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Jules MÉLINE
(1838 - 1925)

Jules Méline
© Assemblée nationale

Présidence du 4 avril 1888 au 11 novembre 1889
(1 an et 7 mois)

[Biographie et mandats]

Après des études de droit Jules Méline s'inscrit au barreau de Paris. Il devient adjoint au maire du 1er arrondissement après le 4 septembre 1870, puis s'associe au gouvernement de Défense nationale. Député des Vosges en 1872, à la suite d'une élection partielle siégeant à l'Union républicaine, il soutient le gouvernement Thiers. En 1876 il est élu dans l'arrondissement de Remiremont. Il est réélu en 1881 et en février 1883 est nommé ministre de l'agriculture dans le deuxième cabinet Jules Ferry jusqu'en avril 1885. Conservateur modéré, républicain sincère, adversaire résolu du boulangisme, son nom est resté synonyme de protection de l’agriculture française et de rempart des productions industrielles nationales. Il lutte alors contre la baisse des prix agricoles provoquée par les importations en provenance des pays neufs en taxant le blé et la viande. Il fonde en 1884 le mérite agricole. Il est réélu dans les Vosges en octobre 1885 sur une liste opportuniste. Jules Méline est élu le 3 avril 1888 à la présidence de la Chambre des députés, au troisième tour, à égalité des voix et au bénéfice de l’âge, contre Clemenceau et en remplacement de Charles Floquet, porté à la présidence du Conseil. Il fut réélu à la présidence de la Chambre le 8 janvier 1889 jusqu'à la fin de la législature.

Sa présidence est bienveillante et impartiale, mais sa voix faible et l’autorité insuffisante de sa parole ont parfois du mal à contenir les débats d’une assemblée laborieuse, mais divisée et parfois agitée, en fin de législature.

Réélu député en 1889, il est nettement battu à la présidence par Brisson. Rapporteur général du budget des douanes et président de la commission générale des douanes il fait voter plusieurs lois économiques -notamment le tarif douanier de 1892, dit tarif Méline- protectrices d'une industrie durement concurrencées en raison de l'obtention de la France par le nouvel empire allemand, dans une clause du traité de Francfort, du tarif douanier de la « nation la plus favorisée ». Il défend notamment la loi relevant les droits de douane sur les sucres. Ainsi la loi du 11 janvier 1892 ayant pour objet la protection des intérêts agricoles nationaux soumet les produits étrangers à un tarif général maximum, en l'absence de convention particulière, et à un tarif minimum s'appliquant aux pays signataires d'une convention. Il prend aussi une part active à l'organisation du crédit agricole, qu'il estime être le « levier indispensable à l'agriculture », avec la loi de novembre 1894 autorisant la constitution, entre les membres des syndicats agricoles, de caisses locales ayant pour mission de faciliter l’attribution de crédits nécessaires au financement de la production agricole.

Méline est appelé à la présidence du Conseil en avril 1896, sous la présidence de Félix Faure, et exerce aussi une deuxième fois les fonctions de ministre de l'agriculture. Son gouvernement est marqué par le rebondissement de l'affaire Dreyfus. Il s'oppose à la révision et fait exercer des poursuites contre Zola. Il démissionne en juin 1898 peu après les élections.

En 1899 Jules Méline est candidat malheureux à la présidence de la République, battu par Émile Loubet. Il conserve son mandat de député jusqu’en 1903, date à laquelle il est élu au Sénat. Il se déclare adepte du retour à la terre, dans Le retour à la terre et la surproduction industrielle et dans Tout en faveur de l'agriculture, ouvrages publiés en 1905 donnant une préférence aux qualités agricoles et paysannes de la France plutôt qu'à son activité industrielle. Il fait partie pendant la guerre d'un cabinet d'union nationale dirigé par Aristide Briand, en qualité de ministre de l'agriculture, fonction qu'il exerce une troisième fois d'octobre 1915 à décembre 1916. Il siège au Sénat jusqu’à son décès en 1925.