Léon BOURGEOIS
(1851-1925)

Léon Bourgeois
© Assemblée nationale

Présidence du 10 juin 1902 au 12 janvier 1904
( 1 an et 7 mois)

[Biographie et mandats]

Docteur en droit, secrétaire de la Conférence des avocats, Léon Bourgeois devient secrétaire général de la préfecture de la Marne en 1877, et, après avoir été notamment préfet du Tarn et de la Haute-Garonne, est nommé préfet de police de Paris en 1887. Il est élu député de la Marne en 1888, contre Boulanger. Siégeant à la gauche radicale il est nommé en mai 1888 sous-secrétaire d'État à l'Intérieur du cabinet Charles Floquet. En septembre 1889 il est élu député de Reims et le reste jusqu'en 1905

Après la victoire des gauches aux législatives, refusant de succéder à Waldeck-Rousseau à la présidence du Conseil, il préfère la présidence de la Chambre à laquelle il est élu le 10 juin 1902, à la suite de Paul Deschanel. « C'est nécessairement un homme politique que vous appelez à ce fauteuil, déclare-t-il. Il a été, à la veille de son élection, l'un des plus engagés dans la mêlée des partis et tous savent qu'il doit reprendre un jour ses armes et son rang de combattant.» Il exerce la présidence de la Chambre jusqu'au 12 janvier 1904.

Il occupe aussi plusieurs postes ministériels d'importance dès 1890 : l'Intérieur dans le cabinet Tirard, l'Instruction publique et les beaux-arts, dans le cabinet Freycinet, la Justice, dans le premier cabinet Ribot en décembre 1892 ; de novembre 1895 à avril 1896 il exerce la présidence du Conseil tout en occupant le portefeuille de l'Intérieur, puis celui des Affaires étrangères, après la démission de Marcellin Berthelot.

En 1905 Léon Bourgeois devient sénateur de la Marne jusqu'en 1925. En 1906 il accepte le portefeuille des affaires étrangères dans le cabinet Sarrien. De janvier 1912 à janvier 1913 il est ministre des Affaires étrangères dans le cabinet Poincaré de même que dans le cabinet Briand en avril 1914. Pendant la guerre il est ministre du travail et de la prévoyance sociale dans le cinquième cabinet Ribot.

Léon Bourgeois est également président du Sénat du 14 janvier 1920 au 16 février 1923.

Président de la délégation française à la première conférence internationale de la paix à La Haye en 1898, il préside la commission de l'arbitrage proposant la création de la Cour permanente d'arbitrage. Il parvient, en partie, à faire accepter son projet d'arbitrage à la deuxième conférence de La Haye en 1907. Il travaille plus tard à l'élaboration du pacte de la SDN et obtient le prix Nobel de la paix en 1920.

Dans son ouvrage Solidarité, publié en 1896, il propose une voie médiane entre le collectivisme et l'individualisme, le « solidarisme », doctrine sociale du radicalisme qui inspira plusieurs lois sociales de la fin du XIXe siècle (le repos hebdomadaire, les assurances du travail, l'insaisissabilité des biens de famille, le salaire de la femme mariée).