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Victor, Prosper CONSIDÉRANT

(1808 - 1893)

Informations générales
  • Né le 12/10/1808 à SALINS (JURA - FRANCE)
  • Décédé le 27/12/1893 à PARIS (PARIS - FRANCE)

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Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

  • 23/04/1848 - 26/05/1849 : Loiret - Gauche

    13/05/1849 - 02/12/1851 : Seine - Extrème gauche

Biographie

  • Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

    Représentant du peuple aux Assemblées constituante et législative de 1848 à 1849, né à Salins (Jura), le 12 octobre 1808, entra à l'Ecole polytechnique, il en sortit officier dans l'armée du génie, et parvint au grade de capitaine.

    Séduit de bonne heure par la doctrine de Fourier, et devenu le disciple enthousiaste des idées phalanstériennes, il donna sa démission (1831) pour se consacrer exclusivement à la propagation de ces idées. Il était alors à Metz. Il s'entendit avec Fourier, le seconda par une collaboration active au Nouveau monde et à la Réforme industrielle, Principal organe des phalanstériens, et devint, après la mort du maître, le chef de la nouvelle école. Il prit alors la direction de la Phalange, et y développa ses théories « sociétaires », combattit l'organisation économique actuelle et prêcha ardemment l'établissement du phalanstère, vaste système d'association dans lequel le travail, le capital, le talent devaient contribuer librement au bonheur universel.

    M. Considérant fut élu vers cette époque conseiller général de la Seine. Grâce à des contributions pécuniaires importantes, la Phalange vécut jusqu'en 1845, et des essais de phalanstère furent tentés sur plusieurs points de la France et en pays étranger. Dans les dernières années du règne de Louis-Philippe, M. Considérant fonda, avec le concours de plusieurs écrivains distingués, un journal politique quotidien, la Démocratie pacifique, qui s'adjoignit bientôt une librairie spéciale pour la propagande, créa des cours publies, etc.

    Au lendemain de la révolution de Février, M. Considérant, qui était alors un des chefs d'écoles socialistes les plus en vue, fut élu (23 avril 1848) représentant du peuple à l’Assemblée constituante par le département du Loiret, le 8e et dernier de la liste, avec 34 016 voix (73 249 votants, 88 000 inscrits). Il prit place à gauche, et vota souvent, surtout dans les questions sociales, avec le groupe le plus avance. Néanmoins, il soutint un moment la politique de Cavaignac.

    Au début des journées de juin, dans la séance où M. de Falloux donna lecture de son rapport tendant à la dissolution immédiate par le pouvoir exécutif des ateliers nationaux, M. Considérant apporta à la tribune de l'Assemblée une proclamation aux ouvriers rédigée par lui de concert avec Louis Blanc. Cette proclamation était signée de M. Jules Simon et d'une soixantaine de représentants. « Elle a pour but, dit l'orateur, de rassurer les ouvriers sur leur sort, de leur faire comprendre que leurs souffrances ont été engendrées par la fatalité des choses et non par la faute des classes ou des hommes ; elle leur annonce que l'Assemblée nationale veut consacrer, par tous les moyens possibles et pratiques, le droit qu'a tout homme en venant au monde de vivre en travaillant; qu'elle vent développer, par des subventions et des encouragements de toutes sortes, ce grand principe de l'association, destiné à unir librement tous les intérêts, tous les droits. » M. Considérant demanda en vain à l'Assemblée de nommer une commission afin d'entendre la lecture de sa proclamation. Combattue par M. Baze, la motion fut écartée. M. Considérant vota contre l'état de siège, protesta, dans la séance de nuit du 25 au 26 août 1848, contre le rapport de M. Quentin-Bauchart sur les affaires de juin, et se prononça contre les poursuites intentées à Louis Blanc et à Caussidière. Il vota aussi contre le rétablissement de la contrainte par corps, et pour le droit au travail. Mais il se rapprocha de la majorité de droite pour voter contre l'amendement Grévy sur la présidence et pour l'ordre du jour de félicitations au général Cavaignac.

    Après l'élection présidentielle du 10 décembre, M. Considérant combattit ardemment la politique de l'Elysée, repoussa la proposition Rateau, les crédits de l'expédition romaine, et vota pour l'amnistie des transportés.

    Elu, le 13 mai 1849, représentant du peuple de la Seine à l'Assemblée législative, le 21e sur 28, par 110 241 voix (281 140 votants, 378 043 inscrits), il fit partie de la Montagne, et accentua davantage son opposition au pouvoir. Ce fut dans les bureaux de son journal, la Démocratie pacifique, que les représentants Ledru-Rollin, Félix Pyat et autres, rédigèrent avec, lui l'appel aux armes qui aboutit à l'affaire du Conservatoire des arts et métiers (13 juin 1849).

    Poursuivi pour sa participation à cette journée, il fut condamné par contumace devant la Haute Cour de Versailles, mais il put se retirer en Belgique, d'où il s'embarqua pour le Texas, afin de tenter l'application du système sociétaire.

    De retour à Bruxelles, l'année suivante, il fut quelque temps inquiété, puis on lui rendit la liberté, et on le laissa repartir pour l'Amérique, où il fonda sous ce titre : la Réunion, une colonie phalanstérienne.

    Il rentra en France en 1869.

    M. Victor Considérant a publié un très grand nombre d'écrits politiques et surtout philosophiques :
    - la Destinée sociale (1834-44) ;
    - Théorie de l'éducation naturelle et attrayante (1835) ;
    - Débâcle de la politique en France (1836) ;
    - Manifeste de l'école sociétaire (1841) ;
    - Théorie du droit de propriété et du droit au travail (1848) ;
    - le Socialisme devant le monde ou le vivant devant les morts (1849), etc.


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