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Général de GAULLE (1890-1970)
Affecté au 33e
régiment d'infanterie à sa sortie de Saint-Cyr, il est fait prisonnier à
Douaumont et interné après plusieurs tentatives d'évasion au fort
d'Ingolstadt. Il participe ensuite à la guerre de la Pologne contre la
Russie soviétique, puis est nommé à l'état-major de l'armée du Rhin et
ensuite membre de l'état-major français à Beyrouth. Nommé à la tête de
la 4e division cuirassée au début de la deuxième guerre mondiale, il est promu
général de brigade à titre temporaire. Il entre ensuite, le 6 juin 1940,
dans le gouvernement présidé par Paul Reynaud comme sous-secrétaire
d'État à la défense nationale. Ayant gagné Londres après la formation du
gouvernement du maréchal Pétain, il lance l'appel du 18 juin pour
continuer la guerre contre les puissances de l'Axe. Il organise les
Forces françaises libres, constitue le Conseil de défense de l'Empire,
coordonne l'action de la résistance. En octobre 1943 il préside le
Comité français de libération nationale (C.F.L.N.). En juin 1944 il
préside le Gouvernement provisoire de la République française (G.P.R.F.)
d'abord à Alger puis, en août 1944, à Paris. La première Assemblée
constituante le choisit en
novembre 1945 Président du Gouvernement de la
République française. En désaccord avec les partis, il
démissionne en janvier 1946. Il crée en 1947 le Rassemblement du peuple
français (R.P.F.). Peu après la crise de mai 1958, il est
investi président du
Conseil le 1er juin 1958. Il fait approuver par
référendum la Constitution de la Cinquième République. Il est élu
Président de la République en décembre 1958, entreprend une politique de
redressement économique, de décolonisation et règle la question
algérienne. Il mène une politique d'indépendance nationale, préconise le
rapprochement entre l'est et l'ouest, met en œuvre la politique de
réconciliation avec l'Allemagne. Il est réélu Président de la République
en décembre 1965, au suffrage universel, après avoir fait approuver, en
1962, par référendum une révision de la Constitution. En avril 1969,
moins d'un an après les événements de mai 1968, il quitte le pouvoir
après le vote négatif exprimé lors du référendum relatif à la
régionalisation et à la transformation du Sénat.
Normalien et agrégé de grammaire, il
dirige le cabinet du général de Gaulle
de juin 1958 à janvier 1959. Il est
Premier ministre du 14 avril 1962
jusqu'au 10 juillet 1968. Fin mai 1968
son gouvernement signe les accords de
Grenelle avec les principales centrales
syndicales. Il est élu député en 1967 et
en 1968.
Valéry GISCARD d'ESTAING (né en 1926)
Polytechnicien, ancien élève de l'ÉNA, il
est élu député en 1956. Il est secrétaire d'État aux finances dans le
gouvernement de Michel Debré. Il est ministre de finances de 1962 à
1966, puis de nouveau de 1969 à 1974 sous les gouvernements de Jacques
Chaban-Delmas et de Pierre Messmer. Il est élu Président de la
République en mai 1974, le troisième président de la Cinquième République
et le plus jeune, à l'âge de 48 ans. Il s'attache au cours de son mandat à libéraliser la société française
: lois relative au divorce par consentement mutuel, à l'interruption
volontaire de grossesse, à l'abaissement de l'âge légal de majorité de vingt-et-un à dix-huit ans,
élargissement de la saisine du Conseil constitutionnel.
En mai 1981,
s'étant représenté à l'élection présidentielle,
il est battu
par François Mitterrand.
François MITTERRAND (1916-1996)
Député de l'Union démocratique et
socialiste de la Résistance (U.D.S.R.) sous la IVe
République, il est plusieurs fois ministre, notamment de l'intérieur et
de la justice. Le 1er juin 1958 il
vote contre
l'investiture du général de Gaulle. Il est l'un des
principaux dirigeants de l'opposition. Candidat à l'élection présidentielle de 1965, il obtient
au second tour 44,80 % des suffrages exprimés face au général de Gaulle.
Il signe un programme commun de gouvernement des partis de gauche en
1972. De nouveau candidat à l'élection présidentielle il obtient 49,19 %
des suffrages exprimés face à Valéry Giscard d'Estaing. Il est élu
Président de la République le 10 mai 1981 et réélu le 8 mai 1988. Lors
de ses deux mandats ont été mises en oeuvre de nombreuses réformes
telles que l'abolition de la peine de mort, la décentralisation et
d'importantes modifications du droit du travail. Ses deux présidences
successives ont aussi été marquées par deux cohabitations avec une
majorité parlementaire de tendance opposée.
Jacques CHIRAC (né en 1932)
Membre de la Cour des comptes,
collaborateur de Georges Pompidou, Premier ministre, il est élu député
en mars 1967 et entre au gouvernement comme secrétaire d'État. Il
devient notamment ministre de l'agriculture et du développement rural en
1972, puis ministre de l'intérieur en 1973. Il est nommé Premier
ministre par Valéry Giscard d'Estaing en 1974. Il démissionne en 1976.
Il est élu maire de Paris en 1977, fonde le Rassemblement pour la
République (R.P.R.). Il se présente une première fois à l'élection
présidentielle de 1981. Il est nommé Premier ministre par François
Mitterrand. C'est la première cohabitation. Mais il est battu par ce
dernier à l'élection présidentielle de 1988. Artisan de la victoire du
R.P.R. et de l'U.D.F. aux élections législatives de 1993, au cours du
second mandat présidentiel de François Mitterrand, il provoque une
deuxième cohabitation. Il est élu Président de la
République le 7 mai 1995. En 1997, après une dissolution de l'Assemblée
nationale, a lieu une troisième cohabitation. Il est réélu
Président de la République le 5 mai 2002.
Michel DEBRÉ (1912-1996)
Fils du Professeur Robert Debré. Il
participe activement à la Résistance. A la Libération il est commissaire
de la République. Il est le cofondateur de l'École nationale
d'administration (ÉNA). Membre du Conseil de la République de 1948 à
1958, il critique farouchement le fonctionnement des institutions de la
IVe République. Garde des Sceaux en juin 1958, il joue un
rôle essentiel dans l'élaboration de la Constitution de la Cinquième
République. Il est Premier ministre du 8 janvier 1959 au 14 avril
1962. En cette qualité, il
intervient personnellement dans tous les domaines : notamment les négociations avec
les États de la Communauté qui s'acheminent vers l'indépendance,
l'enseignement (allongement de la scolarité
obligatoire et modernisation des structures de l'enseignement,
la monnaie (lutte contre l'inflation et institution du Nouveau Franc),
l'économie (développement de l'industrie et du
progrès technique favorisé par la libération des échanges), la recherche,
l'armée.
Il est ministre de l'économie et des finances de 1966 à 1968, ministre des
affaires étrangères de 1968 à 1969 et ministre de la défense nationale
de 1969 à 1973. Il est élu
député de la Réunion en 1963, 1967, 1968, 1973, 1978, 1981, 1986 et
1988.
Breveté de l'École nationale de la France d'Outre-mer, diplômé de l'École des langues orientales, il obtient son doctorat en droit en 1939. Ayant rejoint les Forces françaises libres
en 1940, il participe avec la Légion étrangère aux opérations d'Afrique,
notamment à la bataille de Bir-Hakeim, à la campagne d'Italie, puis à la libération de Paris avec la division Leclerc. Parachuté en Indochine en août 1945,
il est fait prisonnier par le Viet Minh et s'évade. Il
est gouverneur général de Mauritanie, puis de Côte d'Ivoire, haut-commissaire en Afrique de 1952 à 1959
(au Cameroun, en Afrique-Équatoriale française et en Afrique-Occidentale
française). Entre temps il dirige le cabinet de Gaston Defferre,
ministre de la France d'outre-mer et prépare une loi-cadre accordant
l'autonomie interne aux territoires coloniaux. Ministre des armées de
1960 à 1969, ministre des départements d'outre-mer de 1971 à 1972, il
est Premier ministre du 5 juillet 1972 au 27 mai 1974. Il assure la
victoire de la majorité sortante aux élections législatives de 1973. A la suite du
choc pétrolier consécutif à la guerre du Kippour (quadruplement du prix
du pétrole), il engage en mars 1974 un vaste programme électronucléaire de construction
assurant l'indépendance énergétique de la France. Il est élu
député en 1968, 1973, 1978, 1981 et 1986. De 1986 à 1988 il préside le
groupe R.P.R. de l'Assemblée nationale. Élu en 1988 à l'Académie des
sciences morales et politiques, il en est secrétaire perpétuel de 1995 à
1998. Il est élu à l'Académie française en 1999 et nommé de 1999 à 2006 chancelier de l'Institut de France dont il rationalise
la gestion.
Jacques CHABAN-DELMAS (1915-2000)
Inspecteur des finances, il participe
activement à la Résistance. Général de brigade en 1944. Élu député en
1946 il devient maire de Bordeaux en 1947. Plusieurs fois ministre sous
la IVe République, il est
Président de l'Assemblée nationale,
sous la Ve République de 1959 à 1969 et
Premier ministre du 20 juin 1969 au 5 juillet 1972.
Il lance le projet de « Nouvelle société ». A la mort de Georges Pompidou, il se présente à l’élection présidentielle de 1974 mais
il est devancé,
au premier tour, par Valéry Giscard d'Estaing qui finalement l'emporte face à François
Mitterrand. Il conserve ses mandats
en Aquitaine la présidence du conseil régional, la mairie de Bordeaux.
Il est de nouveau Président de l'Assemblée nationale de 1978 à 1981 et
de 1986 à 1988.
_________________ Voir aussi : Régimes politiques, Constitutions et législatures depuis 1789 Le suffrage universel sous la Cinquième République
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