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Lucien MILLEVOYE

(1850 - 1918)

Informations générales
  • Né le 01/08/1850 à GRENOBLE (ISÈRE - FRANCE)
  • Décédé le 25/03/1918 à PARIS (PARIS - FRANCE)

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Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

  • 22/09/1889 - 22/06/1893 : Somme

    22/05/1898 - 31/05/1902 : Seine - Républicains nationalistes

    27/04/1902 - 31/05/1906 : Seine - Non inscrit

    06/05/1906 - 31/05/1910 : Seine - Républicains nationalistes

    24/04/1910 - 31/05/1914 : Seine - Députés indépendants

    26/04/1914 - 25/03/1918 : Seine - Non inscrit

Biographie

  • Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

    Né le 1er août 1850 à Grenoble (Isère), mort le 25 mars 1918 à Paris (16e).

    Député de la Somme de 1889 à 1893. Député de la Seine de 1898 à 1918.

    Petit-fils du poète Charles Millevoye (1782-1816) l'auteur de La chute des feuilles, fils d'Alfred Millevoye, ancien premier président de la Cour d'appel de Lyon, Lucien Millevoye fait ses études classiques à Rouen, puis son droit à Grenoble, et de 1872 à 1875, plaide au barreau de Lyon. Il entre alors dans la magistrature. Après avoir exercé les fonctions de substitut à Bourg puis à Lyon en 1877, il donne sa démission en 1880 à la suite des premiers décrets contre les congrégations pour s'occuper uniquement, après une retraite en Corrèze, de journalisme politique.

    Son réel talent de plume le met en vue parmi les publicistes de l'époque. Il se consacre, dans plus de soixante journaux départementaux sans distinction d'opinion, à faire connaître et aimer la Russie et à préparer l'accord franco-russe depuis sa mission spéciale dans ce pays en 1888. Il est d'ailleurs lié intimement avec la plupart des journalistes russes et un grand nombre de personnalités à Saint-Pétersbourg et à Moscou.

    Lorsque Boulanger est nommé commandant du corps d'occupation à Tunis, Lucien Millevoye écrit plusieurs articles très remarqués sur un différend qui s'éleva alors entre celui-ci et le résident général, Paul Cambon, au sujet d'outrages infligés à un officier français par un Italien. Cette campagne de presse est à l'origine de l'amitié qui, depuis, lia si étroitement Millevoye et Boulanger, amitié qui dura jusqu'à la mort du général, le 30 septembre 1891. Millevoye s'associe dès lors intimement à la politique de Boulanger, dont il est l'un des conseillers les plus écoutés et le rédacteur, avec Naquet, du fameux programme de Tours en 1889 proposant une « République nationale large et progressiste ». Candidat révisionniste aux élections générales de septembre 1889 dans la 1re circonscription d'Amiens - dans ce département de la Somme dont Boulanger fut lui aussi député - Lucien Millevoye ne craint pas de se mesurer avec le député républicain sortant, René Goblet, ancien président du Conseil. Il le bat par 12.527 voix contre 11.561, après une campagne très active. L'échec subi par Goblet fut alors mis en parallèle avec celui de Jules Ferry battu dans les Vosges par le commandant Picot.

    A la Chambre, Millevoye siège à gauche, avec ses amis du groupe républicain national boulangiste. Il interviendra avec fougue - au point que plusieurs fois, pendant sa longue carrière parlementaire, la censure avec exclusion temporaire sera prononcée contre lui - sur tous les grands problèmes de l'heure : concordat, Panama, événements de Bulgarie. En juin 1893, les boulangistes qui ont déjà égratigné largement Clemenceau en pleine affaire de Panama avec les incidents Herz, montent de toutes pièces une machination pour l'abattre : Millevoye, au cours de la discussion d'une interpellation de Déroulède, l'accuse à la tribune, au vu de documents fournis par Norton, d'être un agent de l'Angleterre ; le faux est si patent que devant la réprobation massive de la Chambre (384 voix contre 2), Millevoye est obligé de remettre sa démission de député le 24 juin en entraînant en même temps celle de Déroulède.

    Il n'était plus question pour lui de se représenter aux élections générales de 1893, qui ont lieu deux mois plus tard. Il assume alors la rédaction en chef du journal nationaliste La Patrie, où il continue de préconiser l'alliance franco-russe, idée qu'il fera acclamer par 10.000 Parisiens dans un meeting organisé au Cirque d'Hiver.

    Avant la révision du procès Dreyfus, prenant nettement parti contre Zola, il mène, en compagnie d'Henri Rochefort et d'Edouard Drumont, une vigoureuse polémique en faveur de la cause jugée et de l'état-major et conduit la première manifestation antidreyfusarde du Tivoli Vaux-Hall au Cercle militaire.

    Aux élections générales de 1898, changeant de département, il se présente comme candidat républicain nationaliste dans la 2e circonscription - récemment créée - du XVIe arrondissement à Paris. Il est élu au second tour par 3.178 voix contre 2.083 à Leroy-Beaulieu, républicain. Il conservera son siège jusqu'à sa mort, en 1918, en battant très facilement au premier tour, successivement : en 1902, Huart, par 5.633 voix sur 8.966 votants ; en 1906, le comte de Noailles, par 6.207 voix contre 9.448 votants ; en 1910, Valentin, par 5.978 voix sur 8.566 votants, et enfin, en 1914, Daumont, par 5.695 voix sur 8.759 votants. Pendant vingt années de législature, Millevoye, nationaliste fervent et orateur passionné, est un interpellateur écouté, sinon suivi. Défenseur énergique du Concordat, il repousse la loi de séparation des Eglises et de l'Etat, s'oppose au général André dans l'affaire « des fiches », vote la loi du service militaire de deux ans en 1905, se déclare contre l'impôt sur le revenu, se prononce pour la loi portant à trois ans la durée du service militaire et appuie de ses efforts la constitution d'une aéronautique militaire dont il ne cessera d'ailleurs, pendant la guerre de 1914, de vanter les mérites.

    Douloureusement atteint par la mort de son fils unique tombé au champ d'honneur, Lucien Millevoye meurt le 25 mars 1918 à Paris, avant d'avoir pu voir une victoire si ardemment souhaitée. Il avait 68 ans.


Professions de foi - élections législatives de 1914

Tableau des élections législatives de 1914

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