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MARIANNE

 

 

Buste de Marianne, Tlemcen le 14 juillet 1882

Buste de Marianne par Paul Lecreux
Tlemcen, 14 juillet 1882

Assemblée nationale, salon Delacroix

© Assemblée nationale

 

 

La République est une femme

 

 



Marianne, bois polychrome
Mairie de Létra (Rhône)
© DR

 


Buste de Marianne, plâtre,
époque de la Révolution française
Couzon-au-Mont-d'Or (Rhône)
© DR

La monarchie faisait figurer sur les monnaies l'effigie du roi régnant. La chute de la royauté en 1792 chasse cette identité masculine. A peine réunie, la Convention décrète, le 21 septembre 1792, que « le sceau de l'État sera changé et portera pour type la France sous les traits d'une femme vêtue à l'antique, debout, tenant à la main droite une pique surmontée du bonnet phrygien ou bonnet de la liberté, la gauche appuyée sur un faisceau d'armes ».

Ainsi se trouvent assimilées France, Liberté et République. Image synthétique popularisée par les actes officiels, mais aussi l'estampe, la peinture, la sculpture, sans parler des cérémonies de l'an II où une jeune femme représente la déesse de la Liberté.

La figuration masculine du Peuple en Hercule (protégeant la Liberté et l'Égalité) fut loin d'avoir un égal succès.

Le sceau de l'État

« Le sceau de l'État... portera pour type la France sous les traits d'une femme »

 

 

Marianne et les mairies

 

Les bustes de MARIANNE

« Marianne » a été le symbole de la conquête du pays par les Républicains.


Buste de Marianne réalisé par Llop après la révolution de 1830

et sorti de la clandestinité après la proclamation de la IIe République

Mairie de Pollestres (Pyrénées-Orientales)

© DR

 

 

  
Marianne, juillet 1848

Mairie de Sauzet (Drôme)

© DR

 

Entre 1870 et 1890, les bustes de Marianne ont souvent cristallisé les luttes politiques locales, municipalité par municipalité, et cette conquête des mairies, comme l'a montré Maurice Agulhon dans « Marianne au pouvoir », fut une étape décisive des progrès de l'institution républicaine dans le pays.

A partir de 1882 (élection des maires pour toutes les communes) et surtout de la loi du 5 avril 1884 sur l'organisation des pouvoirs municipaux, la mairie fut constituée sur le modèle réduit d'une République parlementaire (élection au suffrage universel des conseils municipaux, élection par le conseil du maire, publicité des séances).

La diffusion des bustes de Marianne jalonne les progrès de la conquête républicaine. L'achat d'un buste, son installation dans la salle du conseil étant facultatif, chaque décision en ce sens des conseils municipaux fut un acte militant.

Il y eut des modèles différents. Le buste d'Hippolyte Moulin (1832-1884) fut interdit de fabrication à la manufacture de Sèvres en 1882 par Jules Ferry, ministre de l'Instruction publique : « la Marianne aux mèches rebelles, au visage androgyne et au bonnet phrygien triomphant fut jugée trop révolutionnaire ».


Marianne par Hippolyte Moulin, 1867

© DR

Le modèle d'Injalbert, qui l'emporte à partir de 1890, montre l'achèvement de la synthèse républicaine : la robe et la broderie sont signes de sagesse, mais le bonnet phrygien est maintenant accepté.


Marianne du centenaire par Jean-Antoine Injalbert

Mairie de Millas (Pyrénées-Orientales)

© DR

Après 1890, Marianne symbolise l'ancrage dans le pays de la République, de sa volonté de réforme sans révolution et sans désordre.


Marianne personnifiée par Mireille Mathieu

Montfavet (Vaucluse)

© DR

 

D'autres versions modernes naissent du trait de célèbres dessinateurs caricaturistes ou de sculpteurs anticonformistes.

 


Buste de la Marianne de Jacques Faizant acquis par l'Assemblée nationale en 2006

© Assemblée nationale - Jacques Faizant

 


La Marianne sous les traits de Brigitte Bardot peinte par le sculpteur, peintre et illustrateur Aslan

 

 

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