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Léon GAMBETTA
(1832-1882)

Henri Brisson
© Assemblée nationale

Présidence du 31 janvier 1879 au 27 octobre 1881
(2 ans et 8 mois)

[Biographie et mandats]

Fils d’un épicier d’origine génoise établi à Cahors, Léon Gambetta opte pour la nationalité française en 1859 après des études de droit à Paris. Avocat, opposé au régime impérial, il est remarqué en octobre 1868 par sa facilité d’élocution et la puissance de sa voix lors de sa plaidoirie dans le procès de Charles Delescluze poursuivi pour avoir été, dans son journal Le Réveil, à l’origine de l’ouverture de la souscription Baudin.

Auteur du programme radical de Belleville -dans lequel il demande notamment l’élection des conseillers municipaux et des maires au suffrage universel, la liberté de la presse, la liberté d'association, la séparation de l'Église et de l'État et l'instruction primaire, gratuite et obligatoire-, il est élu député en 1869, l’emportant dans deux collèges électoraux et choisissant Marseille plutôt que Paris, où il cède sa place à Henri Rochefort. Il est opposé à la déclaration de guerre à la Prusse.

Le 4 septembre 1870, après le désastre de Sedan la foule parisienne envahit le Palais Bourbon. Léon Gambetta prononce la déchéance de l’empereur puis, avec les députés républicains et plusieurs citoyens, rejoint l’hôtel de ville. Jules Ferry propose la constitution d’un gouvernement composé de députés républicains de Paris. Léon Gambetta et Jules Favre proclament la République dans une liesse générale malgré la situation militaire du pays. Gambetta devient ministre de l’intérieur du Gouvernement de défense nationale sous la direction du général Trochu, gouverneur militaire de la place. Paris est encerclé par les troupes ennemies et, le 7 octobre, Gambetta s’enfuit en ballon depuis Montmartre vers Tours où il lève une armée pour secourir la capitale et organiser une « guerre à outrance ». Mais les troupes sont battues et Bazaine capitule.

Après l’armistice qu’il accepte finalement, il est élu, lors des élections générales du 8 février 1871, par huit départements à la nouvelle Assemblée nationale dont la majorité est favorable à la paix et il choisit le Bas-Rhin, mais démissionne lorsque ce département devient allemand. Lors des élections complémentaires de juillet il devient député de la Seine. Il est réélu député du vingtième arrondissement de Paris en 1875 -il participe à l’adoption des lois constitutionnelles- ainsi qu’en 1877.

Président de la commission du budget, il déclare : « Le cléricalisme voilà l’ennemi ! » Il est aussi, après la crise du 16 mai, l’un des principaux auteurs de la protestation des 363 députés de la majorité républicaine contre le message du Président de la République Mac-Mahon et menace avant les élections d’octobre 1877 : « Il faudra se soumettre ou se démettre ! »

Le 31 juillet 1879 il succède à la présidence de la Chambre des députés à Jules Grévy, élu Président de la République. Il rappelle alors que « la République enfin sortie victorieuse de la mêlée des partis devait entrer dans la période organisatrice et créatrice ». En janvier 1880 il est réélu au perchoir. Rallié finalement à l’amnistie des anciens communards, il invite à en finir avec « ce haillon de guerre civile ». Bien que vivement attaqué pour vouloir entraîner le pays vers l’aventure de la question grecque, il est encore réélu à la présidence de la Chambre en janvier 1881.

Il est Président du conseil et ministre des affaires étrangères, en novembre 1881, après la démission du ministère Ferry ; mais son grand ministère ne dure que quelques mois en raison de l’hostilité de la Chambre, notamment au rétablissement du scrutin de liste qu’il proposait. Alors que ses amis préparaient un retour au pouvoir, il est emporté dans la nuit de la Saint-Sylvestre 1882 par une septicémie consécutive à une mystérieuse blessure qu’il se serait faite en réparant un pistolet.

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Voir aussi :

- L'apothéose de Gambetta (janvier 1883)

- Contre le plébiscite (discours, 5 avril 1870)

- « Il n’y a qu’une France et qu’une République » (discours, 21 juin 1880)

- 4 septembre 1870 : la République proclamée