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Gaston, Arnold, Marie THOMSON

(1848 - 1932)

Informations générales
  • Né le 29/01/1848 à ORAN (ALGÉRIE)
  • Décédé le 14/05/1932 à BÔNE (ALGÉRIE)

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Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

  • 23/04/1877 - 25/06/1877 : Anciens départements d'Algérie - Union républicaine

    14/10/1877 - 27/10/1881 : Anciens départements d'Algérie - Union républicaine

    21/08/1881 - 09/11/1885 : Anciens départements d'Algérie - Union républicaine

    04/10/1885 - 11/11/1889 : Anciens départements d'Algérie - Union républicaine

    22/09/1889 - 14/10/1893 : Anciens départements d'Algérie

    20/08/1893 - 31/05/1898 : Anciens départements d'Algérie

    08/05/1898 - 31/05/1902 : Anciens départements d'Algérie

    27/04/1902 - 31/05/1906 : Anciens départements d'Algérie

    06/05/1906 - 31/05/1910 : Anciens départements d'Algérie - Gauche démocratique

    24/04/1910 - 31/05/1914 : Anciens départements d'Algérie - Gauche démocratique

    26/04/1914 - 07/12/1919 : Anciens départements d'Algérie - Républicains de gauche

    16/11/1919 - 31/05/1924 : Anciens départements d'Algérie - Républicains de gauche

    11/05/1924 - 31/05/1928 : Anciens départements d'Algérie - Gauche radicale

    22/04/1928 - 31/05/1932 : Anciens départements d'Algérie - Gauche radicale

    08/05/1932 - 14/05/1932 : Anciens départements d'Algérie - Gauche radicale

Biographie

  • Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

    Député de 1877 à 1889, né à Oran (Algérie) le 29 janvier 1848, il fit son droit à Paris, entra dans le journalisme et fut rédacteur parlementaire à la République française de 1873 à 1877.

    Le 26 avril 1877, une élection partielle, motivée par le décès de M. Lambert, le fit entrer à la Chambre, au second tour de scrutin, comme député de Constantine, avec 2 963 voix (8 330 votants, 12 830 inscrits), contre 2 654 à M. Fawtier, radical, et 2 530 à M. Treille. Il prit pince à gauche et fut des 363.

    À ce titre, il obtint sa réélection, le 14 octobre suivant, par 6 497 voix (7 099 votants, 12 678 inscrits). Il se fit inscrire au groupe de l'Union républicaine, appartint à plusieurs commissions, notamment à celle du budget, et vota avec les républicains de l'entourage de Gambetta, pour le retour du parlement à Paris, pour l'invalidation de l'élection de Blanqui, etc.

    Lors du renouvellement général du 21 août 1881, Constantine, en vertu d'une nouvelle loi, fut partagée en deux circonscriptions qui, l'une et l'autre, donnèrent la majorité à M. Gaston Thomson : il réunit dans la 1re, 2 805 voix (4 760 votants, 7 106 inscrits), contre 1 676 à M. Forcioli, radical, et 218 à M. Louis Say ; et dans la 2e, 2 784 voix (4 718 votants, 6 786 inscrits), contre 1 863 à M. Fawtier, radical. Ayant opté pour cette dernière, il fut remplacé dans l'autre, le 4 décembre, par M. Treille. Il prit part aux discussions sur les affaires coloniales, soutint de son vote les ministères Gambetta et Jules Ferry, et se prononça contre la séparation de l'Eglise et de l'Etat et pour les crédits de l'expédition du Tonkin.

    Porté, le 4 octobre 1885, sur la liste opportuniste de Constantine, M. Thomson fut élu, le 1er sur 2, par 6 213 voix (12 010 votants, 17 355 inscrits). Il suivit dans la nouvelle législature la même ligne politique que précédemment, prêta son concours aux cabinets Rouvier et Tirard, fut rapporteur (novembre 1886) des crédits du Tonkin, proposa (janvier 1887) de soumettre au tarif général français les importations étrangères dans l'Indochine, fut rapporteur de la loi sur le scrutin d'arrondissement, et se prononça dans la dernière session :
    - pour le rétablissement du scrutin d'arrondissement (11 février 1889),
    - contre l'ajournement indéfini de la révision de la Constitution,
    - pour les poursuites contre trois députés membres de la Ligue des patriotes,
    - pour le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse,
    - pour les poursuites contre le général Boulanger.

    Son frère, M. Charles Thomson, ancien préfet de la Drôme et du Doubs, a été gouverneur de la Cochinchine.


    Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

    Né le 28 janvier 1848 à Oran (Algérie), mort le 14 mai 1932 à Bône (Constantine, Algérie).

    Député de Constantine de 1877 à 1932


    Ministre de la Marine du 24 janvier 1905 au 19 octobre 1908.

    Ministre du Commerce, de l'Industrie, des Postes et des Télégraphes du 13 juin 1914 au 29 octobre 1915.

    (Voir première partie de la biographie dans ROBERT ET COUGNY, Dictionnaire des Parlementaires, t. V, p. 415.)

    Député depuis 1877 sans interruption, Gaston Thomson est réélu dans la 1re circonscription de Constantine en 1889 par 4.723 voix (contre 1.526 à Sterlin et 873 à Noireterre) et en 1893 par 4.028 voix (contre 3.792 au colonel Corps).

    En 1898, il se présente dans la 2e circonscription (la 1re élut Mormaud) et enlève le siège par 5.130 voix contre 4.885 à Forcioli, le député sortant.

    En 1902, il conserve son siège au premier tour par 7.179 voix, contre 2.231 à Rastoil, dit Rasteil, candidat antisémite ; en 1906, il n'a pas d'adversaire et obtient 10.129 voix sur 10.702 votants et 14.397 inscrits.

    En 1910, il est élu, toujours au premier tour par 7.318 voix, contre 4.383 à Mercier, sur 15.691 inscrits.

    Pour la 11e législature, il obtient le 26 avril 1914, 8.565 voix sur 11.030 votants et 15.736 inscrits.

    En 1919 au scrutin de liste pour les deux sièges du département de Constantine, il est élu deuxième de liste avec 13.299 voix sur 22.847 votants et 36.729 inscrits.

    Toujours au scrutin de liste départemental, il conserve son siège en 1924 par 18.878 voix sur 24.877 votants et 33.433 inscrits. Au retour du scrutin uninominal en 1928, il est réélu au 1er tour député de la 2e circonscription (on en avait créé une troisième) par 7.155 voix sur 9.466 votants et 12.224 inscrits.

    Elu à nouveau en 1932, au second tour cette fois-ci par 6.416 voix contre 4.694 à Pantaloni, il décède le 14 mai avant l'ouverture de la première session de là législature.

    Au cours de ses cinquante-cinq ans (à deux mois près) de mandats parlementaires, il occupe des fonctions importantes au sein des commissions, se consacrant particulièrement aux questions algériennes : communes mixtes, propriété foncière, administration, services maritimes postaux, annexion de Madagascar.

    Membre des commissions du budget, du suffrage universel et de celle de la marine depuis 1895, il devient président de cette dernière commission en 1910 en remplacement de Delcassé.

    Inscrit au groupe de la gauche démocratique, il joue un rôle important dans la détermination de la ligne politique radicale et, lors de ses obsèques, Germain-Martin rendra hommage « à la fermeté de ses sentiments républicains, à sa volonté d'action sociale et démocratique, à son désir de paix sans menacer la sécurité, à son réalisme ». Ayant débuté dans le journalisme avec Gambetta, comme rédacteur à la République française, il poursuit cette carrière parallèle en tant que rédacteur à l'Homme libre en 1913.

    Il est lié d'une solide amitié avec Jean Jaurès et, pendant toute sa carrière politique, il reste d'une inébranlable fidélité à ceux qu'il estime de bons serviteurs du pays : Jules Ferry, Waldeck-Rousseau.

    Albert Sarraut le qualifie d'« artisan admirable des splendeurs de la France algérienne ».

    Son activité parlementaire s'oriente tout naturellement vers les problèmes de l'Algérie et vers les problèmes de la marine.

    Après avoir été rapporteur en 1889 de la loi électorale sur le scrutin d'arrondissement, il intervient en février 1894 dans la discussion de l'interpellation de Lockroy pour réclamer la réforme de l'administration de la marine.

    En février 1895, il attire l'attention du gouvernement et du Parlement sur la situation difficile de l'agriculture algérienne et la commission du budget lui confie le rapport du budget de la Marine. En. novembre 1898, Thomson doit défendre la validité de sa réélection contestée, notamment par Morinaud, l'un des nouveaux députés antisémites d'Algérie. A la suite d'une enquête ordonnée par la Chambre sur la proposition de Marcel Habert, l'élection est validée en mars 1899.

    En novembre 1902, Chaumet ayant interpellé Camille Pelletan, ministre de la Marine sur l'arrêt des constructions navales décidées par le Parlement, Thomson fait voter un ordre du jour accordant la confiance au ministère Combes pour l'exécution du programme naval et ordonnant le renvoi à la commission du budget pour l'étude des voies et moyens. Le député de Constantine intervient dans la discussion du budget des Affaires étrangères en novembre 1903 pour approuver la suppression des congrégations enseignantes en Tunisie et réclamer le développement de l'œuvre de laïcisation dans tout le protectorat.

    En mars 1904, il signe à nouveau un ordre du jour tendant à la création d'une commission d'enquête extra-parlementaire sur l'administration de la marine, ordre du jour accepté par Combes, président du conseil.

    Lorsqu'en novembre 1904, Guyot de Villeneuve interpelle le général André, ministre de la Guerre sur le « système des fiches », Thomson avec les délégués des groupes de gauche rédige un ordre du jour de confiance au gouvernement pour c assurer dans le recrutement et l'avancement des officiers, avec la reconnaissance des droits, des mérites et des services de chacun, le nécessaire dévouement de tous aux institutions républicaines ».

    Cet ordre du jour fut adopté à la fin de la séance où le ministère Combes faillit être renversé, après de violents incidents au cours desquels Syveton, député nationaliste de Paris souffleta le général André et fut expulsé de la Chambre.

    Gaston Thomson entre pour la première fois dans les conseils du gouvernement comme ministre de la Marine du 2e cabinet Rouvier, le 24 janvier 1905 ; il conserve ces fonctions dans le cabinet Sarrien le 14 mars 1906, ainsi que dans le 1er cabinet Clemenceau du 23 octobre 1906 au 19 octobre 1908.

    A ce poste qu'il occupe donc près de quatre ans, il déploie une activité efficace pour rendre à notre marine la cohésion et la puissance indispensables. « Budget de paix, déclare-t-il en 1905,... nous devons avoir une marine forte sans rechercher une domination navale quelconque. En attendant l'organisation de la justice internationale que je désire, le meilleur des moyens de maintenir la paix, c'est de nous préparer tous les jours à repousser les agressions ».

    En mars 1906, il fait voter un nouveau programme naval qui comprend 6 cuirassés au lieu de 3 primitivement prévus, 10 contre-torpilleurs et 20 sous-marins et, à cette occasion, il reçoit les félicitations de Lockroy et de Charles Bos, rapporteurs. En novembre et décembre, il s oppose dans les deux Chambres à toute réduction de ce programme. Thomson doit en outre faire face à deux graves conflits du travail en 1905 et 1907. Une grève générale des arsenaux est arrêtée après une proclamation énergique du ministre, menaçant de faire rayer des contrôles tout ouvrier récalcitrant.

    Plus importante est la grève générale des inscrits maritimes qui s'ouvre le 31 mars 1907, à la suite du dépôt d'un projet de loi sur les pensions de ce personnel.

    Les équipages débarquent, les pêcheurs se joignent aux marins du commerce, la vie maritime est interrompue.

    Aussitôt, Thomson décide que le service postal, les transports de voyageurs et de primeurs entre la France, la Corse et l'Algérie seront assurés par des bateaux de l'Etat. Des équipages de la marine de guerre sont mis à la disposition des grandes compagnies pour les services transatlantiques réguliers.

    Puis il reçoit les délégués des ports et leur déclare qu'il ne s'oppose plus à ce que la commission de la Chambre amende son projet, qu'il interviendra auprès des compagnies pour éviter le licenciement des officiers et marins grévistes, qu'aucune poursuite ne sera exercée contre ceux qui ont alors abandonné leur bord.

    Cette attitude, à la fois énergique et raisonnable permet des négociations et une transaction intervient ; le 8 juin la grève est terminée.

    Le 12 mars 1907, le cuirassé Iéna saute en rade de Toulon, provoquant la mort de 118 hommes dont 8 officiers. Une enquête prescrite par Thomson est jugée insuffisante par le Parlement. Deux commissions déposent leur rapport, dont les conclusions, au Sénat, attribuent l'explosion à une inflammation spontanée ; elles sont adoptées à l'unanimité. Mais à la Chambre, la discussion du rapport d'enquête soulève un débat marqué par de nombreux incidents ; c'est ainsi que Delcassé, président de la commission attaque vivement l'administration de la Marine, lui reprochant « l'incurie dont elle a fait preuve depuis plusieurs années ».

    Thomson fait valoir l'ancienneté du matériel naval et la responsabilité des gouvernements antérieurs.

    Cette argumentation ne paraît pas décisive à l'assemblée ; tout en votant la confiance au cabinet Clemenceau, elle ratifie les conclusions de sa commission d'enquête et adopte un ordre du jour « déplorant les négligences funestes relevées à l'occasion de la catastrophe du Iéna ».

    Se considérant comme personnellement visé par cet ordre du jour, Thomson donne immédiatement sa démission (19 octobre 1908). Il est remplacé par Alfred Picard.

    Le vote qui entraîne la retraite du ministre de la Marine a ceci de paradoxal qu'il porte justement sur la partie de son administration à laquelle il a donné le plus de soins. Nul plus que lui n'a jusqu'alors cherché à s'entourer des avis des officiers de marine. Le premier acte important de sa gestion a été, en réorganisant le conseil supérieur de la marine, en créant la section permanente et le comité des travaux, d'assurer une consultation large et permanente des officiers généraux.

    Thomson fait ensuite partie des 1er et 2e cabinets Viviani (13 juin 1914 - 29 octobre 1915) en tant que ministre du Commerce, de l'Industrie et des Postes et Télégraphes. C'est alors qu'il força le gouvernement à adapter à l'armée de terre les canons inutilisés de la marine : « En 1870, disait-il, j'ai vu une défaite, je n'en verrai pas une seconde ».

    Après le Traité de Versailles, Thomson soutint de toute son influence la politique de Briand, de même qu'en 1905 il appuyait Rouvier dans son effort pour maintenir la paix.

    S'il ne participe plus à aucun gouvernement, il continue, malgré son grand âge, à assister très régulièrement aux séances de la Chambre, intervenant dans les débats intéressant l'Algérie, les colonies, la marine et les événements aux quels il avait été mêlé à la fin du siècle dernier.

    Il est l'un des plus chauds partisans de la candidature d'Aristide Briand à la présidence de la République en mai 1931, et c'est lui qui, à la tête de la délégation des parlementaires de gauche, détermine le ministre des Affaires étrangères à se présenter contre Paul Doumer.

    En 1927, la Chambre fête ses cinquante années de vie parlementaire et, en 1932, il prononce l'allocution d'ouverture de la session ordinaire, en remplacement de Maurice Sibille, doyen d'âge, absent pour raison de santé.

    Réélu le 8 mai 1932, il est le doyen de la nouvelle assemblée, mais il décède à Bône huit jours plus tard, le 14 mai, à l'âge de 84 ans.

    À ses obsèques célébrées à Paris, assistaient les membres du gouvernement, de nombreuses personnalités du monde politique, sa famille, dont son gendre le professeur Gustave Roussy, qui devait donner son nom à l'Institut du cancer.

    Gaston Thomson, qui a siégé à la Chambre pendant treize législatures entières et consécutives de 1877 à 1932 (il y a été élu 15 fois), détient encore la palme de la longévité parlementaire (54 ans et 320 jours).


Professions de foi - élections législatives de 1914

Tableau des élections législatives de 1914

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