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La participation électorale

IXe législature

 

Question N° : 12538

 de  M. Berthol André ( Rassemblement pour la République - Moselle )

QE

Ministère interrogé :

intérieur

Ministère attributaire :

intérieur

 

Question publiée au JO le : 02/05/1989  page : 1999

 

Réponse publiée au JO le : 12/06/1989  page : 2710

 

Rubrique :

Élections et referendums

Tête d'analyse :

Listes électorales

Analyse :

Personnes non inscrites sur les listes électorales

Texte de la QUESTION :

M André Berthol attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur de récentes informations qui ont fait état d'un nombre très important de citoyens qui ne seraient pas inscrits sur une liste électorale. Il lui demande si cela est exact et, dans l'affirmative, quelles mesures il envisage de prendre, afin de remédier concrètement a une telle situation qui semble particulièrement regrettable dans notre pays.

Texte de la RÉPONSE :

Réponse. - Les services du ministère de l'intérieur ont eux-mêmes cherché à évaluer la proportion des Français non inscrits sur les listes électorales. En comparant la somme des électeurs inscrits (telle qu'elle résulte de l'addition des électeurs portes sur les listes électorales déposées en préfecture en début d'année en application de l'article R 11 du code électoral) et la population d'âge électoral (déduction faite des étrangers et des Français privés de la capacité électorale), ils ont estimé que la proportion des « non-inscrits » variait, selon les années, de 3 a 8,5 p 100 du corps électoral théorique. Ces chiffres recoupent des données plus anciennes fournies par les recherches de divers universitaires : 8,5 p 100 pour 1954, 6,7 p 100 pour 1957, cites par M Duverger dans son ouvrage Institutions politiques et droit constitutionnel. Il paraît toutefois impossible, en cette matière, d'arriver à une exactitude parfaite. Toute méthode introduit sa marge d'incertitude : il est vraisemblable, par exemple, que celle suivie par les services du ministère de l'intérieur conduit à minorer légèrement la proportion des non-inscrits puisqu'elle ne peut prendre en compte les radiations tardives adressées aux mairies par l'INSEE postérieurement à. la date d'établissement des tableaux rectificatifs, qui doivent être publiés le 10 janvier de chaque année, conformément à l'article R. 10 du code électoral. Il est vrai que cette cause d'erreur se trouve éliminée dans les années ou une consultation générale permet de dénombrer sur tout le territoire le nombre réel des électeurs inscrits. Tel a été le cas en 1988 et en 1989, où le taux des non-inscrits a été estimé à 5 p. 100 du corps électoral potentiel, ce qui laisserait subsister environ 2 millions de citoyens qui ne figureraient pas sur les listes électorales. Au demeurant, les causes de non inscription sont diverses. Si la simple négligence est fréquemment à incriminer, notamment pour les citoyens radiés dans une commune où ils ne remplissent plus l'une des conditions imposées par l'article L.11 du code électoral et qui n'ont pas accompli les démarches nécessaires dans leur nouvelle commune de résidence, il peut se faire aussi que la non inscription soit le résultat d'une volonté délibérée du citoyen, si bien qu'il existera toujours une proportion incompressible - difficile à chiffrer - de non-inscrits. Quoi qu'il en soit, il demeure que la proportion des non inscrits varie sensiblement d'une année a l'autre : en particulier, on constate un afflux de nouvelles demandes au cours des révisions qui précèdent une année ou doivent avoir lieu des élections législatives ou présidentielle. D'autre part, l'inscription des jeunes qui atteignent l'age de la majorité s'échelonne sur plusieurs années ; d'où une proportion anormalement élevée de non-inscrits au sein des tranches d'age les plus basses. C'est pourquoi l'effort de sensibilisation mené par le Gouvernement a été tout spécialement orienté en direction des jeunes. Dans cette optique, l'administration ne s'est pas limitée cette année aux traditionnels communiqués à la presse, relayés par les préfectures et les mairies. Le service d'information et de diffusion du Premier ministre a conçu une affiche, tirée à 75 000 exemplaires. Un dépliant exposant les procédures d'inscription dans un langage simple et accessible à tous a été tiré a 200 000 exemplaires ; l'un et l'autre de ces matériels ont été diffusés dans les lycées et collèges et dans les centres d'information jeunesse ; les mairies des communes de plus de 9 000 habitants ont reçu un contingent de ces publications proportionnel a leur population et les revues internes aux armées destinées aux appelés comportaient le dépliant susmentionné. Le Gouvernement s'attachera à reconduire le dispositif mis en place en 1988, lequel doit continuer a produire ses effets puisque, en application de l'article L. 30 du code électoral, notamment les militaires renvoyés dans leurs foyers après avoir satisfait à leurs obligations légales d'activité et les Français et Françaises remplissant la condition d'âge pour être électeur après la clôture des délais d'inscription peuvent être inscrits sur les listes électorales en dehors des périodes normales de révision.