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Menouar SAÏAH

(1905 - 1982)

Informations générales
  • Né le 17/08/1905 à BÉNI-RACHED (ALGÉRIE)
  • Décédé le 20/02/1982 à NICE (ALPES-MARITIMES - FRANCE)

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Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

  • 17/06/1951 - 01/12/1955 : Anciens départements d'Algérie - Républicain radical et radical-socialiste

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

  • Sénateur : du 01/01/1948 au 01/01/1951

Biographie

  • Biographie de la IVe République

    SAÏAH (Menouar)
    Né le 17 août 1905 à Beni Rached (Algérie)
    Décédé le 20 février 1982 à Nice (Alpes-Maritimes)

    Conseiller de la République d’Alger de 1948 à 1951
    Député d’Alger de 1951 à 1955

    Menouar Saïah est né au début du XXème siècle dans le douar de Beni Rached, dans la commune mixte du Chélif à l’ouest d’Alger, dans une famille de notables d’origine chérifienne. Issu d’une lignée de juristes et de propriétaires fonciers dans cette région montagneuse à vocation essentiellement agricole, il est lui-même à la tête d’un domaine. Il s’intéresse tôt à la politique, à l’image de son oncle Abdelkader Saïah élu sénateur d’Alger en 1946, et entre au parti radical. Il est élu au lendemain de la Seconde guerre mondiale conseiller général de Ténès, dans l’arrondissement d’Orléansville.
    Il brigue bientôt des mandats plus importants en Algérie. Le 7 novembre 1948, Menouar Saïah présente sa candidature aux élections au Conseil de la République dans le deuxième collège – corps électoral composé de ceux que l’on appelle alors les « citoyens français musulmans » – de la ville d’Alger. Il mène la liste des Républicains indépendants, et remporte 60% des suffrages exprimés. Elu sénateur, il s’inscrit au groupe de la Gauche démocratique et du rassemblement des gauches républicaines. Il est nommé, le 25 novembre 1948, secrétaire du Conseil de la République ; sa nomination à ce poste est renouvelée chaque année jusqu’à la fin de son mandat. Il appartient, par ailleurs, aux commissions de l’agriculture (1948-1951), du travail et de la sécurité sociale (1948), de l’éducation nationale, des beaux-arts, des sports, de la jeunesse et des loisirs (1949) et des moyens de communication, des transports et du tourisme (1950-1951).
    Le sénateur algérois présente sa candidature aux élections législatives de 1951, dans le deuxième collège du département d’Alger. Il mène la liste de concorde et d’entente républicaine. Les candidats ne publient pas de programme électoral. Leurs appartenances partisanes traduisent la diversité de leurs affinités politiques, qui les mènent de la SFIO au Centre républicain d’action paysanne et sociale, en passant par le parti radical-socialiste pour Menouar Saïah. Les élections se déroulent à la représentation proportionnelle à un tour en Algérie. Le 17 juin 1951, les candidats remportent 78% des voix et la totalité des cinq sièges à pourvoir dans le « collège musulman ». Les listes concurrentes des partis nationalistes UDMA (Union démocratique du manifeste algérien) et MTLD (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques) souffrent de la corruption massive du scrutin, orchestrée par le gouvernement général de l’Algérie. L’administration soutient certaines listes, tandis que le vote est entaché de fautes graves qui n’invalident pourtant pas l’élection.
    Ménouar Saïah démissionne de son mandat de sénateur pour gagner les tribunes du Palais-Bourbon. Affilié au groupe républicain radical et radical-socialiste, il est nommé membre de la Commission de l’éducation nationale en 1951 puis de nouveau de 1953 à 1955. Il appartient également à la Commission de l’Intérieur (1951 et 1953-1955). Le 18 décembre 1951, il est en outre nommé membre de la Commission chargée de proposer des mesures de grâce amnistiante en Algérie. En sus du travail qu’il mène au sein de ses commissions, son activité parlementaire reste faible. Il n’intervient qu’une seule fois, en effet, à la tribune au cours de son mandat. Il prend part à la discussion du projet de loi relatif aux dépenses du ministère de l’Intérieur le 16 mars 1955, à propos de l’aide apportée aux populations sinistrées du Chélif à la suite d’un tremblement de terre au cours duquel il a perdu nombre des siens. Il loue l’« élan unanime de générosité » de la France et de « toutes les parties de l’Union française » qui ont apporté leur secours à sa région, souhaitant voir dans ce geste « la préfiguration d’une œuvre grandiose qui sera réalisée en dépit des obstacles, celle de la France de plus de cent millions d’hommes, bordant tous les océans du monde, unis dans le même idéal, régis par les mêmes lois, forgeant le même destin ». Il attire cependant l’attention des ses collègues sur la nécessité de prolonger cette assistance dans la perspective d’une « œuvre de restauration complète » et formule le vœu que cette région sinistrée soit l’objet d’une politique capable de servir d’exemple pour l’ensemble de l’Algérie : « habitat rural modernisé, pénétration plus profonde des normes de la vie occidentale et des bienfaits du progrès ». Il interpelle le ministre de l’Intérieur : « ne pensez-vous pas (…) qu’en ce qui concerne les régions sinistrées, les moyens de financement ne sont pas à l’échelle de nos espérances ? » Il plaide enfin pour une « aide accrue à l’Algérie » en général, « à une époque où cette province traverse des difficultés considérables ».
    Le député algérois vote en faveur de la loi Barrangé sur l’enseignement privé le 21 septembre 1951, puis il s’exprime en faveur de la création de la CECA en décembre de la même année. Le 9 mars 1954, il se prononce contre le cessez-le feu en Indochine. Le 17 juin 1954, il vote l’investiture de Pierre Mendès-France à la présidence du Conseil. Puis le 23 juillet de la même année, il vote pour les accords de Genève qui mettent fin au conflit indochinois. Le 30 août 1954, il se prononce pour la ratification du traité de Paris instaurant la CED (Communauté européenne de défense). La même année, il vote pour la ratification des accords de Londres et de Paris (12 octobre et 29 décembre 1954), qui permettent l’entrée de la RFA dans l’OTAN et sa remilitarisation. Le 12 novembre 1954, il vote la confiance au gouvernement Mendès-France. Le 4 février 1955 en revanche, il la lui refuse à la suite des interpellations sur la situation en Afrique du Nord et contribue ainsi à sa chute. Le 23 février 1955, il exprime sa confiance au gouvernement Edgar Faure. Enfin, il vote pour l’instauration de l’état d’urgence en Algérie le 31 mars 1955.
    Les élections législatives du 2 janvier 1956 sont ajournées en Algérie, « en raison des événements ». Le mandat des députés de 1951 n’est pourtant pas prorogé. Menouar Saïah abandonne toute activité politique à cette date. En 1963, ses domaines sont déclarés « bien vacants » par la République algérienne indépendante. Il gagne le Sud de la France, avec sa famille, et acquiert de nouveaux domaines dans le Var. L’ancien député de l’Algérois s’éteint à Nice au début des années 1980.

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