Accueil > Histoire et patrimoine > Les Présidents de l'Assemblée nationale > Restauration (4 juin 1814 - 20 mars 1815) et (7 octobre 1815 - 16 mai 1830) > Pierre-François-Hercule de Serre

Pierre-François-Hercule de SERRE
(1776-1824)

 

Pierre François Hercule de Serre
© Assemblée nationale

Présidence du 19 janvier 1817 au 11 décembre 1818
(1 an et 11 mois)

[Biographie et mandats]

Né dans la Meurthe le 12 mars 1776 d’une une famille originaire du Comtat Venaissin établie en Lorraine, il se destine d’abord à l’état militaire et intègre l’école d’artillerie de Châlons-sur-Marne. Émigré à l’armée de Condé sous la révolution, il rentre en France en 1802, étudie le droit, s’inscrit au barreau de Metz et est nommé en 1811 par Napoléon avocat général à Metz, puis premier président de la cour impériale de Hambourg.

Partisan de la Restauration, il est élu le 22 août 1815 député du Haut-Rhin au grand collège et siège dans les rangs de la minorité ministérielle à la Chambre introuvable où il combat les excès de la majorité ultraroyaliste. Interrompu par les ultras lors d’un débat, il s’exclame : « Messieurs, je suis dans la question ; veuillez m’écouter ; je réclame la liberté de la discussion, cette liberté qui a souvent été violée et détruite dans cette enceinte. »

Réélu le 4 octobre 1816 puis le 20 septembre 1817, il succède à Étienne Pasquier à la présidence de la Chambre où il propose lors de la séance du 14 novembre un règlement nouveau qui stipule : « Les manquements graves ou insultes de la part d’un membre de la Chambre envers un ou plusieurs autres membres, ou envers la Chambre elle-même, sont punis par la Chambre d’un emprisonnement… ». Cette disposition n’est pas approuvée par ses collègues qui lui opposent la question préalable.

Il obtient le 30 décembre 1818 le ministère de la justice dans le cabinet Decazes et fait adopter sous les applaudissements de la gauche, lors de la session de 1819, une loi sur la presse abolissant toute censure préalable. Par ailleurs, il s’aliène l’opinion libérale en mai 1819 lorsqu’il rejette une pétition en faveur des bannis en ces termes : « Les individus temporairement exilés peuvent espérer revoir le sol de la patrie ; les régicides jamais ».

Dans son Histoire du gouvernement parlementaire, Duvergier de Hauranne explique ainsi cette rupture avec ses idées libérales passées : « M. de Serre n’était pas moins sincère en 1821 qu’en 1819 et 1820, mais ses luttes incessantes avec la gauche et son état habituel de maladie l’avaient irrité, aigri, poussé dans des voies extrêmes, et le plus libéral des ministres de 1819 était devenu le plus absolutiste des ministres de 1821 ».

Remplacé comme garde des Sceaux par Peyronnet, en décembre 1821, il reçoit le titre de ministre d’État, titre qui selon Bertier de Sauvigny est une « fiche de consolation pour les ministres démissionnaires et les ministrables déçus ». Louis XVIII l’envoie alors à Naples comme ambassadeur où il assiste au congrès de Vérone, puis décède deux ans après d’une maladie de poitrine sans avoir réussi à se faire réélire député, mais avec la réputation d’avoir été l’un des plus grands orateurs de la Restauration.