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Gratien CANDACE

(1873 - 1953)

Informations générales
  • Né le 18/12/1873 à BAILLIF (GUADELOUPE - FRANCE)
  • Décédé le 11/04/1953 à LORMAYE (EURE-ET-LOIR - FRANCE)

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Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

  • 04/02/1912 - 31/05/1914 : Guadeloupe

    26/04/1914 - 07/12/1919 : Guadeloupe - Union républicaine radicale et socialiste

    14/12/1919 - 31/05/1924 : Guadeloupe

    11/05/1924 - 31/05/1928 : Guadeloupe - Républicain socialiste et socialiste français

    29/04/1928 - 31/05/1932 : Guadeloupe - Gauche radicale

    01/05/1932 - 31/05/1936 : Guadeloupe - Gauche radicale

    26/04/1936 - 31/05/1942* : Guadeloupe - Gauche démocratique et radicale indépendante

* : Un décret de juillet 1939 a prorogé jusqu'au 31 mai 1942 le mandat des députés élus en mai 1936

Biographie

  • Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

    Né le 18 décembre 1873 à Baillif (Guadeloupe), mort le 11 avril 1953 à Lormaye (Eure-et-Loir).

    Député de la Guadeloupe de 1912 à 1942. Sous-Secrétaire d'Etat aux Colonies de juin 1932 à janvier 1933.

    Né à Baillif, d'une famille de propriétaires terriens, Gratien Candace se montra dès l'enfance exceptionnellement travailleur et doué. Son acharnement au travail était cité en exemple à ses camarades de Basse-Terre lorsque, jeune étudiant de 16 ans, il se préparait à l'enseignement. Il débuta à 18 ans comme instituteur dans une petite commune de la Guadeloupe. Très vite, les inspecteurs le distinguèrent. Il fut d'abord désigné comme secrétaire d'inspection, puis, se ralliant aux conseils de ses supérieurs, il vint en métropole afin d'y poursuivre ses études.

    C'est à Toulouse qu'il se fixa. Reçu à l'Ecole normale d'instituteurs parmi six candidats sur 80 concurrents, il s'inscrivit à la Faculté des Sciences et suivit simultanément les cours d'une Ecole régionale d'agriculture et les leçons de philosophie sociale, professée par Rauh et par Bougle à la Faculté des Lettres. En deux ans, il obtint sa licence ès-sciences naturelles. Il se vit alors confier sa première charge officielle : une mission en Afrique du Nord ayant pour objet l'organisation de l'agriculture. Cette mission, parfaitement menée à bien, lui valut les félicitations de Gaston Doumergue, alors Ministre des Colonies. Il partit peu après pour une seconde mission, cette fois aux Antilles Britanniques. Ce qu'il pût observer à Trinidad l'incita à encourager les planteurs des Antilles Françaises à intensifier et à améliorer leurs cultures de cannes à sucre selon les méthodes modernes qu'il avait pu étudier et qu'il était en mesure de leur faire connaître.

    Rentré en métropole, il prépara son Doctorat ès sciences et fut nommé à l'Ecole de Pau. C'est à cette époque, en 1906, que le Ministre du Travail, René Viviani, l'appela à son Cabinet. Il y demeura jusqu'en 1909. En 1910 et 1911, il occupa un poste de professeur à l'Ecole professionnelle de Creil. Le journalisme l'intéressait. Il avait collaboré à La Dépêche de Toulouse, à l'Homme Libre, il dirigea La Justice. Une telle activité, menée au sein de milieux politiques, convenait particulièrement à Gratien Candace et mettait en valeur ses qualités multiples.

    Disciple de Jaurès, il se présenta aux élections générales du 24 avril 1910 dans sa Guadeloupe natale, il obtint 1.592 voix et fut battu par Gérault-Richard, député sortant, journaliste, qui remporta 9.098 suffrages. Mais Gérault-Richard mourut le 7 décembre 1911. Candace se présenta à l'élection partielle du 10 février 1912 destinée à pourvoir le siège vacant, et fut élu député de la première circonscription de la Guadeloupe, au deuxième tour de scrutin, par 6.022 voix contre 5.483 à M. Gerville-Réache, rédacteur au Matin.

    Inscrit, à la Chambre, au groupe des Républicains socialistes, membre de nombreuses commissions, notamment de celles des finances et de la marine marchande, il se consacra particulièrement à la mise en valeur des colonies et au développement de la flotte de commerce. En juin 1912, il prononça un important discours pour demander l'application de la loi militaire aux « Vieilles Colonies », comme on les appelait alors, et sa proposition fut votée. A dater de ce jour, les jeunes gens des terres d'outre-mer furent enrôlés en France. En 1913, il fut parmi les députés qui votèrent la loi de trois ans, présentée par Aristide Briand, car il voyait là le seul moyen de « renforcer immédiatement notre rideau de couverture de 200.000 hommes et de faire face à une agression inopinée de l'Allemagne ». Aux élections générales du 26 avril 1914, il est réélu, au premier tour de scrutin, par 5.581 voix contre 3.726 à M. Jean François. La guerre éclate, Gratien Candace contracte un engagement volontaire puis est rappelé au Parlement pour y suivre ses travaux. En 1915, il fonde, avec le sénateur Henry Bérenger et le docteur Vitalien, le Foyer Colonial pour les combattants et le Comité d'aide et d'assistance coloniales. En 1916, il est rapporteur général de la Commission supérieure des prisonniers de guerre ; il inspecte les camps de prisonniers et va souvent en Suisse pour prendre contact avec les dirigeants de la Croix Rouge internationale. La guerre achevée, il est de nouveau sur la brèche. Membre de la Commission parlementaire du traité de paix en 1919, il est réélu cette même année, le 14 décembre, au deuxième tour de scrutin, sur la liste de l'Union Républicaine et socialiste. Il remporte 11.147 voix sur 16.302 votants. Sur cette liste, René Boisneuf est également élu avec 10.927 suffrages. A la Chambre c'est toujours à l'action coloniale et aux questions maritimes qu'il consacre le meilleur de lui-même. « Par sa connaissance approfondie des éléments de la politique navale et des besoins maritimes de la métropole et de ses possessions d'outre-mer, écrira plus tard Gasnier-Duparc, Ministre de la Marine, Gratien Candace contribue à rehausser les conceptions de notre avenir sur mer au niveau où le portent les événements internationaux. Il sait allier la sagacité du censeur à la vigilance de l'administrateur. »

    C'est à cette époque 1918-1919 qu'il fonde avec Alcide Delmont et Henry Bérenger, l'Institut colonial Français, devenu l'Ecole nationale de la France d'outre-mer. A l'Union coloniale il préside la section de nos colonies d'Amérique et du Pacifique. Lors du décès de M. René Boisneuf, Président du Conseil général de la Guadeloupe, Gratien Candace lui succède à la présidence de l'Assemblée. Sa nomination a lieu le 31 octobre 1921.

    Aux élections générales du 11 mai 1924, la liste d'Union Républicaine Socialiste et Radicale comporte deux candidats : Gratien Candace et Jean-François. Ils sont élus tous les deux : le premier obtient 20.629 voix, le second 20.113, sur 34.017 votants. Ainsi que sous ses précédentes législatures, Gratien Candace est membre de la Commission de la marine, de la Commission des finances et de plusieurs autres commissions spéciales. Son assiduité aux débats ne se dément jamais. Son activité dans les commissions, ses dons personnels, sa culture, font de lui un orateur très écouté. Il est prompt à l'émotion, toujours précis, très estimé de tous, « Il a eu des adversaires, dira de lui M. Henry Lemery, député de la Martinique, Sous-Secrétaire d'Etat aux Transports maritimes, il n'a pas eu d'ennemis. Il désarmait la haine et il défiait l'injure par son affabilité, sa parfaite politesse, sa largeur d'esprit qui faisait crédit de bonne foi et de sincérité à ses contradicteurs, parce qu'il était lui-même de bonne foi. » Aux élections générales des 22 et 29 avril 1928 (retour au scrutin d'arrondissement), il est réélu, au deuxième tour de scrutin, député de la première circonscription de la Guadeloupe, par 5.834 voix contre 4. 747 à M. Adolphe Lara, son principal adversaire, sur 10.900 votants.

    Fondateur, avec M. Henry Bérenger, de la revue Colonies et Marine, Gratien Candace publie chez Payot, en 1930, un ouvrage important, tant par l'intérêt qu'il suscite que par l'abondance du texte : Marine marchande française et son importance dans la vie nationale. En dépit de son caractère très technique, le livre remporte un grand succès et reçoit, en 1931, le grand prix de l'Académie de Marine. Cette année-là, Gratien Candace est l'ardent promoteur de la mise en chantier du Normandie, gloire de la Compagnie Générale Transatlantique que dirige M. Henri Cangardel.

    Aux élections générales du 1er mai 1932, il est réélu, au premier tour de scrutin, par 6.442 voix contre 3.336 à M. Adolphe Lara. Le 3 juin suivant, il est nommé Sous-Secrétaire d'Etat aux Colonies dans le 3e Cabinet Herriot. Il conserve ces fonctions dans le Cabinet Paul Boncour. Il sera remplacé par Albert Sarraut, le 31 janvier 1933, dans le 1er Cabinet Daladier. Pendant son court passage au pouvoir, il s'attache à l'un des problèmes qui, depuis longtemps, le préoccupe : la culture des bananes dans son pays de la Guadeloupe et leur transport en métropole. On lui doit, pour une grande part, la constitution d'une flotte bananière qui permet de transporter en France la totalité de la production de bananes des Antilles, de la Guinée et du Cameroun. Il organise aussi des coopératives fruitières.

    En 1936, aux élections générales du 26 avril, il retrouve son siège, au premier tour de scrutin, par 8.795 voix contre 3.454 à M. Graëve. Cette année-là, fut fêté le tricentenaire du rattachement des Antilles à la France. Ce furent de magnifiques manifestations de patriotisme. « C'est là, écrivit M. Henri Stehle, membre correspondant de l'Académie des Sciences Coloniales, qu'il me fut donné de voir Gratien Candace dans son île natale, et c'était bien l'ambiance qui lui convenait. Les Antilles avaient revêtu leur air de fête et leur visage d'apparat. La foule frénétique des cultivateurs, descendus des « mornes », endimanchés, se mêlant aux créoles à madras et à foulards multicolores, clamait sa gratitude, sa fidélité et son amour pour la France libératrice. C'est en de telles circonstances qu'il faut avoir vu les Antilles Françaises pour connaître l'hospitalité, la tendresse de ses populations, pour sentir leur cœur battre au rythme de la nation, pour comprendre, enfin, ainsi que l'a dit Albert Sarrault, pourquoi tous levaient des mains frémissantes de reconnaissance vers les symboles de la grande patrie qui était venue, un jour, mettre fin à la longue misère de la race et lui apporter ces bienfaits suprêmes : la liberté et la dignité humaines. »

    L'année suivante, le 4 février 1937, est célébré le Jubilé Parlementaire de Gratien Candace, en l'honneur de ses 25 ans de représentation ininterrompue de la Guadeloupe au Palais-Bourbon. Une brochure est éditée à cette occasion par la Dépêche Coloniale et Maritime. En tête de cette plaquette, figure un remarquable portrait de Gratien Candace dû à la plume de M. Gheerbrandt. A cette même occasion, Gaston Doumergue écrit: « Par son caractère, sa droiture, la dignité de sa vie, la conscience avec laquelle il a rempli son mandat et collaboré, en qualité de Sous-Secrétaire d'Etat, à la haute direction des colonies, il mérite bien l'honneur qui lui est rendu » . Et M. René Coty, alors Sénateur, lui adresse ses chaleureuses félicitations en l'assurant de sa plus cordiale amitié.

    A la Chambre, Gratien Candace poursuit inlassablement la tâche qu'il s'est fixée. C'est à lui qu'est due l'exonération, au bénéfice des produits agricoles d'origine coloniale, de la taxe unique à la production et à l'importation. (Loi Candace de janvier 1937). En 1938, il est élu Vice-Président de la Chambre, puis c'est la guerre, l'exode et, pour ce pionnier, la douleur de voir l'impuissance de nos deux flottes maritimes et la coupure avec nos colonies.

    Gratien Candace fut de ceux qui votèrent les pouvoirs constituants au Maréchal Pétain le 10 juillet 1940 à Vichy. Il fut membre du Conseil national de l'Etat français.

    Après l'armistice, il se retira de la vie politique. Il devait mourir à Lormaye, le 11 avril 1953 de façon presque subite. Une crise cardiaque le terrassa. Il avait 80 ans.

    L'Académie des Sciences coloniales dont il avait été un des fondateurs annonça son décès, dans sa séance du 24 avril 1953, par la voix de M. Henry Lemery qui prononça un émouvant éloge du disparu. Le 17 décembre 1954, M. Paul Carton, appelé à occuper à cette Académie le siège de Gratien Candace, évoqua avec émotion la carrière de son collègue. M. Henri Stehle consacra à sa mémoire un long et intéressant article qu'il termina en citant ces paroles de son ami Albert Sarraut : « C'est parce qu'elle a posé son geste de liberté et de lumière sur son front et sur son cœur, que notre France a fait de ce fils noir l'égal de ses meilleurs enfants par l'intelligence, le talent, la culture, la bonté, la conscience et l'exaltation du sens patriotique. Si le prestige blanc avait à se chercher des titres, le meilleur, à mes yeux, serait d'avoir su créer et promouvoir des hommes comme Candace. »

    Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



    Né le 18 décembre 1873 à Baillif (Guadeloupe)
    Décédé le 11 avril 1953 à Lormaye (Eure-et-Loir)

    Député de la Guadeloupe de 1912 à 1942
    Sous-secrétaire d'Etat aux Colonies du 3 juin 1932 au 31 janvier 1933

    (Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome III, p. 860 à 862)

    Bien que nommé membre du Conseil national de Vichy, Gratien Candace ne participe plus à la vie politique.

    A la Libération, par sa décision du 30 novembre 1945, le Jury d'honneur maintient l'inéligibilité qui le frappait en raison de son vote du 10 juillet 1940, favorable au projet de loi portant révision constitutionnelle.

    Retiré à Paris, il meurt d'une crise cardiaque à Lormaye (Eure-et-Loir). Il avait 79 ans.

    A l'Académie des sciences coloniales, dont il était un des fondateurs, Henri Lémery prononce son éloge funèbre le 24 avril 1953 et le 17 décembre 1954 Paul Carton, appelé à occuper le siège de Gratien Candace, évoque la carrière de son prédécesseur.



Fonds d'archives

  • Des papiers Gratien Candace se trouvent dans le fonds d’archives du gouverneur de la Guadeloupe Louis-Joseph Bouge, au Musée des Beaux-arts de Chartres , sous la cote GUA X A. Il s’agit de correspondance entre les deux hommes entre 1933 et1936. Ces documents ont été légués en 1970.

Professions de foi - élections législatives de 1914

Tableau des élections législatives de 1914

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