Paul DOUMER
(1857-1932)

Paul Doumer
© Assemblée nationale

Présidence du 10 janvier 1905 au 31 mai 1906
(1 an et 4 mois)

[Biographie et mandats]

Né le 22 mars 1857 à Aurillac dans une famille particulièrement modeste, orphelin très jeune, il est d'abord ouvrier graveur puis obtient une licence de mathématiques en suivant des cours du soir au Conservatoire des arts et métiers. Il devient professeur de collège, se rapproche des milieux du journalisme et obtient en 1879 le poste de rédacteur en chef du Courrier de l'Aisne, puis fonde La Tribune de l'Aisne, journal nettement plus orienté à gauche.

Élu député de l'Aisne en 1885, puis de l'Yonne en 1890, il siège dans les rangs de la gauche radicale. Il se fait remarquer comme rapporteur d'un projet de loi sur l'Annam et le Tonkin et est nommé en 1896 gouverneur général de l'Indochine, poste qu'il occupe jusqu'en 1902. Il conçoit la structure coloniale de l'Indochine, base le gouvernement à Hanoi, est l'un des défenseurs de la construction du chemin de fer trans-indochinois et initie la création du port de Haiphong.

Réélu député de l'Yonne en 1902, il est placé à la tête de la commission des finances. Ayant évolué avec son retour en politique, il fait dès lors figure de modéré et ses anciens compagnons de la gauche radicale le considèrent comme un renégat. Il remporte le 10 janvier 1905 la présidence de la chambre contre Henri Brisson, une partie de la droite modérée ayant voté pour lui. Lors de son élection il promet de « rendre plus fécond le travail législatif ». Particulièrement apprécié grâce à son ardeur au travail et malgré une austérité quelque peu ostentatoire, sa courte présidence ne lui laisse pas le temps de mettre en oeuvre ses projets, puisqu'à la fin de la législature, le 31 mai 1906, il cède sa place au « perchoir » à Henri Brisson.

Il perd son siège de député en 1910 et revient au Parlement en 1912 comme sénateur de Corse. En août 1914 il se met à la disposition du général Gallieni en ces termes : « Je sais commander ; je saurai donc obéir », et ce dernier le charge d'assurer la liaison avec le Gouvernement replié à Bordeaux. Il est nommé ministre d'État du premier cabinet Painlevé de septembre à novembre 1917, devient rapporteur général du budget à la fin de la guerre, puis par deux fois ministre des finances dans les septième et huitième cabinets Briand.

Il préside le Sénat de janvier 1927 jusqu'en juin 1931, puis présenté par la droite contre Aristide Briand, il est élu par l'Assemblée nationale Président de la république, fonction qu'il occupe jusqu'au 6 mai 1932, date à laquelle il est assassiné par un déséquilibré.

Dans un hommage rendu au Sénat, Fernand Rabier déclare : « Nous avons pu mesurer sa passion pour le bien public, la qualité et l'intensité de son labeur, la générosité de son esprit et de son coeur. Il fut essentiellement l'homme du devoir, de tous les devoirs. Il avait le culte de la patrie, qu'il aimait d'un amour ardent et passionné... ».