Assemblée nationale - Grands débats - Revenu minimum d'insertion (RMI)

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REVENU MINIMUM D'INSERTION
 

Loi n° 88-1088 du 1er décembre 1988 relative au revenu minimum d'insertion

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La loi instituant le revenu minimum d'insertion a pour objet d'assurer des moyens convenables d'existence à toute personne qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation de l'économie et de l'emploi, se trouve dans l'incapacité de travailler.

 

Au début des années soixante-dix, alors qu'il s'agit d'améliorer la qualité de la vie dans un contexte de croissance et une société d'abondance, une part de la population vit avec des ressources insuffisantes. Dans son ouvrage Les exclus, René Lenoir préconise l'institution d'un revenu minimum garanti alors qu'observe-t-il, les pouvoirs publics préfèrent améliorer les minima catégoriels ou en créer de nouveaux.

 

Dans les années quatre-vingts, la pauvreté résulte de la crise et du chômage. Elle n'est plus seulement due à une insuffisance de ressources mais aussi à une situation d'exclusion sociale. Cette nouvelle pauvreté concerne des ménages en situation précaire, c'est-à-dire vulnérables à toute diminution de leur pouvoir d'achat et qui, normalement insérés dans la société se trouvent pris dans un processus d'exclusion progressive (rapport Oheix, Contre la précarité et la pauvreté).

 

En 1987 le Père Joseph Wresinski présente au Conseil économique et social son rapport Grande pauvreté et précarité économique et sociale. Avec celui présenté en 1995 par Geneviève de Gaulle Anthonioz la lutte contre la pauvreté devient une exigence éthique liée à l'égale dignité de tout être humain.

 

La loi du 1er décembre 1988 relative au revenu minimum d'insertion (RMI) reconnaît un droit nouveau, celui d'obtenir de la collectivité des moyens d'existence. Fondé sur la solidarité nationale, le RMI constitue une nouvelle catégorie de prestation sociale garantissant à toute personne un minimum de ressources. Elle est une allocation différentielle destinée à ceux dont le revenu n'atteint pas un certain niveau. Elle est égale à la différence entre, d’une part, le montant maximum du RMI calculé selon la composition du foyer, et, d’autre part, l’ensemble des ressources mensuelles de la famille (l'allocataire, le conjoint et les enfants de moins de 25 ans).

 

Le contrat d'insertion vise à éviter de faire du RMI seulement une allocation d'assistance mais à aider la personne à laquelle elle est attribuée à définir un projet d'insertion.

 

L'organisation et les modalités du RMI ont évolué du fait de la réforme de la décentralisation en 2003. Ainsi la loi n° 2003-1200 du  18 décembre  2003 portant décentralisation en matière de revenu minimum d'insertion et créant un revenu minimum d'activité transfère des services déconcentrés de l'État à la collectivité locale départementale la charge de l'allocation du RMI. Le revenu minimum d'activité (RMA) est proposé dans le cadre du contrat d'insertion conclu par les personnes qui bénéficient du RMI depuis deux ans au moins.

 

Depuis 2007 une réforme des politiques d'insertion vise à généraliser sur l’ensemble du territoire national le revenu de solidarité active (RSA) et à instituer un contrat unique d’insertion afin de simplifier les dispositifs existants, d'inciter à la reprise d’activité et de lutter contre la pauvreté au travail.

 

Voir aussi :

 

— sur le RMI :

sur la grande pauvreté :

— sur le RSA :