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Pierre, Marie, Augustin GUYOMAR

(1757 - 1826)

Informations générales
  • Né le 19/12/1757 à GUINGAMP (CÔTES D'ARMOR - FRANCE)
  • Décédé le 10/10/1826 à GUINGAMP (CÔTES D'ARMOR - FRANCE)

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Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

  • 08/09/1792 - 26/10/1795 : Côtes-du-Nord - Modérés

    15/10/1795 - 14/04/1798 : Côtes-du-Nord - Modérés

Biographie

  • Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

    Membre de la Convention, député au Conseil des Cinq-Cents et au Conseil des Anciens, né à Guingamp (Côtes-du-Nord) le 19 décembre 1757, mort à Guingamp le 10 octobre 1826, négociant et maire de sa ville natale.

    Il fut élu, le 8 septembre 1792, par le département des Côtes-du-Nord, membre de la Convention le 4e sur 8, avec 265 voix (461 votants). Il siégea parmi les modérés, et dans le procès du roi, se prononça pour l'appel au peuple et repoussa la peine de mort. Il répondit au 2e appel nominal : « Songez, législateurs, songez qu'il existe une faction qui suffit seule pour perdre la République ; oublions-nous, sauvons le peuple, sauvons-le par notre union, il en est encore temps. Je propose, avec la conscience d'un honnête homme, l'appel au souverain, comme la mesure que je crois la plus propre pour sauver ma patrie. Exempt de reproches depuis la Révolution, je ne crains pas de mes commettants celui d'avoir dit avec fermeté et courage : oui. » Et, au 3e appel nominal : « Tout homme qui a un caractère énonce avec fermeté, courage et sans crainte, l'opinion qui est la conséquence de ses principes, et le hasard le classe dans la minorité ou la majorité. Je dois à Thomas Payne la modification que je mets à ma première opinion à cette tribune. Au reste, je crois que personne ne dira que notre collègue Payne soit un intrigant, un aristocrate, un royaliste. « La réunion de tous les pouvoirs caractérise la despotisme d'un individu ou d'un corps ; aussi je ne me suis pas regardé comme juge, en déclarant Louis coupable, mais comme législateur qui va prononcer la mesure de sûreté générale. Je n'ai donc pas besoin d'ouvrir le code pénal, dont je voudrais voir effacer la peine de mort. Il s'agit ici bien moins de Louis Capet que de ma patrie. Si la mort d'un individu jadis roi tuait la royauté ; si l'Angleterre, la Turquie ne nous fournissaient pas des exemples contraires, le problème serait bientôt résolu ; mais un roi décapité, remplacé par un protecteur, auquel succéda un roi, fils de Charles décapite; cet exemple d'une république éphémère dans l'île Britannique vaut bien la peine d'être considéré. J'ajoute que l'exil d'un tyran ayant été la base d'une république célèbre, ce fait nécessite encore l'examen approfondi de la question. J'observe donc que l'hydre ci-devant royale a plusieurs têtes que nous ne pouvons abattre d'un même coup.

    « La première tête qui paraît est celle d'un enfant qui peut fournir aux puissances coalisées un fantôme de régence qui entraînera infailliblement les autres puissances neutres de l'Europe dans la coalition. Est-il politique, car enfin je dois dire que, sans trancher ici de l'homme d'Etat, je ne puis me dissimuler que mes commettants m'en ont imposé le rôle ; est-il politique, dis-je, de quadrupler le nombre de nos ennemis, épuiser nos capitaux, ruiner notre commerce languissant, et surtout prodiguer le sang de nos frères, de nos amis ? Faut-il donc encore augmenter le nombre des victimes par le supplice de Louis ? S'il vit, dira-t-on, il sera un objet de trouble, il peut remanier sur le trône. Je répondrai que si on croit aux factions pour un tyran abhorré des deux partis, je puis, avec plus de raison, objecter une plus forte faction pour toute autre idole. Que Louis, après la paix, joue le même rôle que le fugitif prétendant d'Angleterre, cet exil ne sera pas dangereux pour la République. Je suis donc les conseils de ma conscience, et je vote pour la détention provisoire de Louis pendant la guerre, et son bannissement à la paix. »

    Il prit ensuite une part assidue aux travaux de l'Assemblée, discuta longuement le projet de constitution, combattit les opinions de la Montagne, défendit Condorcet contre les accusations de Chabot, protesta lorsqu'un décret de la majorité envoya Couhey à l'Abbaye, et lorsqu'on proposa de déclarer Coustard traître à la patrie, donna son opinion sur l'éducation publique, provoqua un rapport sur la reddition de Valenciennes et de Condé, et devint secrétaire de la Convention. Il prit encore la parole : sur le projet relatif aux dénonciations contre les représentants, sur la conduite du comité de sûreté générale envers Carrier, sur les prêtres insermentés dont il prit la défense, sur la rentrée des émigrés à la faveur de certificats de résidence, et se mêla activement aux débats de la Constitution de l'an III.

    Réélu, le 23 vendémiaire an IV, député des Côtes-du-Nord au Conseil des Cinq-Cents, par 183 voix (375 votants), Guyomar parla sur les opérations électorales, sur la célébration des fêtes du 14 juillet, 10 août, 9 thermidor, etc.

    Le 25 germinal an VI, il passa au Conseil des Anciens, où le même département l'envoya siéger par 178 voix (378 votants).

    Il fut secrétaire de cette Assemblée, combattit la résolution relative au remboursement des domaines congéables, donna son avis sur l'organisation du régime hypothécaire, sur les droits de la République aux successions d'émigrés, etc., et se montra, en brumaire an VIII, peu favorable aux projets de Bonaparte: « Nous avons prêté, dit-il le 19, dans la séance tenue à Saint-Cloud, le serment de maintenir la Constitution, et je pense que nous ne devons aujourd'hui entendre ne faire aucune proposition contraire à la Constitution. Au surplus, que nous prêtions ou non le serment aujourd'hui, nous n'en sommes pas moins liés par celui que nous avons prêté précédemment. Si nous sommes réduits au point que les partisans de la Constitution doivent être regardés comme des factieux, je déclare que je serai plutôt seul de cette faction que de manquer a mon serment. La Constitution est au-dessus du Corps législatif; il ne peut pas y toucher. Je demande que le Conseil ne prenne que des mesures sages et constitutionnelles. »

    Malgré cette attitude, Bonaparte, le jugeant sans doute peu dangereux, ne comprit point Guyomar, le lendemain, dans la liste des « individus exclus de la représentation nationale ». Il ne fit plus, d'ailleurs, partie d'aucune assemblée.


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