Assemblée nationale doit veiller à la bonne marche de l’État républicain dans la stabilité et l’autorité : c’est ainsi qu’il tente de limiter les délégations de vote des députés et se montre soucieux des deniers publics en étant à l’initiative de commissions de contrôle budgétaire.
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